Category Archives: Surmenages

Il faut le lui dire !

Il faut le lui dire !

L’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui a commencé il y a de cela plusieurs années lorsque je résidais à Genève.

Avec ma compagne d’alors, nous prenions part à la traditionnelle fête de la musique qui se déroulait, entre autres, en plein air dans un grand espace vert de la ville. Les festivités étaient disséminées dans différents quartiers de la cité et de nombreux musiciens interprétaient divers genres de musique sur plusieurs scènes et dans diverses salles de spectacle.

En début de soirée, lors de l’un de nos déplacements depuis un concert à destination d’un autre, nous avons improvisé un inévitable arrêt dans une caravane WC temporaire.

Alors que j’attendais le retour de ma compagne, seul au bord d’un chemin à quelques mètres de ladite caravane, deux jeunes femmes âgées d’environ 18 ans sont passées près de moi en me dévisageant d’une étrange manière. Elles semblaient me connaître, alors qu’en ce qui me concerne, j’étais certain de ne jamais les avoir rencontrées auparavant.

L’une d’entre elles s’est brusquement arrêtée en questionnant sa copine – C’est bien lui ? Suite à la réponse affirmative de l’autre femme, elle continua – Mais, il faut le lui dire ! tout en me fixant avec une sorte de compassion dans le regard et en parcourant quelques pas décidés dans ma direction. C’est alors que l’autre femme a attrapée dans ses bras sa copine qui parlait trop pour opérer un rapide repli stratégique, l’entraînant dans la direction opposée.

La suite de leur désaccord m’est alors devenu inaudible. Un peu décontenancé par cette  situation en les regardant s’éloigner, j’ai pu voir la femme qui avait quelque chose d’important à m’apprendre à mon sujet, insister et se retourner une fois de plus dans ma direction.

Je n’ai jamais oublié cet étrange incident de parcours et me suis depuis dix mille fois demandé ce que cette jeune femme aurait voulu me dévoiler !

Inévitablement, cet événement a durablement ajouté dans mon existence un supplément de méfiance entraînant son lot de désagréments. Si deux parfaites inconnues semblent en savoir plus long sur mon compte que moi-même, alors quels moyens devrais-je mettre en œuvre en qualité de citoyen le plus concerné pour entrer dans la confidence?

Je vous avoue que je n’avais pas vraiment durant toutes ces années, pour couler des jours heureux, besoin de devenir plus suspicieux. Mon imagination de base et ma fantaisie naturelle étant déjà assez fertiles comme ça !

Malheureusement depuis ce soir là, il ne s’est jamais sur ma route trouvée d’autre alliée, animée de cette belle compassion, désireuse de se dévoiler pour me dévoiler ce que je n’étais pas sensé savoir …

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Il fallait que je te le dise !

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Le conflit biochimique

Hier, j’avais l’intention d’écrire un billet basé sur le thème de la dopamine. C’est la molécule biochimique du plaisir ! J’avais une trouvaille importante à vous dévoiler à ce sujet, mais je suis désolé de vous décevoir, j’ai dû reporter ce projet à la suite d’un problème technique. Je crains d’ailleurs que vous allez vous aussi devoir suspendre votre production de dopamine le temps de lire ceci.

Il arrive parfois que la molécule biochimique de l’emmerdement, la samemine, ennemie jurée de la dopamine, se permette de venir perturber la félicité de mon équilibre chimique en la provoquant en duel.

Lorsque l’emmerdement se confirme, il peut arriver que ce soit la fulmine, la molécule biochimique de l’exaspération qui prenne le relais. Et lorsque les effets indésirables de la fulmine s’estompent, c’est la rumine, la molécule biochimique de l’amertume qui la remplace. C’est également parfois une trop longue période de production de rumine qui peut s’avérer annonciatrice et génératrice de fulmine.

Des années durant, j’ai dû faire face à une production régulière de samemine, déclenchée parfois par de simples petits tracas de la vie quotidienne, pouvant conduire à une surproduction trop expéditive de rumine ou de fulmine

Comme il est impossible d’enrayer définitivement le cycle des embêtements de la vie, j’ai dû agir en procédant à quelques réglages, sur l’influence de ces neurotransmetteurs. J’ai naturellement augmenté ma production quotidienne de dopamine, ennemie jurée de la samemine dont j’ai de ce fait automatiquement réduit la fabrication.

Hier donc, j’ai une fois de plus pu vérifier l’efficacité de mes nouveaux réglages biochimiques suite à un problème technique : Mon disque dur externe pour toutes mes sauvegardes a cessé de tourner rond ! Je m’évertue des années durant à faire des sauvegardes et voilà soudain, qu’on ne peut plus sauver les sauvegardes !!!

