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Pour information : J’ai officiellement repris mon activité d’illustrateur sur commande avec effet immédiat !

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De la végétation venue d’un autre monde

Je viens de voir un excellent mais inquiétant documentaire sur les implications de l’industrie de l’agrochimie dans la disparition massive de la biomasse des insectes !

Lien vers ce documentaire sur le Play RTS

J’ai repensé à cette photo que j’avais prise début octobre : J’étais tombé par hasard sur une très grande haie bien ensoleillée dans laquelle grouillait une diversité d’insectes. ( Vous pouvez vous amuser à les repérer et à les compter sur cet extrait )

Ça m’avait paru inhabituel de nos jours, de voir encore tout ce beau petit monde virevolter et bourdonner aussi joyeusement autour de ces boules de fleurs, à l’aspect presque viral.

Ce grand mur de verdure avec la vie foisonnante qui l’habitait, m’avait laissé l’impression de venir d’un autre monde, un espace naturel vivace et préservé…

Je ne suis malheureusement pas très calé en botanique mais J’ai fini par trouver ce que c’était sur internet : Du lierre grimpant en fleur ! ( on l’appelle aussi le lierre des poètes )

Lien Wikipedia : lierre grimpant

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Panique à bord

Je me sentais en forme pour un lundi matin d’été. Je m’en allais travailler à la mine, au volant de ma berline. Mon trajet sur la route de campagne comprenait la traversée d’une dizaine de petites agglomérations.

A cette heure là, il n’y avait vraiment pas foule sur les trottoirs et sur la route. Difficile dans ces conditions de ne pas remarquer un gendarme immobile, ses mains accrochées à sa ceinture, jetant un regard circulaire sur mon passage …

Un coup d’œil prioritaire sur le compteur de vitesse et un autre sur le commutateur des phares : Ouf ! Rien de répréhensible à signaler !  

Je m’éloigne, laissant tout de même trainer un œil intrigué dans le rétroviseur…

Et ce fût rebelote en arrivant au centre du village suivant : Un autre planton en uniforme avait l’air d’avoir pris pour mission d’inspecter mon passage avec circonspection…

Alors un c’était très inhabituel, mais alors deux ? Que se passe t’il ?

Et de poursuivre ma route… Mes papiers sont-ils en règle ? Mes contraventions acquittées ? Mon triangle de panne est-il réglementaire ? Mon gilet à bandes réfléchissantes est-il à ma taille ? Un problème d’ampoule de feu arrière, peut-être ?

Dans le village suivant, encore un regard appuyé surmonté d’un képi réglementaire qui me dévisage dans mon habitacle !!!

Et voilà que je commence à stresser derrière mon pare-brise. Mais que se passe-t-il ? Peut-être qu’un dangereux psychopathe en cavale a été signalé dans les parages ? Un quadrillage du territoire en vue d’une chasse à l’homme ? Mais si ça se trouve, c’est moi qu’ils traquent tous ?

Et dans chaque commune que je traversais, il y en avait un autre exemplaire tout aussi vigilant et affichant une expression faciale non moins soupçonneuse !

Passablement perturbé par l’envergure de cette curieuse opération policière, heureusement qu’à mon arrivée à la mine, il n’y avait pas de déploiement surprise d’agents de sécurité à l’entrée ! Sans quoi j’aurai pu disjoncter, pensant réellement m’être rendu coupable d’un quelconque délit…

Quelques jours plus tard, c’est en allant chercher mes enfants chez leur mère, que je lui ai raconté cette mystérieuse expérience qui avait déclenché chez moi un certain stress paranoïaque. A cette période de ma vie, je me faisais régulièrement aspirer dans ce genre de spirale psychotique. C’est elle qui m’a dévoilé le pot aux roses : Ce lundi là était tout simplement le jour de la rentrée scolaire après les grandes vacances d’été. Et la police était présente à cette occasion aux alentours des écoles, pour veiller à ce que les automobilistes redoublent de prudence et modèrent leur vitesse de croisière !

Et voilà une affaire qui celle-ci, n’est pas allé s’éterniser dans les dossiers non-classés.

