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Le pour et le contre

 

 -Moi aujourd’hui, je suis clairement contre !  Même si hier j’étais plutôt pour…

– C’est récemment que tu t’es décidé en faveur du contre ?

– Ce matin même ! Je n’avais plus aucune raison d’être pour le pour.  Et toi ?

-Moi je suis contre le contre ! Donc… pour !  

-Mais pour finir, si tu es pour le pour, tu es contre moi qui suis contre !

-C’est exact, et j’espère que tu n’as rien contre…

 

Le Porte à Porte

– Je vous souhaite le bonjour chère Madame !

– Bonjour Monsieur, excusez-moi d’avoir tardé à vous ouvrir : J’ai failli ne pas saisir que je recevais une visite!

– Et pourtant, chère Madame, je peux vous garantir que votre porte, je ne ne l’ai pas tapoté avec la mollesse d’un apathique !

– Alors donc, vous avez  frappé au lieu de sonner ? Voilà sans doute l’origine de mon hésitation. N’avez-vous pas remarqué qu’il y avait un bouton de sonnette situé en évidence ici ?

– Si, je l’avais bel et bien noté votre dispositif moderne ! Mais il faut que je vous explique : Je suis de l’ancienne école et bien je comprenne en grande partie, les nombreux avantages que peuvent apporter les nouvelles technologies, je reste pour ma part, fidèlement attaché à de vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves au fil du temps.

– Eh bien personnellement,  je suis coutumière du récital de ma sonnette. Je ne vous cacherai pas que des coups appuyés et répétés, c’est une chose tout à fait inhabituelle ! La plupart de mes visiteurs choisissent sans rechigner de se plier à la conformité contemporaine. De plus, des heurts soudains peuvent me faire tressaillir, voire m’effrayer !

– Pardonnez-moi de vous avoir bousculé de par mon antique méthode. Comprenez que le visiteur que je suis ne sait pas trop à quoi s’attendre, en actionnant le bouton d’une sonnette. Ce n’est pas que j’ai renoncé d’office à me laisser surprendre par un timbre inconnu.  J’ai jusqu’ici connu de fort belles compositions diffusées par de merveilleux carillons ! De nos jours encore, mes oreilles profitent de fort agréables surprises en découvrant ici et là quelque son de cloche sympathique. Mais il y en a aussi de trop rébarbatives et de désespérément monotones ! Autant de préludes qui peuvent dans l’attente qui suit mon geste, me laisser présager de la tiédeur d’un  accueil l Laissez-moi ensuite tenter de vous convaincre que votre avertisseur régulier ( celui qui ne trahit jamais vos habitudes ) il présente le  désavantage ne pas faire de votre porte d’entrée pour chacun de vos visiteurs, une expérience totalement différente et unique même si, dans leur durée ou par le nombre de leurs répétitions, il reste encore des variables accessibles au sonneur avant-gardiste. Lorsque je me permets en personne de la frapper énergiquement comme je viens de le faire, je peux composer à ma guise, une entrée en matière d’un rythme, d’une tonalité et d’un tempo en tous points personnels. La partition commence dès que j’examine l’entrée de votre lieu d’habitation, du haut de porte au paillasson. Mon plaisir débute bien avant les derniers pas de danse qui me portent à votre rencontre. Le premier acte qui m’amène ici, inclus le mystère de votre présence ou non à l’intérieur de votre logis !  Et j’en  profite pour vous remercier de votre charmant et chaleureux accueil !

– Vous êtes ici le bienvenu ! Mais ne courrez-vous pas ainsi le risque de susciter la méfiance et que l’on décide par inquiétude de ne pas vous ouvrir la porte ?  S’il y a une sonnette, il se peut que l’habitant ne tolère pas volontiers d’exception à sa règle. Ne craignez-vous pas qu’il  se sente bousculé ou déstabilisé par votre gaillarde diversité ?

 – Oh mais il m’arrive encore de sonner comme on l’attend de moi ! Je vous donne volontiers un exemple : Si j’ai fait le tour de tous les appartements d’un immeuble de dix étages et qu’aucun de ces nombreux locataires n’avait pris la peine avant ma visite d’installer la moindre originalité auditive à me mettre sous le doigt, certains jours c’est la déprime qui me guette et dans la foulée, la qualité de mon travail qui se dégrade… Je vous l’apprends peut-être, mais il existe des sonnettes qui sonnent faux et d’autres qui me font penser à des alarmes coupables.

– Et tambouriner à toutes les portes de cet immeuble dont vous me parliez à l’instant,  n’est-ce pas douloureux à l’usure ? Il me paraît qu’à choisir, la répétition de l’appui tactile d’un doigt unique sans grand effort, vous laisserait sans souffrir de la moindre courbature, même si vous deviez parcourir l’entier de ce quartier d’immeubles de dizaines d’étages dans un court laps de temps !

