Category Archives: Témoignages

Le cérémonial du poisson bleu

On entend souvent dire que nous sommes incapables d’apprendre de notre histoire.

Pourtant pour ma part, je suis persuadé que mes différents ancêtres m’ont transmis un certain nombre d’informations importantes et vitales et qu’elles sont contenues dans les séquences de notre patrimoine ADN.

Appelez ça l’instinct si vous voulez. Moi, j’ai baptisé cette chaine de transmission, les tatouages génétiques.

Exemple : Lors d’un séjour en Asie du Sud-Est, alors que je me trouvais dans l’incapacité de décoder les propositions d’une carte de menus, j’ai délégué en toute confiance à un autochtone, le choix de composer mon repas. C’est ainsi que je me suis retrouvé perplexe, devant une assiette occupée par un poisson de couleur bleu-électrique couché sur son flanc gauche, sur son assortiment d’algues du terroir.

C’est à ce moment précis qu’un tatouage gravé dans mes gênes par un ancêtre prédateur marin ayant vécu il y a quelques centaines de millions d’années m’a alerté : Attention ! Un poiscaille de cette teinte et en particulier dans cette nuance-là ne présente pas l’aspect minimal requis en terme de comestibilité ! Il pourrait même être potentiellement mortel ! Ma survie ainsi que celle de ma future descendance dans cette biodiversité sans pitié pourrait à cet instant dépendre de ce premier coup de fourchette ! J’ai donc encore délégué aux convives attablés le soin de goûter les premiers, au produit de cette pèche suspecte. La chair de cette grosse truite de carnaval exotique était blanchâtre et donc plus appétissante. Mais c’est conformément à la directive historique, que je me suis gardé d’en ingurgiter la moindre écaille. Je ne disposais vraisemblablement pas encore comme les autochtones, des évolutions successives nécessaires à en consommer, sans avoir à subir ensuite, une interminable série de crampes d’estomac !

Un autre marqueur ancestral inséré dans mon code serait également à la source d’une ancienne et autrement inexplicable phobie des crabes : Un animal qui à ce jour ne m’a jamais pincé ni même menacé. Et pourtant, un fort réflexe défensif m’a toujours poussé à garder mes distances. Je n’ose pas imaginer ce qui a pu arriver à l’aïeul qui m’a transmis ce conseil alarmant: Il avait probablement du glisser par mégarde dans un grand panier de crabes et avait du y passer bien plus qu’un sale quart d’heure ! Brrr ! Terrifiant !

Il y a aussi dans mon catalogue de messages héréditaires, celui qui me recommande sous forme de clins d’œil depuis ma jeunesse, de me mettre en chasse d’une séduisante violoncelliste germanophone. Je suppose que mon arrière-arrière-+-grand-père était un mordu de musique classique et que, du côté de Düsseldorf, il était subitement tombé raide-dingue d’une virtuose de l’archet lors d’un concert philharmonique. Et puis qu’ensuite ils vécurent si heureux qu’il en ait souhaité m’en léguer l’intensité sous forme de suggestion explicite mise en évidence dans notre cryptogramme…

Mais voilà qu’étant tombé tout petit dans la marmite du rock n’roll, son coup de pouce n’a pas pu se concrétiser en ma faveur et que j’ai dès lors du en retransmettre l’inspiration aux suivants. Des fois que cette incitation influencerait favorablement le bonheur d’un proche ou lointain descendant !

Mais si d’aventure une manipulation de dernière minute du destin devait encore se réaliser dans ce sens, c’est avant de m’engager et afin d’éviter toutes formes de conflits pré-nuptiaux, que je commencerais par prendre connaissance de ses préférences en matière de poissons et de crustacés….

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Photo d’illustration , source internet

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Premier voyage en toute première classe

Je ne dispose pas encore de mon propre accès facilité à la mer. Le premier port de plaisance maritime est à six cents bornes de mon loft. C’est en partie la raison pour laquelle je n’ai pas encore envisagé de devenir propriétaire d’un yacht de luxe. Mais ce n’est pas non plus que je parte complétement de zéro : Je possède déjà une partie de l’équipement : Masque de plongée, tuba et palmes et tout ça, sur mesures. Et puis je peux me flatter d’être le capitaine et seul maître à bord de ma propre chaloupe pneumatique individuelle pour me préparer pour le jour du grand sur-classement.

La dernière fois que je m’étais offert un séjour en bord de mer, j’avais pu constater dans tous les ports qu’il y avait eu, depuis ma visite précédente, une prolifération de navires tape-à-l’œil surdimensionnés … Hébin ! Ça se démocratise, me suis-je dit… Et puis, c’est super pour ceux qui les conçoivent aussi : ils se font plaisir.