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Un monde parallèle insipide

C’est un monde où jamais personne ne rit

Où on ne s’adresse pas le moindre sourire

Où on ne se livre jamais à la plaisanterie

On s’y verrait condamné pour un fou-rire

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Un monde qui ne se prête guère aux pitreries

Où on aurait oublié le sens du ton de la satire

Où il serait mal vu de vouloir manier l’ironie

On s’y ferait soigner pour dérision par plaisir

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Un monde immunisé contre tous les comiques

Où on ne trouverait plus trace d’un seul éclat de rire

Où on aime se passer de tout commentaire sarcastique

On y courrait le risque de mourir de tout sauf de rire

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Allons du calme en cabine s’il vous plaît ! Je suis là !

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Bienvenue dans l’exigüité de cet espace, tantôt inconfortable, tantôt étouffant

Vous pouvez ignorer vos compagnons de voyage puisqu’il ne durera pas longtemps !

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Je vous présente Elevatorman

C’est le super-héros de l’ascenseur

Je l’ai rencontré et en à peine quelques secondes

Il m’avait démontré qu’il pouvait sauver le monde !

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Coin-coin, mais pas cui-cui

C’était pendant un cours de dessin sur le vif, dans un joli petit parc animalier, que j’avais par hasard assisté à la danse des canards en chaleur. Posté devant leur enclos, j’essayais d’en dessiner un sur mon bloc note. Et je dois dire que le bal dont j’avais été le témoin pour la première et unique fois de ma vie était inattendu et perturbant. Visiblement, ça se faisait sans aucune forme de consentement, de désir de monogamie et d’élans de tendresse ! Et c’était clairement une situation propice à y laisser des plumes ! Alors plutôt que de rester planté là mal à l’aise, et de continuer à crayonner des palmipèdes surexcités nourrissant d’autres projets que celui de poser en modèle pour moi, j’avais respecté la prévalence des lois de la nature et m’étais éloigné…

( Vérification faite sur la toile, en effet, les accouplements de canards peuvent être particulièrement brutaux )

C’était à ce moment-là que j’avais perçu les mélodieux sifflotis d’un oiseau perché quelque part dans les arbres au feuillage touffu. Ben oui, tout était quand même aussi permis pour accroitre un potentiel de séduction à l’arrivée de la saison des amours ! La grande surprise, c’était qu’il sifflotait fidèlement les six premières notes du générique de la série télé X-files ! Et ce romantique chanteur invisible de me confirmer cette séquence à plusieurs reprises avant de garder le silence.

Avec la prof de dessin, la seule de notre groupe à l’avoir entendu elle aussi, on s’était regardés très intrigués, tendant tous les deux une oreille curieuse : Espérant capter une éventuelle reprise du célèbre refrain… Mais malheureusement, plus rien !

Nous n’avons jamais su s’il s’agissait là d’une grosse farce du style caméra cachée ou si ce n’était pas le cas, alors le mystère était de savoir lequel de ces compositeurs et interprètes avait bien pu plagier l’autre.

Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai pensé que la vérité était peut-être ailleurs : Ça pouvait être le chant d’un oiseau exotique captif dans une volière de ce parc, une cage qui m’aurait peut-être échappé. L’impression perçue était pourtant clairement que ce son venait d’en-haut et qu’il était d’une qualité sonore naturelle et enveloppante. L’hypothèse qu’il s’agisse d’une sonnerie de téléphone portable me paraissait donc à écarter…

A ce jour, cette affaire non résolue se trouve encore parmi mes dossiers non classés.

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Un colvert ébahi. Un dessin improvisé qui m’a conduit à me rappeler les événements relatés ci-dessus. Je préfère continuer d’imaginer que les canards peuvent avoir des coups de foudre !

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Aujourd’hui serait demain la veille !

Un article encore en cours de réflexion et de finalisation.
Il s'agira probablement d'une progression laborieuse... 