– Il est vrai qu’à cette minute encore, je ressens dans toutes mes phalanges les séquelles de l’impact de ma main sur la fermeté du bois de votre porte. Et c’est l’un de mes nombreux motifs, si vous me le permettez, de prendre tout mon temps pour m’entretenir avec vous. Avant de prendre congé, comblé par notre dialogue et les douleurs apaisées prêt à m’en aller frapper tout aussi gaillardement à la porte suivante …

 

Voilà, je me suis bien défoulé ! Je n'ai pas vendu grand chose, 
mais j'ai été fort bien accueilli. A présent, il est temps que je m'en 
retourne aux choses sérieuses !

Le cœur et les poches

Servez-vous un petit Ricard ou un Pastis, imprégnez-vous un tout petit peu de l’esprit de Monsieur Pagnol, testez votre mode lecture “avé l’accent du midi”  par exemple sur un magazine de télé et autres réalités, et ensuite …ensuite seulement, parcourez cette petite histoire !

Le cœur et les poches

– Holà mais que se passe t ’il grosse légume en cavale ? Tu m’as l’air d’être un peu aillleurs et bien soucieux par dessus le marché ! Est-ce qu’en ce moment tu rames sur une affaire de cœur ou quoi ?

 

– Mais pas du tout vilain chenapan simpliste !  Ces temps-ci, je suis en pleine négociation avec un client qui se montre plutôt dur en affaires ! Et l’affaire en question, je peux t’affirmer qu’elle n’est pas encore dans la poche et naturellement cela me tracasse ! Et toi alors, jovial vaurien, une fois de plus par ici à perdre ton temps à vouloir nous narguer ? A venir faire ton joli cœur sur la place publique, les mains enfouies au plus profond de tes poches ?

 

– Té, tu l’as bien deviné obscur notable engoncé ! Vois-tu, sous le soleil de cette magnifique journée,  je n’ai pas du tout le cœur à vouloir me remplir les poches d’une quelconque autre façon que celle-là. Ainsi , j’en oublie même qu’elles étaient vides peu auparavant et je peux m’en aller le cœur léger, croquer toutes les plus intrigantes facettes de l’existence dont je te l’avoue, tu fais un peu partie à ta manière !

 

– Eh bien vois-tu, garnement immature,  je ne suis pas un enfant de cœur et je préfère et de très loin, bien me les remplir, mes poches ! Pour acquérir la certitude d’avoir tout ce qu’il faudra pour me les offrir un à un et en tout temps, mes coups de cœur. A mon humble avis, mais tu es libre de demeurer dans la dèche, tu devrais prendre exemple et songer à mettre tes mains à la pâte, plutôt que de les camoufler à l’intérieur de tes fouilles ! Pour commencer, par exemple : Si tu mettais autant de cœur à l’ouvrage de ton choix, que de verbes dans ton bagout d’enquiquinant ?

 

– J’avoue que tu as du répondant pour un pédant écureuil ! Mais rassure-moi un peu, tes grosses poches à toi là,  es-tu absolument certain que pour ta pomme, elles seront un jour assez pleines ? N’en as tu pas déjà prévu quelques autres encore bien vides en réserve chez ton costumier ? Ne crains-tu pas, que trop occupé tout ce temps à faire ce qu’il faut pour toutes te les remplir à ras les coutures, tu ne passeras pas, avec moult regrets, à côté d’une belle et solide histoire de cœur ?

 

– Sache pour ta gouverne, galopin puéril et ordinaire, que les histoires de cœur, ça peut parfois te les vider aussi sec, tes poches ! Et moi, tel que tu peux m’admirer là devant toi, avec la complicité du cœur de pierre que j’ai solidement installé ici-dedans, je saurai en tout temps me prévenir de toute tentation qui pourrait s’imaginer venir me le mettre en miettes ou me le briser menu ! Crois- moi, ce palpitant là, c’est de la belle mécanique ! Et j’en prends soin ! Et celui ou celle, a qui viendrait l’idée saugrenue de vouloir venir me les faire, les poches, je l’attends au contour et il faudra qu’il ait le cœur bien accroché !

 

– Ah lala mais tu me donnes des hauts le cœur avec ton attitude d’austère nanti ! Mais tu ne savais peut-être pas encore, mon grand ami nabab que mes poches à moi, bien à l’inverse des tiennes, eh bien elles sont trouées et que je ne compte point me les faire recoudre ! Même pour tout l’or du monde que tu ne possèdes pas encore, sois en sûr !  Quoi que tu t’imagines, je ne serai jamais riche en propriétés, titres et devises comme tu aimes à en refléter l’obsession. Ces déchirures là au fond de mes poches, font que je sème quelques piécettes partout où je me rends…   … Mais on discute, on discute et on s’égare un peu là il me semble !!!  … Il te reste peut-être encore une dernière boule de pétanque tout au fond de l’une de tes poches pharamineuses là… Je crois soudain me souvenir qu’à présent, ce soit bien à ton tour d’en tirer ou d’en pointer une en direction de l’insignifiant cochonnet qui s’est égaré dans cette direction là-bas …

..

