Category Archives: Bavardages

Quelques rounds d’observation

-Et alors… Vous en êtes où, avec cette histoire… Toujours en plein rounds d’observation ?

-Hééé oui ! Je crois qu’elle adore le suspense ! Dès le début, je le savais : Elle avait coché la case « ça doit venir de lui ». Comme ça, à vue de radar, je crois avoir compris qu’elle attendait de moi, que je lui exprime ma flamme en gigabytes, à la cantonade, sur le réseau social de mon choix.

-Et si tu n’a pas encore tombé le genou virtuel et tardé à dégainer ta meilleure plume à pixels, c’est parce que tu penches encore pour un supplément de rounds

-Non, ce n’est pas ça. Je préfère miser mes billes les plus transparentes sur une possible étincelle réciproque en terrain miné. Un peu comme dans ces face-à-faces vintage sans filtres ni interfaces.

-Et ensuite, tu as cherché à le lui faire comprendre et elle s’est empressée de te répondre le plus clairement du monde, qu’il lui manquait encore quelques rounds avant de se sentir plus encline à entrer en matière pour un duel sentimental à haut potentiel et en présentiel…

-Pas tout à fait ! Elle s’est montrée intéressée, elle-aussi, de passer à une évaluation en chair et en os… De son point de vue, le temps était venu de faire un premier pas l’un vers l’autre !

-Aaaah mais bonne nouvelle alors ! C’est vrai que ces rounds d’observation hein, ça va un moment

-Faut pas te réjouir trop vite, mon vieux : Elle m’a envoyé son drone. Et il me semble encore à l’heure où je te parle, que ça s’est très bien passé…

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Ça devrait pouvoir donner un dessin d'illustration 
assez sympa tout ça...Je m'y colle bientôt !

L’opération “Mozerboard”

-Docteur, vous avez vu ? On a un problème !! Voyez, ici et là...

-En effet, j’ai vu ça ! Même si en 30 ans de bloc opératoire, je n’avais encore jamais vu ça ! Passez-moi le micro-tournevis cruciforme

-Voici votre outil. On n’a pas trouvé de donneur à 100% compatible ? Sommes-nous encore en présence de l’un de ces cas d’obsolescence programmée ?

-Je ne pense pas. Ce patient-là avait un Pentium Core I7 à quadruple cœurs de 7ème génération du millésime 2017. Et ce modèle de circuit est introuvable sur le marché, même dans les brocantes d’organes. Mais il fallait tenter l’impossible, alors on s’est rabattu sur un Core I3, très proche d’un point de vue mécanique. Il fallait tenter de sauver ce qui avait une chance de l’être. Passez-moi la pince à long bec à 45 degrés

-Tenez là voilà. Est-ce que je peux couper le circuit d’alimentation auxiliaire ?

-Oui, coupez tout, avant que le module de rechange implanté ne se mette à surchauffer. On va au plus vite devoir chercher un autre donneur compatible, qui nous fournirait un ventilateur adapté. Passez-moi le tube de pâte thermoconductrice

-Et voilà. Et maintenant, qu’allons-nous faire du patient ? Est-ce qu’on informe ses proches que nous avons été confrontés à des complications ou alors est ce qu’on les prévient qu’ils doivent commencer à envisager d’acheter du neuf ?

-On va maintenir le client en coma artificiel jusqu’à ce qu’éventuellement, on puisse trouver la pièce conforme. Et on informe les proches qu’on va tenter l’impossible et qu’ils ne doivent pas perdre tout espoir. Passez-moi une petite boite, pour les vis…

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J’ai un fort penchant pour la réparation. C’est une manie chez moi qui peut friser l’acharnement thérapeutique. Techniquement tout est toujours d’abord potentiellement réparable, comme “dans le bon vieux temps”. Et je peux faire preuve d’une obstination déraisonnable à vouloir dépanner des objets qui dysfonctionnent. Je pense que les batailles d’ordre technique, libèrent chez moi un niveau de dopamine comparable à celui qui anime ceux qui ont une forte addiction au jeu. Et je ressens une certaine jubilation, lorsque je suis parvenu à prolonger la durée de vie “de mon patient”. Et ce, que ce soit avec ou sans avoir eu à recours à de l’aide extérieure.

