Il se pourrait qu’une fois

Ce fût suite à une trentaine d’années d’un parcours sans failles et d’une régularité exemplaire, qu’un prince à l’indéniable charme décida subitement de bousculer ses usages pour renouer avec la sacrosainte tradition des il était une fois

C’est au péril de son règne à venir sinon plus, que le pétulant dauphin pris la décision, à près d’une trotte de blanc destrier de sa destination, de se hasarder dans une folle incursion en territoire farouche.

Et c’est au cours de ce périple, qu’au cœur d’une verdoyante clairière baignée de lumière, il tomba sur une beauté dormante au bois. Elle était allongée dans une bulle de crystal, les paupières closes, emmitouflée dans une voilette de satin rose ornée de broderies et tout le tsoin-tsoin. Et pour couronner le tout, il découvrit que dans son emballage original, la fort séduisante paresseuse avait été placée dans une atmosphère longue conservation…

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Note 6/10. Peut mieux faire sur le dénouement...

Plus prompt qu’une mouche et plus astucieux qu’un cochon

Cette semaine je suis resté sérieux cinq jours durant et au matin du sixième, j’ai entrepris d’ouvrir la soupape en grand. Oh, rien d’anormal, il s’agit d’une procédure standard qui fait partie intégrante de ma gestion de mauvais stress.

J’ai senti que c’était le moment opportun pour moi d’aller me lâcher sur le réseau social agonisant. J’y ai évacué quelques inspirations frustrantes et y ai allumé quelques pétards de méchanceté.

C’est ensuite, avec un esprit apaisé que j’ai pu refermer la soupape et ai pu entrer en réflexion profonde.

Suite à cette méditation, j’en suis arrivé au constat que je ne suis pas un psychopathe et que je n’en ai jamais été un. Que je n’aurai pas à biffer ce type de chapitres peu reluisants dans ma biographie.

je ne me suis, par exemple, jamais livré à des expérimentations psychotiques sur des petits animaux. L’idée de la surpêche n’est pas de moi : Je n’ai péché qu’un unique poisson et j’étais sous l’influence d’un camarade d’école. Je n’ai jamais été amené à disséquer des grenouilles en cours de sciences. Je m’y serais fermement opposé quitte à me farcir des heures de colle et me serais collé les deux mains sur le tableau noir en signe de protestation. Oui bon, j’ai quand même ridiculisé quelques mouches en me montrant plus prompt qu’elles, avant de leur offrir une seconde chance en les incitant à chercher une occupation plus enrichissante que celle de me tourner autour…

Je n’ai jamais possédé d’aquarium ni été le détenteur d’une cage à oiseaux. Je n’ai jamais posé une seule trappe à souris.

C’est donc en me dévergondant sur le réseau social moribond que je me suis souvenu que je n’étais pas l’innocence juvénile personnifiée non plus et que je m’en étais pris sans pitié, à de nombreuses tirelires ! A cette époque, un gamin de la classe moyenne se voyait offrir une tirelire sponsorisée par la banque à chaque ouverture d’un carnet d’épargne. Et l’économe en herbe et en short pouvait se retrouver à la tête d’une collection de tirelires, avec les encouragements et la bénédiction de la générosité familiale. Cette opportunité m’avait permis de prendre conscience de l’utilité d’une boîte à outils complète, de l’importance d’une dextérité manuelle hors pair associés à un esprit d’analyse affuté en matière de mécanismes à serrures. Et qu’il existait un monde parallèle à celui de l’assemblage créatif de briques colorées. Je l’avoue, j’en ai massacré un grand nombre qui n’ont jamais revisité, gorgées ou pas de pièces de monnaie, les guichets de mes relations bancaires et gardiennes des clés. Le pire c’est que tout ceci n’était pas motivé par la valeur du contenu : Je me sentais investi de la mission d’étudier à fond, cet étrange concept qu’est de mettre du pognon sous clé dans un cube de plastique fendu ou de le glisser dans un cochon de porcelaine tout sourire. Un bibelot charmant qu’on se sentira incapable de sacrifier, même pour combler une urgence.