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Conseil d’ennemi (N’y vas pas)

N’y vas pas !

Trop de vitrines de farces et attrapes !

Trop de masques qui ricanent sous cape

Trop de politiciens aux manières caricaturales

Trop d’ensorceleuses boulimiques et vénales !

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N’y vas pas !

C’est envahi de paniers de crabes

C’est infesté de légions de microbes

C’est jonché de nids de vipères

C’est peuplé d’angoisses et d’ulcères

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N’y vas pas !

On t’y convertira en bon petit soldat !

On t’y anéantira toute ta bonne foi

On t’y refroidira tes grandes illusions

On t’y reprochera de ne pas tourner rond !

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N’y vas pas !

La mer y est sale, dévalisée

L’air y est chargé, contaminé

La terre y est abusée, fatiguée

La faune y est traquée, décimée

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N’y vas pas !

Voyons, tu ne pourrais rien y changer

Finalement, tu n’ aurais réussi qu’à te mettre en danger

D’ailleurs, tu n’as pas vraiment l’armure pour combattre

Allons.. Ce n’était rien qu’une petite boule au ventre !

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N’y vas pas !

Laisse tomber, n’y vas pas j’ te dis !

Crois-moi sur parole, je suis ton meilleur ennemi !

Mais si tu devais y aller quand même ….

Alors fonce droit devant et ne ménage pas ta peine !

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Firmament V2.0

– Excusez-moi, je crois que je me suis perdu en chemin. Pour le paradis, quelle est la direction à prendre?

– Alors vous prenez la première à droite, poursuivez jusqu’à la galerie sous le grand dôme, puis prenez la première coursive à gauche. Ensuite c’est tout droit jusqu’au fond du couloir. Et là, prenez simplement l’ascenseur.

– Je vous remercie pour le renseignement. Et une fois entré dans l’ascenseur, c’est quel étage ?

– Alors, pas d’étage pour cette destination-là. Une fois entré dans la cabine, vous saisissez simplement votre code d’accès personnel sur le pavé numérique. Les portes se referment automatiquement et c’est parti !

– Mon code ? Je n’ai pas de code !!!

– Vous n’avez pas reçu votre code d’accès par SMS ?

– Alors… Attendez que je vérifie… Eh bien non, pas de SMS, pas de code…

– Se pourrait-il que vous ne vous soyez pas acquitté à temps de l’émolument officiel d’admission ?

– Quel émolument ?  Je tombe des nues, Je ne comprends pas de quoi vous parlez…

– Vous n’avez sans doute pas encore été informé que là-haut, ils ont tout modernisé, pour se mettre en conformité avec de nouvelles normes récemment entrées en vigueur. Le grand registre manuscrit de Saint-Pierre, c’est du passé. Ils sont passés à l’informatique de gestion et à l’e-banking. Pour couvrir les frais d’investissement de la nouvelle infrastructure, le dernier voyage est aujourd’hui un service payant. Il n’y a plus du tout de files d’attente à l’accueil. L’enregistrement est rapide et efficace. Vous trouvez votre badge pré-imprimé, votre costume de lumière sur mesure avec votre kit de bienvenue dans un casier à votre nom … Mais là aussi, il vous faudrait le code d’accès pour pouvoir en activer l’ouverture…

– Je n’en savais rien ! Et je ne me rappelle pas avoir reçu de droit d’entrée à payer pour  prendre cet ascenseur.

– Il est fort possible, que ce tout nouveau système présente encore quelques problèmes de fiabilité.

– Que puis-je faire alors, sans posséder ce fameux sésame, pour rejoindre le nirvana ?

– Alors vous prenez la deuxième à gauche, poursuivez tout droit sur environ cinquante mètres, puis prenez la troisième à droite et ensuite c’est tout droit jusqu’au fond du corridor. Et là, prenez simplement l’escalier de service. Une fois là-haut, appelez la hotline

 

La Quintessence des médecines douces

 

liqueur_sunof-net

– Rôo ben dis donc Vénus, elle est absolument sublime ta nouvelle salle de bain ! Tu aurais dû me prévenir ! Ça m’a fichu un sacré choc en y pénétrant !

– Ah mais si tu savais ce que je suis heureuse de t’entendre me dire à quel point elle te plait ma chère Athéna. Je tenais à t’en faire la surprise. Tu comprends, un jour je me suis dit qu’il était grand temps d’embellir mon univers et avant toute chose de prendre soin de moi, de me faire plaisir !

– C’est vraiment très réussi ! Bravo ! J’en profite pour oser t’avouer que jusqu’ici, cette pièce-là en particulier, me paraissait peu accueillante et bien mal illuminée !

– J’en étais consciente, mais je fermais les yeux ! J’avais placé d’autres priorités en haut et probablement pas toujours les bonnes !

– Mais, raconte-moi vite : Que s’est-il passé ?

