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Prise de conscience tardive dans l’île de beauté

Aujourd’hui dans la région de Bonifacio, J’avoue que le seuil de douleur a été dépassé : A la vue de cette belle nature j’endure une béatitude à la limite du supportable, j’en bave face à l’indécence de la profondeur de toutes ces couleurs. Je tolère avec peine ces températures idéales et subis l’omniprésence de sable fin. Je suis régulièrement sujet à des crampes d’orteils en éventail et ai contracté un dangereux virus dont peu parviennent à s’en remettre, celui de l’apéro.

En ce jour à marquer d’un galet blanc, j’ai pris conscience allongé sur ma serviette de plage que je me vautrais dans l’obscénité ! Que je suis devenu un être bronzé mais également immoral !

Je vais devoir me racheter si je veux garder un mince espoir de sauver mon âme décadente ! je me dois de rêver de fraîcheur, de précipitations, de pluies verglaçantes, de tempêtes de neige. Je dois prendre un coup de froid, attraper un bon rhume. Remettre des chaussettes bien épaisses, enrouler une écharpe de laine autour de mon cou. M’adonner sans limites à la méditation régénératrice devant un bon feu de cheminée et purifier mon corps en ne me nourrissant que de cinq fruits et légumes frais de saison par jour. Remettre l’amour du travail et celui de mon prochain derrière les bœufs.

Je dois redevenir un individu raisonnable et me contraindre à rentrer au pays avant que la période estivale ne s’y installe aussi !

Règlements de comptes avec la mer

J’ai vécu jusqu’ici la plus grande partie de mon existence trop loin des mers et des océans. Au mieux, si la chance me décochait un sourire, je pouvais m’y rendre une fois l’an, lors des grandes vacances : Lorsque les plages se transforment en plantations serrées de parasols et que les prix viennent juste de flamber, tout comme d’ailleurs le premier jour, les deux ou trois premières couches de tes dermes en raison de ton mépris annuel pour le tube d’écran total …

C’était aussi ces trop rares occasions où tu pouvais rehausser d’un peu d’exotisme ton rôle parental, en transmettant à tes chérubins, les rituels et techniques ancestrales du maniement des jeux et des outils de plage et en leur révélant le grand secret du gonflage optimal du matelas pneumatique. C’est là que ta descendance perfectionnait le mieux son lancer de l’assiette ou pouvait développer son encourageant potentiel à devenir un jour le champion du monde de tennis des sables.

Et en tant que paternel, tu bénéficiais, en échange de ta vigilance à la surveillance de la progéniture, d’une autorisation exceptionnelle ainsi que de conditions optimales et reposantes pour contempler diverses merveilles de la nature, à condition que tout danger soit écarté.

A l’heure où j’écris ces lignes, je me trouve en période de « basse saison » par agréable  température de l’air comme de l’eau, à deux pas de la Méditerranée et je ne sens pas quotidiennement complétement épanoui, si je n’ai pas, au moins 38 grains de sable collés à chacune de mes extrémités.

Mais vous l’avez compris, j’ai décidé de régler son compte à cette longue série de frustrations de manque de grand bleu, qui m’a tarabiscotée des années durant. Je veux m’entendre penser à tue-tête que je voudrais bien retrouver nos  montagnes et nos grandes flaques pleines d’eau douce ! Que je ne supporte plus ces incessantes complaintes de mouettes. Qu’un jour ce continuel bruit du fracas des vagues sur le sable ferme, ça finit par être agaçant !

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Autre relique récidiviste en relation directe avec la mer, arrière-goût persistant d’une expérience de jeunesse mitigée à laquelle je devrais en principe aujourd’hui être en mesure de régler son compte : Il semblerait selon ma mémoire à très long terme, que je n’apprécie pas du tout de me trouver sur le pont d’un bateau en mouvement, amputé de toute vision même partielle sur un relief des côtes !