J’ai baptisé cette habitude pathologique le syndrome de MacGyver. C’est inspiré de la série originale du même nom. C’était un type futé et ingénieux qui bricolait de petits miracles avec les moyens du bord, comme par exemple un cure-dents, deux boulons et un élastique de pot de confiture..

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Le client régulier

-…

-Alors, qu’est-ce que vous sers aujourd’hui, cher Monsieur ?

-Mmm.. Je vais prendre le plat du jour d’hier avec le potage en entrée.

-Mais voilà un très bon choix, cher Monsieur ! C’était un franc succès ! De nombreux clients l’ont commandé hier déjà, ce qui fait qu’aujourd’hui, il est malheureusement épuisé… Mais à la place, je peux vous conseiller le plat du jour d’aujourd’hui, qui je vous l’assure, est tout aussi délicieux ! Mais je vous conseille de vous décider rapidement, parce que je devine que demain, il n’y en aura déjà plus !

-Ah quel dommage, j’étais venu avec l’idée de me régaler de celui d’hier. C’est qu’hier, je n’avais que peu d’appétit et m’étais contenté d’une petite salade de saison. Mais en repartant, tout au fond de moi, je sentais bien que j’étais un peu resté sur ma faim… Et c’est tout bien réfléchi qu’aujourd’hui, j’ai réservé cette table pour rattraper le coup…

-Je comprends fort bien, cher Monsieur. Et j’éprouve parfois moi-aussi, quelque difficulté à vivre au jour le jour…. Peut-être préférerez-vous porter votre choix sur un mets à la carte ? Et si je puis me permettre en passant de vous conseiller de jeter un petit coup d’œil sur les spécialités du mois… Vous verrez que le chef a mis les petits plats dans les grands

-Bon. Je vais étudier ça… Mais rassurez-moi, vous n’allez pas m’apprendre qu’en ce moment, vous ne faites plus non plus la spécialité d’avril dernier ?

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Une Hotline de rêve

-Allo la Hotline ? … Oui bonjour ! … Je vous appelle pour une réclamation !

-Bonjour à vous aussi, cher client ! Je vous écoute !

-J’ai constaté ces dernières nuits que les rêves que vous me fournissez ont beaucoup perdus en piquant et en qualité. J’irais même jusqu’à prétendre que dans leur globalité, ils ne correspondent plus aux conditions définies dans notre contrat !

Mais où sont passés ces splendides décors en extérieur ? Où sont ces spectaculaires délires architecturaux ? Qu’est il advenu de mon catalogue de pouvoirs spéciaux ! Que sont devenues ces incroyables histoires à dormir debout ? Mais qu’a t’il bien pu arriver de fâcheux à vos scénaristes ???

Pouvez-vous me décrire-plus en détail le genre de problèmes que vous avez rencontrés, cher client ?

-Alors prenons la nuit dernière, par exemple : Je me suis retrouvé seul, confiné dans une grande baraque à courants d’air à moitié en ruine. Les couloirs étaient tous sinistres. Quant aux pièces, elles étaient tout sauf accueillantes et l’ensemble manquait désespérément de style. Déjà là comprenez-vous, je m’attendais à au moins un minimum de confort de base et à la présence d’une, ne serait-ce que modeste, sensation de bien-être.  De plus, l’électricité avait été coupée et le chauffage était en rade. Et dehors la tempête de neige redoublait d’intensité…

J’ai entrepris de faire un feu de cheminée pour nous réchauffer, cette ambiance morose et moi. Pour ce faire, j’ai sacrifié l’une des rares pièces de mobilier en bois qui avait été abandonnée sur place. C’est là que j’ai accidentellement un peu maladroitement aussi bouté le feu au parquet. Pris de panique, j’ai cherché à rêver d’un extincteur, mais sans succès ! Par contre j’ai fini par trouver un appareil téléphonique. Un accessoire qui celui-ci, avait été inclus dans mon inventaire. J’avais l’intention d’alerter les pompiers, mais il n’y avait pas de tonalité ! La ligne avait elle-aussi été coupée !

A peine une dizaine de secondes plus tard, c’était déjà un brasier ! C’est certainement du à ces panneaux de décor légers; ils sont réputés vite partir en fumée… A court de solutions pouvant me permettre de circonscrire l’incendie, je me suis mis à l’abri et ai déclenché la procédure d’interruption d’urgence du rêve ! … Vous mesurez certainement l’ampleur du traumatisme subi ! Comment pensez-vous que dans ces conditions, je pourrai encore trouver le sommeil ?