– Tu t’en souviens peut-être, lorsque j’étais encore en couple avec Arès, il y avait caché derrière cet unique miroir au-dessus du vieux lavabo, une profonde armoire en plastique jaunâtre, remplie de mille et une petites boîtes en carton. Des produits de beauté, des baumes, des anti-rides, des masques, des lotions, beaucoup de maquillage, des fortifiants, des médicaments, des petites pilules bleues, des calmants … ! Bon sang en y repensant, j’en ai l’estomac noué : Tu comprendras que je ne souhaite pas t’en réciter l’inventaire complet !

– Mais bien sûr que je me rappelle de l’existence de ce placard secret, Vénus ma chérie ! Je suis ton amie et confidente de longue date ! Elle contenait à mes yeux une impressionnante mais aussi très inquiétante collection de petits cartons ! Mais comment te faire part de mon inquiétude à l’époque ? Ces produits semblaient tellement te rassurer !

– Eh bien vois-tu Athéna, j’ai tout jeté quelques mois après qu’Arès nous a quittés, les lieux, et moi !  Aujourd’hui, dans ce nouvel espace apprécié à sa juste valeur,  il ne me reste plus qu’une seule fiole de concentré de magie et pour couvrir certains cas d’urgence, dans un bocal quelques sparadraps et un désinfectant.

– C’est étonnant ma chère Vénus ! Mais ma curiosité me titille  : Révèle-moi donc la teneur de ce concentré magique, sensé dès lors se substituer à tous tes petits produits miracles périmés ?

– C’est une ligueur d’orgasme à base d’huiles essentielles d’amour ! Et cette nouvelle substance, vaut tout l’or du monde …

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Un grand merci à vous qui m’avez inspiré ce billet et à vous aussi, pour l’image d’origine de cette salle de bains que je me suis permis de traficoter et de décorer !
SunOf

Les Lumières Aveuglantes

Les Lumières Aveuglantes 

 

par SunOf.net


– Bienvenue à l’accueil cher Monsieur. Avant de procéder à votre enregistrement proprement dit, c’est moi qui suis chargée de m’occuper de vous. Détendez-vous, je m’occupe des statistiques d’admission et vais vous poser quelques questions très simples. Ce sera relativement rapide, ne craignez rien : Je dois simplement compléter au moyen de croix, certains champs prévus à cet effet dans le formulaire qui apparaît sur le terminal informatique que voici… La collecte de ces données est anonyme et ne vise que le seul but d’améliorer globalement la qualité de nos services. Etes-vous prêt ?

– Ouais. Bon…  allons-y !

– Question : De quelle manière venez-vous de passer de vie à trépas : Quelques exemples acceptés : maladie, accident, excès de substances, meurtre, autre motif ?

– Alors cochez accident ! Il était tard le soir. Il faisait déjà nuit. Après une longue journée de labeur, je conduisais sur la nationale en direction de mon domicile. Je rédigeais un petit texto/SMS à l’intention de ma compagne pour l’avertir de l’imminence de mon arrivée.  Un petit instant d’inattention je  l’avoue. Je me souviens seulement être entré en collision avec je ne sais quoi … Un autre véhicule peut-être. Je me rappelle qu’il s’en est suivi un profond silence, soudain déchiré par une lumière aveuglante …

– Oui, c’est le signal habituel, la célèbre lumière. Je peux sans doute mettre une croix dans décès par imprudence ?

– Non, parce que la lumière aveuglante, c’était les feux de route de l’ambulance qui arrivait sur les lieux. J’étais dans le coltard, mais au milieu des étoiles, j’ai clairement pu identifier des feux colorés clignotants. A ce moment-là J’étais encore en vie ! Mais c’est con, mon smartphone m’avait échappé des mains lors du choc. J’aurais aimé filmer l’arrivée des secours et mon transfert à l’hôpital. Ça semble incroyable comme ça, mais ça peut faire un véritable buzz en bas monde ce genre de vidéos vous savez !

– Alors vous avez survécu à l’accident ! Je pourrais mettre une croix dans décès suite à un malheureux enchaînement de circonstances ?

– Attendez : Dans l’ambulance j’ai demandé au médecin de bord s’il pouvait nous prendre en selfie avec son téléphone portable et de me l’envoyer par email. C’était seulement dans le but hypothétique  de l’utiliser comme photo de profil sur les réseaux sociaux durant mon séjour à l’hosto. Mais il m’a sèchement répondu qu’il fallait immédiatement que je cesse de bavarder dans mon masque à oxygène si je voulais conserver une infime chance de m’en sortir vivant. A ce moment-là, je me suis dit qu’un tel rabat-joie, j’allais éviter de lui transmettre une demande en ami une fois remis sur pieds. Je ne sais pas s’il m’a administré un calmant ou autre, mais je me suis senti partir dans les vapes sans obtenir la moindre photo souvenir.

– Et c’est à la suite de cette courte agonie délirante, qu’une seconde lumière aveuglante… ?