Vous imaginez que ce déboire ne m’a pas du tout fait plaisir (zéro dopamine) mais j’ai rapidement pu stabiliser le temps nécessaire, ma réaction biochimique à un niveau acceptable de samemine en sortant de chez moi pour aller prendre au plus vite un peu de plaisir

 

C'est bien sûr également en rédigeant ce type de délire que je me défoule
et produis en moi des doses salvatrices de dopamine...

Rêve numéro 78b

Rêve numéro 78b

La légende voudrait qu’il faille tout mettre en œuvre pour réaliser ses rêves ! Qu’il faille croire en ses rêves et blablabla !

En temps normal, je vois les rêves comme une forme d’excentricité d’un cerveau laissé trop longtemps sans surveillance. Le pur produit d’une cervelle se livrant à quelques sottises dans le but de se chauffer avant de passer aux choses sérieuses… Les rêves parfois, c’est sympa justement sous forme de rêve, mais il me semble raisonnable de se méfier de leur potentiel développement dans la réalité.

Mais comme dans la légende, à force parfois d’y croire dur comme fer à cheval, j’en ai récemment réalisé un ! Et il ne s’agissait pas de celui qui figurait en tête de liste ni même du plus accessible de ma collection !

Ce rêve pour le réaliser, j’allais devoir payer le prix fort !  Car c’était un rêve qui devait se payer en rêves !

Pour qu’il devienne réalité, je devrais accepter, peut-être pour le restant de mes jours, d’en diminuer dramatiquement le nombre ! Et là, je parle de ceux du petit matin, qui comptent parmi les meilleurs en termes d’intensité et de qualité !

Pour une explication détaillée cher lecteur, remontons ensemble le temps d’à peine quelques décennies…

Fringant jouvenceau, je nourrissais la folle ambition d’être un beau jour d’un siècle prochain, capable « comme les autres » de me lever aux aurores ! J’avais à l’époque pleine conscience de ne pas avoir été doté par la nature d’un don particulier en matière d’auto-réanimation matinale.

A cette époque là, il m’arrivait d’être capable de retourner dans le rêve brusquement interrompu par un réveil n’ayant pas obtenu mon consentement ! Et ce pouvoir particulier des plus délicieux, n’était pas négociable.

Et ce n’était pas du tout pour faire partie de l’élite des lève-tôt à qui, selon le fameux proverbe, appartiendrait ce monde. J’ai toujours pensé que ce dicton avait été breveté entre deux guerres par un militaire de carrière souffrant d’une dépression existentielle.

Sur ma Dream List, c’était l’un des rêves classé science-fiction : Je m’imaginais un jour, dans une station spatiale, gaillardement sauter du lit au premier chant du coq, plutôt que de m’isoler de la prestation karaokesque matinale de l’emplumé, en me réfugiant sous l’oreiller, pour être au mieux à même de consommer, avec la délectation qui s’impose, un supplément de silence et de sommeil !

Maintenant cher lecteur, revenons à la date d’aujourd’hui …

C’est donc sans prévenir, que ce rêve-là , s’est soudain matérialisé alors que je ne lui avais imposé aucun délai de livraison, ni ne l’avais jamais menacé d’aucune sommation.

Soudain dans la vraie vie comme dans mon vieux rêve, il m’arrivait à l’aube d’être le premier du secteur à poser le pied sur la planète terre, le premier arrivé au bureau. Puis je me suis vu consciemment renoncer, sans contrainte nit menace aucune, à une grasse matinée sacrée du week-end !

Aaaaaaaaaaaaarg ! ( effets écho et reverb à fond )

Réveillez-moi, s’il vous plaît ! Il crois comprendre qu’en ce moment même, je rêve que ce vieux rêve utopique s’est brusquement réalisé…

 

 

 

Un week-end de malade !

Un week-end de malade !

Ah je suis content ! Durant la nuit de jedi à dredi, j’ai enfin fait mon Burnout !

Depuis le temps que tout le monde en parlait en connaisseur ou en souffrait, moi j’avais jusqu’ici étrangement été oublié. Ainsi, lorsque quelqu’un ayant été frappé du syndrome me confiait le parcours de son aventure, une pointe de jalousie pouvait aller jusqu’à me titiller. Malgré des signes évidents d’épuisements réguliers par ci-par là, Je ne pouvais qu’attendre mon tour en espérant ne pas être le tout dernier servi. Parce que dans ce cas, mon expérience n’aurait peut-être plus intéressé personne :

– Aaah ouais mais j’connais, j’en ai fait un pas triste en novembre 2010. Bah, on s’en remet tu verras ! Preuve vivante Tadâaan !

