Monthly Archives: February 2018

Le revers d’une incertitude

 

Le revers d’une incertitude

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Toi qui au grand jour te caches

Derrière l’impact de ton panache

Révèle moi donc ce que tu dissimules

Derrière tes numéros de funambule

Tu esquisses tes habiles tactiques

Derrière un voile de flou artistique

Présomption d’une réalité que tu redoutes

Revers d’une incertitude qui te barre la route

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Rêve numéro 78b

Rêve numéro 78b

La légende voudrait qu’il faille tout mettre en œuvre pour réaliser ses rêves ! Qu’il faille croire en ses rêves et blablabla !

En temps normal, je vois les rêves comme une forme d’excentricité d’un cerveau laissé trop longtemps sans surveillance. Le pur produit d’une cervelle se livrant à quelques sottises dans le but de se chauffer avant de passer aux choses sérieuses… Les rêves parfois, c’est sympa justement sous forme de rêve, mais il me semble raisonnable de se méfier de leur potentiel développement dans la réalité.

Mais comme dans la légende, à force parfois d’y croire dur comme fer à cheval, j’en ai récemment réalisé un ! Et il ne s’agissait pas de celui qui figurait en tête de liste ni même du plus accessible de ma collection !

Ce rêve pour le réaliser, j’allais devoir payer le prix fort !  Car c’était un rêve qui devait se payer en rêves !

Pour qu’il devienne réalité, je devrais accepter, peut-être pour le restant de mes jours, d’en diminuer dramatiquement le nombre ! Et là, je parle de ceux du petit matin, qui comptent parmi les meilleurs en termes d’intensité et de qualité !

Pour une explication détaillée cher lecteur, remontons ensemble le temps d’à peine quelques décennies…

Fringant jouvenceau, je nourrissais la folle ambition d’être un beau jour d’un siècle prochain, capable « comme les autres » de me lever aux aurores ! J’avais à l’époque pleine conscience de ne pas avoir été doté par la nature d’un don particulier en matière d’auto-réanimation matinale.

A cette époque là, il m’arrivait d’être capable de retourner dans le rêve brusquement interrompu par un réveil n’ayant pas obtenu mon consentement ! Et ce pouvoir particulier des plus délicieux, n’était pas négociable.

Et ce n’était pas du tout pour faire partie de l’élite des lève-tôt à qui, selon le fameux proverbe, appartiendrait ce monde. J’ai toujours pensé que ce dicton avait été breveté entre deux guerres par un militaire de carrière souffrant d’une dépression existentielle.

Sur ma Dream List, c’était l’un des rêves classé science-fiction : Je m’imaginais un jour, dans une station spatiale, gaillardement sauter du lit au premier chant du coq, plutôt que de m’isoler de la prestation karaokesque matinale de l’emplumé, en me réfugiant sous l’oreiller, pour être au mieux à même de consommer, avec la délectation qui s’impose, un supplément de silence et de sommeil !

Maintenant cher lecteur, revenons à la date d’aujourd’hui …

C’est donc sans prévenir, que ce rêve-là , s’est soudain matérialisé alors que je ne lui avais imposé aucun délai de livraison, ni ne l’avais jamais menacé d’aucune sommation.

Soudain dans la vraie vie comme dans mon vieux rêve, il m’arrivait à l’aube d’être le premier du secteur à poser le pied sur la planète terre, le premier arrivé au bureau. Puis je me suis vu consciemment renoncer, sans contrainte nit menace aucune, à une grasse matinée sacrée du week-end !

Aaaaaaaaaaaaarg ! ( effets écho et reverb à fond )

Réveillez-moi, s’il vous plaît ! Il crois comprendre qu’en ce moment même, je rêve que ce vieux rêve utopique s’est brusquement réalisé…

 

 

 

La nuit, je choisis le gris

Ne m’approche pas, non n’insiste pas !

Je ne m’allongerai pas tout près de toi

Je m’en vais rôder dans le secteur toute la nuit

Enveloppé dans la sobriété de mon costume gris

..

Ne me dorlote pas, voyons ne t’obstine pas !

Je ne peux pas rester pour ronronner dans tes bras

Je dois sortir me lustrer les moustaches avec désinvolture

Dissimuler ma curiosité sous le châssis des voitures

..

Ne me caresse plus, allons ne t’acharne pas

Je ne partagerai pas ta paresse soudaine sur ce sofa

Je m’en vais au dehors pour discrètement frôler des murs

Miauler ma fausse mélancolie en haut des toitures

..

Le chat est une image graphistouillée par mes soins, qui est basée sur une photo  
en couleurs dénichée sur internet pour laquelle j'ai eu un sérieux coup de cœur, 
et puis l'inspiration pour le texte, elle s'est insufflouillée d'elle même 
au travers de l'image graphistouillée... Mais cette fumeuse explication est 
peut-être un peu embroustillée...