– Ben non, manque de bol sur ces routes pas très sûres, il a fallu qu’un type au volant de sa grosse berline, qui se disputait, le téléphone à l’oreille, avec un client mécontent, ne soit en mesure de voir arriver notre véhicule prioritaire. Il nous a percutés à un carrefour. J’avais dû reprendre connaissance juste avant le choc afin de pleinement pouvoir en profiter. Etourdis par ce choc, tout le monde semblait se déplacer au ralenti dans des nappes de fumées apocalyptiques. J’ai bien cru que la fameuse invasion des zombies venait juste de débuter ! C’était bien ma veine : Pour une fois que j’étais installé aux premières loges pour réaliser un super clip,  voilà que je me retrouve dépourvu de toute technologie et prisonnier d’une civière !

– Vous cherchez à  me faire croire alors que votre présence ici est due à un mort vivant qui vous aurait dévoré ?  

– Ah mais que nenni ! Parce qu’à ce moment précis, c’est une équipe de secouristes de choc, encadrée de militaires lourdement armés, qui ont fait irruption en glissant du ciel en rappel au bout de cordes : ils ont atomisé les monstres affamés dans un déluge de feu. L’escouade en question une fois le périmètre sécurisé, a escorté chaque victime du second crash en urgence dans un bloc de campagne médicalisé en territoire contrôlé et pacifié. Ils nous ont sortis d’un sacré merdier, je peux vous l’affirmer !

Ensuite dans le but de mesurer mes signes vitaux en prévision de l’arrivée de mon médecin de famille, ils m’ont isolé dans une pièce et m’ont branché sur une console informatisée. La bonne nouvelle c’est qu’il m’ont enfin détaché. Comme je parvenais encore à remuer quelques uns  de mes membres valides, dès qu’ils ont eu le dos tourné, j’ai pu me saisir de la manette de la console et grâce au fait qu’il y avait du réseau public avec un très bon signal WiFi, j’ai pu télécharger à la sauvette une application qui me donnait accès à toutes mes données. C’est en m’enquérant de l’état de mon score et en allant lire mes statistiques que j’ai découvert que je n’avais plus qu’une seule putain de vie en rab : Que cette vie-là était ma seule et toute dernière… Autant vous dire que c’est là que j’ai senti que pour moi ça commençait à sentir le « Game Over » à plein nez ! Tout cela, à cause d’une toute petite seconde d’inattention ! C’était rageant !

Ressasser mon erreur de débutant dans cette partie a fini par tellement me foutre les boules qu’à un moment,  de toutes les forces qui me restaient encore, j’ai balancé nerveusement la manette de contrôle en direction de la console et du moniteur. Et là, il y a eu comme un énorme éclair accompagné d’une pluie d’étincelles. Probablement ce que les électriciens appellent dans leur jargon : un court-circuit. Dans ma colère, j’avais oublié que mes fonctions vitales étaient encore physiquement câblées à cette foutue machine qui partait en flammes et forcément comme c’était mon jour de malchance, je me suis pris plusieurs gros coups de jus jusque dans les tripes.

– Mais c’est à ce moment-là qu’une fois de plus et comme par miracle, quelque chose a empêché notre signal lumineux de vous aveugler ?

– Ah mais non ! Le signal clairement aveuglant dont vous me parliez là, je l’ai vu et bien vu.

– Alors finalement, dois-je mettre la croix dans décès par électrocution ?

– Bon, allez vendu ! Si c’est juste pour des statistiques à la con, on ne va pas y passer la semaine ! Votre patron de toute manière ne prendra probablement pas la peine d’en lire les résultats. Mais dites-moi, entre-nous, sauriez-vous s’il existe une adresse en ligne, où je pourrais m’inscrire pour jouer une nouvelle partie et éventuellement une page ou je pourrais trouver un bon “tuto” avec des tuyaux sérieux qui pourraient me dévoiler des clés implacables pour ne pas claquer bêtement à la première difficulté ? Comprenez, c’est que je ne peux pas me pardonner de ne pas avoir été une lumière sur ce coup là et de devoir abandonner sur un aussi minable score  !

bloc opératoire

 

 

Sopor Culpabilis

sopor culpabilis_sunof.net

– Paul racontez nous donc ! Quelle bonne farce avez-vous commise durant la nuit passée  ?

– Eh bien, pour marquer le coup (car c’était une nuit de pleine lune sans nuages) je me suis introduit aussi discrètement que possible, dans la chambre à coucher du plus grand escroc connu de la planète …

– Intéressant ! Votre souffre-douleur assoupi était-il sur ses gardes et s’est-il réveillé au moment de votre intrusion ?

– Il n’a pas agité le moindre cil. Il roupillait tel le bienheureux ! J’avais été briefé que celui-là, rien ou presque ne l’empêcherait de pioncer comme une souche.

– Et quelle fût alors la nature du bon tour que vous lui avez joué ?

