Category Archives: Dézinguages

Ras la casquette !

Ce mois-ci, les ingénieurs et les designers des laboratoires SunOf se sont penchés sur l’un des problèmes frappant de ce siècle : Celui des casquettes à slogan frontal brodé.

C’est dans le but d’éviter dans le futur à certains porteurs de casquettes à slogan d’en arriver à perdre de vue la teneur du mot d’ordre porté par la devise brodée sur la façade [ A ] de leur couvre-chef, parce que visuellement masquée au regard de l’intéressé par l’obstacle de sa visière [ B ] , qu’ils se sont livrés à un exercice de brainstorming afin de définir quelques pistes à explorer.

Dans un premier temps, il a été convenu par les cerveaux de cette task force d’imprimer un second slogan identique au premier au-dessous la visière [ B ] pour en faire l’écho à l’attention du porteur. Il est prévu d’en mesurer rapidement les effets bénéfiques sur un échantillon représentatif de la population.

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Pour l’instant, on vous épargnera un topo sur les autres idées envisagées, comme celle de casquettes avec dispositif à rétroviseur intégré etc..

Le brouillon du smombie du mois

C’est en retirant de la vitre de mon scanner le brouillon du selfie du smombie du mois de novembre 2020 pour scanner celui d’une autre caricature grossière qui est encore en cours de gestation, que j’ai pensé que je serais éventuellement bien inspiré de la publier telle quelle, juste comme ça, pour tuer encore un peu de votre temps. C’est que le monde entier retient toujours son souffle dans la crainte d’une invasion de smombies qui pourrait être déclenchée d’un jour à l’autre…

Si je me permets de faire encore un peu de prévention, c’est parce que j’en ai encore repéré un spécimen bien mal en point aujourd’hui même. Il/elle a traversé toute la rue à fort trafic “au bruit” en empruntant bien le passage pour piétons, en passant bien par l’îlot central, mais d’une seule traite, sans jamais lever les yeux de son petit écran pour voir où il/elle mettait vraiment les pieds. Un peu comme si la peinture jaune au sol délimitait une zone sécurisée garantie sans risques.

J’espère que par cette bonne action, je puisse un jour à mon tour, comme par magie, être épargné d’une possible collision frontale avec l’un de ceux/celles qui pianotent encore au volant…

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Mr. LowBattery

Une photo finish, datant de juillet 2020

J’ai récemment apprécié deux excellentes séries télé dont les titres commencent par « Mister »  (ou Mr.) Et ça m’a rappelé un gars que j’ai connu et que j’avais à l’époque surnommé Mr. LowBattery. (Monsieur Batterie faible)

Pour moi, il est resté la meilleure incarnation connue de l’anté-Flash-Gordon. L’opposé exact de notre Guy L’éclair. Chaque jour, il me faisait penser qu’il avait encore oublié ou égaré son chargeur et qu’il ne lui restait plus d’autre alternative que de “manadger” aussi parcimonieusement que possible, son solde d’autonomie énergétique.

Ça m’amusait de m’imaginer que s’il m’était donné de jeter un coup d’œil sur son tableau de bord, le témoin d’alerte batterie y serait allumé en permanence, mais invisible, car masqué par un morceau d’autocollant noir judicieusement placé sur la lumière gênante. J’y constaterais aussi l’économie d’un compte-tours parce que totalement inutile dans son cas : Cet individu n’étant à ma connaissance pas de sitôt en passe de tutoyer une quelconque zone rouge…

Et puis son compteur de vitesse ne serait pas étalonné en kilomètres/heure mais en kilomètres/siècle ! Parce qu’il me paraissait aussi être le parfait recordman de la lenteur sur cent mètres sans haie et apparemment pas vraiment naturellement prédisposé non plus, pour un jour se métamorphoser en un athlète taillé pour le marathon.

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Experts reconnus au fil du temps (mise à jour)


Il était grand temps de faire une petite mise à jour de ce graphisme amusant que j’avais trouvé sur internet et qui n’allait à l’origine pas encore au-delà des années 2010. Car je crois qu’il est désormais assez clair pour à peu près tout le monde, qu’en 2020, Karen et Facebook se sont pris une giga-pâtée en matière d’expertises diverses et variées, que ce soit sur réseau social ou dans des conférences de presse.

Pour bien faire, il faudrait encore associer sur l’échelle des décennies, les courbes de quantité et de qualité des divers rapports d’analyses et conclusions présentées par ces différents experts. Ceci dans le but de réduire le nombre d’éventuelles interprétations qui iraient dans le sens qu’en fin de compte, les choses ne font que de se bonifier avec le temps.

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Un détaillant de première nécessité

Je ne sais pas si tout redeviendra fatalement exactement comme avant quand nous serons sortis de cette merde (la pandémie) ou si nous tenterons de réinventer une société en choisissant une voie qui nous écarterait de cette dictature (du pognon) , de son cortège de dérives et de déficiences.