Cette remise en question devrait être dans mes cordages, parce que lorsque je traverse un océan derrière le hublot d’un avion, je ne pâlis pas d’un ton, si je ne distingue plus à l’horizon, le spectre d’une piste d’atterrissage en catastrophe. Alors demain, je me jette à l’eau si je puis dire : J’ai réservé une odyssée sur les flots d’une durée de treize heures ! Et une grande partie de la croisière aura lieu dans l’obscurité nocturne ce qui me garantira en l’occurrence , une absence visuelle de relief côtier. Pour couvrir le risque d’un potentiel échec, j’ai réservé une cabine confortable et ai téléchargé des documentaires détaillant de pittoresques bords de mer. Et en cas de malaise, je demanderai au psychiatre de bord, qu’il m’administre dans l’urgence, une  dose de cheval d’anesthésique pour cheval.

Mais je m’imagine déjà assez bien en figure de proue, les ailes largement déployées, crier à contrevent que je suis l’un des maîtres du monde….

L’intuition des jambes

Si jusqu’ici vous étiez persuadé que les petits délires c’est seulement dans la tête, vous pataugiez dans l’illusion ! Les égarements et l’altération des repères, c’est également dans ses jambes qu’il faut se les inventer ! Pour pleinement percevoir l’envie de batifoler de votre imagination, il faut avec le soutien de vos guibolles aller mettre les pieds là où votre hésitant équilibre tendrait à vous le déconseiller.

Et en cas de gamelle, vous pourrez toujours reprendre vos jambes à votre cou et retourner au plus vite les remettre bien au chaud dans vos bottes confortables et rassurantes.

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Si vous suivez les évolutions de ce blog, vous avez sans doute remarqué, qu’en ce moment mes jambes tendent à me transporter vers le monde du cinéma. (Hollywood, Cannes) J’ai toujours été un grand cinéphile, sans pour autant au départ envisager avec mes gros sabots de m’en approcher  plus près que des reflets d’un écran…

Mais j’avoue que ce détour suprenant et déconcertant stimule parfaitement mon univers imaginaire.

Je me trouve toujours dans la région de Cannes et le festival du cinéma y bat son plein. Je suis venu y participer hors compétition, raison pour laquelle j’ai emporté mes propres palmes… De toute manière je crois qu’elles ne seraient pas très pratiques pour monter élégamment les marches du Palais des Festivals…

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Une envie d’exploration …

Quelque part le long de la Corniche d’Or dans le massif de l’Estérel sur la Côte d’Azur … Une route sinueuse dans un paysage montagneux volcanique au bord de la Méditerranée, formé de roches d’un rouge presque martien. Une très belle région dont je ne me lasse pas à chaque visite…

Je rejoins en contrebas une petite plage de galets déserte en empruntant une suite de sentiers à travers une dense végétation… C’est là que mon attention est attirée par un objet étrange, au loin là bas à droite du rocher qui se dresse presque au centre de la photo ci-dessous, …

Vous voyez l’objet ?

Bien entendu, la curiosité et l’envie d’explorer, qui ne m’a jamais quitté depuis mon enfance l’emporte encore ! J’y vais, quitte à sauter de rocher abrupt en récif glissant. ( Ça tombe bien, j’adore ça )

Vous voyez ce que c’est maintenant ?

Eh oui, c’est une carcasse de bagnole qui a du tomber de la route qui surplombe cette crique… Il n’y a aucun accès direct, pas même un sentier.

Il est évident que je ne suis pas le premier sur les lieux : L’autoradio a déjà été récupéré !

Par contre, cette expédition m’a coûté une paire de “Birken” presque neuves !  Je vous fait grâce de la photo de l’état de mes pompes maltraitées ! Sur le chemin du retour, en remontant en direction de la route à travers la végétation, je suis tombé sur le tout premier marcassin en liberté de ma vie ! Si ça continue comme ça, je vais finir par croiser mon tout premier dragon !

 

Le grand blanc n’a rien à craindre

Aujourd’hui, découverte de la côte Pacifique, cette fois-ci en partant de Laguna Beach à Huntington Beach surnommée Surf City. Il y a ici des places pour des milliers de camping cars et pas des petits gabarits. Comme vous pouvez le lire sur le panneau sur la photo, la pêche au grand requin blanc y est interdite. Dès fois que vous pensiez qu’ici, on peut s’improviser comme ça un petit filet de squale de toute première fraîcheur au barbecue, vous pouvez marquer dommage !