J'écrivais un article plus léger que
celui-ci quand j'ai subitement été saisi d'une crise   
d'anxiété écologique... Une préoccupation qui généralement 
ne me réussit pas et que j'ai encore beaucoup de mal 
à gérer.
Mais cette fois-ci, pas de déni, ni d'échappatoire : 
je m'y attaque frontalement jusqu'à ce que je 
m'auto-apaise. Et que le malaise soit digéré..
...
Et voilà, la crise est passée ! (seulement la mienne) 
Je vais tout de même essayer de terminer cet article.
Mais petit à petit, il n'y a pas urgence... 
...

Alors comme ça sur notre bonne vieille Terre, nous sommes parfaitement capables de créer de véritables bulles de simulation de vie humaine sur la lune et sur mars ! Et on trouve à la pelle des volontaires qui ne sont pas nés de la dernière pluie pour aller s’y isoler durant des mois en apportant leur contribution aux avancées de la science…

Par contre, nous ne nous bousculons pas pour lancer un projet comparable qui modéliserait/simulerait le plus fidèlement possible la vie sur Terre dans 30,40 ans et plus ? Nous aurions l’opportunité d’y envoyer en stage d’immersion ou de survie, les spécimens les plus hypocrites, sceptiques et psycho-rigides d’entre nous, pour expérimenter en “conditions réelles” ce qui concerne le futur de l’humanité et des autres formes de vie ? De pouvoir en quelque sorte aller faire de la plongée sur la planète de nos descendants de manière interactive et non pas seulement encadré en simple spectateur. D’aller s’imprégner des conséquences à long terme de nos agissements. De nous laisser marquer au fer rouge par l’ampleur de dégâts constatés ou au contraire de nous féliciter de l’efficacité d’une série d’efforts consentis à temps. Et peut-être en revenir convaincu voire transformé.

Ce serait sûrement un véritable crève-cœur pour les scientifiques et les laborantins sur place de devoir maltraiter le magnifique écosystème passionnément reproduit sous serre ou sous coupole… Mais peut-être aussi que grâce aux enseignements collectés au cours de ces simulations, nous disposerions alors d’un temps d’avance et d’une marge de réaction suffisante qui nous permettrait de compenser les inerties de réactivité de nos milieux politiques, démocratiques, juridiques et économiques.

Il est certainement plus facile de simuler la vie sur la lune et sur mars que de manipuler, de reproduire les innombrables paramètres interconnectés d’une Terre de demain. Parce que ce ne sont déjà plus que des déserts complets déprimants, qu’on peut au pire éventuellement encore aller contaminer un peu. Pour cette reproduction de la Terre du futur, Il s’agirait de mettre en commun, intégrer et lier toutes les modélisations terrestres existantes, en gérer les interactions, en inclure d’autres. Et puis il y a aussi toutes ces diversités interdépendantes à répliquer… c’est riche ! Pfffiuw, c’est du boulot ! Un projet pharaonique de science-fiction qui parait utopique, mais j’aime bien et je pense que si on s’en sort sans trop de casse, un jour, ça se fera… A moins que par miracle, on n’ait plus de raisons de mettre en œuvre et de maintenir une installation de cette nature… En attendant, il s’agira de savoir autant que possible simuler ce simulateur dans nos têtes.

Je ne sais pas si à la base il y a un problème de priorités, de suprématie, de finances, de pouvoirs, de rivalités, de concurrence, de capitalisme, d’égoïsmes, d’avidité, de frime ou autre dans tout cela, mais en tant qu’individu idéaliste et rêveur qui n’a jamais fréquenté les bancs de l’université, je me demande vraiment où exactement ça peut coincer à ce niveau là ! Ils me semble que les scientifiques ont des outils puissants pour découvrir, progresser, expérimenter et vérifier leurs théories, mais qu’il leur manque un dispositif immersif pour béotiens, qui leur permettrait de nous mettre le nez carrément dedans…

Dans le cas où cette grande serre expérimentale futuriste aurait même en partie déjà été réalisée quelque part, ce serait sympa de la partager un peu avec nous tous et d’y organiser quelques “journées portes ouvertes“. Je pense que pour commencer, ça donnerait de bons reportages avec de poignants témoignages . Dans le genre : “- j’y étais et franchement, ça n’a pas été une partie de plaisir ! Et ce n’est pas demain la veille que je compte y retourner ! “