A ce rythme, il ne saurait tarder que je puisse voguer en toute première classe sur le pont supérieur du mien ! Mais bon, ça ne presse pas. Et puis en restant un poil logique, il faudrait commencer par faire l’acquisition d’un jet privé pour raccourcir mon accessibilité à mon futur port de plaisance. Mais comme la multiplication des jets d’affaires semble aujourd’hui être une évidence, ça devrait bientôt se réaliser. Ça se démocratise, donc il y aura forcément un jour ou chacun aura le sien. Et puis c’est génial pour ceux qui les construisent aussi : ils se font plèze, je me dis.

D’ailleurs, tout ceci n’est plus qu’un processus naturel qui fait ses preuves de longue date. A un moment donné dans l’histoire ancienne, tout le monde devait s’entasser dans des trams et des autocars. Et soudain, arrive l’automobile privée et voilà que petit à petit, ça se démocratise. Et même que j’en ai une rien qu’à moi ! Et puis, quand même je me dis, c’est franchement top, si on pense une seconde à ceux qui les fabriquent. Je ne peux pas m’empêcher de les imaginer tous ravis.

Hier, j’ai fait mon tout premier vol à bord de mon jet privé flambant neuf. J’avais décollé avec l’intention d’aller faire le tour des chantiers navals haut de gamme. Avec une arrière-pensée d’acquisition. Confortablement installé dans mon fauteuil inclinable derrière mon hublot, J’admirais la vue d’en haut, quand est survenu un problème technique : L’appareil s’est mis a piquer du nez ! En une seconde, mon baptême de l’air privé n’était plus du tout conforme avec un plan de vol de rêve. J’ai du ouvrir les yeux en sursaut et c’était moins une. J’étais à deux doigts de devoir me réveiller mort, plongé dans un bassin privatif ou planté dans une pelouse de terrain de golf hors de prix…

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Bavardages indélicats dans une autre dimension

Je venais de m’installer sur une terrasse de restaurant quasi déserte et faisais face à l’océan. J’étais seul, loin de chez moi, à profiter d’une vue magnifique, avec l’intention prioritaire de combler une fringale devant une bonne assiette.

Après avoir passé ma commande, arrive un jeune couple venu s’attabler juste derrière mon dos. Ils étaient de ceux que j’appelle des “seuls au monde” : Ceux dont les discussions sont également destinées à tout le voisinage.

Je n’allais malheureusement plus pouvoir me laisser bercer par le bruit des vagues en attendant mon repas et espérais qu’ensuite, ce duo de bavards n’en gâcheraient pas toute la substance.

A ma grande surprise, ces deux inconnus semblaient me connaître sans me reconnaître et avaient une vision d’ensemble assez précise de certaines spécificités de mon existence. Et ils avaient un peu trop à mon goût pour des anonymes, cette capacité suspecte à se comporter en maîtres de mon destin ! Mon souci était surtout qu’ils y allaient cordialement de leurs opinions narquoises quand elles n’étaient pas carrément déplacées !

Une fois de plus, j’étais entré dans la quatrième dimension ! J’en suis un habitué et depuis que je le suis, je ne m’en lasse pas, à condition qu’il ne s’agisse pas d’un voyage sans retour.

S’agissait-il d’une rencontre imprévue due à un hasard malheureux ou avait-je été tracé et localisé par smartphone par un couple de comédiens participant à une vaste farce savamment orchestrée ?

Une fois encore, j’avais été saisi de cette curieuse impression que je n’avais que peu de maîtrise sur un scénario prédéfini par d’autres : le script de planification du déroulement de mon avenir.

Un doute subsistait néanmoins encore dans mon esprit et cette situation hors du commun ne m’a nullement coupé l’appétit. Ne me prétendant pas « unique au monde » au point de perdre tout sens des réalités, il restait toutefois possible que mon chemin de vie soit très similaire à celui d’un autre bipède évoluant sur place.

Je m’étais senti visé et même désigné dans leur conversation, mais c’était plus vraisemblablement cette autre personne, qui devait faire l’objet des leurs ragots indiscrets !

En tout cas, suite à cet épisode, j’avais définitivement intégré l’idée que ma géolocalisation pouvait être tracée en permanence et n’avais jamais hésité ensuite, à aller jusqu’à saboter les grandes lignes du script que les deux compères m’avaient (in)volontairement soufflé. Mais ça, c’était surtout parce qu’ils n’avaient pas été tendres avec moi au restaurant avec leurs présomptions et leurs commentaires désobligeants. Et puis, c’était aussi dans l’idée de ne laisser à personne, le contrôle des manettes qui dirigent ma destinée !

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Ces événements sont réels et datent d’il y a déjà quelques années. Et des épisodes de ce type là, j’en ai une longue liste en stock… Mais je ne les évoquerai pas tous ici. Je les conserve au frais dans la partie immergée de mon iceberg.