-Je compatis cher client ! Vous avez dû vivre un vrai cauchemar et nous en sommes navrés ! Je peux vous promettre que c’est en priorité que nous allons intervenir sur votre dossier …

-Je vous en remercie d’avance ! J’en profite pour vous livrer mon sentiment que ce n’était encore qu’un rêve à budget limité ! J’ai la nette impression que dernièrement, votre société a commencé à rogner sur ses prestations. Alors que je me rappelle avoir signé pour un abonnement à du contenu de moyen à haut de gamme. Je dois vous avertir que dans le cas où ce genre de désagrément devait se reproduire trop souvent, j’envisagerai sérieusement de changer d’opérateur !

-J’ai compris le message, cher client. Et je m’occupe de transmettre vos reproches aux différents départements y compris à la production. Mais je dois aussi vous informer qu’il n’existe pas d’autre opérateur que nous sur ce marché et que de plus, vous êtes l’unique client de cette Hotline. J’espère ne pas vous avoir réveillé en sursaut avec cette révélation…

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Un peu comme une intervention divine

-Chef ! On a une alerte !

-Et voilà ! juste avant la pause !!! Pffff ! Et c’est où ?

-Sur la planète Terre !

-Encore ??? Non mais sérieux ??? Ils abusent là-bas !

-On fait quoi ? On envoie d’urgence une équipe sur place ?

-Holà tout doux ! Vous avez déjà vu dans quel état ils reviennent ? Il faudrait aussi qu’on pense un peu à ménager nos effectifs. Vous avez essayé de régler cette affaire au travers de la télémaintenance ?

-Oui on y a pensé, mais l’origine de l’alerte est humaine ! Et ce canal ne fonctionne jamais vraiment très bien avec eux. Trop de lignes… c’est compliqué…

-Ho-làlaaa !!! Mais ce boulot va finir par me rendre chèvre !!!

-Attendez que je vérifie… Non non… Tout est au vert pour les chèvres : Aucune alerte. Et je confirme, c’est bien les humains !

-Mais c’est toujours les humains nom de Dieu ! Laissez-moi réfléchir… Vous leur avez déjà conseillé de bricoler une solution temporaire sur place ? Avec les moyens du bord, ils ont de quoi faire là-bas, il me semble…

-Bien sûr ! Ils ont répondu qu’ils ont déjà tout essayé mais sans succès.

-Et si pour changer on n’intervenait pas ! Si pour une fois, on laissait juste pisser le mouton ?

-Je vérifie… Oui c’est ok. Pour les moutons tout est au vert aussi …

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Des carottes plein la prairie

-…

-Tu vis une relation stable et durable en ce moment ?

-Oui, mais elle est virtuelle. On tchatte presque quotidiennement et depuis de nombreux mois…

-Et ça n’a encore jamais abouti au moindre rendez-vous en tête-à-tête dans le monde réel ?

-Ma foi non. Mais c’est le principe de base de notre site de non-rencontres animalier : le réseau intermédiaire qui nous permet de communiquer…

-Animalier ???

-Tu ne connais pas encore ? Je t’explique : moi je suis un bison et elle, c’est une gazelle. Et c’est vraiment chouette : on échange comme des bêtes dès les premières heures où tous les chats sont gris et ça peut se prolonger jusqu’au chant des oiseaux. Parfois il nous arrive même de compter les moutons ensemble… Crois-moi, depuis que nous avons établi ce contact privilégié, je me sens comme un poisson dans une piscine olympique…

-Et tout ça, sans jamais avoir été tenté de faire une entorse à ce fameux règlement ?

-Hé si ! Il nous est déjà arrivé de craquer et de vouloir aller plus loin. D’ailleurs, notre score officiel actuel sur le site est de trois lapins à un, en sa faveur.

-Aaah là tu me rassure. C’est comme le grand retour du printemps, hein… impossible de résister aux sollicitations de mère nature, n’est-ce pas ?