Changer d’air

Changer d’air

 

– Je crois qu’il faut que je change d’air !

-Tu as bien raison ! Une randonnée en montagne de prévue ?

-Mais non : Il faut que je change l’air que j’ai !

-Ah, c’est de cet air là que tu veux parler…

-Ben oui, tu ne trouves pas que j’ai l’air un peu bizarre ?

-Un instant, que je te dévisage mieux… Non, tu as l’air tout à fait normal…

-Ben justement ! Moi aujourd’hui, j’aimerais avoir l’air différent.

-Tu préférerais avoir l’air con ? Je prends juste un exemple au hasard hein…

-Hé mais toi là, tu as l’air de vouloir te foutre de ma gueule…

-Ah mais j’ai seulement tenté de te faire changer d’air en moins d’une seconde.

-Oui ben c’est malin et j’ai l’air de quoi maintenant ???

-D’un type qui m’a confié souhaiter changer d’air et qui a été immédiatement comblé.

-C’est malin, maintenant j’ai l’air d’un mec qui brasse beaucoup d’air, qui se paie l’air con !

-Pour cette fois, ce sera gratuit. Je n’aimerais pas avoir l’air intéressé…

-Et donc, il ne me reste plus qu’à changer d’air là, une fois de plus…

-Ce serait bien oui. Essaie de prendre un air amusé, ou offre toi juste un air de rien …

-Attends que je me concentre… Voilà ! Alors, ça a l’air d’avoir fonctionné, non ?

-Je n’en suis pas certain. Pour moi tu as de nouveau l’air normal, comme au début.

-En bref, j’ai de nouveau l’air bizarre quoi !

-On devrait peut-être prendre l’air plutôt que de vouloir en changer…

-C’est une bonne idée ! Et tu me proposes de prendre un air de quoi ?

-Tu n’as pas l’air de comprendre. Tu as l’air paumé, cette fois-ci..

-Oh mais toi alors, tu commences à sérieusement me pomper l’air !

-Ça y est, je te reconnais bien là toi avec tes grands airs. Finalement en y regardant de plus près, c’est vrai que tu as l’air bizarre ! Et dire que jusqu’ici, tu a pu me paraître avoir l’air normal …

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Les mains vides

Les mains vides

Ce matin une fois de plus, je me suis rendu dans une grande surface technique, le temple du bricoleur du dimanche, pour m’informer s’ils avaient repris dans leur assortiment, la matière bien précise, que je souhaite depuis plusieurs semaines, commander avec une coupe sur mesure… Et j’ai bien fait d’insister ! Parce que je suis tombé sur le vendeur qui mérite sans soute le plus, la distinction d’employé du mois de cette enseigne : Il a pris le temps de m’expliquer les raisons profondes de la disparition soudaine et provisoire de cette matière de son rayon, m’a indiqué de quelle manière je pourrai contourner ce problème de disponibilité et m’a conseillé le mode opératoire à suivre pour obtenir le meilleur prix…

J’ai vérifié : Je ne rêvais pas et on était bel et bien un samedi, habituellement jour de grande affluence de bricoleurs, d’amateurs de jardinage, de sparadraps et de menuiserie. D’un rapide coup d’œil, j’ai balayé l’endroit pour m’assurer que je n’étais pas le seul client du moment, celui dont le pouvoir d’achat pouvait éventuellement retarder la faillite d’un magasin en panne de clientèle et en possible difficultés financières. Mais il y avait sur les lieux, du client en grand nombre et les étagères étaient toutes bardées de matériel à vendre.

Cerise sur le râteau, je n’avais pas même du appuyer sur la sonnette « appelez un vendeur » , n’avais pas dû me languir cinq virgule vingt-six minutes en me demandant si je devais assurer le coup en appuyant une ou deux fois de plus sur la sonnette dans le but de me rassurer que quelqu’un avait bel et bien dû être informé de ma sollicitation. Ce vendeur-là est soudain apparu au moment opportun et total synchro. Et il a fondu sur moi comme par phénomène magnétique.

Le stade d’étonnement passé, c’est celui de la satisfaction d’avoir été servi tel l’empereur de la galaxie du bidouillage qui m’est apparu. J’ai pensé que c’était encore une facétie de la fameuse quatrième dimension dont je suis maintenant devenu un coutumier explonaute.

En me dirigeant, satisfait de ma visite, en direction des caisses, la petite voix espiègle qui a pour vilaine habitude de torturer ma conscience, m’a soufflé à la feuille de chou qu’il n’était potentiellement pas correct de quitter ce lieu les mains vides, en particulier, après avoir été si bien orienté par un salarié modèle, qui ne serait sans doute jamais récompensé pour son impeccable professionnalisme, autrement que par mes seuls remerciements.