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Ce n’est que plus tard, en revisitant, en recoupant et en étudiant les scènes d’épisodes similaires de mon vécu, que j’ai enfin compris qu’il n’était pas du tout indiqué pour moi d’écouter des conversations qui ne se déroulent pas simultanément aussi dans mon champ visuel. Que ce type de situations pouvait m’ouvrir une porte vers une dimension d’ordre paranoïaque chargée d’hallucinations auditives. Et c’est en être conscient qui pourra permettre d’y échapper à l’avenir. Je sais aujourd’hui que je dois rester sur mes gardes avec tout ce qui est du domaine sonore. D’ailleurs c’est la radio qui peut me servir d’instrument de mesure pour me situer pour savoir dans quelle dimension je me trouve…

Je ne sais pas si ce genre de troubles est répandu. J’avais appris l’existence d’autres particularités cognitives étonnantes, mais encore jamais de celle-ci.

Liens vers des articles portant sur des sujets analogues :

L’oignon qui pleure

Ah l’oignon ! On pourrait penser qu’il est particulièrement prédestiné à fondre en larmes ! Surtout qu’il est destiné à être coupé en rondelles ou haché menu sans pitié. Pauvre légume !

C’est une question d’interprétation. Une vision toute personnelle des choses.

Il y a un bonne vingtaine d’années, on m’avait annoncé que je faisais du délire interprétatif. Je l’avais remarqué, mais ne savais pas ce que c’était. Surtout que c’était réglé sur la puissance maximale avec overdrive. Alors ça m’avait conduit à aller consulter pour voir si c’était réparable…

Je n’ai naturellement ensuite pas eu d’autre choix que d’apprendre à maîtriser ou à contourner ce problème. A éviter les raccourcis, à faire du tri sélectif et à remettre en question la moindre de mes interprétations. Et mes observations m’ont permis de constater que les erreurs d’interprétation et les spéculations étaient monnaie courante chez les autres aussi. Et parfois c’est amusant, parfois c’est embarrassant… Et s’il vous prenait la mauvaise idée de vouloir jouer avec mes difficultés d’interprétation, il se peut que je réagisse assez mal à votre encontre… Attention réflexe défensif inside, selon seuil de tolérance du jour !

Pour ma part, je pars du principe qu’avec le soutien actif de mon imagination, j’en fait simplement plus que la moyenne et que je dispose assez souvent d’un gros bouquet d’interprétations allant d’une version potentiellement évidente jusqu’à son exact contraire. Je retiens la plus plausible tout en laissant planer un doute sur mon choix. Parfois ça se bouscule un peu lors de l’épreuve de sélection. Parfois le résultat s’inverse complétement, mais plus tard. Pour une éventuelle décision d’un retour à la version d’origine… J’appelle ça “des inversions”. Et tout cela dépend encore de la position momentanée du curseur.

Aujourd’hui, je peux aussi les apprécier mes troubles de l’interprétation. Parce que je les trouve drôles, absurdes, inattendus, inspirants etc… Et je peux comprendre que parfois pour les autres, ça doit être chiant, embarrassant, agaçant, consternant etc…

Pour en revenir à mon oignon qui sanglote, sachez qu’il n’est pas triste : Il pleure de joie !

Hier, je suis allé faire quelques courses de l’autre côté de la frontière et en revenant, la douanière m’a demandé si j’avais quelque chose à déclarer. Je lui ai affirmé que non. Alors elle m’a demandé ce que j’avais acheté… En tentant péniblement d’énumérer mes achats, c’est à l’oignon que j’ai pensé en premier : Une rareté j’imagine, de déclarer un oignon jaune tout ce qu’il y a de plus légal à l’importation. Ça a tellement touché mon bulbe adopté que je le place en tête de liste, qu’il en a pleuré à chaudes larmes…

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Le prix du danger

Hier, j’ai fait une lourde chute en pleine rue. Une dangereuse et spectaculaire gamelle, insuffisamment comique pour déclencher l’hilarité du seul spectateur attentif. Ça s’est passé tellement vite, que personne n’a trouvé le réflexe de filmer la scène avec son smartphone : Tant pis pour mon bêtisier et pour le nombre de vues qu’elle aurait totalisé sur ma chaine.

Oh, rien de grave : une toute petite défaillance de l’adhérence de mes ventouses sur surface glissante, combinée à une subite altération spatio-temporelle de la pesanteur, associés à une instabilité saisonnière de la tectonique des plaques. De mémoire, il me semble que je me déplaçais normalement par léger vent contraire, tirant pleinement profit d’un taux de confiance de 87%.

Il y a des jours comme ça, où simplement vivre, c’est déjà casse-gueule : Heureusement qu’avec les années, on en prend conscience et qu’on apprend à limiter les risques !

C’est pourquoi je m’étais équipé de mon parachute dorsal. Évidemment, je me trouvais déjà trop près du sol au moment du décrochage fatal, pour qu’il puisse se déployer et amortir efficacement les dernières centaines de millimètres de mon vol plané ! Mais ça reste un équipement rassurant surtout que j’y avais stocké un six-pack de bières. Car deux précautions valent mieux qu’une.