Mais si ça se trouve… je suis justement l’un des nombreux cobayes envoyés dans ce “climate situation simulation park” et je ne suis même pas au courant … 🙂

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Papy une fois de plus, nous fait son grand gamin dans le simulateur climatique

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Prison brèque

Je devais purger une lourde peine pour des motifs qui me semblaient dérisoires. Mais j’avais pleinement conscience que je ne serais pas le dernier innocent sur cette planète à être injustement condamné et sanctionné. Donc j’étais au pain sec et à l’eau du robinet et les conditions carcérales étaient sévères : Je ne devais quitter ma cellule du premier étage de la taule familiale sous aucun prétexte ! Pour accentuer ma sensation de privation de liberté, la porte d’accès au rez-de-chaussée avait été verrouillée par la surveillante en chef. Mais ça, c’était sous-estimer les talents de serrurier du jeune détenu et mésestimer ses prédispositions à improviser avec les moyens du bord ! J’ai profité d’une ronde de la gardienne pour crocheter le verrou, qui n’a pas résisté plus de trois minutes à mon passe-partout bricolé. Qui ne tenterait rien n’aurait rien, c’était ça la clé ! [ et toc ! ]

Au niveau sensation de pur plaisir, c’était pour moi tout à fait équivalent à l’idée de m’être évadé par la grande porte d’un pénitencier de haute sécurité ! Comme je n’avais pas repéré d’hélicoptère dans la cour pour un envol vertical vers la liberté, je me suis introduit dans le garage et y ai emprunté mon cyclomoteur pour prendre la clé des champs. C’était droit devant, plein gaz, ni vu ni connu et sans même jeter un dernier coup d’œil dans le rétroviseur. [ rires sardoniques ]

Je ne m’étais par contre malheureusement pas suffisamment investi dans la préparation de ma cavale ce qui a fait que le soir même, j’avais été repris par mes gardiens qui m’ont ramené manu militari au mitard. [ très pacifiquement en réalité ] J’ajouterais que je n’étais pas franchement un expert en brouillage des pistes non plus. Mais moi, j’y avais pris goût à cette escapade ! 70 kilomètres de poudre d’escampette, c’était pas si mal pour une première fois ! Et puis bah, ce sera la prochaine tentative qui sera la bonne ! [ on y croit ]

[ Le plus drôle c’est que si ma mère n’avait pas fermé cette porte à clé, je me serais certainement plongé dans une bédé au lieu de me lancer dans une vraie fugue. Mais voilà, pour moi dans ces conditions, il y avait largement de quoi aller jusqu’à limer des barreaux ]

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Lors de mon évasion suivante, j’en ai profité pour hausser le niveau de difficulté d’un cran ou deux. Le centre de détention était cette fois localisé sur une île en pleine mer et ce n’était pas parce qu’il faisait quarante degrés à l’ombre, que j’allais m’y laisser moisir sans me rebeller. C’est encore en réaction à un sentiment d’injustice que j’ai profité de l’heure de la promenade matinale et d’une absence de vigilance des sentinelles pour me faire la belle

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça n’a pas été une promenade de santé, car je me suis perdu sur cette île qui s’est révélée être bien plus déserte, plus vaste et plus caniculaire que lors de mes premières estimations. Je n’avais aucune envie d’un retour par le même chemin qu’à l’aller et j’avais repéré sur une carte en relief de l’île qu’il en existait un autre. A chaque fois que je gravissais le sommet d’une colline, je m’offrais une vue imprenable sur la suivante qu’il me fallait aller gravir elle aussi ! Mais pour la vue sur la mer, équivalente pour moi à la vision d’un portique d’arrivée, il s’agissait avant tout de ne jamais perdre tout espoir… Les kilomètres défilaient, les collines s’additionnaient et ma langue pendait jusqu’aux genoux ! Je ne rêvais que d’un quelconque robinet d’eau fraîche providentiel et d’une vue sur la côte…

