Les ailes du favoritisme

L’autre soir après le travail, j’avais un rendez-vous pour aller boire une bière avec Cup, un ami de longue date !

Cup, avec un peu de chance, vous en avez déjà entendu parler : On l’appelle aussi un peu pompeusement « l’archer ailé de l’amour ». Quand on avait sympathisé lors de notre toute première rencontre, il m’avait lancé en redécollant qu’on allait probablement être appelés à se revoir et que ce serait plus simple de se tutoyer…  

Bien sûr au téléphone au moment de convenir d’une date et d’un endroit, lorsque je lui avais glissé avoir besoin de ses services, il n’avait pu s’empêcher de se laisser aller à quelques sarcasmes :

« Quoi.. Encore ??? Mais tu dois être en passe de devenir mon meilleur client ! Une carte de fidélité ça t’intéresserait ? Comment veux-tu que j’accomplisse efficacement ma mission, si tu ne me laisses pas cinq minutes pour affûter mes flèches ! »

Ensuite, il s’est mis à râler. Que de plus en plus souvent, il en avait plein le carquois. Qu’administrativement ça devenait ingérable avec la liste officielle de combinaisons d’orientations qui ne cessait de s’allonger. Que c’était plus simple avant : Dans les cas d’erreurs professionnelles, il pouvait s’appuyer sur l’excuse qu’il n’était pas encore au courant des dernières révolutions. Que son taux de réussite dans les interventions de transformation de coups d’un soir en passion dévorante avait tendance à chuter chaque année. Qu’il commençait à souffrir d’un tennis elbow  à force de devoir recharger après avoir manqué ses cibles en opérant dans la précipitation. Qu’il songeait de plus en plus sérieusement à se retirer du business et d’aller s’isoler au calme pour se consacrer à l’écriture de romans d’amour.

Et puis il a repris :

« Alors si je t’ai bien compris, tu aurais encore besoin d’une paire de flèches et sous le prétexte qu’on est potes, tu rechignes à t’inscrire sur la liste d’attente ? Tu aimerais passer en priorité et être vite servi ? Je vais voir ce que je peux arranger. Mais je suppose que tu sais déjà qu’avec moi, ce n’est jamais le premier soir ?

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Dernières prévisions du Crétacé

Dans notre approche de la fin du monde, il m’arrive parfois de penser à la disparition des dinosaures !

J’ai trouvé très cruel de la part de leur destin, de leur avoir infligé une pareille avalanche de catastrophes et d’avoir provoqué leur extinction totale ! Surtout qu’au cours de cette ère-là, ils étaient encore l’espèce à la mode.

Quelle ignominie de leur avoir fait subir les effets dévastateurs d’une série d’éruptions volcaniques d’une ampleur inédite ! Pile-poil au passage d’un phénomène de fortes perturbations : Un vent solaire à décorner les triceratops assorti de fortes pluies d’astéroïdes ! Un temps à ne pas sortir son vélociraptor.

A cette époque, la météo existait déjà. Mais elle n’annonçait que les pluies de météorites. Si le nom de l’émission est resté, le dino lambda du Crétacé s’en tapait comme de sa première coquille, des normales saisonnières, des hectopascals, de la pluviométrie, des cumulo-nimbus, des éphémérides, de l’échelle de Richter et de la prévisions à cinq jours des éruptions. Il ne cultivait pas de laitues bio dans son potager de sédentaire lui. Qu’il pleuve ou qu’il vente, il boulottait sa portion de végétation chemin faisant ou plantait ses crocs dans le cou d’un voisin.

Les plus futés d’entre les reptiles fossiles de l’ère secondaire soutenaient qu’un réel danger ne pourrait venir que du ciel, et qu’à la surface, il n’y avait pas de quoi fouetter un chasmosaure ou de se ronger les griffes. Ici un volcan se réveillait pendant que là-bas, un autre partait en sieste pour des lustres. Ici un bon feu d’artifice réchauffait le palpitant du plus mollasson des diplodocus pendant que là-bas une embellie dégageaient de nouveaux horizons pour un vol de ptéranodons

Haaa, mais on aimerait presque y être et voir tout ça de nos propres yeux, non ?

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A la base, l’article que je comptais écrire devait traiter d’un tout autre sujet. Mais c’est encore un projet qui est parti en vrille. C’est en rédigeant le paragraphe d’introduction que j’ai réalisé que le thème envisagé et son développement, risquait fortement de me faire passer pour un affreux dinosaure. Alors réjouissez-vous un peu ! Vous venez sans doute d’échapper au pire ! Pas comme eux !