Comme ça fait déjà un bout de temps que je suis prisonnier de cette dimension instable, j’estimais y avoir considérablement perdu en élasticité et dilapidé en capital agilité, mais en réalité, pas du tout : C’est propre en ordre que je me suis réceptionné sur le plancher des entrecôtes, avec la souplesse d’un jeune félin qui s’écraserait sur une descente de lit en alpaca synthétique.

Bilan : Pas la moindre ecchymose. Pas même une douleur résiduelle due à la violence de l’impact. Dans le crash, je dois tout de même déplorer la perte d’une bouteille de carburant sur six. Quoique qu’on en dise, quoi qu’on fasse et même si on est en droit d’estimer qu’on est bien tombé, il y a toujours un prix à payer !

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Faites progresser l’enquête en identifiant le coupable parmi cette brochette de suspects !

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L’opération “Mozerboard”

-Docteur, vous avez vu ? On a un problème !! Voyez, ici et là...

-En effet, j’ai vu ça ! Même si en 30 ans de bloc opératoire, je n’avais encore jamais vu ça ! Passez-moi le micro-tournevis cruciforme

-Voici votre outil. On n’a pas trouvé de donneur à 100% compatible ? Sommes-nous encore en présence de l’un de ces cas d’obsolescence programmée ?

-Je ne pense pas. Ce patient-là avait un Pentium Core I7 à quadruple cœurs de 7ème génération du millésime 2017. Et ce modèle de circuit est introuvable sur le marché, même dans les brocantes d’organes. Mais il fallait tenter l’impossible, alors on s’est rabattu sur un Core I3, très proche d’un point de vue mécanique. Il fallait tenter de sauver ce qui avait une chance de l’être. Passez-moi la pince à long bec à 45 degrés

-Tenez là voilà. Est-ce que je peux couper le circuit d’alimentation auxiliaire ?

-Oui, coupez tout, avant que le module de rechange implanté ne se mette à surchauffer. On va au plus vite devoir chercher un autre donneur compatible, qui nous fournirait un ventilateur adapté. Passez-moi le tube de pâte thermoconductrice

-Et voilà. Et maintenant, qu’allons-nous faire du patient ? Est-ce qu’on informe ses proches que nous avons été confrontés à des complications ou alors est ce qu’on les prévient qu’ils doivent commencer à envisager d’acheter du neuf ?

-On va maintenir le client en coma artificiel jusqu’à ce qu’éventuellement, on puisse trouver la pièce conforme. Et on informe les proches qu’on va tenter l’impossible et qu’ils ne doivent pas perdre tout espoir. Passez-moi une petite boite, pour les vis…

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J’ai un fort penchant pour la réparation. C’est une manie chez moi qui peut friser l’acharnement thérapeutique. Techniquement tout est toujours d’abord potentiellement réparable, comme “dans le bon vieux temps”. Et je peux faire preuve d’une obstination déraisonnable à vouloir dépanner des objets qui dysfonctionnent. Je pense que les batailles d’ordre technique, libèrent chez moi un niveau de dopamine comparable à celui qui anime ceux qui ont une forte addiction au jeu. Et je ressens une certaine jubilation, lorsque je suis parvenu à prolonger la durée de vie “de mon patient”. Et ce, que ce soit avec ou sans avoir eu à recours à de l’aide extérieure.

J’ai baptisé cette habitude pathologique le syndrome de MacGyver. C’est inspiré de la série originale du même nom. C’était un type futé et ingénieux qui bricolait de petits miracles avec les moyens du bord, comme par exemple un cure-dents, deux boulons et un élastique de pot de confiture..

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Ma décoration de Noël de crise

Alors cette année, j’ai décidé de fêter Noël sans faire trop de fioritures : Un tout petit sapin, dans le genre celui que personne d’autre ne voudrait, quatre bougies de l’année passée et une boîte de boules. Et c’est tout ! Et ma foi, pour une fois (et aussi parce que c’est la crise) tant pis pour les guirlandes…

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Panique à bord

Je me sentais en forme pour un lundi matin d’été. Je m’en allais travailler à la mine, au volant de ma berline. Mon trajet sur la route de campagne comprenait la traversée d’une dizaine de petites agglomérations.

A cette heure là, il n’y avait vraiment pas foule sur les trottoirs et sur la route. Difficile dans ces conditions de ne pas remarquer un gendarme immobile, ses mains accrochées à sa ceinture, jetant un regard circulaire sur mon passage …

Un coup d’œil prioritaire sur le compteur de vitesse et un autre sur le commutateur des phares : Ouf ! Rien de répréhensible à signaler !  

Je m’éloigne, laissant tout de même trainer un œil intrigué dans le rétroviseur…

Et ce fût rebelote en arrivant au centre du village suivant : Un autre planton en uniforme avait l’air d’avoir pris pour mission d’inspecter mon passage avec circonspection…

Alors un c’était très inhabituel, mais alors deux ? Que se passe t’il ?