Qui sait pour ma part, j’ouvrirai peut-être une boutique chic de vente au détail d’une gamme de produits de première nécessité qui connait un franc succès !

Et vous pourrez passer me voir à la boutique si vous êtes au bout du rouleau et je vous conseillerai des motifs, des textures, des coloris et des parfums rassurants …

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Les noces capitalistes

Lorsque Monsieur Capitaliste avait rencontré Madame Démocratie, ça avait été un coup de foudre réciproque !

Monsieur Capitaliste avait un caractère dominant. Il pouvait facilement se montrer assez égoïste, arrogant voire sauvage. Entre deux affaires un peu louches, il s’était mis en quête d’un mariage bien arrangé. Dans un premier temps, il avait rencontré Madame Anarchie. Mais plus encore que lui-même, elle ne voulait en faire qu’à sa tête. Puis il avait décroché un rencart avec Madame Monarchie. Mais elle ne rêvait que d’un beau prince au grand cœur qui pour ses beaux yeux, mettrait toutes ses grandes ambitions de côté. Il n’avait pas été séduit lors d’un speed dating en compagnie de Madame Bureaucratie : Monsieur Capitaliste avait pour credo de ne jamais avoir à y aller par quatre parchemins. Quand Madame Dictature, à l’occasion d’un bal masqué lui avait fait du charme, il ne s’était pas laissé corrompre. Même si dans un premier temps il avait hésité, car son offre lui avait paru plus qu’alléchante.

Malgré ses tentatives infructueuses, il n’abandonna pas son rêve de vivre le bonheur de fonder une ploutocratie florissante et prospère.

Quand Monsieur Capitaliste s’était épris de Madame Démocratie, elle se montrait bienveillante, compréhensive et équitable. Durant les premières décennies de leur union, il avait su se montrer très prévenant, respectueux et courtois avec elle. Madame Démocratie paraissait radieuse et l’harmonie qui se dégageait de ce couple, faisait la joie de tout le peuple.

Puis un jour, on a appris que leur relation n’était plus au beau fixe. Monsieur Capitaliste s’entêtait à vouloir tirer de plus en plus de profit personnel du caractère malléable et arrangeant de Madame Démocratie. De son côté, elle ne perdait pas l’espoir que son insatiable époux en revienne naturellement à des aspirations plus raisonnables. Plusieurs fois, elle lui avait tendu la main, espérant qu’il y dépose un baiser comme il le fît, lors de leur première rencontre. Mais au lieu de cela, le boulimique avait continué de lui manger le bras…

Des rumeurs prétendent que Monsieur Capitaliste aurait récemment été aperçu dans des soirées libertines en train de fricoter avec une certaine Madame Oligarchie !

Aux dernières nouvelles, Monsieur Capitaliste et Madame Démocratie ne font plus bon ménage. Ils ont tenté plusieurs thérapies de couple qui n’ont pas abouti à leur réconciliation. Quelque chose me dit qu’un de ces jours prochain, ils finiront par divorcer.

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L’homme-squale

Aujourd’hui je vous propose l’homme-squale. Je suggère de le baptiser l’humequin.

Il s’agit d’une manipulation génétique issue de l’idée de dessiner un beau profil de “Xter” ( un Gangster, un Bankster, un Politikster , un homme d’affgster etc… ) Un spécimen comme on en trouve déjà de nombreux sur notre planète et qui prolifère, mais qui en général fait encore le plus souvent mine d’afficher un visage presque humain dans le but d’endormir la méfiance de ses proies.

Sur le terrain, il se montre souvent nettement plus dangereux et vorace que les deux espèces dont il est l’assemblage. Il n’a pour le moment que très peu de prédateurs naturels, mais il finira lui aussi par se faire bouffer par tous ceux qu’il aura affamé.

Son interprétation de la phrase “aime ton prochain comme toi-même ” correspondrait volontiers à la suivante : ” aime le contenu du porte-feuille de ton prochain comme s’il était déjà plutôt à toi-même

Il fait partie de ceux qui dans ma classification personnelle, entrent clairement dans la catégorie des “droiteux“. L’exact opposé de celle des “gauchistes“.

C’est un gros poisson prétentieux qui évolue volontiers entre deux eaux de préférence troubles et qui parvient facilement à échapper aux coups de filets et qui ne souffre pas encore de la surpêche.

Et tant pis si ça doit faire grincer quelques dents

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Buzz vert clair

C’était déjà presque Noël en ce 20 décembre 2019 quand le président Donald D. à officialisé la création d’une nouvelle force spatiale qui aura pour mission de conduire des opérations militaires dans l’espace. Et plus récemment, cette branche spéciale-spaciale des forces armées US a fièrement présenté un cliché de son nouvel uniforme.