– J’ai commencé par réveiller sa conscience mais uniquement celle-ci. Croyez-moi, ce ne fût pas chose aisée, puisqu’elle était profondément endormie ! Et ce depuis plusieurs dizaines d’années,  …

– Vous n’avez pas fait dans la dentelle Paul !

– Vous imaginez l’affreux cauchemar qu’il a fait : de toute sa vie, c’était probablement le tout premier de cette ampleur. Il s’est vite trouvé très agité et prisonnier de ses draps. Imaginez, il s’est même mis à parler durant son sommeil, lui, réputé être l’un des filous les plus taiseux. Mon canular nocturne a dû sensiblement le changer de ces rêves de splendeur, de pouvoir et de puissance dont il était coutumier.

– Je dois avouer que vous vous êtes dépassé Paul. Continuez, nous sommes impatients de découvrir la suite de ce récit …

– Je crains fort que dans son délire, il n’ait dû revoir en personne de nombreux revenants truandés, quantité de spectres vengeurs, pléthore d’ombres glaçantes. C’est là que comme souvent, sa conscience a tenté de réveiller sa colère, dans le but de se décharger sur elle de toutes ses hantises. Mais je suis intervenu à temps et ai pu bloquer le processus de transfert !

– Vous maîtrisez parfaitement votre sujet Paul. Bravo ! Je vous félicite !

– Merci Maître ! Se voyant pressée de toute part, sa conscience a ensuite cherché à réveiller l’agressivité. L’expression faciale de l’ensommeillé s’est considérablement durcie. Mais pas la moindre trace de regrets ni de remords a témoigner aux visiteurs de son rêve. Alors, j’ai réveillé un à un quelques souvenirs de ses plus vilaines actions passées, ai ré-intensifié de vieilles amertumes, ai agité une belle série de ses casseroles ! Ce qui a du produire un tintamarre assourdissant dans sa tête ! A ce moment-là, j’ai constaté une légère surchauffe de sa conscience, qui n’a plus trouvé d’autre alternative que d’entreprendre de réveiller les glandes lacrymales…

– Vous voulez dire que vous vous êtes attribué le mandat de faire se larmoyer de culpabilité le plus grand escroc de la planète ? Nous en sommes très impressionnés Paul !

C’est bien cela Maître! Et pour finir je me suis dirigé vers la porte de la pièce, l’ai ouverte, ai claqué des doigts pour que le cauchemardeur se réveille bien en sueur. J’ai à haute et intelligible voix éclaté d’un rire angoissant* pour être bien certain qu’il m’entende avant de claquer la porte de sa chambre à coucher et disparaître dans la nuit comme si je n’avais jamais existé !

– Eh bien Paul, reste à espérer que le sujet ait su apprécier cette bonne farce autant que nous et qu’il en gardera comme nous un très bon souvenir !

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* Ecoute en exclusivité le rire angoissant* de Paul :

Le rire angoissant*

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[ n.d.l.r. ] L’auteur n’a jamais suivi une seule leçon de latin et ne connaît personne dans son entourage qui soit de langue maternelle latine. Ce titre là-haut est uniquement supposé faire intello…

Chemical Friends

Bonsoir cerbère !

Bonsoir Monsieur, pouvez-vous

me présenter votre invitation ?

La voici ! Je me nomme Calmant.

Oui, vous êtes bien sur la liste. Et vous êtes attendu !

Le maître des lieux est un peu anxieux en ce moment,

 Entrez vite le rejoindre, lui et les autres convives,

Allez prendre une coupe de champagne au bar !

 

Merci mais sans façons pour la coupe. L’alcool et moi

ne faisons pas bon ménage ! Je ne suis pas venu seul.

Je suis accompagné de Clémence et de Constance !

Elles sont chargées de contenir les indésirables

comme les effets secondaires par exemple !

 

Alors bienvenue à vous aussi Mesdames!

Entrez vite !

J’espère que vous apprécierez le festin.

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Bonsoir vigile ! Mon nom est Aspirine Antidouleur. Depuis notre dernière rencontre,

J’étais dans l’impatience de pouvoir festoyer à nouveau dans l’une de vos soirées cocktail !

 

Mais vous êtes toujours notre invité spécial, Sire,

Sans doute avez-vous remarqué le slogan sur

le carton d’invitation: Ca va faire mal ce soir !

Venez, Migraine que voici, va vous escorter

à votre table. Vous n’allez pas être déçu !

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Bonsoir surveillant, je suis madame Pilule, et…

Madaaa…me Piiii…luuuu….le. Bizarre, je ne trouve

pas votre nom sur mon ordonnance !

C’est certainement parce Je suis invitée à d’autres festivités, pas très loin d’ici.

Ce sont des amis qui m’ont chargée de passer vous dire que

malheureusement, ils ne pourront se joindre, à la présente célébration,

qu’en toute fin de soirée. Durant l’after je crois.

Ils répondent aux patronymes de Seltzer et Rennie.

Il seront juste en retard ! Il ne faudra pas vous inquiéter !

Eh bien chère Madame, je vous remercie d’avoir pris la peine

de nous en avertir. J’en prends bonne note !