Et de poursuivre ma route… Mes papiers sont-ils en règle ? Mes contraventions acquittées ? Mon triangle de panne est-il réglementaire ? Mon gilet à bandes réfléchissantes est-il à ma taille ? Un problème d’ampoule de feu arrière, peut-être ?

Dans le village suivant, encore un regard appuyé surmonté d’un képi réglementaire qui me dévisage dans mon habitacle !!!

Et voilà que je commence à stresser derrière mon pare-brise. Mais que se passe-t-il ? Peut-être qu’un dangereux psychopathe en cavale a été signalé dans les parages ? Un quadrillage du territoire en vue d’une chasse à l’homme ? Mais si ça se trouve, c’est moi qu’ils traquent tous ?

Et dans chaque commune que je traversais, il y en avait un autre exemplaire tout aussi vigilant et affichant une expression faciale non moins soupçonneuse !

Passablement perturbé par l’envergure de cette curieuse opération policière, heureusement qu’à mon arrivée à la mine, il n’y avait pas de déploiement surprise d’agents de sécurité à l’entrée ! Sans quoi j’aurai pu disjoncter, pensant réellement m’être rendu coupable d’un quelconque délit…

Quelques jours plus tard, c’est en allant chercher mes enfants chez leur mère, que je lui ai raconté cette mystérieuse expérience qui avait déclenché chez moi un certain stress paranoïaque. A cette période de ma vie, je me faisais régulièrement aspirer dans ce genre de spirale psychotique. C’est elle qui m’a dévoilé le pot aux roses : Ce lundi là était tout simplement le jour de la rentrée scolaire après les grandes vacances d’été. Et la police était présente à cette occasion aux alentours des écoles, pour veiller à ce que les automobilistes redoublent de prudence et modèrent leur vitesse de croisière !

Et voilà une affaire qui celle-ci, n’est pas allé s’éterniser dans les dossiers non-classés.

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Coin-coin, mais pas cui-cui

C’était pendant un cours de dessin sur le vif, dans un joli petit parc animalier, que j’avais par hasard assisté à la danse des canards en chaleur. Posté devant leur enclos, j’essayais d’en dessiner un sur mon bloc note. Et je dois dire que le bal dont j’avais été le témoin pour la première et unique fois de ma vie était inattendu et perturbant. Visiblement, ça se faisait sans aucune forme de consentement, de désir de monogamie et d’élans de tendresse ! Et c’était clairement une situation propice à y laisser des plumes ! Alors plutôt que de rester planté là mal à l’aise, et de continuer à crayonner des palmipèdes surexcités nourrissant d’autres projets que celui de poser en modèle pour moi, j’avais respecté la prévalence des lois de la nature et m’étais éloigné…

( Vérification faite sur la toile, en effet, les accouplements de canards peuvent être particulièrement brutaux )

C’était à ce moment-là que j’avais perçu les mélodieux sifflotis d’un oiseau perché quelque part dans les arbres au feuillage touffu. Ben oui, tout était quand même aussi permis pour accroitre un potentiel de séduction à l’arrivée de la saison des amours ! La grande surprise, c’était qu’il sifflotait fidèlement les six premières notes du générique de la série télé X-files ! Et ce romantique chanteur invisible de me confirmer cette séquence à plusieurs reprises avant de garder le silence.

Avec la prof de dessin, la seule de notre groupe à l’avoir entendu elle aussi, on s’était regardés très intrigués, tendant tous les deux une oreille curieuse : Espérant capter une éventuelle reprise du célèbre refrain… Mais malheureusement, plus rien !

Nous n’avons jamais su s’il s’agissait là d’une grosse farce du style caméra cachée ou si ce n’était pas le cas, alors le mystère était de savoir lequel de ces compositeurs et interprètes avait bien pu plagier l’autre.

Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai pensé que la vérité était peut-être ailleurs : Ça pouvait être le chant d’un oiseau exotique captif dans une volière de ce parc, une cage qui m’aurait peut-être échappé. L’impression perçue était pourtant clairement que ce son venait d’en-haut et qu’il était d’une qualité sonore naturelle et enveloppante. L’hypothèse qu’il s’agisse d’une sonnerie de téléphone portable me paraissait donc à écarter…

A ce jour, cette affaire non résolue se trouve encore parmi mes dossiers non classés.

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Un colvert ébahi. Un dessin improvisé qui m’a conduit à me rappeler les événements relatés ci-dessus. Je préfère continuer d’imaginer que les canards peuvent avoir des coups de foudre !

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Mon système immunitaire est à jour

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Ça y est, mon système immunitaire a bien reçu son deuxième gant.

