Monthly Archives: April 2018

C’est le printemps ! ( confirmation officielle )

Ça y est ! Le printemps a confirmé son grand retour !

Pour ceux qui vivent là où chacune des saisons impose clairement son emprise, ce bon vieux printemps demeure l’époque de la fin des mensonges que l’on a pu se faire à soi même au cours des frémissements de l’arrière-saison. C’est la désintégration soudaine des œillères qui masquaient sous d’épaisses nappes de laine ou de plumes, de confuses attirances et de farouches désirs. C’est le retour du temps des amours, le réveil de nouvelles curiosités, la circonstance où demeurera perpétuellement acceptable d’imposer sa fougue plutôt que de partager le propos de quelque affinité engourdie. S’il faut faire vite, c’est que l’été en personne se tient en embuscade et projette de sa sempiternelle détermination de s’imposer en assommant de chaleur et de soleil, un grand nombre de ces printanières arrière-pensées. Alors, durant la faste période de la renaissance de toutes les natures, il sera préférable de se laisser aller à bomber le torse où la poitrine et de déclencher sans compromis possible, la fuite d’opportunistes rivaux en tablant sur quelque ardent envoûtement…

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je réside pour une semaine encore en face de la vieille tour que vous pouvez découvrir sur la photo qui est en bas à gauche. Ce matin (on est dimanche) je me suis rendu à pied en partant des remparts pour longer le lac de Neuchâtel, accompagné d’ambiances virtuoses de chants d’oiseaux, dans le but d’aller prendre un café ou deux, en lisant mon journal dominical au restaurant de la plage… En chemin, j’ai pu découvrir nombre d’autres petits recoins de cette charmante ville médiévale. J’imagine volontiers, tous les passages secrets que cette citadelle doit encore me cacher.

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Comme tout n’est jamais tout rose comme une barbe à papa, j’ai également remarqué ce matin au début de ma promenade, que le tatoueur du centre-ville, qui a vraisemblablement du libérer sa belle arcade pour le motif d’un loyer dépassant d’un peu trop son chiffre d’affaires, a fait place à une terriblement mortifère vitrine d’entreprise de pompes funèbres… Quel contraste ! La mort des centre-ville est devenu une désolante réalité ! Heureusement pour moi, la suite du programme de la journée (au besoin, relisez ce texte depuis le début en omettant le dernier paragraphe) restera cette spectaculaire confirmation du grand retour du printemps…

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Vertigo

 

 J’ai toujours eu très peur du vide…

Mais faisons semblant d’être intrépide !

Allez je retiens mon souffle et je regarde en bas…

Bon, je vois de l’eau, c’est déjà ça !

 

Va falloir que je plonge avec grâce

Sans me prendre un plat en surface

Et pour ajouter un peu d’élégance

Un double périlleux arrière de grande audace

 

Attention à ne pas toucher le fond de la piscine

Ne pas oublier de me boucher les narines

Et me jeter comme si je pouvais m’envoler

Donnant l’illusion que dans l’air je serais le plus léger

 

Voilà que je me balance sur la planche

Sur cette phobie je tiens enfin ma revanche

Je prends ma respiration la plus profonde

Allez juste encore quelques secondes…

 

Il n’y a rien à faire je ne parviens pas à m’élancer

J’ai bien trop peur de lamentablement m’écraser

De me rompre le cou sur le bord du bassin

Je ne peux pas croire une seconde que je ne risque rien !

 

Alors je m’invente et me rassure de mille excuses,

Que de mon courage il ne faut pas trop que j’abuse

Elle est bien trop froide et je suis piètre nageur

Et je n’ai vraiment pas l’étoffe d’un cascadeur…

 

Si je l’avais fait, j’aurais pu y laisser des plumes

Ou pire, on m’aurait décerné médaille à titre posthume

 

[ nouvelle publication d’un billet de 2012, voire plus ancien ]

Le raccourci

Le raccourci

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Trouve un passage vers de nouvelles attentes

Cherche un chemin jonché de moins de craintes

Pour ne plus avoir à te laisser hors d’atteinte

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Créé un itinéraire sûr sans freiner ton imagination

Explore des pistes pavées de milliers d’ambitions

Pour ne plus avoir à subir le trafic des déceptions

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Construis une solide passerelle pour relier des sentiments

Visite les sentiers intimes qui mènent à la passion

Pour ne plus avoir à douter avant même le commencement …

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Le plongeur ( et le périscope )

Un dessin destiné à mes derniers collègues de travail en date, parce que je les ai bien plus d’une fois bassinés avec mes histoires de plongée sous-marine de l’autre côté de la terre…

Rectification : Un dessin destiné à tout ceux que j’ai bassinés avec ça en fait !