Aujourd’hui il a fait beau temps et à Surf City et j’ai pu compter nettement plus de surfeurs que de grosses vagues et certainement nettement plus de grosses vagues que de grands requins blancs…

A part ça l’agence de location de voitures commence à s’inquiéter pour la Dodge que je devais en principe leur rendre il y a six jours, mais toujours pas le moindre signe du FBI. Alors je ne suis pas trop inquiet, mais ça veut aussi dire que je devrais commencer à penser à réfléchir à la date exacte de mon retour au pays qui m’a vu pousser mon premier cri…

Je crains fort que je ne vais pouvoir jouer au Beach Boy le restant de mes jours…

No fear, no beer !

Y a mon bilan carbone qui en a pris un sacré coup durant ces vacances. Je vais devoir me sacrifier à un séjour de plusieurs années sur une île coupée du monde et de l’électricité si je veux conserver une chance de compenser ce déficit. Hier j’ai consommé mon premier burger à dix heures du matin avec mon premier café à Manhattan Beach. J’avais repoussé le petit déjeuner à un futur proche. Décidément ces derniers jours, je commets une série de sérieuses entorses à mon règlement de vie !

Je me rappelle qu’au cours de mon existence, je souhaitais vivement contribuer à changer le monde. Et voilà que je réalise qu’en définitive, c’est lui qui s’entête à vouloir me changer !

Si un de ces jours je devais sombrer à pic dans les tréfonds d’une déprime en Californie, je repasserais ventre à terre faire un tour sur la Marina de Redondo Beach. J’y ai déniché un bar rock distillant de la musique live à fort volume dont le slogan est “Fear No Beer” et qui propose 77 recettes moussantes à la pression. Le bar se situe entre là où sont amarrés la gondole vénitienne pour les mariages et le voilier moderne du canonnier pirate. Et c’est tout naturellement que je donne cinq monstres bananes à cet établissement bienfaiteur : C’est la note maximum. Et mon jugement n’a nullement été influencé par le fait que c’était dimanche, que c’était en même temps le jour de Pâques et que pour superposer la cerise, c’était aussi le premier avril de la bonne farce… C’est au bout de deux pintes de bière noire en me trémoussant sur des bons vieux classiques du rock vaillamment interprétés par le trio de hardis bisons, que j’ai cru voir amerrir devant moi dans les eaux de la marina, rien d’autre qu’un pélican (ou dérivé). Notez, c’était peut-être un vrai !

J’apprécie de visiter les plages (beach) et les jetées (pier). Ces longues jetées sur pilotis entrant dans l’océan, sont aussi des endroits populaires auprès des pêcheurs. Hier, j’y ai croisé une sympathique gaminette vêtue d’une robe à pois qui appâtait le barracuda. J’ai également immortalisé la petiote sur un autre cliché, quand assise par terre, elle s’emmêlait les ficelles dans le moulinet en pestant comme une grande. Mais je ne publierai pas cette image ici.

 

Vue de mon hublot, au tout petit matin

Dans la hâte de l’organisation de mes vacances précipitées, j’avais oublié une partie importante de mon chargeur pour mon PC après avoir chargé l’appareil à bloc avant mon départ. Ces derniers jours je devais donc fortement économiser ma consommation en énergie, sa recharge étant désespérément impossible. En cherchant bien, J’ai finalement pu acheter à l’autre bout de L.A. un “power supply” adéquat et flambant neuf que je peux même brancher au besoin sur l’allume-cigarillos de ma “muscle car“.

Et comme rien ne va jamais sans difficultés, pour aller me procurer le “précieux”, j’en ai profité pour me farcir des bouchons à l’aller comme au retour sur des “highway” à 5 ou 6 voies par direction. Pour moi, ça fait partie de cette expérience californienne et de toute manière il y a absence évidente de voie réservée uniquement aux touristes qui n’ont pas que ça à foutre. Et il faut dire que j’ai déniché la chaîne de radio qui ne diffuse que du bon rock qui tache et que ça aide à faire passer les plus amères des pilules.

Je m’habitue progressivement à la vie à mes ricaines et j’en suis presque à vouloir devenir Calife à la place du Calife de Californie. Cette faculté d’adaptation qui m’habite depuis un certain temps m’étonne. “On” a du à mon insu me faire prendre un puissant produit dopant ou un inhibiteur quelconque.