-Tu sais, dans cette histoire, nous sommes deux adultes qui ne perdons jamais de vue qu’en tant que gazelle et bison, bien que nous soyons tout à fait sur la même longueur d’onde et nous sentons complémentaires, ça ne pourrait pas coller… Tu vois, d’un point de vue physique, on ne joue pas dans la même ligue. Et puis heureusement, lorsque l’un de nous perd la tête, c’est l’autre qui maîtrise les chevaux d’une éventuelle débauche de passion. Tu comprends, je ne suis pas l’un de ces kangourous prêts à sauter sur tout ce qui bouge. Alors pour concrétiser un éventuel rapprochement, ce n’est dans la poche quoi…

-Mais dans ce cas, à quoi bon poursuivre cette relation incomplète ? A la place, tu pourrais par exemple concentrer tes efforts sur une dulcinée au pedigree compatible ? Ou alors même s’il le fallait… courir deux lièvres à la fois ?

-Oh tu sais, je crois que suis fait comme un rat ; parce que je me suis fait prendre au jeu. Tu peux certainement imaginer à quel point un bison, ça ne rentre pas volontiers bredouille après avoir fait le pied de grue dans la prairie à l’occasion d’un rencart manqué. Sinon, j’aurais plutôt opté pour pigeon ! Et une raison de plus pour poursuivre cette liaison, c’est que je compte bien lui poser les deux prochains lapins. Au moins pour essayer de recoller au score…

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T’es en retard, en retard…

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En flagrant délire

-Et ton épouse, elle se porte bien elle-aussi ?

-Oui, aux dernières nouvelles du moins. Mais peut-être n’as tu pas encore eu vent de la nouvelle : Nous avons divorcé !

-Mais non ?! Tu m’en vois sincèrement désolé ! Mais que s’est-il passé ? Si ce n’est pas chose trop indiscrète de te le demander …

-J’ai tout d’abord constaté qu’elle était à l’origine de nombreuses dépenses inhabituelles. Et ensuite, j’ai trouvé très louche que pour aller faire du shopping en ville, elle ne se serve plus que du SUV familial plutôt que de sa citadine compacte. Et elle se faisait coquette, en plus. Peu à peu, ses sorties hors du domicile ont commencé à se multiplier et à se prolonger. Alors pour découvrir le pot aux roses, j’ai engagé un détective privé pour qu’il se charge discrètement de la prendre en filature

-Aïe mon pauvre ! Tu suspectais donc une aventure extraconjugale ?

-Affirmatif ! Mais ce que je comprends mal au final, c’est que son soupirant là, ce n’était ni un bad boy irrésistible et fauché, ni un bellâtre charmeur et sans-le-sou. Et pourtant, elle l’avait déjà quasiment recouvert de pièces d’or, ce larron opportuniste  !!!

-Mais as-tu tenté d’en discuter avec elle ? De la retenir ? De la reconquérir ?

-J’ai absolument tout tenté, cher ami ! Arguments en béton et photos compromettantes à l’appui ! Mais hélas, ce ne furent que démarches sans succès : l’asticot s’était déjà installé dans la pomme !

-Tu veux dire que ton détective était parvenu à les surprendre en flagrant délit ?

-Oh que oui ! Et à pas moins de cinquante reprises. Et tiens toi bien, c’était un peu comme si elle avait cherché à me pourfendre le cœur, mais ces rapports tactiles et tarifés, c’était avec un parcmètre qu’elle les partageait ! Et toi aussi tu le sais bien, à quel point je les déteste, ces saletés qui par les temps qui courent, poussent comme des champignons un peu partout…

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Célibatman

Extrait d’une conversation téléphonique qui a eu lieu dans la Célibatcave

Notez qu’on “n’entend” pas le son de la voix de l’interlocuteur à l’autre bout du fil, ici représenté par un -…/.

-…/.

-Ouiii je vais bien merci et toi ?

-…/.

-Nooon, toujours célibataire ! Oooh tu comprends, maintenant que j’ai épongé toutes mes peines de cœur, j’aurais tendance à éviter de replonger la tête la première…

-…/.

-Nooon je ne me suis pas encore inscrit sur une appli de rencontres… Tu sais, j’ai encore du mal avec cette idée dans ce domaine-là, de passer des commandes en ligne.

-…/.

-Nooon rien de concret en vue dans la vraie vie non plus… Rien n’a changé : je suis toujours aussi transparent aux yeux de celles qui me tapent dans l’œil… Et ne me demande pas pourquoi, mais généralement celles qui me voient aussi sont soit déjà en couple, soit polyamoureuses, soit pansexuelles, soit d’une autre communauté particulière qui n’est même pas encore inscrite sur ma boussole.