Bon le mien c’était un « petit » burnout. Son épicentre se trouve situé en dessous du sternum et s’exprime jusque derrière le nombril pour ensuite sournoisement se propager dans les muscles dorsaux et la nuque. C’était un « petit » burnout qui a quand même duré une longue et interminable nuit d’épouvantables souffrances. Heureusement dans cette version là de la maladie, c’est le corps qui lâche mais pas le mental. J’étais là physiquement à ramper dans la lave du dernier sous-sol de l’enfer, pendant que mon cerveau lui, était encore parfaitement à même de décider s’il fallait a) réveiller d’un râle d’agonie un voisin en plein sommeil paradoxal pour qu’il m’emmène en voiture aux urgences à l’Hôpital b) de m’offrir une course en ambulance pour la même destination malgré le tarif prohibitif du kilomètre c) de boire du thé à plus que volonté jusqu’à un hypothétique soulagement en pensant très fort à ce que je pourrais faire avec la somme économisée en b) en cas de succès du plan c). Selon mon diagnostique, une surcharge de pressions subies lors de l’exercice de mon quotidien avait fini par faire péter un tuyau ou deux à l’intérieur de mon abdomen. Les neurones en charge des cas d’urgences ont ordonné de préparer quelques affaires dans un sac de voyage pour couvrir les besoins de base nécessaires à un séjour prolongé aux soins palliatifs en clinique, ont demandé à mon corps de fournir un dernier effort en mouvements pour se vêtir dignement et ont décidé de tenter le plan c)

C’est au petit matin rempli d’eau chaude jusqu’aux gencives inférieures, que j’ai pu m’endormir grâce également à une technique de filtrage auditive de gémissements de damné, mise au point sous l’édredon entre 6 et 7 heures du matin. ( n.d.l.r une technique dérivée de celle à mettre en œuvre dans les open space )

Ah comme je suis content ! Enfin ! Étant de nature souvent optimiste, je me vois déjà très bientôt remis sur pieds, le sourire aux lèvres et tenté de m’abandonner à une malbouffe festive pour marquer le coup ! Ce sera un de ces jours prochains. Parce que là on est encore qu’amdi et j’ai toujours mal au bide, mais niveau purgatoire seulement : C’est quand même un Burnout ! Ces maux-là, ça ne se guérit pas en un jour. D’ailleurs je sens d’ici que je vais encore passer un week-end de ma-lade !

 

 

Une hâte inhabituelle (saison 4)

Il a déjà bien neigé ici ces derniers temps ! Le premier matin de neige en me réveillant et en regardant par la fenêtre, un magnifique manteau blanc avait recouvert les alentours. Alors dans une hâte inhabituelle, je me suis enveloppé dans mon long manteau d’hiver, ai enfoncé mon crâne au fond d’un bonnet de laine et me suis précipité dans mes bottes. J’ai dévalé l’escalier et suis sorti m’aveugler avec bonheur de cette abondante lumière reflétée par les champs enneigés.

Je me suis engouffré dans ma voiture recouverte de millions de flocons blancs fraîchement et délicatement déposés, ai tourné la clé de contact, ai saisi le petit balai et suis ressorti déneiger mon véhicule. J’en ai fait le tour sans précipitation aucune, multipliant les gestes amples et généreux en nuages de poudreuse. A cet instant je me suis senti ivre de tonicité et comblé de vivre dans une contrée rythmé par les saisons, jusqu’à ce que je veuille à nouveau m’engouffrer dans l’habitacle pour prendre la route. A ma grande surprise, les portes étaient toutes subitement verrouillées, mon trousseau de clés complet en bonne place sur le tableau de bord suspendu au contact et le moteur tournait. C’est là qu’il m’a fallu me réveiller pour de bon, dans le but de trouver au plus vite une solution de secours sans avoir à faire trop de casse, pour me sortir de cette toute première putain d’embrouille hivernale…

..

J’ai délibérément choisi une photo apaisante de la saison 3 pour accompagner le récit de cet autre temps fort de mes nombreux exploits.

Relax Max

Zen Relax Max_Sunof.net

Aujourd’hui, je recycle le dessin de ce petit bonhomme qui médite

Je l’avais dessiné et publié en 2014.

La semaine passée, j’ai su gérer une première provocation le mercredi

En réagissant de manière adéquate face à la personne hostile

Mais je n’ai pas été en mesure de contenir l’offensive du jeudi !