J’ai fini par tomber sur une habitation isolée et suis allé toquer à l’une des fenêtres. Les habitants vraiment charmants m’ont accueilli à bras ouverts et par chance ils avaient assez d’eau en réserve pour me sauver plusieurs fois la vie. Ils avaient même une piscine dans laquelle j’ai pu aller piquer une tête ! Passer comme ça d’un seul coup du zéro gouttelette à l’abondance hydrologique, c’était magique et inoubliable ! Ensuite, retour à la case départ, mais en taxi : il me restait environ 8 kilomètres à parcourir. Point positif de cette escapade : mon sens de l’orientation n’était pas défaillant ! [ youpie] J’ai eu confirmation que je me dirigeais bel et bien dans la bonne direction… ( C’est que je m’étais longtemps demandé si je n’avais pas tourné en rond dans le désert, comme les Dupond et Dupont dans Tintin au pays de l’Or noir )

Cette mésaventure d’adolescent imprudent m’avait ensuite calmé pour des années en ce qui concernait mes tentatives d’évasion. Mais ça ne m’avait pas métamorphosé en prisonnier modèle pour autant…

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Cet article est né d’une discussion récente, qui portait sur le fait de pouvoir ressentir un certain plaisir à aller se perdre, que ce soit dans la nature ou dans ses idées, poussé par la curiosité de voir où ça nous mènera et comment on sera capable de s’en sortir.

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Plan d’évasion numéro 2 (version simplifiée)

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Bienvenue à Grumpyland !

Je viens tout juste de rentrer d’un séjour à Grumpyland. Cette fois, j’y suis resté une semaine et il n’y pas un jour où je n’ai pas été déçu. Les autochtones et les autres touristes se sont en majorité montrés envahissants et insupportables ! Il ne s’est pas passé une demi-journée sans que je n’aie à me sentir irritable et grognon. Et l’hôtel, il était d’un si-ni-stre ! Pas le moindre effort sur la décoration… La météo était des plus exécrable et niveau bouffe, on était à des années-lumière de la haute gastronomie. Et comme on pouvait s’y attendre, le service était évidemment lui aussi parfaitement à la hauteur : Une ca-ta-strophe !

Au niveau emmerdements là-aussi, on peut dire que j’ai été servi. Absolument rien du tout ne s’est passé comme prévu. Et la nuit, il n’a jamais été possible de dormir tranquille ! Un cauchemar sans nom ! Un soir à deux doigts de perdre mes nerfs, j’ai cherché à écourter mon séjour. Mais je n’ai pas été fichu de retrouver mon billet de retour dans mes affaires. C’est là que j’ai failli péter une ou deux durites et ça se comprend ! Ensuite, j’ai eu à faire aux pires incompétents à l’accueil : Non mais Ini-ma-ginable ! A les entendre, je n’existais même plus dans leur ordinateur ! Ils me répétaient qu’officiellement, je n’avais rien à faire là-bas !

Là, c’en était trop pour moi : Je me trouvais en plein naufrage ! J’ai craqué ! Je me suis vu errer dans les impasses de Grumpyland jusqu’à la fin des temps…

C’est quand ils ont enfin été en mesure de percevoir la profondeur abyssale de ma détresse qu’ils m’ont proposé un arrangement : Ils m’offraient gracieusement mon billet de retour, à la condition que je leur fasse un peu de publicité en arrivant…

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L’ île des amazones

La toute première fois que j’avais entendu parler d’amazones, c’était il y a fort longtemps dans la moiteur estivale d’une salle de cinéma. Je n’avais alors encore jamais lu ni entendu ce mot-là nulle part. Il s’agissait d’une tribu de séduisantes femmes en petite tenue et à la peau bronzée. Elles vivaient entre-elles, sur une île formellement interdite aux mâles. Et ma foi, c’est vrai qu’il n’y avait pas trace d’un seul amazon dans le secteur, pas même du côté des cuisines !

Il n’était pas chaudement recommandé en qualité de malabar d’aller s’aventurer sur l’une de leurs plages bien gardées. Pas même de s’y échouer sur un radeau de fortune les vêtements en lambeaux. Parce qu’en tant qu’accueil en fanfare avec les colliers de fleurs et le cocktail de bienvenue, on avait paraît-il déjà connu mieux !