 

Le zèbre rouge

Un zèbre rouge que j’ai eu la chance de pouvoir photographier au Zoo de Los Angeles. Il s’agit là d’un spécimen rare (probablement le dernier en activité) d’une espèce en voie de disparition. Bien qu’il soit avec certitude un lointain descendant des zèbres à la robe de couleur gris-ardoise, on ne sait pas, au stade actuel des recherches, s’il s’agit du résultat d’une tentative (dont la nature détient le secret) d’une mutation colorimétrique destinée à le rendre moins appétissant aux yeux des grands prédateurs de la savane où, s’il s’agit à la base, de la conséquence d’une forme de déviance alimentaire. On soupçonnerait une lignée de zèbres insoumis. récalcitrants à l’idée de se satisfaire toute une vie durant d’une alimentation herbivore, qui serait à l’origine de cette coquetterie pigmentaire. On est cependant tout à fait au clair aujourd’hui, que le plat préféré du zèbre rouge du Zoo de Los Angeles est un grand plateau de crevettes aux piments accompagné de tomates farcies au thon rouge. Le tout évidement agrémenté d’une bonne “chproutzée” de Ketchup.

Les invités virtuels

Les invités virtuels

Aujourd’hui, John et Mary sont sortis prendre un verre ensemble au Pub.

Attablés, John et Mary se sont montrés intarissables à propos de David et Jenny.

David et Jenny étaient les invités de John et Mary, même si David et Jenny ne les avaient pas rejoints en personnes à leur table.

John et Mary semblaient avoir connaissance d’énormément de détails sur les existences de David et Jenny.

Il se pourrait même que David et Jenny n’en savaient eux-même pas aussi long que John et Mary à propos de leur propres vies.

John et Mary devaient tenir le sujet de conversation idéal, le sujet qui pouvait les passionner tous les deux au même instant…

Au bout d’une heure, lorsque John et Mary avaient épuisé les derniers racontars concernant les péripéties de David et Jenny, ils ont réglé leurs consommations, se sont levés et sont partis.

En une heure, John n’en avait pas appris beaucoup plus sur Mary.

En soixante minutes, Mary n’en savait pas plus à propos de John.

C’est en terminant mon verre que je me suis demandé si John et Mary avaient des vies bien remplies. Et j’ai imaginé John et Mary rentrés chez eux, s’installer devant leur poste de télévision pour  consommer la réalité d’une insolite et intrigante famille…

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Un récit basé sur quelques histoires vraies et fraîchement vécues. Les prénoms utilisés sont évidement des prénoms d’emprunt.

Un peu de mordant au bout des doigts

Un croquis d’exercice qui traînait depuis des semaines sur mon tableau d’affichage. C’est au cours de l’une de ces sessions d’effervescence créative, que j’avais improvisé ce brouillon sans trop me poser de questions sur les réalités morphologiques naturelles d’une dentition carnivore. Durant la soirée du lendemain, j’avais par hasard vu à la télévision un scientifique en blouse blanche décrire dans le moindre détail la composition de la mâchoire d’un crâne d’un singe. Fort de cet enseignement nouveau, j’avais fait vœu d’une ferme intention de refaire ce dessin au propre, mais cette fois-ci, en me basant sur une pré-étude réaliste. J’avoue qu’en fin de compte, j’ai plutôt renoncé à me lancer dans ce type d’expérience académique…

Et ma foi tant pis si les dentistes, les prothésistes dentaires et les otorhinolaryngologistes doivent tous en cœur s’esclaffer devant tant d’amateurisme… Je conçois facilement qu’on soit sur terre pour se bidonner mais aussi parfois pour serrer les dents !

Chacun aura compris que cette paire de ciseaux mordante n’a pas été conçue pour couper les cheveux en quatre, ni pour couper un cordon ombilical, ni pour couper une poire en deux. Elle n’est pas destinée aux chirurgiens, ni aux coiffeurs, ni aux passionnés de couture. Mais il se peut que votre fertile imaginaire saura trouver à cet ustensile incisif, une quelconque utilité … Et si c’est le cas, sachez que je ne me contenterai que de quelques modestes royalties et ne viendrai jamais fourrer mon nez dans vos affaires…

P.S. : Durant une courte insomnie, j’ai trouvé une possible fonction à l’ustensile incisif que j’ai dessiné : Il pourrait s’agir d’une paire de ciseaux destinée à certaines cérémonies d’inauguration. Par exemple pour couper une guirlande de saucisses en déclarant solennellement ripaille ouverte…

Un festin du destin

Un festin du destin

Je viens de m’offrir un voyage aller retour de près de 20’000 km à vol de drôle d’oiseau à bord de mon emotional rollercoaster pour aller à Hollywood pour glisser un billet doux sous l’essuie-glace de la voiture de ma celebrity crush

Bien que ce ne soit pas le tout premier film que je me fasse dans ma vie, je n’ai pas eu le courage de sonner à sa porte. C’est que je craignais un peu trop de me faire cerner par 30 voitures de police et plaquer sur le bitume sans ménagement par au moins autant de sheriffs peu compréhensifs appuyés en cas de pépin par un renfort de 14 vigiles surentrainés de la résidence surveillée. ( Ben ouais, j’étais du côté de Hollywood hein, quand même… ) En fait non, c’est simplement que dans mon monde, ça ne se fait pas d’aller importuner une belle dame à sa porte sans y avoir été au moins un peu invité…

Je pense que j’ai bien fait de vivre cette aventure, parce qu’il me semble qu’aujourd’hui, même l’air que je respire, il a changé de couleur

Maintenant il se peut que mon billet doux n’ait pas été remarqué et se soit simplement envolé dans un virage. Si c’est le cas alors c’est vraiment dommage : Parce que je me serais très volontiers laissé inviter pour enfin faire sa connaissance et allez savoir, je serais probablement  dès la première seconde tombé raide dingue de cette sublime créature …

La fin de la route 66

Une photo de panneau que j’avais oublié de publier. Je suis passé plusieurs fois à côté sans le remarquer. C’est le signal sur la jetée qui indique la fin de la mythique US Route 66 qui reliait Santa-Monica à Chicago entre 1926 et 1985.