Alors qu’il m’aurait suffi de m’inspirer de ma réaction du mercredi !

Et c’est encore furibond et rancunier le mardi suivant

Que m’est enfin apparu le souvenir du petit bonhomme qui médite.

Une bonne compagnie

Mesdames et Messieurs, chers passagers, nous venons de traverser une zone de très fortes turbulences.

Au nom de notre compagnie, le commandant de bord, l’ordinateur de bord et les membres du personnel de cabine vous prient de les excuser pour les désagréments subis. Soyez certains que c’est enrichis d’une première expérience de ce type, que tous nos efforts seront désormais conjugués pour que nous puissions vous garantir une encore bien meilleure coordination dans les phases d’approche des zones de turbulences. Notre crew, dans son ensemble sera en mesure de vous demander suffisamment à l’avance de regagner immédiatement vos sièges et d’attacher vos ceintures de sécurité. La totalité des plateaux repas auront été débarrassés et les tablettes remontées avant perception de la première secousse . La situation étant totalement revenue sous notre contrôle et nos radars nous indiquant une voie parfaitement dégagée, vous pouvez maintenant retirer vos masques à oxygène et cesser de vous agripper à votre voisin ou au mobilier de vol.

Nous devrions être en mesure de maintenir la vitesse de croisière actuelle et arriver à destination avec une quinzaine de minutes d’avance sur le plan de vol.

Pour terminer cette annonce sur une note réjouissante, nous souhaitons vous informer que la tour de contrôle de notre lieu de destination nous a annoncé des conditions météorologiques idéales et des températures au-dessus des moyennes saisonnières au sol. Nous espérons que d’ici à notre arrivée, cette nouvelle saura vous faire relativiser le petit incident que nous venons de surmonter…

Mesdames et Messieurs, chers passagers, nous vous souhaitons un très agréable voyage.

 

 

Littérature jeunesse : Protestation inofficielle

Il y a quelques jours, je me suis installé dans une médiathèque dans une ville où j’étais de passage.

Comme ce jour-là, j’étais peu enclin à vouloir philosopher, je ne me suis pas mis en quête dans les rayonnages philo d’un ouvrage de Platon ou d’Aristote. Le soir précédant, j’avais déjà philosophé plusieurs chapitres en prolongeant l’heure de l’apéro au-delà de celle du virtuel repas du soir.

En investissant ce lieu de culture, j’ai soigneusement évité de passer à proximité du rayon des livres de cuisine pour m’éviter de potentiels hauts le cœur. Le petit déjeuner dépassionné suivi quelques heures plus tard sur une terrasse, d’une petite bière palliative des plus difficiles à étancher, ne m’avaient pas encore redonné goût à dévorer quelconque guide facile pour les nuls ni même une seule page d’encyclopédie.

Lorsque les yeux ne sont plus tout à fait en face des trous, autant favoriser les gros caractères. J’ai d’abord imaginé aller choisir un livre pour enfant pas sage, mais je me suis rappelé qu’au rayon littérature enfantine, il était préférable d’éviter tout comportement louche.

En procédant par l’élimination naturelle du jour, je suis allé choisir un livre d’images qu’on peut lire facilement sans perdre le fil de l’histoire et qui ne nécessite pas d’index de repérage.

J’ai soigneusement sélectionné de par la qualité du dessin de couverture, une bande dessinée d’aventure romanesque et me suis aperçu que l’auteure de l’œuvre tant au scénario qu’au dessin était une femme, ce qui a naturellement amplifié ma curiosité…

Silence s’il vous plaît ! Je lis …

Voilà. Alors à mon humble avis, la talentueuse artiste aurait dû demander conseil à un ami ou se rendre en repérage sur le terrain. Et je vous assure que ce n’est pas du tout pour sombrer dans la critique sexiste !  Mais même déconfit dans l’amertume d’un lendemain d’hier, je me suis découvert la soudaine aptitude à émettre une vive protestation : Ôtez moi d’un doute, un coup de pied bien centré dans les grelots, ça ne fait jamais CLONG ou bien ??? Si ?

 

..

PS : J'espère que l'auteure de la bédé,
si d'aventure elle devait tomber sur ce billet, 
s'aura s'en amuser...

 

 

Faut arrêter de délirer là !

 

Ami terriens, amies terriennes !

Ça ne va probablement pas vous plaire, mais cette année j’ai décidé de casser le code :

Je vais rompre avec la tradition : Cette année il n’y aura pas de dessin pour Halloween sur Sunof.net ! Et ça vous rend triste je le sens !