Mais ne voilà-t’il pas qu’un type insensibilisé à tous les dangers, probablement alléché sur catalogue en agence de voyage, s’était tout de même risqué à aller y accoster! Et ce gland, à peine débarqué, de se voir capturé sans ménagement par les gardiennes de ce club de belliqueuses exotiques pour être aussitôt enfermé à triple tour dans une cage de bambou exiguë tapissée de foin poussiéreux et de feuilles de palmier desséchées !

Au début de sa captivité, notre intrépide intrus ignorait encore s’il serait destiné à aller barboter dans le grand chaudron de ces impitoyables créatures ou s’il allait devoir servir de jouet d’amour, voire même de reproducteur de fortune… Il ne s’agissait alors que de mon tout premier film érotique ! ( C’était un genre qui était à la mode en son temps) Mais ce n’est pas pour autant que je me suis retrouvé bouche bée, quand il fût libéré de ses craintes ainsi que de sa geôle pour passer à la casserole à plusieurs reprises, le pauvre ! ( C’était une tribu d’affamées ) Et tout cela, bien avant d’aller rejoindre les fines herbes et les petits cubes de légumes qui mijotaient déjà à feu doux dans le grand chaudron de cette chaleureuse petite communauté…

[ Extrait de Wikipedia : Le terme « Amazones » en est venu à décrire tout groupe de femmes-guerrières, dont l’existence est souvent fantasmée.]

Pour moi à partir de ce moment là, une amazone n’était plus qu’une paisible résidente de l’Amazonie comme je me l’étais imaginé au départ ! Elle pouvait tout aussi bien être une grande prédatrice libidineuse, membre d’une tribu sauvage de chaudasses ayant pour sinistre tradition, de faire leur quatre heures voire leur banquet, de tout naufragé solitaire repêché ou capturé vivant !

C’est n’est que beaucoup plus tard pour ajouter à ma confusion, que j’ai entendu parler de la phrase « monter en amazone ». Il s’agissait cette fois de monter à cheval ou sur une motocyclette, les deux jambes du même côté de la monture en question. Donc aucun rapport avec ce que j’avais retenu des péripéties à califourchon du bataillon d’écornifleuses sur le grand écran ! De plus, cette position pour pratiquer l’équitation ou le deux-roues m’avait parue particulièrement casse-gueule et fortement déconseillée…

C’est n’est encore que bien plus tard que c’est aussi devenu la raison sociale d’une entreprise tentaculaire aux perspectives inquiétantes ! Une société multinationale qui cette fois ne se contenterait plus du tout d’une seule île et qui à sa manière, se montrerait elle aussi particulièrement prédatrice et gloutonne. Dans le cas présent, c’est le fleuve Amazone (je l’avais oublié celui-là) qui avait été à la base de ce choix. Et ça devait commencer par un A pour apparaître en tête des classements alphabétiques. Donc ici de toute évidence, rien à voir avec une quelconque escouade de batailleuses !

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Il y a peu, dans les commentaires d’un fil de discussion sur un réseau social, j’avais été surpris de compter de très nombreux nostalgiques des années 80 et 90, chose qui m’était resté en tête et qui a déclenché ce petit délire. Peut-être que si j’en avais réellement la possibilité, j’irais probablement moi aussi passer des vacances dans ces décennies-là, même si pour moi sur place, ça sentirait un peu le réchauffé. Drôle d’idée que celle-ci ! Je crois qu’il vaut mieux que j’aille me coucher et que je tente de faire le voyage en m’endormant. En espérant que je ne m’échoue pas par imprudence sur l’île des amazones. De toute façon, je ne crois pas que je ferais une très bonne soupe…

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Et voilà ! Je me suis bien défoulé en rédigeant ce texte. C’était nécessaire parce qu’en ce moment je me sens un peu trop grincheux et à l’étroit dans ma cage. Et il ne faudrait pas que ça s’installe durablement…

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Un électron libre en suspension

On pourrait croire que je suis un électron libre d’astreinte à toute conformité, mais c’est entièrement faux ! J’ai été domestiqué très jeune déjà. J’ai même dû me soumettre à une autorité parentale assez stricte parfois. J’ai par exemple longtemps été contraint de fréquenter les bancs de l’école alors que j’avais beaucoup mieux à faire. Ils ont du profiter d’un instant de somnolence pour me capturer et m’enchainer à un radiateur du collège ! Et évidemment, captif de ce long processus qui n’était pas dans ma vraie nature, j’y ai au final un peu perdu en authenticité.