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Seulement six clics…

– … et tu vois, il y en a comme ça, qui ne font que répéter que ce serait seulement cyclique

Six clics… de souris ?

-Mais non ! Cyclique !! Avec les lettres -q-u-e- à la fin.

-Ah ! Et qu’est-ce que c’est, une clique avec les lettres -q-u-e à la fin ?

-Une clique est un groupe de personnes qui entretiennent des relations de connivence. Mais dans le cas qui nous occupe à l’instant, il ne s’agit pas du tout qu’elles soient au nombre de six ! Il était question de cyclique en un seul et même mot : Avec un « c » immédiatement suivi d’un « y » au début de ce dernier…

-Ah ! Et quelle est la définition de ce dernier ???

-Un événement cyclique est un événement qui se reproduit plus ou moins naturellement à intervalles réguliers dans le temps…

-Ah je vois, ouais ! C’est comme un rythme quoi ! Ça y est, merci ! Je crois que j’ai réussi à me connecter. Mais il m’aura au moins fallu six déclics ! Et donc, tu me disais, qu’il y en a qui ne font que répéter que ce serait seulement cyclique ?

– Ben oui ! Mais je reprends : il y en a qui ne font que répéter que ce serait seulement cyclique, mais en même temps, sur l’échelle du temps, ils ne semblent pas en mesure de savoir prendre en considération d’importants écarts d’amplitude …

-Hooo ! Hé ben moi… je pense que toi mon ami, à l’échelle du temps, plus t’es bourré, plus tu te prends la tête avec des trucs compliqués ! Quand à moi, je pense qu’on va devoir au plus vite considérer un autre grand-écart d’amplitude, en passant la commande d’une tournée de bières. Avant que ne se referme sur nous, cette courte-échelle du temps…

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Un Conte de fées

Il était une fois un jouvenceau, et c’était moi, votre narrateur.

Je tombas raide-dingue d’une sublime jeune fille qui montait à cheval avec une élégance rare. Elle ne m’avait pas encore remarqué. Mais c’est enivré de fougue, que je ne comptai dès lors plus d’autre intention, que celle de tout mettre en œuvre pour m’en aller, me dépeindre à ses yeux, en valeureux et fringant cavalier.

J’investis de modestes économies dans quelques leçons d’équitation et trouva un arrangement avec un ami de mon paternel, pour lui emprunter faute de mieux, mais à ma guise, une mule docile et fatiguée. Il parvint à mes oreilles que la belle cavalière qui m’avait tapé dans l’œil soit aussi une danseuse passionnée et que son intention d’honorer de sa divine présence, le bal annuel de la cour, était désormais rumeur confirmée.

Alors chaque soir, une fois mon labeur accompli, j’entrepris de perfectionner l’assurance de mes pas de danse, afin de comparaître le soir des festivités venu, en cavalier aussi remarquable, avec sa monture que sans elle.

Pour magnifier mon apparat, je fis appel à la magie d’une fée réputée loin à la ronde pour son habileté à ressusciter le lustre de n’importe quel costume de seconde main. Elle fit appel à l’une de ses consœurs qui sût redonner un spectaculaire coup de fraîcheur à mon destrier. Elles m’éclairèrent de précieux conseils destinés à renforcer mes chances de succès.

C’est animé de la conviction d’émaner une aura d’irrésistible prétendant que je me rendis en temps et en heure et fort impatient de la revoir, à la salle des fêtes du palais. C’est en vagabondant au cœur des attroupements que j’aperçus la demoiselle qui m’animait d’une folle passion et que je tombai en arrêt : La belle était plus séduisante que jamais. Mais elle se trouvait accompagnée de ce prince que d’aucuns qualifient de charmant. Ce dernier, à qui je préjugeais un penchant exclusif pour des candidates de sang bleu, avait peu avant la tombée de la nuit, organisé à son unique intention, une visite des écuries royales. En outre, il en avait profité pour lui demander de lui accorder l’intégralité du premier tour de danse.

Bien que paré d’un courage certain, je jugeai préférable de me contenir dans une relative discrétion et d’éviter de provoquer tout tumulte. Une mise en évidence de mes aspirations profondes risquant fort de me conduire dans l’un des cachots du château.