-…/.

-Ooooh tu sais, mon palpitant s’est toujours enflammé un peu vite et je préférerais ne plus avoir à sauter en catastrophe sur l’extincteur … Et puis depuis que je me suis fait implanter un modèle en pierre, tu n’y mets plus le feu avec une simple étincelle ! Ce modèle-là, déjà pour le faire monter en température, c’est au minimum au flambeau qu’il faut s’y attaquer…

-…/.

-Mais nooon ! Ce n’est pas à ce point. J’avais récemment eu un immense béguin pour une créature de rêve au cœur d’or. Une véritable princesse à courtiser avec passion et assiduité. Mais tu me connais : moi et le protocole, ça fait vite deux ! Et comme je souhaitais moi-aussi faire valoir mes modestes revendications, on s’est un peu marché sur les pieds pendant la danse nuptiale … Et puis le temps a passé et aux dernières nouvelles, elle est en couple avec une fille. Alors j’ai classé l’affaire. Mais j’ai quand même conservé son dossier à portée de mains, on ne sait jamais…

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Une rare photographie de Célibatman quand il est de sortie en soirée costumée pour protéger la veuve et éventuellement aussi l’orphelin, lorsqu’il y en a déjà un qui traine

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Retrouvailles qui vaillent

-Hé mais, ça faisait un sacré un bail

-Ho ben, dans les dix ans, je dirais…

-Et alors, depuis tout ce temps, tout va bien ? La famille, le boulot, la santé ?

-Je n’ai pas trop à me plaindre ! Ma femme s’est barrée avec un jeune et mes enfants ont tous quitté le nid. Et je suis “déjà” trop vieux pour espérer trouver un job stable, intéressant et régulier…

-Aïe ! Mais, reste la santé alors ? Ah mais attends, que je me souvienne : Tu entendais des voix il me semble ?

-Heum… Non, aucune idée où t’as vu ça : Je n’ai jamais entendu de voix ! C’était un problème de gestion du stress.

-Ah bon, j’ai cru que…

-Non non, vraiment ! Pas de voix… Mais à bien y réfléchir, ça aurait peut-être pu être sympa que Freddie Mercury vienne me chanter un « we are the champions » dans ma tête de temps en temps ! Mais et puis toi alors, tout va bien ?

-Moi c’est un peu pareil que toi. Mes gamins sont mariés et parents. Et je vis chez ma mère parce que je suis au chômage et qu’elle se sent seule, la pauvre…

-Houlà c’est rude ! Mais reste au moins la santé alors … Ah mais attends… tu n’avais pas des hallucinations toi ?

-Haha, mais non t’es con… Je n’ai jamais eu le moindre problème de vision. Quoique, j’ai évidement perdu quelques dioptries dans l’exercice. Mais pour l’instant, rien de trop préoccupant à ce qu’on m’a raconté…

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Consultation de crise

Alors, comme ça tu nous refais encore une de tes petites crises ?

-Hé bien oui, je le crains. Et le pire, ce n’est plus qu’une seule à la fois ! C’est d’autant plus inquiétant !!!

Tu veux dire qu’en ce moment, tu souffres simultanément de plusieurs crises en parallèle ? Ça c’est intéressant ! Mais alors laisse-moi deviner : 1) N’endurerais-tu pas une forme sévère de torture psychologique, basée sur un amalgame explosif composé de crise existentielle et de crise identitaire ?

-Pas du tout ! Les crises de ce genre, j’ai appris à les gérer sur le tas et avec le temps !

2) Bon, alors ne me dis pas que tu nous fais une crise de la quarantaine sur le tard. Un chaos psychique en partie du à une crise d’adolescence mal surmontée, causée entre-autres, par de trop fréquentes crises de jalousie très mal vécues durant ton enfance ?

-Non, non ! Là aussi, j’ai fini par assez bien maîtriser le sujet. Et j’ai pu classer sans suites tout ce qui relevait de ce type de troubles-là !