Au plaisir de vous revoir bientôt !

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Bonsoir portier, veuillez m’annoncer : Lord Paracétamol !

Palsambleu ! Je n’aurais raté cette sauterie pour rien au monde !

Bienvenue Messire ! Nous vous savions

grand amateur d’ambiances fiévreuses.

Et c’est un honneur de vous savoir parmi nous.

Entrez donc et laissez-nous vous divertir !

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Holà garde ! Mais quel est donc la raison

de tout ce fichu remue-ménage ?

Laissez-moi passer !

 

Bonsoir Maître Somnifère ! Vous n’avez pas été invité

et m’en voyez désolé. Car ce soir nous faisons grand tapage.

Le maître des lieux, avec vous, m’a chargé

Avant tout, d’entretenir des rapports de bon voisinage !

J’espère que tout cela ne vous empêchera pas le sommeil, de trouver !

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Bonsoir, j’ai vu de la lumière, je passais par là par hasard !

Je ne suis pas en possession d’une invitation,

En guise de sésame, puis-je simplement vous promettre d’être sage ?

 

Allons donc, je ne vous laisserai pas croire

que je ne vous ai pas reconnu mon très cher Viagra.

Si c’est encore pour importuner nos invitées

en leur faisant la cour

Je ne pourrai pas vous laisser

entrer comme cela !

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Medical Cocktail

Cueilli au vol avec délicatesse

Le roi du Blues fb

– C’est la première fois que vous venez nous voir ici dans nos bureaux ?

– Oui, je ne sais pas comment ça se passe, mais vous allez certainement me guider un peu …

– Bien, alors commençons : Si vous êtes un gros bosseur, efficace, organisé et résistant au stress, je peux vous proposer un poste de fourmi. C’est situé en bas de l’échelle : un poste d’ouvrier subalterne. Mais si vous appréciez les voyages, cette mission inclus de très nombreux déplacements …

– Hé bien, en tant qu’être humain déjà, j’étais plutôt cigale, alors je crains que je ne me sente à contre-emploi. Et j’avoue que l’idée de devoir me fondre dans la frénésie d’une fourmilière, ne me tente pas plus que cela.

– Je comprends, mais malheureusement en ce moment, on ne recrute pas de cigales. C’est plutôt un job temporaire d’été, vous savez !

– Tant pis. Et quelles autres carrières pouvez-vous me proposer ?

– Voyons… Vous vous sentiriez plutôt pelage, plumage ou couvert d’écailles ? Plutôt grand prédateur, proie discrète, imposant ou minuscule, volant ou rampant ? Attendez, je viens de tomber sur un poste de zèbre à pourvoir immédiatement. Il vous tenterait ?

– Alors oui zèbre j’aime bien. A part pour l’uniforme. Je crains qu’il soit un peu trop voyant pour que je me sente à l’aise, rapport au type de personnalité que j’ai acquise lors de mon expérience précédente.  J’avoue que je n’aurais rien contre un minimum de mimétisme dans mes nouvelles fonctions !

– Hé bien, je constate que ça ne va pas être simple de vous réincarner hahaha, mais notre service est là pour ça et nous y consacrerons le temps qu’il faudra. Poursuivons… Alors… Voyons… Au département carnivores, ils cherchent des assistants avec beaucoup de mordant, mais ils embauchent plutôt des jeunes qui ont les dents longues. Il y a aussi de belles opportunités dans les zoos, des postes à long terme, vous seriez nourri, logé et soigné, si bien entendu, vous vous sentez prêt, à endosser une activité quotidienne offrant peu de libertés et qui implique de continuer à entretenir des contacts régulier avec vos ex- congénères du sommet de la chaine alimentaire… Ah ! Si vous êtes en possession d’un brevet de plongée et avez une licence de pêche, nous sommes aussi à la recherche d’un martin-pêcheur. Une activité motivante avec de grosses responsabilité, et puis…

– Oh mais.. veuillez me pardonner de vous couper la parole, il me vient subitement une idée : une opportunité en tant que chenille vous auriez ça dans vos fichiers ? Je me souviens que sous ma forme humaine déjà, j’avais apprécié de me retirer dans un cocon pour me consacrer à la gestion d’un projet ambitieux, une métamorphose…

– Vous avez de la chance, nous avons justement ici une annonce parue ce matin même. Un instant, je consulte les détails du profil demandé : Alors… personnalité de terrain, esprit d’entreprise, grande souplesse, goût pour la légèreté, capacité à se laisser ballotter dans tous les sens, bonne tolérance aux changements fréquents de direction… Ah et notez qu’une préférence sera accordée au candidat qui montrera de réelles aptitudes à utiliser le minimum de raccourcis et de lignes droites pour relier deux points…

– Mais dites-moi, ce descriptif me semble avoir été rédigé sur mesure ! Y a-t-il des risques inhérents à cette profession  ?