Malgré moult implorations intimes, l’importun monarque ne relâcha pas son emprise sur la belle. C’est peu avant minuit, soudainement, comme saisie d’un ultime élan de liberté, que la troublante créature prit congé et se précipita en direction de la sortie. Mon rival suite à un moment d’hésitation, tenta sans succès de se lancer à sa poursuite. Penaud et désenchanté, mon cœur n’étant plus à la fête, je ne tardai pas à quitter le bal à mon tour.

Le lendemain je retournai voir les fées pour leur raconter ma soirée. Elles me consolèrent avec deux ou trois coups de baguette magique.

Plus tard j’appris que le prince rechercha et retrouva sa dulcinée. Le soir du bal, elle avait perdu l’un de ses escarpins dans le grand escalier en s’enfuyant et il se déplaça en personne dans le but de le lui rendre en mains propres. Il lui fît le coup de la chaussure qui lui allait comme un gant. Conquise, la délicieuse lui tomba dans les bras. Et il se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.

Cette princesse n’eut jamais vent de mon existence et de ce fait à aucun moment, ne sut que j’osai nourrir l’espoir qu’elle devienne ma reine.

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A suivre !

Parce qu’il faudrait aussi envisager un happy-end pour le narrateur, à cette histoire…

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Obsolescence dans une indécence dépourvue de bon sens

Ouaaah la vache ! Il est super ronflant ce titre, n’est il pas ?

J’ai le bonheur et l’avantage de disposer de quelques solides compétences techniques et d’être relativement bien outillé. Cet inventaire me permet bien souvent encore de gagner quelques batailles dans ma déjà longue «guerre froide» “versus” l’obsolescence programmée.

Depuis l’âge où j’ai su tenir un tournevis en main, je me métamorphose volontiers en « employee of the month » à la motivation inflexible de l’Agence Labricole. Le succès aboutissant à mes interventions sur une panne ou la garantie de réussite de mes bricolages ne sont pas toujours au rendez-vous ! Mais je peux me défendre en définitive d’atteindre une moyenne assez honorable. Et si je me suis viandé, je me suis enrichi au passage d’une expérience supplémentaire qui ne manquera pas de me rendre un quelconque fier service un de ces jours.

En cas de dysfonctionnement d’un objet, j’apprécie d’avoir au moins tenté quelque chose avant de me résoudre à déléguer le problème aux bons soins de notre déchetterie.

Et je peux me montrer assez tenace ! Il arrive qu’un projet de réparation se transforme en galère parce que dans notre triste réalité très actuelle, l’intervention d’un réparateur officiel aurait coûté dix grimaces et un bras ! Alors je favorise en priorité de faire appel à une solution de type « do it yourself ». Et je finis toujours par oublier de m’envoyer une facture.

Je rouspète lorsque je tombe encore sur l’un de ces appareils jetables à la première alerte. Parfois une batterie scellée y est incluse !!! Aaargh ! Leurs fichus boîtiers impossibles à ouvrir, des unités conçues dès leur origine pour se contenter d’avoir une durée de vie équivalente à celle d’un moustique qui consommerait trop de Tabasco. (Pub)

Et puis les garanties ou les fameuses extensions de garantie proposées à vil prix, et qui ne garantissent aucunement une réparation. Mais évidement plutôt “une élimination rapide” suivie d’un remplacement ! C’est qu’il peut arriver qu’une obsolescence programmée se fasse surprendre, avant même que ce ne soit son heure ! De nos jours le client n’est plus roi que des imbéciles…

Je ne sais pas si nous devrons un jour en arriver à labelliser ces produits jetables à court et à programmables termes, avec des échelles colorées indiquant leur degré de réparabilité et d’obsolescence ainsi que leur niveau de « néfastitude » du point de vue écologique. Peut-être serait-ce là une idée pour inviter leurs fabricants à se montrer volontairement moins indécents et plus responsables. Quitte au passage à courageusement mécontenter l’un ou l’autre de leurs actionnaires majoritaires déjà pétés de satiétés.

Une chose me semble également aujourd’hui certaine : C’est que la fameuse rengaine dont on nous rabâche sans cesse, celle que le « marché s’autorégulerait » est obsolète elle aussi et qu’on ne va pas pouvoir s’évertuer à essayer d’en réparer les dégâts durant encore mille ans. Nous devrons au mieux au plus vite jeter ce concept usé et abusé au fond d’une poubelle bien étanche !

Bien sur, il nous faudra probablement encore supporter ici et là d’entendre certains de ces CEO d’usines de production, articuler leurs excuses dégoûtantes voire minables comme : Si c’est pas nous qui le faisons, d’autres le feront ! Non mais pouerk les gars !!!