Cette route est officiellement longue de 3 945 km, traverse trois fuseaux horaires et 8 États.

Le ravitaillement tardif

Quand tu passes une nuit à Hollywood dans une chambre d’hôtel située près des boulevards, il y toujours un moment ou passe une sirène hurlante, un motard ou un véhicule qui émet un vacarme assourdissant … Toute cette pollution sonore, ça peut te mettre le système nerveux à rude épreuve.

Mais ce matin en me réveillant dans ma chambre, soudain un surprenant silence … Plus un seul véhicule pétaradant, rien… Juste des voix et des rires de jeunes filles… Très intrigué par ce miracle, je me suis extrait de ma chambre pour m’enquérir des raisons de ce brusque changement d’environnement.

Un demi-marathon avait lieu sur le boulevard devant l’hôtel !

Et comble de l’ironie : il y  avait un ravitaillement en eau pour les coureurs, offert par des jeunes volontaires juste devant l’hôtel !!! Et je pouvais entendre le mot “water” environ toutes les cinq à dix secondes …

Toutes ces histoires de flotte là, j’avoue que ça commence un peu à me faire flipper !  😉

( Pour mieux comprendre, lire le billet de blog précédant )

Mon Trekking Hollywoodien

C’est en suivant ma fameuse théorie des “collisions successives” que j’ai tenté une nouvelle fois de me rendre en ville plutôt que de persister à flâner le long des plages. En venant cette fois depuis Santa-Monica  (point d’arrivée de la célèbre Route 66)  je n’ai cette fois pas souffert dans les bouchons et il m’a semblé être rapidement arrivé sur place et de plus, dans une partie qui m’a paru plus accueillante de la ville . J’ai d’abord visité les quartiers chics de Los Feliz et j’ai décidé de me rendre à l’observatoire Grifitth.

C’est encore en suivant ma fameuse théorie des “collisions successives” que je me suis relancé le défi de m’approcher plus près des grandes lettres blanches plantées sur le mont Lee, le Hollywood Sign qu’on peut bien voir depuis l’observatoire. J’ai fini par trouver la route tout seul, mon GPS refusant systématiquement de comprendre ce que je lui demandait. (Ça ne marche pas encore assez bien dans les deux sens ces appareils)

C’était bon signe, je voyais les neuf lettres grossir devant moi ! J’ai vite compris que le gros morceau du grossissement des lettres consistait à parquer la voiture et à continuer à pieds. Je n’étais de loin pas le seul randonneur, mais il s’est vite avéré que j’étais plus ou moins le seul sans sa bouteille d’eau à la main. Ce sont 1.9 miles simple course, ça grimpe sévère et il faut chaud. (Et en degrés Farenheit, pour un européen, ça semble toujours chaud) La petite voix dans ma tête que je n’écoute jamais ou presque, m’avait pourtant suggéré d’emporter la bouteille d’eau que j’avais dans la bagnole. A l’aller, c’est une sacrée ascension et plusieurs fois, j’ai pensé que j’allais probablement mourir de soif ! Qu’on allait un jour retrouver mes ossements derrière un épais bosquet d’épineux. Au bord du sentier, il y avait bien un point d’eau peu alléchant (voir photo) et presque à l’arrivée sur les hauteurs, des cactus peu ragoûtants (voir aussi photo) , mais déjà aguerri au mode survie, j’ai pu résister à la tentation.

En tant que bon Helvète, je m’attendais au sommet du trek à l’équivalent américain de nos chalets d’alpage ou de nos refuges pour alpinistes, mais rien de tel. Pas trace de débit de boisson ! Pas même le moindre tuyau d’arrosage arrimé à un vieux robinet rouillé ! Il y a bien une énorme citerne posée là-haut, mais j’imagine qu’elle sert plutôt à alimenter les piscines des stars de cinéma qui habitent en contrebas et non pour désaltérer l’assoiffé curieux . C’est donc la langue pendante que J’ai fait mes quelques photos des grandes lettres et pour produire la sueur nécessaire pour la descente, j’ai puisé dans mes réserves : dans ce qu’il restait de l’espresso du matin et dans le réservoir des larmes…

En arrivant à l’hôtel, j’ai piqué une tête dans la piscine et j’ai failli en boire tout le contenu comme par une sorte de réflexe de survie un peu tardif. Une fois de plus j’ai survécu à l’une de mes aventures risquées. Et demain, je risque certainement de ramper sur le boulevard à cause des courbatures !