– Bah, tout au plus à être cueilli au vol avec délicatesse puis épinglé dans la vitrine d’un collectionneur. Mais à ce moment-là, revenez me voir ici. Nous dénicherons ensemble une autre affectation pour vous,  et des plus épanouissantes, je peux vous le promettre.

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Si vous souhaitez soutenir l’artiste qui a réalisé la magnifique aquarelle du martin-pêcheur et qui a édité un ouvrage écrit par une de ses amies et illustré par elle, rendez vous sur le lien suivant  : aqualowe.ch
Merci et à bientôt !

Une dent contre moi

une dent contre moi_sunof.net

– Non mais admets le carrément, que tu as une dent contre moi !

– D’accord ! Alors puisqu’on en est là, je te le déclare aussi sec  : Carrément !

– Ben…  Je t’écoute : Carrément quoi ? Allons, précise le fond de ta pensée…

– Eh bien, juste caaarrrrrément, comme ça se prononce, en quatorze lettres …

 

La promenade dominicale

arc en ciel

Dis mon poussiéreux crapouillot d’amour. On pourrait sortir se promener un peu ? C’est dimanche et il y a un beau rayon de soleil…

– Mais ma remuante biche en nougat, regarde dehors, il pleut comme vache qui pisse de bon matin !

Ho mais l’antique pachyderme paralysé que voilà ! Tu me réponds cela parce que tu ne veux pas décoller ton arrière-train du canapé !

– Ecoute ma grosse limace engourdie, si tu ne distingues plus les gouttes de la pluie, c’est qu’il te faut une paire d’épaisses lorgnettes !

Dans tous les cas, j’y vois suffisamment clair pour pouvoir contempler en détail toute la splendeur de ta mauvaise foi, vestige d’athlète rouillé !

– Mais tu devrais y aller seule ma cocotte amphibie, faire cette excursion sous ce déluge, et moi je resterai là, prêt à organiser une colonne de secours et à alerter la police fluviale…

Je crois que je vais renoncer, car j’ai bien trop peur, cher prince charmant périmé, que tu ne puisses pas réunir les forces nécessaires pour parcourir les six mètres qui te séparent du combiné téléphonique !

– Ah enfin mon ensorceleuse défraîchie, tu entends mon appel à la prudence, et te résignes à ne pas aller braver cataclysmes et inondations ! Te voilà revenue à une attitude sage et avisée !

Oui finalement je vais rester au sec, au pied de l’imposant mur étanche de ta perfidie, mon inamovible fossile adoré. Mais je t’avoue que par le passé, je t’ai connu plus sensible aux plus timides des rayons de soleil !

– Je te suis reconnaissant de ne pas me laisser seul ma grosse dinde antédiluvienne. Tiens, pendant que tu te sens animée par toute cette prodigieuse activité, tu ne pourrais pas aller me chercher une bière fraîche dans le réfrigérateur ?

Surtout n’arrête pas ton cirque !

 Ce soir Monsieur Loyal porte encore son plus beau sourire,

Il est au centre de la piste, pour nous servir !

Mesdames, Messieurs, avez-vous apprécié notre spectacle ?

Avez-vous savouré chaque arôme, chaque parfum de ce miracle ?

Ne vous a t’il pas fallu moins d’une fraction de seconde,

 Pour vous détacher de votre parfois bien triste monde ?

Avez-vous laissé s’écouler chaque perle d’émotion ?

Avez-vous au fond de vous pu retrouver, votre âme d’enfant ?

Duel intergénérationnel

Palsambleu , mais quelle froissante outrecuidance et quel toupet ! Vous fîtes là, fi de toute convenance ! Vous salissâtes mon honneur en me qualifiant ainsi de vil bourgeois paresseux ! Diantre , nonobstant votre audace de grossier et arrogant freluquet , j’exige cinglante réparation et ceci dès l’aube dans le sous-bois, près du vieux moulin. Je vous laisse le choix des armes , l’épée, le mousquet ou même la pétoire ! Préparez-vous à expier votre affront dans de dantesques conditions !

Ou alors, faites dans l’heure amende honorable en bonne et due forme à la taverne devant un ou deux bols d’hydromel… Cherchons des solutions pour mieux nous comprendre et nous respecter malgré nos différences.

Je saurai devant de vertueux remords me profiler gentilhomme et passerai l’éponge ruisselante sur l’ardoise de mes reproches à votre égard…

Ok, tope là mec, t’as mille fois raison là-dessus, on ne va pas chipoter comme deux connards et s’exploser la tronche et se niquer la  life ! On va se prendre une bonne biture au troquet en se taillant une bonne grosse bavette et on enterre le conflit. De toute façon tu vois,  je ne dispose d’aucune arme et je n’ai pas de port d’arme pour un vrai flingue.

Par contre chez moi , j’ai une console avec un jeu de baston assez réaliste et si ça te branche , je te propose tout d’abord un bon petit duel à la manette ! C’est le perdant qui payera les deux premières tournées , ça roule pour toi comme ça mon vieux ?