Lorsqu’ils m’ont enfin libéré pour mauvaise conduite de mon formatage scolaire , il ne restait en moi déjà plus grand-chose du flâneur-cueilleur pré-conditionné.

A peine le temps de souffler un peu que je tombais cette fois dans le piège de la technologie : ” -Tu vas apprendre un métier d’avenir avec sérieux et tu n’iras folâtrer à volonté dans la nature, qu’ensuite !” Une fois de plus c’était entre parenthèses que j’avais dû brider ma prometteuse trajectoire d’électron désinvolte.

Quand ce fût chose faite, j’avais été appelé à me plier à apprendre à servir mon pays la pâquerette au bout du fusil. A exécuter des ordres les yeux-fermés, sans rouspéter et à marcher au pas de charge en rangs d’oignons. J’avais célébré le jour de mes vingt ans en faisant les vingt pompes réglementaires devant la caserne. Je n’avais pas d’autre choix sinon la désertion.

Une fois libéré de mes obligations patriotiques et conditionné à marcher droit, je suis retombé dans le piège de la technologie. C’est que ma profession me rappelait les jeux de briques de construction danoises de mon enfance mais avec un supplément d’électrons remuants dedans. Des électrons qui se bousculaient plus ou moins intensément dans des fils de cuivre multicolores : Je me sentais à nouveau évoluer dans un espace quasi illimité. Cette fois, ça pouvait être moi, le maître des électrons. Je pouvais à tout instant décider de les libérer tous. Devenir le roi du court-circuit, si d’aventure l’envie devait m’en prendre !

Et puis un jour, j’ai eu la visite du préposé au respect des normes. Celles qu’on disait être en vigueur. Il parcourait plus d’un millier de kilomètres pour venir inspecter mon travail. Il passait chaque détail en revue à la loupe et dressait une liste de tout ce qu’il fallait corriger. La terre devait être bien à la masse mais pas de n’importe quelle manière ! Il était pointilleux, procédurier mais aussi de contact agréable. Une fois de plus, j’étais prié de me plier à des normes strictes et préétablies ! De menotter l’électron libre en moi. Au mieux, de le remettre au frais, pour plus tard.

D’un côté, je comprenais très bien la raison d’être de toutes ces fichues normes mais de l’autre, je voyais également proportionnellement fondre mon espace de liberté et de créativité ! Cruel dilemme : Pour bien faire, il me fallait encore déplacer le curseur à contrecœur.

Un jour, ce fût mon tour de parcourir le millier de bornes pour aller rendre visite au préposé au respect des normes. Il m’avait déjà transmis de nombreuses connaissances importantes ! Mais le mystère des origines et du parcours de domestication de ce présumé grand maniaque était resté entier.

Un soir, il m’a révélé qu’il vouait une véritable passion à ces vieux fourgons en tôle ondulée : Les Citroën Type H. Un véhicule utilitaire qui, au pifomètre datait de bien avant l’invention des normes internationales et du tout début de l’Ère des électrons. Une époque que je situerais approximativement à une semaine après le big bang ! Et j’ai découvert que lui aussi, quelque part, avait conservé de quoi s’accrocher encore un peu à ses grandes aspirations d’origine !

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Après avoir rédigé l’article ci-dessus, c’est dans le but d’y ajouter une illustration que j’ai tenté de dessiner l’un de ces fourgons à main levée. Mais je le voulais un peu déformé, plus fantaisiste. J’ai voulu lui apporter ma petite touche personnelle. En faire une caricature. Résultat : c’était complétement raté ! Affreux !

“- Il y a des cas où rien ne sera jamais mieux que l’original !” m’aurait alors affirmé l’expert en glissant les plans d’origine sous mes yeux… “- A respecter à la lettre près, sinon ce n’est même pas la peine d’essayer !”

Et moi, une fois de plus de m’incliner et de lui donner raison… ( Mais ce sera juste pour cette fois )

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