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J’ai écrit cet article parce que je rencontre un problème récurrent avec mon smartphone qui fonctionne encore très bien. Son boîtier s’entrouvre régulièrement côté écran tactile, un peu à la manière d’une huitre perlière désireuse de profiter de la lumière. J’ai bientôt fait tout le tour à tenter de le sceller avec de la colle forte. Mais quelques jours plus tard, ça s’entrouvre ailleurs… Je crois bien que ça doit être à cause de la perle qui grossit à l’intérieur et qui a besoin de s’exprimer. Il s’agit d’un appareil de milieu de gamme de chez SunSung dont j’ai déjà pu prolonger l’espérance de vie de trois ans, deux mois et six jours… Et chaque minute compte …

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Un mauvais calcul ?

Comme je l’ai déjà mentionné ici à plusieurs reprises, je me considère en dessin comme un nul en cheveux. Mais ça ne me provoque pas le moindre cheveu blanc ! Ça contribue juste un peu à me faire oublier que depuis toujours, je suis également nul en maths !

Pour les cheveux, je pense qu’au profit de quelques efforts, je pourrai corriger le tir. Par contre, pour les maths, je considère que c’est mort et enterré ! Je resterai nul en maths jusque dans ma tombe. Ils ne doivent pas s’attendre de l’autre côté, à pouvoir compter sur moi pour les aider à faire leur comptabilité !

Plusieurs souvenirs forts douloureux peuvent témoigner de cette défaveur :

  • Le poids des regards croisés et désespérés de mes parents qui tentaient de me donner des cours de rattrapage le soir après l’école. Nourrissant l’espoir de m’aider à trouver la lumière qui relèverait une moyenne désastreuse en arithmétique. J’ai eu beau faire preuve d’engagement pour gonfler ma bosse des chiffres, de jouer des numéros de charme pour séduire mon public de neurones endormis. Résultat ? Une addition de vains efforts. Pourtant j’aurais aimé faire plaisir à mes répétiteurs appliqués, ne serait-ce que pour les récompenser pour leur sacrifice : Se dévouer à ce point pour résoudre des “problèmes” à un âge ou en principe on ne serait plus obligé, pour moi ce n’était pas rien !
  • Un tableau noir recouvert de formules écrites à la craie par notre professeur d’électronique au cours de ma formation. Je n’en comprenais absolument aucune ! Je trouvais qu’il s’agissait simplement d’un ensemble de jolis dessins avec un rendu agréablement esthétique. Et pour m’enfoncer un peu plus dans mon abîme de consternation, le collègue et génie voisin aux verres de lunettes épais qui interpelle le prof pour lui signaler qu’il avait commis quelques erreurs ici et là au tableau …

Mes résultats scolaires à l’écrit et en rédaction étaient nettement plus réjouissants. C’est pourquoi j’ai naturellement opté pour développer des théories si possible bien formulées, en me servant de mots plutôt que de chiffres, de lettres grecques, de barres de fraction et de racines cubiques…

Par la suite, le destin a trouvé une astuce imparable pour me rassurer quant à ce “choix” lorsqu’il a inventé les machines à calculer et les ordinateurs sur lesquels on peut toujours compter: A quoi bon dès lors chercher encore à me triturer des méninges handicapées en tentant de résoudre des équations ?

Je pense encore que mon meilleur souvenir en maths était la preuve par 9. Il s’agissait d’une technique “ultra-mystérieuse” pour valider le résultat erroné de mes mauvais calculs. Même si le 9 n’est pas pour autant devenu mon chiffre préféré, la découverte de cette méthode a déclenché une sorte d’éclair révélateur à l’intérieur de ma boîte crânienne. Mes géniteurs avaient parfaitement raison : Il y avait donc bel et bien une lumière au bout du tunnel !

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Voilà ça c’est fait ! Et si un jour vous me rencontrez, ne me demandez simplement jamais “combien ça fait ?” …

J’ai pensé à une suite logique à cet article… A suivre …

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La fin d’un monde à part

Je radotais peut-être un peu trop souvent en présence de mon épouse que pour améliorer le bilan de notre société, il faudrait commencer par remplacer aux manettes, les hommes incompétents par des femmes compétentes, d’entreprendre quelque chose pour améliorer le climat et de nous remettre à consommer local

Et un beau jour, elle a appliqué ma théorie à sa manière en demandant le divorce !