En conclusion, il n’est pas impossible, que cette série de cadeaux empoisonnés de mes requins de la finance aient tout de même été une riche idée : Puisqu’elles m’ont occupé assez longtemps pour que j’en oublie d’essayer d’étudier ce qui arriverait si je tentais de couper les moustaches du chat.

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Concours de beauté pour chiens moches mais sympas

Il y a déjà pas mal années de cela, j’avais été contacté pour coder un logiciel pour tablette tactile, visant à informatiser l’ensemble de la saisie des notes décernées aux moins repoussants des prétendants à la gamelle d’Or, un prix offert au gagnant d’un concours de beauté pour chiens moches mais sympas.

J’avais d’abord pensé à une belle grosse farce organisée par une clique de plaisantins, bien décidés à sonder la profondeur réelle de ma légendaire naïveté. Avec peut-être en toile de fond l’idée de me surprendre un soir de fête, en me décernant un Clébar d’Honneur pour l’ensemble de ma carrière.

Malgré mon flair exceptionnel, je n’ai pas déniché d’os dans le cahier des charges reçu pour réaliser mon calcul d’offre et l’experte en truffes humides et poils ras qui m’avait tendu cette laisse destinée à m’embringuer dans cette curieuse promenade, avait su me convaincre en personne, du bien fondé d’un tel projet dans les limites de la dimension qui nous occupe.

Et un jour, elle m’avait ordonné de m’asseoir et de commencer à travailler sur son projet. Et depuis, je n’ai jamais plus pu cesser de me lécher les babines, de fourrer mon museau partout, d’aller me rouler dans la boue et de remuer de la queue quand elle me répétait en me flattant l’encolure, que j’étais une belle bête de concours.

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Un esprit bienveillant

Ce matin je me suis réveillé accompagné d’un fort sentiment d’apaisement inhabituel. Je n’avais même pas chiffonné les draps.

C’était parce que c’était un samedi et aussi parce que je venais de faire un beau rêve de fantôme. Une première du genre : J’y étais un fantôme qui avait pris sa retraite. Pas du tout du genre bling-bling avec de grosses chaines en acier, non ! D’ailleurs je ne portais même pas un drap officiel plus blanc que blanc. C’est tout moi ça !

Il m’arrivait encore par-ci par-là de sortir la nuit pour aller hanter un endroit. Mais ce n’était plus que pour le plaisir : Une simple excursion de fantôme qui ne fera plus jamais peur à personne et qui ne pincera plus le moindre orteil d’une victime endormie.

Cette nuit-là, pour une ronde de routine, je m‘étais rendu dans le manoir que je connaissais le mieux. Du moins avant que je le mette en vente. J’étais curieux d’aller y découvrir les transformations entreprises par les nouveaux propriétaires.

Je suis entré par le soupirail d’une cave pour commencer ma visite des lieux. Et puis j’ai réalisé que cette nuit là, je pouvais disposer à ma guise de deux options : la passe-muraille et la vision nocturne ! Des pouvoirs qui augmentent sensiblement le confort des explorations !

Les habitants des lieux n’étaient pas encore couchés. De la lumière tamisée filtrait sous la porte du grand salon. Alors je me suis glissé dans les chambres, les dépendances et les cuisines.

C’est là que je n’ai pas pu résister à faire comme chez moi : Je me suis jeté sur le congélateur et leur ai chipé leur tout dernier cône de crème glacée.

J’étais donc un fantôme qui avait des défauts, incapable de résister au péché de gourmandise. C’était tout moi, ça. Ca expliquait peut-être en partie l’absence de l’option drap plus blanc que blanc de série, celui dépourvu d’ouverture pour bouche à nourrir…

J’ai continué à inspecter les coins et les recoins de la bâtisse pour y découvrir quelques innovations intéressantes et quelques chouettes idées d’aménagement.

Avant de repartir, j’ai quand même jeté un coup d’œil furtif dans le salon. Les couche-tard étaient tous attablés et semblaient participer à une séance de spiritisme.

Ils invoquaient des esprits… Pourquoi pas hein, ai-je pensé. Mais ce serait sans moi, seul esprit présent dans la place et retiré des calèches ! Même si j’admets que cela aurait été très amusant de leur lâcher un caverneux “Ouiii, je suiiis encore làààààà… Meeeerciiiii pour la glâaaaace”…

Ca aurait vraiment été tout moi ça.