Alors … 3) C’est une crise de nerfs au bureau ! Parce qu’ils t’ont sucré toutes tes heures supplémentaires et ont liquidé ton solde de vacances ? Soi-disant, par solidarité dans cette lutte contre les effets de la crise économique subséquente à la crise sanitaire et blablabli et blablabla…

-Bien vu ! Mais c’est encore perdu ! Ce n’est toujours pas ça ! Dans ce domaine, je suis aguerri au combat. D’ailleurs, c’est aussi pour cette raison qu’à mon âge je ne trouve plus de poste stable. J’ai de la bouteille, mais suis un profil plus assez malléable. Je sais enfin dire “Non !”. Et les petites crises d’autorité des uns et des autres, elles me passent cent kilomètres au-dessus…

-Ah, alors ça ne sera pas facile de deviner ! Allez : 4) il s’agit d’une crise d’angoisse, parce que la question de la crise écologique qui te tenait très à cœur est passée au second plan. Elle s’est escamotée derrière la crise économique. Et parce que la morosité ambiante qui découle d’une crise de confiance mondiale, plombée par l’émergence de nouvelles tensions entre États et sérieusement aggravée par la crise sanitaire, s’est muée en crise politique internationale ?

-Hé ! Pas mal ! Mais toujours pas trouvé. Aujourd’hui je suis capable de contrôler, dès leur apparition, le déclenchement de crises d’angoisses qui auparavant pouvaient me conduire à des crises de panique ! C’est bien simple, je ne me rappelle même plus de ma dernière crise de colère ! Et je n’arrive plus à me remémorer une quelconque crise de folie, même passagère ! Avec les années, j’ai vraiment gagné en robustesse mentale et en capacité d’indifférence. Mais dit comme cela, je réalise que devrais probablement m’en inquiéter !

Mais alors, tu fais preuve d’une sacrément bonne gestion de crise. Alors en 5) Je suppose que tu n’es pas passé me consulter dans cette cellule de crise, pour que je te soulage d’une inquiétude quant à une éventuelle crise d’arythmie ou pour que je te rassure au sujet d’une crainte de l’imminence d’une crise cardiaque… En réalité, tu traverses une crise de placidité agrémentée ici et là de bouffées de bien-être. Ceci en éprouvant le réel danger de te voir un de ces jours submergé par une crise d’hystérie euphorique ?

-Ça y est ! Tu as tout deviné ! Bravo docteur, je te félicite !

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J'aime beaucoup imaginer et développer des dialogues
thérapeute-fada vs. patient-frappadingue.
Apparemment, il s'agit d'une fantaisie récurrente 
chez moi.
C'est en écrivant ce commentaire que j'ai pu en 
retracer l'origine profonde et le cheminement qui 
m'y a conduit. Je ne devrais donc même pas aller 
consulter pour décoder la source de cette petite  
manie :-)

Et voilà, fin de la (des) crise(s)

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Un audit périodique astral

-La planète Terre c’était bien vous ?

-Oui et ça fait déjà un sacré bail !

-Alors nous sommes allés visiter l’endroit. Au niveau visuel, des rendus esthétiques, du choix des matières et des couleurs, de la diversité de la végétation en général, cette belle idée d’une couche atmosphérique avec des nuages en suspension, ces sculptures de reliefs accidentés, ces océans avec des vagues ainsi que ces fonds sous-marins spectaculaires, ces vastes étendues désertiques,les glaces des pôles, globalement et nous sommes unanimes, tout cela est plutôt réussi. Les cycles lunaires aussi, nous ont enchanté. Et puis les événements ponctuels et périodiques, comme les éruptions volcaniques, le déchainement des éléments, les flocons de neige, tout ça nous a bluffé, c’est de la belle création et nous vous en félicitons !

– Oh c’est gentil de votre part merci ! C’était mon coup d’essai. Un projet assez audacieux que j’avais plié en une semaine. Et j’y avais aussi produit et installé une biodiversité complexe de créatures vivantes. Aujourd’hui encore, l’ouvrage grouille d’êtres capables d’évoluer et de se reproduire !

-Oui sur place, nous avons observé le développement de ces espèces. Et certaines d’entre-elles doivent chasser pour subsister parce qu’elles n’ont pas été conçues pour se contenter de la cueillette de fruits et de légumes. Je vous avouerais volontiers que sur ce point précis, nous avons été un peu moins émerveillés. Depuis le dernier audit, certaines espèces intéressantes se seraient éteintes ou auraient été éradiquées. Ce sont des détails qui parfois donnent à votre fresque un aspect assez inquiétant.