C’est alors que je me suis mis en quête d’un article qui pourrait m’être d’une certaine utilité, qui m’octroierait le droit de faire la queue à la caisse dans le but de me livrer à l’acte citoyen d’alléger mon portefeuille tout en gonflant un chiffre d’affaires. Une démarche qui ferait de moi, une fois de plus, un membre à part entière de notre belle société de consommation.

Voici ci-dessous un scan de l’article adhésif anti mains vides sur lequel j’ai finalement jeté mon dévolu. C’est un autocollant « Stop !  Bouledogue menaçant ». Même si c’était assez cher payé, j’ai trouvé amusant d’observer le regard de la caissière allant de cet article un poil inquiétant en direction du faciès de son acheteur.

J’ai l’intention de coller cet autocollant sur la porte de ma chambre à coucher même si je n’ai pas de chien et que je n’en compte pas actuellement dans les visites de mon cercle d’amis. Il s’agit ici de prévention. Parce que les chiens dans la chambre à coucher, moi je n’aime pas trop ça et autant clairement les en prévenir. Pour moi les chiens à la nuit tombée, ça roupille dans la niche au fond du jardin (au pire, je peux en bricoler une sur mesure en retournant voir mon fournisseur) ou ça se repose dans son plumard à lui tout seul, c’est à dire un panier situé dans son propre espace d’intimité canine.

Point de départ !

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J’en bien assez vu et assez entendu

Mes yeux, mes oreilles n’en peuvent plus

Je vais aller bouder dans un monde meilleur

Au pays des sourires et des fleurs

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J’en ai bien trop bavé et trop vécu

Mes nerfs, mes tripes n’en peuvent plus

Je vais me révolter mais aussi m’enhardir

Au jardin des splendeurs et des plaisirs

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Un petit texte positivant avec pour point de départ, la quatrième phrase de ce texte, agrémenté de cette irresistible envie de m’en aller visiter Tahiti au mois de mai, relevé des retentissements d’une période émotionellement riche et perturbante et le tout saupoudré d’une pellicule d’imagination ….

Cette semaine, je me suis mis au régime sans nouvelles du monde, en grève de réseaux sociaux, en mode récolte de rires tonitruants et en configuration moisson de bonnes humeurs … Une recette qui semble porter ses fruits pour le moment vu que je me suis remis à poétiser un peu !!! 

Sacré Carnaval !

Sacré Carnaval !

En ce moment, c’est carnaval en ville.

Je me suis déguisé en fantôme furtif et n’y suis pas allé. Ainsi invisible aux yeux de tous hormis à ceux de rares initiés, personne ne m’aurait remarqué, que ce soit dans le public ou dans le cortège. Ma panoplie n’inclut ni linceul blanc, ni boulet de prisonnier, ni vieilles chaînes à agiter.

Il me semble que l’année durant déjà, j’assiste à bien trop de mascarades pour vouloir à tout prix en rajouter. Parfois je m’en amuse mais à d’autres moments aussi, ça me saoule ! Ceci que ce soit dans la vie en trois ou même en quatre dimensions ou sur les réseaux sociaux. Et justement, un week-end de carnaval, un fantôme de premier plan, ça ne peut pas se laisser aller à moult pitreries en compagnie de bons vivants sur les pavés du centre-ville. Un fantôme qui se respecte, ça hantera les dépendances du château, les jours festifs pour populace inclus !

Je me suis tout de même faufilé entre les confettis en curieux en ville ce matin à l’heure où le fêtard a depuis longtemps tombé le masque sur sa descente de lit et revêtu le pyjama officiel facilement identifiable par le conjoint. Il fallait, qu’en toute discrétion, lorsque le carnavalier se repose en paix (le veinard)  j’achète le journal satirique local et ses fake news. (C’est un outil idéal pour déclencher des rires de fantôme du haut des murs d’enceinte)

Il y a une tradition vraiment sympa par ici qui est, pour les scribes du comité de la fête, d’écrire en pleine nuit des phrases courtes à la peinture blanche sur les vitrines des bistrots, des restaurants et des magasins. Des vérités et des phrases piquantes que les artisans et commerçants égratignés n’ont pas le droit d’effacer avant la fin des festivités!

Florilège : Sur la vitrine de l’office du tourisme : Ici, il y a autant de touristes dedans que dehors ! Sur la vitrine du magasin du monde : Le monde va mal, le magasin aussi !

Dans le but de peut-être de vous rassurer un peu à mon sujet : Je ne suis pas un fantôme furtif à plein temps et durant toute l’année. Pendant la semaine, j’exerce une autre profession. Je travaille très dur et souvent en costume : Cette semaine par exemple, je me suis déguisé en vieille locomotive un peu rouillée, souvent à la limite de dérailler un peu…