Approche un peu pour voir, virus …

Ha ! Je devrais me reconvertir en testeur d’effets secondaires bizarres et rares pour les Big Pharma. J’ai un peu d’expérience là-dedans :

J’ai eu une légère fièvre le lendemain des deux injections anticovid. D’autres personnes m’ont dit en avoir eu qu’une seule. Pas étonnant vu qu’il ne s’agit pas d’un placebo et que le corps doit y réagir pour se prémunir. Et l’effet un peu désagréable disparait vite le jour suivant. Mais après la deuxième, je me suis réveillé en pleine nuit avec tous les orteils froids à l’intérieur mais chaud-bouillants au toucher comme tout le reste de la bête à l’extérieur. Une drôle de sensation ! J’ai essayé la gymnastique intensive des graillons (toutouilloutoumdr-) et même prévu d’aller me prendre un bon bain de pieds bien chaud si nécessaire. Environ une heure plus tard, c’était terminé. Et ils sont toujours là, tous les dix !

Je n’ai jamais eu la moindre crampe de toute ma vie ! Mais je sais ce que c’est parce que j’en ai vu certains se tordre de douleur à l’apparition d’une crampe. J’avais même “sauvé” un nageur de la noyade mortelle dans une piscine en Allemagne. Il m’avait fichu une monstre trouille cette andouille : il avait l’air de vouloir m’agresser en gesticulant et en beuglant “Mein Krampf” . Et ça sonnait quand même un peu inquiétant comme appel au secours, je dois dire. Il voulait seulement que je le soutienne pour l’accompagner au bord du bassin. Il avait des orteils d’un pied qui s’étaient un peu emberlificotés. C’était visiblement râpé pour les tongs.

Et la seule fois ou j’ai cru en subir une de crampe , c’était dans la langue ! Moi je ne fais que dans le bizarre ou alors je ne fais pas. C’était très désagréable et douloureux, elle était hors de contrôle et se tordait toutes les trois secondes pour se mettre à la verticale. Ce qui de toute évidence ne sert absolument à rien. Je ne pouvais plus parler normalement. J’ai d’abord cru à un sérieux problème neurologique et on m’a conduit aux urgences. L’urgentiste a mené son enquête pendant que j’essayais de communiquer avec lui en gémissant. Il s’agissait d’un épisode parkinsonien dû à une modification récente de ma médication. On m’avait supprimé l’un des médoc de mon petit cocktail. Celui qui annulait les effets secondaires possibles d’un autre, pour seulement 3 % des cas. Et moi évidement je comptais parmi ces 3% de vainqueurs. Mais qu’est ce que ça fait du bien, quand ça s’arrête ! Et le même soir j’ai quand même pu me rendre comme prévu avec un ami au festival de rock et même me livrer sans entraves au headbanging et à l’air guitar

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Mon rideau d’acier (super-pouvoir)

Hier, je me suis couché juste après avoir survolé un article sur la disparition imminente du Gulf Stream. C’est un courant océanique qui contribue de manière très importante à la régulation du climat. Ce qui a réactivé une séquence incrustée dans ma mémoire : Celle de l’un de mes profs à l’école, qui nous avait brillamment expliqué ce phénomène assisté de sa carte du monde géante. Il insistait déjà sur son extrême importance pour l’équilibre climatique planétaire. Cet instituteur avait à ce moment particulier également trouvé une faille dans le système : Comment me faire passer de maître-chahuteur à élève-modèle parfaitement calme et studieux. Ce cours et ce courant sont naturellement tous deux restés gravés à vie dans un recoin de ma tête.

Le Gulf Stream, c’est aussi la voie rapide maritime dans laquelle circulent à toute berzingue sans bouder leur plaisir, les tortues baba cool du film d’animation le monde de Nemo. L’histoire de ce poisson-clown qui va aller jusqu’à s’aventurer au milieu des algues en plastique d’un aquarium de salle d’attente de dentiste ! Bien loin de son anémone protectrice natale.

Comme ce n’était de loin pas la seule news plombante de cette fournée tardive, il y a mon rideau d’acier qui s’est brusquement abaissé : Comme pour dire : ça y est, on ferme la boutique ! Le capital-cata de ce jour est maintenant épuisé : Va plutôt te planquer sous les plumes ! Et si ça se trouve demain ce sera dimanche et au réveil, “on” te révélera enfin que ce monde en panade n’était en réalité rien d’autre qu’une grosse farce expérimentale.

J’avais découvert que je pouvais disposer d’un rideau d’acier à l’occasion d’une visite chez mon psychiatre. Il pratiquait sa science suivant un principe d’échange thérapeutique. J’étais installé dans le fauteuil du (plus) patient dans le but de recalibrer un peu ma boussole pour ne plus perdre le nord. A un moment, il m’a confié ce qui le rongeait et qui était en train d’arriver à l’un de ses proches. C’était un récit totalement inédit pour moi, absolument glaçant, et une situation qui, je pouvais le confirmer, ne pouvait que ronger ! S’est alors déclenchée en moi une puissante réaction chimique. Un fluide bien frais me remplissant lentement de haut en bas. C’était comme mon machin-trucstream interne à moi. Une espèce de phénomène de régulation, d‘isolation émotionnelle, à la suite duquel, j’étais soudain comme paré pour entendre et supporter n’importe quelle torture psychologique. Et tout ça sans même avoir à enfiler un costume flashy ni prononcer de mot magique !