Mais comme cette intervention sans y avoir été invité aurait pu jeter un certain froid dans l’assemblée voire leur gâcher la soirée, j’ai préféré m’abstenir de me manifester : Une autre nuit peut-être, qui sait. C’est que j’ai toujours été pour la paix des ménages et aussi pour celle de ma conscience. A ce propos, j’espère qu’ils ne m’en voudront pas jusqu’à la fin des temps, pour la glace.

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A coller sur la porte de votre congélo pour une meilleure protection de vos vivres et de votre espace vital.

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Le nez dans le retro

-…

– Ah et puis si jamais, tu feras gaffe hein ! Parce qu’en venant, j’ai vu des poulets qui installaient un radar mobile en sens inverse. Tu sais, là-bas sur la longue ligne droite bien large limitée à 50km/h, celle où la pèche est toujours bonne…

-Ah mais, c’est sympa de ta part de faire de la prévention ! Et heureusement, que rien que pour éliminer ce type de risque là, on peut compter sur le tempomat

-Ben j’en ai pas de tempomat ! Je maîtrise encore tout avec les pieds… Et tu ne vas peut-être pas me croire, mais je n’ai pas de vitres électriques non plus : C’est un système à manivelle que je dois maîtriser avec mon coude ! Un peu comme l’apéro, en quelque sorte…

-Laisse moi deviner : Dans ce cas, tu n’as probablement pas d’ordinateur de bord non plus ! Et tu contrôles tout de tes va-et-viens, avec le seul potentiel de ton propre cerveau ?

-Exactement ! Je circule avec une machine-à-voyager-dans-le-temps que j’ai dénichée dans une brocante ! C’était des engins conçus pour se piloter sans gadgets tape à l’œil ni assistances superflues ! Tu restes le seul maître à bord. De ton siège, tu maîtrises absolument tout de A à Z. D’ailleurs je n’ai pas d’airbags non plus ! Qu’est que tu dis de ça ?

-Que je trouve que t’as bien raison mon vieux. Ce serait stupide de prendre le risque de te faire exploser la tronche par un ballon sur lequel tu n’as aucun contrôle !

-T’as tout compris mon vieux : Y a pas photo ! Enfin, pour l’instant … Si tu ne te fais pas flasher en route en rentrant…

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Votre livraison a été égarée !

Mère-grand était souffrante : « Oh, ce n’est qu’un petit bad ! La routine ! Ca va vite passer ! » qu’elle me marmonnait. Je n’en rajoutais pas, mais n’étais pas dupe.

Elle avait bien du mal à joindre les deux bouts avec sa maigre retraite. Elle tirait le dragon par la queue. Et père-grand lui, n’avait eu d’autre option que de se barrer à l’étranger pour trimer sur une plateforme pétrolière. Heureusement, lorsqu’il avait son demi-jour de repos, il lui donnait de ses nouvelles par vidéoconférence.

Pour moi ce n’était pas étonnant, avec son lot de difficultés, qu’elle en avait souvent gros sur le topinambour ! Elle en était arrivée au point de décliner les invitations de son club de bridge pour seniors.

Comme j’étais au chômage et bénéficiais d’un horaire flexible, je m’étais proposé d’aller lui rendre une visite de courtoisie festive. Mère-grand créchait en banlieue, à proximité de l’autoroute de contournement. Comme je n’avais jamais connu la peur du grand méchant loup, à mi-chemin j’avais empoigné mon courage à deux mains pour emprunter le bucolique raccourci du coupe-gorge : Celui traversant la terrible jungle avant de déboucher sur le sinistre passage sous-voie, celui réputé le plus glauque de la contrée.

Même fauché comme la paille, je m’étais toujours refusé de débarquer chez mère-grand avec des mains prisonnières du vide de mes poches. Alors j’ai rempli mon petit panier de produits du terroir, d’une bonne bouteille de gnôle et d’une sélection des meilleurs champignons hallucinogènes du marché.

Et je me suis mis en vadrouille, crapahutant d’un bon pas, pour arriver sur site avant le dernier des douze coups de midi.  