Dans la perspective d’être adoubé Calife local, j’ai commencé par m’auto-adouber Capitaine et ai pris mes quartiers sur le RMS Queen Mary.  Je me suis couché de très bonne heure dans l’idée de me lever aux aurores sans avoir les yeux qui piquent, pour profiter de la lumière qui scintille merveilleusement à ces heures là et m’offrir une promenade matinale dans les entrailles, le long des coursives et sur les nombreux ponts de l’impressionnant paquebot.

Et je peux vous dire que ça en a valu la chandelle ! Je me suis régalé les mirettes !

Le Poisson Zombie ( the zombie fish )

J’avais dessiné ce poisson mort-vivant peu de temps avant d’aller passer quelques jours au bord de l’océan. Si je ne l’ai pas terminé ni publié à l’époque, c’était dans l’unique but de partir en vacances dans les meilleures conditions, sans être hanté. Vous comprenez ?

Et si je publie ce dessin aujourd’hui même, ce n’est absolument pas pour gâcher les vacances de qui que ce soit qui passerait enfin du bon temps sur la plage en ce moment même.,,

 

Océan 17 { Départ }

Ce n’est vraiment pas facile de tourner le dos à l’océan, même déchaîné ! Hier, j’avais préparé un petit texte à finaliser aujourd’hui. Mais je ne parviens plus à le trouver ni assez intéressant ni assez marrant… Je dois avoir attrapé une dépression post-maritime foudroyante.

En attendant, je vous présente Otto Focus , le poiscaille aguicheur …

 

 

Océan 17 { Intimité }

En exclusivité pour les intimes : Un selfie dans la salle de bains au petit matin.

 

Océan 17 { Rencontre }

Lorsqu’il m’a invité à boire ma bière à sa table, il était déjà posé là à observer la ligne d’horizon surlignant l’océan. Il était arrivé sur le front de mer en surfant sur sa planche à roulettes, une longboard joliment décorée.

« Ce sont des vagues pour les enfants aujourd’hui ! » me renseigna t’il.

« Mais… tu vois là-bas ? Lorsque cette longue barre de nuages s’étendra jusqu’à la montagne de ce coté, ça va démarrer ! »

Il semblait habité par l’intensité d’un suspense dirigé par les caprices de la météo mais modéré par l’inévitable inertie de la toute puissante nature. Et moi, j’aime bien les passionnés ! Et puis il m’a expliqué les spots de surf de la région, la vapeur « qui brouillarde l’atmosphère » à cause de la différence de température entre l’air et l’eau, l’effet du gouf de Capbreton, les championnats d’Europe…

C’est quand j’ai pris congé de mon pote le surfeur, que je me suis rendu compte que nous avions oublié de commencer par les présentations d’usage. Même si à ce moment là, il m’a salué chaleureusement comme si je faisais déjà partie des initiés de la planchouillette et des intimes de la glisse aquatique !

Ça c’était hier. Je venais de couper le sillage de l’homologue local de Brice de Nice et d’Igor d’Hossegor !

Sur le chemin du retour, pour qu’il trouve une bonne place dans mon annuaire mémoire, je l’ai baptisé Gaston de Capbreton !

Durant la nuit, s’est mis a souffler un vent à décorner le Viking. Ce matin intrigué, je me suis rendu à  Hossegor à la découverte de l’un des ces fameux spots de surf. En effet comme Gaston me l’avait prédit : Ce fût une expérience des plus décoiffantes ! Impossible dans des conditions pareilles de planter mon parasol ni d’espérer étendre un linge de bain sans le lester d’un phoque de taille adulte. Mis à part un fêlé de kite-surfing , personne n’était sorti affronter ces éléments en furie. Dans la foulée, je me suis laissé contraindre de remettre à des cieux plus cléments, l’éventualité d’enrichir ma collection de coquillages …

 

Océan 17 { Fruits }

Toute la matinée, je n’ai rien trouvé de mieux à faire,

Que de parcourir la plage au plus près du fracas des vagues

A marée basse, sous un soleil indécent…

J’ai eu beau chercher et chercher encore,

je n’en ai pas trouvé de plus excentriques que ceux-là.

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Pas d’amoncellements d’algues parasitées de déchets en plastique multicolores

Sur la totalité de la plage ici.

Il s’agit d’une station de vacances réputée !

Le ménage devait avoir été fait bien avant ma cueillette