Il est vrai que ça faisait déjà longtemps que le climat n’était plus vraiment au beau fixe. Notre bilan était devenu catastrophique : Un jour au cours de notre relation, nous avions pris la décision de faire chambre à part. Plus tard nous avions pris celle de faire appartement à part et vers la fin nous faisions même ville à part… Et blague à part aussi, car nos conversations se faisaient plus rares…

Nous étions devenus ce qu’on pourrait appeler un couple pendulaire ! Nous nous trouvions plus souvent assis dans nos bagnoles respectives que devant une bonne assiette ou réunis dans le désagrément plutôt que sous une couette. Nous courrions à la catastrophe. Et il flottait dans l’air comme un parfum de fin d’un monde à part

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A part ça, l'auteur décline toute responsabilité en cas de 
séparation ou de divorce entre des tierces personnes, qui 
auraient été négativement influencées par la lecture de cette 
petite fiction qui devrait plutôt prêter à sourire ! :-) 

En un seul battement de cil

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Je crains avoir encore succombé à tes charmes

Noyé dans le plus profond spectacle de tes yeux

Emporté par un torrent déchaîné d’ivresses hors normes

Foudroyé dans l’instant d’un enchantement contagieux

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Et je suis mort de peur à l’idée de ne plus te revoir

Le souffle coupé comme si ça devait être mon dernier

Et me voici condamné à errer dans de tourmentés couloirs

Hanté par ces sentiments dont je ne saurais me délivrer …

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Ça sent encore un peu la Toussaint jusque dans mes 
tentatives de lundis poétiques. 
Et une pensée pour tous ceux qui vont ou sont allés 
jusqu'à mourir d'amour ! 

Expérience de mort imminente

-Bonjour docteur ! 

-Bonjour cher patient, quel bon vent vous amène cette fois-ci ?

-Je suis très inquiet, docteur. Depuis que je me suis réveillé, j’ai TRES MAL à mon squelette !

-A votre squelette ??! Rien de cassé j’espère ? Vous vous sentez peut-être un peu sur les rotules ?

Mais non docteur c’est grave ! Je subodore la confirmation de mes plus noirs pressentiments : Ça sent le sapin pour moi ! Je perçois des signaux avant-coureurs très clairs et ils m’annoncent la visite imminente de la grande faucheuse !

-Bon sang ! Il va falloir faire vite ! Avant que cette sale garce ne pénètre dans ma salle d’attente avec l’intention de vous occire en pleine consultation ! Dites-moi : De quelle partie de votre squelette souffrez-vous ? Sachant que votre architecture osseuse est constituée d’un peu plus de deux cent fragments divers et variés disséminés un peu partout, il serait préférable que n’ayons pas à vous radiographier de la tête aux pieds. Autrement nous parviendrions au mieux à localiser toutes les pièces défectueuses post mortem, environ dans un délai de deux semaines après la date de vos obsèques. Agissons sans tarder pour vous soustraire à cette terrible agonie…

-Hé bien pour commencer je ressens d’intenses douleurs juste-là dans l’articulation du coude. Mais je subis également de très violents coups de boutoir ici au sommet de mon crâne. Je crains m’être décroché la mâchoire. Et puis aussi m’être fissuré plusieurs côtes. Mon squelette est foutu !

-Bigre ce sont là bien trop de souffrances à endurer pour un seul homme. ! Une première question qui pourrait augmenter nos chances d’établir un diagnostic fiable et susceptible d’augmenter votre espérance de vie : N’auriez-vous pas par hasard passé presque toute la nuit en compagnie d’une bande de joyeux drilles à déconner et à vous bidonner ? Profitant de l’occasion pour faire l’impasse sur toute forme de modération. De mon avis de spécialiste, les symptômes que vous me décrivez en ce qui concerne votre coude et votre crâne indiquent les séquelles d’une biture d’enfer. Et pour les côtes et la mâchoire, je pencherais en faveur de simples effets secondaires consécutifs à une série de fou-rires de fêtard…

-Je n’en sais rien docteur. Je ne me souviens absolument de rien. Je me suis réveillé amnésique sur ma paillasse habituelle, en nage et souffrant comme un damné !

-Bien ! Pour commencer, voici une ordonnance destinée à tempérer votre affolement et apaiser vos traumatismes. Quatre jours d’arrêt de travail ne seront pas de trop. Il vous faut une grande boîte de pastilles effervescentes. Un comprimé matin, midi et soir dans un grand verre d’eau minérale. Et en sortant d’ici, vous irez prendre l’apéro. Et ce sapin vous allez vite me le rallumer, et bien avant de l’avoir abattu et d’en avoir tiré et raboté quatre belles planches…

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"Rallumer le sapin" est une expression indiquant la technique 
de reboire de l'alcool pour atténuer les effets désastreux d'une 
gigantesque gueule de bois.