C’était chez un autre docteur mais en biologie cette fois, que j’avais remarqué, affichée au mur une carte très impressionnante au format poster qui ressemblait (pour moi) un peu à celle des transports publics d’une mégapole. Mais avec nettement plus de lignes de bus. C’était en gros le schéma ou la carte de tous les flux chimiques et autres biomolécules qui naviguent dans le corps humain. Ça c’était le nom que j’avais donné à ce document que je ne saurai jamais lire, ni interpréter et ce n’est pas grave. Mon système de rideau d’acier apparaît sûrement quelque part sur ce plan. Et pour le moment, le souvenir même très vague de cette vue d’ensemble me convient toujours et au pire si ça coince et que je devais avoir besoin d’une précision d’expert, je n’aurai qu’à aller demander au docteur bio.

Bon voilà. Et maintenant alors on est bien d’accord ? On est dimanche et tout ceci n’était bel et bien qu’une grosse farce expérimentale ? N’est-ce-pas ? Allez ?

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Quatre Objets Volants Clairement Identifiés

En ce moment, ça parle à nouveau beaucoup d’Objets Volants Non Identifiés. Et moi ça me va, car c’est un sujet que j’apprécie depuis longtemps.

Alors voici mes deux témoignages portant sur des faits qui datent de plusieurs décennies :

Une nuit, alors que je circulais en voiture en rase campagne, j’ai vu, de mes yeux vu, trois soucoupes volantes sur ma droite qui dansaient d’une manière étrange au-dessus des montagnes. C’était des lumières très blanches qui tournoyaient et qui tour à tour changeaient brusquement d’altitude. Je me suis immédiatement arrêté au bord de la route et ai quitté mon véhicule afin de pouvoir évaluer sereinement la situation. Évidement je ne vous le cache pas, en nourrissant aussi l’espoir que ces visiteurs venus de l’espace étaient en phase d’approche et n’attendaient plus que mon signal de ralliement pour venir m’enlever et me sauver des griffes de ce monde de brutes.

Malheureusement mon espoir d’un exil salvateur a vite été balayé. Il s’agissait au sol de puissants projecteurs articulés pointés vers le ciel, dont les faisceaux n’étaient pas visible et dont seuls se reflétaient les points de contact des rayons sous les nuages invisibles de la nuit noire. L’origine de ces objets lumineux étaient probablement des festivités qui avait lieu dans une localité située derrière la chaîne de montagnes. Bref, pas vraiment de quoi alerter les Bogdanov brothers, la Nasa ou le Gepan.

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La deuxième fois, ça m’est arrivé en plein jour ! L’objet volant qui n’émettait aucun son m’a pris complétement par surprise. C’était une grosse soucoupe de couleur blanche, brillante, en rotation sur elle-même et elle fonçait droit sur moi à grande vitesse à hauteur d’yeux avec un angle d’inclinaison d’environ 30 degrés. Le pilote de l’objet volant n’avait sans doute pas vu la vitre qu’il y avait sur sa trajectoire et n’a pas pu éviter le crash. Tout a volé en éclats dans un fracas épouvantable. Je crois que j’ai eu la vie sauve grâce à cet écran protecteur qui séparait l’espace cuisine-salle-à-manger du hall d’entrée de notre appartement. Le pilote malchanceux, n’était autre que ma compagne, visiblement fâchée à l’encontre de sa cible, suite à un profond désaccord au sujet de notre petite chienne âgée d’à peine un an (un cocker roux). J’étais pour ma part opposé à son projet viscéral et précipité de lui faire avoir une portée aussi jeune. Pourtant en rentrant du boulot pour le repas de midi, je n’ai pu que constater qu’elle avait quand même organisé chez nous la présence surprise d’un jeune mâle de taille similaire pour procéder à la petite affaire. Je ne vais pas décrire ici la séquence galipette à laquelle j’ai eu droit en dégustant mon plat, ni dépeindre la scène finale quelque peu embarrassante, mais je pense que j’ai dû lâcher un gros commentaire moqueur à l’intention de l’organisatrice de ces ébats canins au moment où que je quittais la pièce. Et cette créature d’origine humaine contrariée n’a rien trouvé de plus terrestre que de riposter par un tir d’assiette spatiale d’une précision diabolique. Et tout ça pour rien du tout, à part traumatiser ces pauvres animaux domestiques qui venaient juste de vivre l’expérience de leur toute première fois et terroriser un terrien rescapé ! Parce qu’il n’y a pas eu de naissance(s) à la suite de ce rendez-vous galant fort mouvementé. Mais au moment du bilan négatif de l’exercice, j’ai cette fois choisi de m’abstenir de ramener ma fraise pour éviter de me prendre une soupière brûlante sur le coin du casque.

