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Substance intime

 

Sans amour tu finiras par te transformer en pierre

Sans ardeur tu finirais par précipitamment redevenir poussière

Tout n’est que frémissements au cœur de la matière

Tout n’est que battements de cœur et de paupières…

Le bourdon du trottoir

A priori, rien de très poétique à écrire sur le thème délicat de la prostitution…

Quoique, faut voir, je suis prêt à tout pour quelques billets d’avance…

 

Je pourrais faire affaire de vos belles faveurs et de vos services

Faire facile fortune de votre fraiche chair et de leurs pires vices

 

Gérer leurs exigences et les petits soucis de mon personnel

Pleines de coke vous envoyer au charbon, sur simple appel !

 

Une fois au turbin dans tes oreilles tu m’entendras bourdonner

Tu sauras que quelque part dans l’ombre je veille à ta sécurité

 

S’il se trouve un seul prospect imprudent qui te fasse du mal

Je le retrouve et lui arrange le portrait à la façon vandale !

 

Lorsque vous longerez les trottoirs des rues de ce quartier

Que vous appâterez prêtes à tout pour revoir vos papiers

 

Ah mes belles captives que je protège de la boue et de la misère

Soyez dociles et soumises et faites la leur bien, leur petite affaire.

 

Il ne vous arrivera rien tant que vous serez sous ma protection

Au moins aussi longtemps que vous ne saurez plus dire non

 

Pensez avant toute chose futile à satisfaire notre aimable clientèle

Mais vous n’appartenez qu’à moi fallait t’il que je vous le rappelle ?

 

C’est tout ce que tu as pu encaisser aujourd’hui ma belle ?

Il va falloir cesser de musarder et de jouer à ta petite pucelle !

 

Sans quoi je vais devoir te vendre aux brutes des vilains quartiers

Ceux-là c’est à coups de poing qu’ils t’apprendront à bosser…

 

Mais voyez-vous, mon rêve serait d’être tenancier d’un lupanar luxueux

Car je suis avant tout à l’écoute du consommateur moi, Monsieur !

 

C’est que ce n’est pas agréable d’appliquer ces méthodes barbares

Et surtout à la fin de devoir ne leur laisser qu’un modeste pourboire…

Millionnaire, milliardaire, centenaire ? J’hésite encore !

 

Tirez pas sur l’opulence !

Même si je ne suis pas un de ces banquiers notoires,

Qui risquent si gros afin d’empocher sans risques de gros pourboires,

 

Même si je ne suis pas l’un de ces sympathiques ramoneurs

Qui récurrent votre cheminée au tarif du porte-bonheur

 

Même si je ne suis pas votre précieux et lucratif garagiste

Qui ne se salit plus les mains au préalable d’un devis irréaliste

 

Même si je ne suis pas le coiffeur de votre épouse

Qui à un cheveu près vous délestait de tout votre flouze

 

Même si je ne suis pas votre plus aimable dentiste

Dont le prix de la place par spectacle semble tout sauf altruiste

 

Même si je ne suis pas l’opérateur de tous vos appels

Qui vous fournit de profitables minutes de communication à la pèle

 

Même si je ne suis pas de la même essence que votre pompiste préféré

Dont le barème vous permet juste de rouler sans trop vous faire rouler

 

Même si je ne suis pas votre scrupuleux percepteur

Que votre ruine prochaine ne semble pas faire trembler de peur

 

Je suis celui qui vous vendra sa gourmandise onéreuse

Qui vous laissera derrière la langue un arrière-goût d’exorbitant

 

Qui vous présentera les conditions audacieuses et l’addition douloureuse

Pour légitimer réussite et prospérité, justifiant de cette facture, le montant !

Le téléphone coupable

 

Je ne m’en souviens pas, j’avais décroché…

On m’y avait sans doute poussé… à l’eau ?

Qui est-ce encore, au bout du fil ???

Je suis occupé, vous comprenez ?!

 

J’avoue tout, j’ai franchi la ligne…

Au départ je m’étais muré dans le silence

A tous vos appels, j’ai fait la sourde oreille

Oui, même lorsque c’était un bon numéro…

 

Ensuite on peut dire que j’ai perdu le fil…

Je n’étais plus à l’écoute

On m’a déclaré en dérangement

Terminé, les soirées branchées

Les intéressantes conversations…

 

J’allais devoir en répondre

Et payer le tarif, impossible d’y couper !

J’en suis ressorti sonné

Incapable d’exprimer la moindre tonalité

 

Puis mon appel a été rejeté

Une longue attente dans le couloir…

A l’aube, une dernière conversation

Et la sentence exécutée…

Ils m’ont coupé le téléphone !

 

En somme….

 Myself , croqué par Loulou

Encore victime de l’un de ces énormes coups de barre…

Des paupières trop lourdes, fermer boutique, une pause, là, tout de suite!

Un cœur qui bâille le dernier ballon d’oxygène avant une phase de ralenti

Me laisser emporter dans une de ces merveilleuses petites coupures de paresse

Un roupillon des plus plaisants, à la bonne heure, celle de la sieste !

Cette vie peut bien attendre un peu qu’à pleine quenottes, je la croque encore…

Tiens, c’est étrange, subitement je suis capable de voler

Je n’aperçois nulle part aucun obstacle d’aucune sorte

Le ciel est bleu et la terre un paradis lumineux, fleuri et parfumé

Pourtant, j’ai un peu peur de ne pas me réveiller…

 

La porte-bonheur

Petite porte de sortie qui me transporte,

Vers la lumière et les espaces de toute sorte

Quand la monotonie des murs m’insupporte

Que la solitude m’inconforte

 

Petite porte d’entrée qui me réconforte,

Fermée à double tour sur les richesses que je rapporte

De mes excursions distantes de porte-à-porte

Lorsque plus rien d’autre n’importe…