-Ah mais ça c’était pour que ces créatures prennent conscience de divers dangers. L’idée était de les contraindre à développer des instincts et des stratégies de survie. Je ne souhaitais pas qu’elles restent simplement figées là, à se prélasser dans une ambiance bucolique et ennuyeuse. Qu’elles subsistent en bonne entente avec tout un chacun sur un astre de catégorie paradisiaque. J’avais fourni des occupations spécifiques à chacune de ces créatures. Mon projet était de créer une œuvre évolutive. Une représentation vivante de la capacité de perpétuation et d’autodestruction. Une démonstration de la potentialité d’une nature morte en formation .

-A ce propos, nous avons cette fois-ci constaté que c’est une espèce de bipèdes en particulier, qui se profile comme étant la plus compétente pour abîmer durablement votre réalisation. Ne serait-il temps, une fois de plus d’intervenir pour une correction, avant que cette espèce invasive ne saccage tout ?

-J’y ai pensé mais pour diverses raisons qu’il serait long de développer ici, j’ai abandonné cette option. Certes, j’aurais pu agrémenter ce monde d’une dimension quasi-éternelle, mais au lieu de cela, j’ai insisté sur ma vision de l’ébauche grandiose. J’ai réhaussé un certain arrière-goût d’inachevé. Et je vais me borner à contempler ce destin magique et tragique en corrigeant le cahier des charges d’origine. Je vais laisser la matière se craqueler en apprenant de mes erreurs de débutant. Avant d’éventuellement, si toutefois mon inspiration reste intacte et puisse subsister, d’entreprendre de créer une version alternative améliorée d’une réalisation de ce type.

-Disposez-vous déjà de quelques exemples de modifications à nous divulguer ? Des erreurs que vous ne reproduiriez pas dans le cas de la genèse en repartant de zéro d’une Terre 2.0 ?

-J’ai constitué une liste d’éléments de base que je n’intégrerais probablement pas dans la nouvelle œuvre. Par exemple typiquement, certains de ces éléments radioactifs pouvant brutalement mettre en péril la conservation de celle-ci. Géologiquement, je rectifierais également toutes les conditions pouvant accidentellement mener à l’apparition de pétrole. Parce que cette matière-là en particulier, a le pouvoir de rendre très dangereux et extrêmement méchants, certains bipèdes parmi les plus destructeurs d’entre eux…

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Trouble-fête

Regarde elle s’en va. Mais où va-t-elle ?

Je crains qu’elle ne le sache pas très bien elle-même

Reste t’il encore quelqu’un pour tenter de la retenir ?

Elle n’en a toujours fait qu’à sa tête, ce serait inutile !

Elle était encore de celles qui agissaient sans réfléchir

Et elle nous manquera, surtout par son originalité.

J’aurais aimé qu’elle s’assagisse plutôt que de préoccuper

Mais maintenant qui saura nous divertir et nous tracasser ?

On dit qu’elle était la dernière avec cette particularité

J’ai peur que cette fête ne soit plus la même désormais

Que sa disparition ne fasse qu’avancer l’heure où elle va se terminer

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Pour illustrer cet article, comme je n’ai trouvé aucune idée suffisamment enthousiasmante ayant le moindre rapport avec le sujet de celui-ci. A la place, je vous propose :

“mon tout petit aquarium

Il s’agit évidement ici d’une évolution logique pour moi de l’article “my dead lightbulb” que vous pourrez trouver par vos propres moyens un peu plus loin sur ce blog, si l’envie devait vous en prendre, naturellement.

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve qu’il y a comme une petite composante relaxante lorsque nous est offerte la chance de pouvoir contempler la pureté de l’eau prisonnière d’un écrin de verre…

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Seulement six clics…

– … et tu vois, il y en a comme ça, qui ne font que répéter que ce serait seulement cyclique

Six clics… de souris ?

-Mais non ! Cyclique !! Avec les lettres -q-u-e- à la fin.

-Ah ! Et qu’est-ce que c’est, une clique avec les lettres -q-u-e à la fin ?

-Une clique est un groupe de personnes qui entretiennent des relations de connivence. Mais dans le cas qui nous occupe à l’instant, il ne s’agit pas du tout qu’elles soient au nombre de six ! Il était question de cyclique en un seul et même mot : Avec un « c » immédiatement suivi d’un « y » au début de ce dernier…

-Ah ! Et quelle est la définition de ce dernier ???