Mais c’était sans compter cette rencontre inattendue avec une apprentie-sorcière, en partance pour la région des marécages fumants. Elle m’avait confié être en quête de queues de libellules fraîches et de bave de crapaud noir pour son travail de diplôme.

Ravi de n’être point tombé sur un ogre errant en situation précaire, j’avais proposé à l’estudiantine envoûteuse de faire halte commune et de partager quelques rondelles de saucisson avec un coup de gnôle tirés de mon petit panier magique. Une invitation qu’elle a accepté d’un battement de cil, m’offrant de goûter à l’une de ses dernières créations, une potion stimulante avec une pomme croquante de son verger.

Cette fort sociable et sulfureuse sirène des bois n’avait rien de la rombière volante dont on m’avait si souvent touché mots. Dès nos premiers échanges, j’étais fixé que je n’étais plus en position d’éviter de passer au chaudron ni même d’être invité à dormir sur le paillasson de son placard à balai

A mesure que la charmeuse de libellules m’ensorcelait, la livraison express du casse-croûte et des antidépresseurs de mère-grand prenait du retard ! Et comble de l’horreur, il m’était impossible de prévenir mère-grand par short message, parce que je n’avais pas un seul bâton de réseau…

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Une incertitude de droitier

Ca y est ! Depuis hier, j’en ai une ! Ca ne pouvait plus attendre !

J’espère que cela mettra enfin un terme à des décennies de flou artistique !

Ce sera donc dès lors par la pratique, d’ici quelques semaines que j’obtiendrai enfin une réponse claire nette et précise à l’un de mes sempiternels questionnements existentiels !

Je serai fixé si en fin de compte, j’ai toujours été un gaucher à la guitare et que c’était bien là, la principale raison de mes difficultés à apprendre à en jouer comme le droitier confirmé que je suis, tant au stylo à bille qu’à la fourchette. Dans cet exercice, il y avait toujours cette étrange impression de devoir la tenir à l’envers.

Mais il se pourrait très bien que je découvre que je ne suis ni droitier ni gaucher. Que je suis un ambidextre de l’incompétence. Que quoi que je tente, cet instrument ne se révèlera jamais comme étant dans mes cordes.

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Romantic breakfast

-Tu le prendras comment ton œuf, ce matin ?

-Jaune, blanc et si possible, plat  !

-Et pour ta boisson chaude, une quelconque extravagance ?

-Non, comme d’hab : Café sans sucre et surtout, sans nuage.

-Et sur ta tartine ? Partant pour une confiture ou un miel d’acacias ?

-Ni l’un ni l’autre merci ! Pour moi ça sera un jour sans pain.

-Et avec tout ça, on s’offre un petit jus de fruits  ?

-Ah ça oui ! Fruits de la passion ! Soyons fous : On est dimanche !

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– Un supplément fromage peut-être ?

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Jour d’inauguration de mes nouvelles chaussettes

L’autre jour, un peu plus loin sur ce blog, c’était avec grande tristesse que j’avais publié le rapport d’autopsie de ma dernière paire de chaussettes.

Mais aujourd’hui, car la vie continue, c’est avec une joie immense que je publie un cliché de l’inauguration de ma nouvelle paire de chaussettes, toutes deux flambantes neuves et avec toutes leurs vies devant elles.

Et là, c’était un moment de grande émotion : C’était peu de temps avant leur toute première mise à l’eau.

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Le psychopathe du mois

Même pour une élection d’octobre, ce brave sculpteur en herbe n’était à la base pas éligible pour endosser un poste de “monstre du mois” dans la colonne éphémère de droite.

Mais c’est grâce à cette vieille tradition obsolete de Halloween restée en odeur de sainteté sur ce blog qu’on lui a pourtant offert un rôle de premier ordre : Celui de premier psychopathe du mois de notre histoire !

C’est plus tard et un pas après l’autre, qu’on s’arrangera pour lui faire comprendre qu’il ne se sert pas du meilleur des outils disponibles pour sculpter des citrouilles.

Et on a aussi trouvé un arrangement avec le monstre du mois passé qui a accepté de rempiler pour un mois de plus ! C’est vraiment sympa de sa part !

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