De toute manière j’ai cessé de vouloir effrayer les enfants et n’ai plus vraiment envie de leur déconseiller de consommer trop des sucreries.

Non non, inutile d’insister ! Je ferme la boutique durant 3 semaines et je me déguise en papillon bleu.

Je vais m’offrir du bon temps, virevolter dans le champ des possibles. Je voyagerai sans plan de vol et sans savoir à l’avance où je pourrais me poser…

 

Une liste pour l’individualiste

Tu n’es pas le seul à souffrir en silence

Tu n’es pas le seul à te battre contre tes fantômes

Tu n’es pas le seul à ne pas comprendre pourquoi

Tu n’es pas le seul à connaître des fins de mois difficiles

Tu n’es pas le seul à subir des changements profonds

Tu n’es pas le seul à ruminer que c’était mieux avant

Tu n’es pas le seul à t’inquiéter pour ta liberté

Tu n’es pas le seul à souhaiter changer le monde

Tu n’es pas le seul à jongler avec la patate chaude

Tu n’es pas le seul à être trop exigeant avec toi

Tu n’es pas le seul à avoir perdu ta dignité

Tu n’es pas le seul à te sentir au bout de tes forces

Tu n’es pas le seul à avoir dû renoncer à tes rêves

Tu n’es pas le seul à t’initier à résister à des pulsions

Tu n’es pas le seul à tabler sur des jours meilleurs

Tu n’es pas le seul à gober qu’il n’y a rien à faire

Tu n’es pas le seul à attendre ton jour de chance

Tu n’es pas le seul à encore espérer un miracle

Tu n’es pas le seul à dissimuler ton désarroi

Tu n’es pas le seul à être seul

Tu n’es pas le seul à croire que tu es le seul

Tu ne seras pas le seul à réviser cette liste …

 🙂

Le parquet ( The Parquet Floor )

 

Le parquet_sunOf.net

Matière, surface et senteur boisés, le tout issu de l’un de ces rêves marquants

Faites donc de beaux rêves vous aussi …

Ou alors réveillez-vous !

Checkup

Je n’étais plus allé faire de diagnostique santé chez un médecin depuis qu’ils ont instauré la médecine à deux vitesses. Malgré des moyens limités et probablement insuffisants pour pouvoir m’acquitter des honoraires et des coûts d’analyse, j’ai convenu d’un rendez-vous.

A mon âge, il peut être rassurant de savoir s’il y a apparition de fissures, risque de fuites, si la corrosion a commencé à ronger l’acier de mes nerfs, s’il y des pièces d’usure à rafistoler. Définir s’il faudrait refaire la peinture ou rajeunir la décoration, effectuer des travaux d’équilibrage, procéder à un re-calibrage quelconque.

J’ai donné quelques gouttes de sang , ai rempli un gobelet d’urine, me suis prêté à un prélèvement de salive et ai pleuré à chaudes larmes sur une plaquette de verre. Il a collecté quelques perles de sueur sur mon front. J’ai accepté de sacrifier l’un des rares cheveux qu’il me reste !

Il m’a fait monter sur une balance, a écouté ma respiration au stéthoscope.

Le toubib a mesuré ma pression sanguine, a testé ce qu’il me reste de réflexes et a tenté d’écouter battre mon cœur. Il a aussi jaugé mon degré de toxicité et fait un topo complet sur mes probables allergies non sans parvenir à masquer une légère grimace.

Il a scruté le fond de mes oreilles, il a introduit une palette de bois au fond de la gorge, il m’a intimé l’ordre de lui dire « trente-trois », et puis allez, je m’arrête là, car la checklist était longue et puis finalement c’est mon corps, et c’est privé.

– Jusqu’ici, tout vous semble normal ? Lui ai-je demandé un brin nerveux en me rhabillant.

– On va attendre le résultat de toutes les analyses et on se revoit dans un mois ! M’a un peu sèchement répondu le docteur avant de prendre congé comme s’il avait un gratin au four.

Le temps ayant passé depuis la première consultation, je ne me rappelle plus la raison qui m’avait conduite à aller consulter pour un checkup ! Je ne suis même plus certain de vouloir savoir si je vais bien ou si la faucheuse passera me cueillir dans la semaine. Alors j’ai annulé le second rendez-vous chez le praticien. J’ai bien peur que je ne sois devenu un patient à deux vitesses.

 

Fast and Curious

Fast and Curious_sunof.net

Alors que de nos jours, on nous demande d’être au taquet du matin au soir, de tenir des délais irréalistes, de décupler notre productivité, je me suis dit qu’il serait bon pour casser le rythme imposé, de te proposer une mascotte du rendement mesuré.