-Un événement cyclique est un événement qui se reproduit plus ou moins naturellement à intervalles réguliers dans le temps…

-Ah je vois, ouais ! C’est comme un rythme quoi ! Ça y est, merci ! Je crois que j’ai réussi à me connecter. Mais il m’aura au moins fallu six déclics ! Et donc, tu me disais, qu’il y en a qui ne font que répéter que ce serait seulement cyclique ?

– Ben oui ! Mais je reprends : il y en a qui ne font que répéter que ce serait seulement cyclique, mais en même temps, sur l’échelle du temps, ils ne semblent pas en mesure de savoir prendre en considération d’importants écarts d’amplitude …

-Hooo ! Hé ben moi… je pense que toi mon ami, à l’échelle du temps, plus t’es bourré, plus tu te prends la tête avec des trucs compliqués ! Quand à moi, je pense qu’on va devoir au plus vite considérer un autre grand-écart d’amplitude, en passant la commande d’une tournée de bières. Avant que ne se referme sur nous, cette courte-échelle du temps…

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Expérience de mort imminente

-Bonjour docteur ! 

-Bonjour cher patient, quel bon vent vous amène cette fois-ci ?

-Je suis très inquiet, docteur. Depuis que je me suis réveillé, j’ai TRES MAL à mon squelette !

-A votre squelette ??! Rien de cassé j’espère ? Vous vous sentez peut-être un peu sur les rotules ?

Mais non docteur c’est grave ! Je subodore la confirmation de mes plus noirs pressentiments : Ça sent le sapin pour moi ! Je perçois des signaux avant-coureurs très clairs et ils m’annoncent la visite imminente de la grande faucheuse !

-Bon sang ! Il va falloir faire vite ! Avant que cette sale garce ne pénètre dans ma salle d’attente avec l’intention de vous occire en pleine consultation ! Dites-moi : De quelle partie de votre squelette souffrez-vous ? Sachant que votre architecture osseuse est constituée d’un peu plus de deux cent fragments divers et variés disséminés un peu partout, il serait préférable que n’ayons pas à vous radiographier de la tête aux pieds. Autrement nous parviendrions au mieux à localiser toutes les pièces défectueuses post mortem, environ dans un délai de deux semaines après la date de vos obsèques. Agissons sans tarder pour vous soustraire à cette terrible agonie…

-Hé bien pour commencer je ressens d’intenses douleurs juste-là dans l’articulation du coude. Mais je subis également de très violents coups de boutoir ici au sommet de mon crâne. Je crains m’être décroché la mâchoire. Et puis aussi m’être fissuré plusieurs côtes. Mon squelette est foutu !

-Bigre ce sont là bien trop de souffrances à endurer pour un seul homme. ! Une première question qui pourrait augmenter nos chances d’établir un diagnostic fiable et susceptible d’augmenter votre espérance de vie : N’auriez-vous pas par hasard passé presque toute la nuit en compagnie d’une bande de joyeux drilles à déconner et à vous bidonner ? Profitant de l’occasion pour faire l’impasse sur toute forme de modération. De mon avis de spécialiste, les symptômes que vous me décrivez en ce qui concerne votre coude et votre crâne indiquent les séquelles d’une biture d’enfer. Et pour les côtes et la mâchoire, je pencherais en faveur de simples effets secondaires consécutifs à une série de fou-rires de fêtard…

-Je n’en sais rien docteur. Je ne me souviens absolument de rien. Je me suis réveillé amnésique sur ma paillasse habituelle, en nage et souffrant comme un damné !

-Bien ! Pour commencer, voici une ordonnance destinée à tempérer votre affolement et apaiser vos traumatismes. Quatre jours d’arrêt de travail ne seront pas de trop. Il vous faut une grande boîte de pastilles effervescentes. Un comprimé matin, midi et soir dans un grand verre d’eau minérale. Et en sortant d’ici, vous irez prendre l’apéro. Et ce sapin vous allez vite me le rallumer, et bien avant de l’avoir abattu et d’en avoir tiré et raboté quatre belles planches…

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"Rallumer le sapin" est une expression indiquant la technique 
de reboire de l'alcool pour atténuer les effets désastreux d'une 
gigantesque gueule de bois.