Make Halloween Great Again !

Gniiiii hihihi … ghiiiii….

Voici donc ma traditionnelle création de halloween pour l’édition 2019. Vous n’êtes évidement pas du tout contraint de la liker juste pour me faire plaisir.

C’est une fête qui me paraît intéressante parce que tout un chacun peut se déguiser en sculpteur ! Et cet art trooop-méga-mooortel peut être exercé à peu de frais dans une simple cuisine. Et exceptionnellement, durant cette période là, il ne sera formulé de reproches à quiconque pour avoir joué avec de la nourriture ..

Vous le saviez peut-être déjà, mais je me considère encore et toujours comme nul en cheveux en dessin. C’est pourquoi je ne saurais résister à la moindre occasion de m’offrir une autre tentative de perfectionnement.

Et voyez vous-même : On peut inspirer de grosses frayeurs aux gens, même si on est blond et bien coiffé !

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Les liens vers les années précédentes ici :

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La malédiction du campagnol

Respectant une tradition d’amitié établie depuis fort longtemps, un hamster et un campagnol se retrouvaient pour un repas à l’occasion des fêtes de fin d’année. Et c’était au tour du campagnol d’accueillir le hamster dans son repaire.

Dès son arrivée, le hamster se montra volubile en racontant au campagnol son récent bonheur de partager son habitat urbain avec l’élue de son cœur. Qu’ils couraient ensemble des jours heureux dans leur roue géante.

En pénétrant dans l’antre de son hôte, il avait admis que comme lors de sa précédente visite, le campagnol vivait seul. Et c’est à ce sujet que le hamster choisit de lui faire part de son inquiétude…

Alors le campagnol lui raconta que ses journées étaient si chargées qu’à la nuit tombée, il croulait sous la fatigue. Il argumenta que dans l’agriculture, les temps étaient devenus plus durs qu’autrefois et qu’il y était déconseillé de compter ses heures. Qu’il ne restait que peu d’autres choix que de se lever et de se coucher avec le premier et le dernier rayon de soleil…

Mais qu’à de rares occasions, il échappait à sa trépidante vie souterraine et parfois même, faisait la rencontre d’une souris prompte à lui faire frémir les moustaches. Mais qu’il ne parvenait jamais à éviter que la charmante candidate soit une citadine convaincue et se montre peu enthousiaste à l’idée d’une existence champêtre. Que cette malédiction n’eût de cesse de le poursuivre depuis ses premières amours de jouvenceau. Que malheureusement, même animé des intentions les plus langoureuses, il se sentait fort désarmé pour s’en aller pulluler dans des galeries de béton, pour aller frétiller dans des tunnels de plastique ou pire encore, d’aller se laisser incarcérer à perpétuité derrière un grillage métallique.

Mais que depuis qu’il avait entrepris de s’inscrire dans un réseau de rencontres international, il avait misé toutes ses chances sur l’espoir d’attirer à ses côtés, une rongeuse susceptible d’envisager de s’installer avec lui quelque part au grand air d’une campagne luxuriante. Que sa recherche s’accompagnait naturellement de cours de perfectionnement en langues dans le but de favoriser la communication avec des prétendantes natives de toutes contrées.

Le hamster se montra ravi d’entendre son ami le campagnol lui témoigner les yeux brillants d’un tel entrain et il l’en félicita.

Le campagnol sur le ton de la confidence lui révéla qu’il venait justement, quelques jours auparavant, d’avoir la chance de faire une rencontre particulièrement prometteuse. Que la séduisante candidate venait d’Allemagne et résidait à Düsseldorf. Et que pour une fois il se sentait vraiment rassuré parce que malgré ses notions en langue allemande encore faibles , il savait déjà au moins que « dorf » en français, ça veut dire village

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C'est une rencontre pleine de magie avec une jeune femme fort 
séduisante et sympathique qui m'a inspiré cette histoire. 
Notre conversation n'a duré qu'une dizaine de minutes. 
( Dans la vraie vie je parle couramment la langue de Goethe )
si je n'avais pas eu un peu la tête ailleurs à ce moment-là, 
je pense que j'aurais beaucoup aimé tenter l'impossible pour 
lui faire rater son envol à destination de Düsseldorf..

Mais je l'ai laissée filer