La promenade dominicale

arc en ciel

- Dis mon poussiéreux crapouillot d’amour. On pourrait sortir se promener un peu ? C’est dimanche et il y a un beau rayon de soleil…

- Mais ma remuante biche en nougat, regarde dehors, il pleut comme vache qui pisse de bon matin !

- Ho mais l’antique pachyderme paralysé que voilà ! Tu me réponds cela parce que tu ne veux pas décoller ton arrière-train du canapé !

- Ecoute ma grosse limace engourdie, si tu ne distingues plus les gouttes de la pluie, c’est qu’il te faut une paire d’épaisses lorgnettes !

- Dans tous les cas, j’y vois suffisamment clair pour pouvoir contempler en détail toute la splendeur de ta mauvaise foi, vestige d’athlète rouillé !

- Mais tu devrais y aller seule ma cocotte amphibie, faire cette excursion sous ce déluge, et moi je resterai là, prêt à organiser une colonne de secours et à alerter la police fluviale…

- Je crois que je vais renoncer, car j’ai bien trop peur, cher prince charmant périmé, que tu ne puisses pas réunir les forces nécessaires pour parcourir les six mètres qui te séparent du combiné téléphonique !

- Ah enfin mon ensorceleuse défraîchie, tu entends mon appel à la prudence, et te résignes à ne pas aller braver cataclysmes et inondations ! Te voilà revenue à une attitude sage et avisée !

- Oui finalement je vais rester au sec, au pied de l’imposant mur étanche de ta perfidie, mon inamovible fossile adoré. Mais je t’avoue que par le passé, je t’ai connu plus sensible aux plus timides des rayons de soleil !

- Je te suis reconnaissant de ne pas me laisser seul ma grosse dinde antédiluvienne. Tiens, pendant que tu te sens animée par toute cette prodigieuse activité, tu ne pourrais pas aller me chercher une bière fraîche dans le réfrigérateur ?

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