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Remuant le passé

Chose étonnante hier, c’est en remuant le passé entassé dans un carton d’archives, que j’ai retrouvé mon carnet de vaccination. S’agissant d’un thème brûlant en ce moment et puisqu’on me l’avait demandé le jour de ma première injection anti-covid-19, cette trouvaille inattendue a été l’occasion d’une petite réflexion…

Je constate que ce carnet est quand même assez bien rempli en fin de compte. A part celles qui me paraissent évidentes, je ne sais même pas exactement contre quelles maladies j’ai été protégé. Mais dans mes souvenirs, mon préféré était celui contre la poliomyélite, parce qu’il suffisait d’avaler le contenu d’un petit gobelet de liquide sans avoir à me soumettre au supplice de l’aiguille. Je me rappelle aussi qu’en ces temps-là, à mes yeux en tout cas, les bénéfices de la vaccination ne prêtaient pas tellement à discussions et qu’on s’y pliait avant tout pour le bien collectif.

Ceci me laisse l’impression que dans le passé, la population était particulièrement disciplinée et consciencieuse et que de nos jours, on dirait que tout ça, c’est un peu devenu le foutoir.

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Dans le même carton d’archives, il y avait également mes carnets de notes scolaires. En y jetant un coup d’œil curieux, j’y ai décodé des annotations manuscrites de mes profs que je n’avais encore jamais lues jusqu’ici.

Et là, c’est une autre impression qui m’a sauté à la figure :  Apparemment à l’école, c’était moi qui étais très indiscipliné et loin d’être consciencieux. C’était moi qui mettais le foutoir dans la classe. Alors qu’il me semblait comme ça en toute innocence que je n’avais été qu’un gamin lambda sans problèmes ou presque… En réalité, j’étais passé à deux doigts d’une prescription de Ritaline ou équivalent…

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Et sur le thème brûlant de la vaccination en ce qui me concerne, je préférerais ne pas voir apparaître un mutant encore plus dévastateur de ce virus. Une erreur de copie nettement plus virulente que l’original qui décimerait la moitié de la population mondiale en quelques semaines… Mais il est fort possible aussi, que je regarde bien trop de films d’épouvante et que ça biaise tout ou partie de mes capacités de jugement.

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Le variant classique
Le variant rock
Le variant punk
Le variant anglais

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Sur la route avec ma maison

Je viens de lire un article sur les “vanlifers” actuels, source d’inspiration pour ce petit dessin. Avec la pandémie du covid-19, il y a eu une explosion du nombre de ces voyageurs bohèmes et pour différentes raisons liées à cette crise, il y aurait eu un grand nombre de déceptions aussi.

On peut dire que j’ai fait partie des “vanlifer” de la “première heure”.

Il y a des années, je vivais dans ma vieille camionnette sommairement aménagée et n’avais pas de pied-à-terre en briques. J’étais capable d’arriver en retard à mon travail même quand je dormais dans le grand parking qui jouxtait l’entreprise de mon employeur ! Évidement en dehors des emplacements de campings, je n’avais aucun chauffage, ce qui ne me poussait pas à sortir des plumes d’oies sauvages, au petit matin des saisons fraîches.

Si on m’avait laissé poursuivre cette aventure sans me raisonner jusqu’au cœur de l’ hiver, je crains que serais mort mort jeune et congelé dans ma boîte-de-conserve sur roues. Mais que de merveilleux souvenirs !

Ce que je leur envie le plus, c’est l’existence d’internet. Elle leur permet le télétravail et leur offre des opportunités de gagner leur vie tout en voyageant.

Même si je m’en suis passé durant de nombreuses années, je possède à nouveau une SunGonette prête à partir en road trip. Mais cette période de semi-confinement m’a un peu refroidi. Plus de destinations touristiques, de manifestations locales, de concerts et de festival de rock en plein air… Et en même temps en tant que vétéran du genre, j’ai donné plus de place à ma conscience écologique et réalisé que le “monde” autour, avait beaucoup changé. Il y a beaucoup plus d’interdictions un peu partout, comme c’est souvent le cas lorsqu’il y a surnombre. La priorité des communes est de ne pas se laisser envahir, de rentabiliser leurs espaces publics et avant-tout de favoriser le chiffre d’affaires des hébergements et des commerces locaux. Et c’est sans compter les mesures dissuasives mises en place suite à des comportements inapropriés, comme le litering, les déversements sauvages, etc…

Alors jusqu’à nouvel ordre, je vais dormir sur mes deux oreilles en sédentaire dans ma caverne…

De toute façon, je ne me vois pas tout à coup me métamorphoser en youtubeur en filmant les étapes de mes périples ou de me mettre à partager mes brossages de dents sur les aires d’autoroute…

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