Mais ne s’agissant que d’une modeste tenue de camouflage forestière customisée de quelques broderies tape-à-l’œil, la consternation et la déception ont évidement déclenché une avalanche des plus croustillantes moqueries !

Comme j’imagine volontiers que ces indécrottables militaristes n’ont plus d’autre perspective stratégique de croissance que celle d’étendre leur zone d’influence et de contrôle à l’ensemble de la galaxie et au-delà, j’en arrive à penser qu’ils possèdent même déjà planqué dans un hangar top secret, un modèle de drone-fusée capable d’aller dégommer préventivement sur site du martien présumé hostile, à partir d’un conteneur rouillé situé dans la zone 51.

Et en matière de costume spacial pour faire le Buzz, “Star Command” nous avait pourtant habitués à plus spectaculaire. C’est d’ailleurs à mon avis assez souvent, qu’ils font mieux dans la fiction que dans la réalité.

Il faut aussi dire qu’en ce moment, ils font de la lèche comme c’est pas permis aux dirigeants et aux médias de mon pays. Dans l’espoir de nous amadouer et de nous vendre plus facilement une escadrille d’avions de chasse flambant neufs et hors de prix. Et je précise que notre espace aérien est nettement plus retreint que ce qu’il reste de notre budget militaire. Ce qui n’est évidement pas du tout pour ne pas m’horripiler !

Je n’ai évidement pas pu résister à apporter ma piquante contribution à cette risée générale.

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Et pour terminer ci-dessous, la version va-t’en-guerre terrestre de la fameuse casquette MAGA sensée insuffler aux foules autochtones étasuniennes, le désir du tournage d’un remake de grandeur. (J’avais bricolé ça à la va-vite, sur une idée américaine dénichée sur le web.)

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The yellow fries days

Et voilà qu’une fois de plus on nous annonce un black fries day !

L’idée de base étant qu’il existe un vendredi où tout consommateur lambda devrait vite se jeter porte-monnaie grand ouvert et sans véritable faim sur n’importe quelle barquette de pommes-frites trop cuites bradée pour liquider des stocks !

Je ne sais pas vous, mais moi je les préférerai toujours bien jaunes et si possible à l’envi ! Et ce détail d’importance ne comptera jamais pour beurre ni cacahouètes n’importe quel jour de la semaine ou de l’année !

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Obsolescence dans une indécence dépourvue de bon sens

Ouaaah la vache ! Il est super ronflant ce titre, n’est il pas ?

J’ai le bonheur et l’avantage de disposer de quelques solides compétences techniques et d’être relativement bien outillé. Cet inventaire me permet bien souvent encore de gagner quelques batailles dans ma déjà longue «guerre froide» “versus” l’obsolescence programmée.

Depuis l’âge où j’ai su tenir un tournevis en main, je me métamorphose volontiers en « employee of the month » à la motivation inflexible de l’Agence Labricole. Le succès aboutissant à mes interventions sur une panne ou la garantie de réussite de mes bricolages ne sont pas toujours au rendez-vous ! Mais je peux me défendre en définitive d’atteindre une moyenne assez honorable. Et si je me suis viandé, je me suis enrichi au passage d’une expérience supplémentaire qui ne manquera pas de me rendre un quelconque fier service un de ces jours.

En cas de dysfonctionnement d’un objet, j’apprécie d’avoir au moins tenté quelque chose avant de me résoudre à déléguer le problème aux bons soins de notre déchetterie.

Et je peux me montrer assez tenace ! Il arrive qu’un projet de réparation se transforme en galère parce que dans notre triste réalité très actuelle, l’intervention d’un réparateur officiel aurait coûté dix grimaces et un bras ! Alors je favorise en priorité de faire appel à une solution de type « do it yourself ». Et je finis toujours par oublier de m’envoyer une facture.

Je rouspète lorsque je tombe encore sur l’un de ces appareils jetables à la première alerte. Parfois une batterie scellée y est incluse !!! Aaargh ! Leurs fichus boîtiers impossibles à ouvrir, des unités conçues dès leur origine pour se contenter d’avoir une durée de vie équivalente à celle d’un moustique qui consommerait trop de Tabasco. (Pub)

Et puis les garanties ou les fameuses extensions de garantie proposées à vil prix, et qui ne garantissent aucunement une réparation. Mais évidement plutôt “une élimination rapide” suivie d’un remplacement ! C’est qu’il peut arriver qu’une obsolescence programmée se fasse surprendre, avant même que ce ne soit son heure ! De nos jours le client n’est plus roi que des imbéciles…

Je ne sais pas si nous devrons un jour en arriver à labelliser ces produits jetables à court et à programmables termes, avec des échelles colorées indiquant leur degré de réparabilité et d’obsolescence ainsi que leur niveau de « néfastitude » du point de vue écologique. Peut-être serait-ce là une idée pour inviter leurs fabricants à se montrer volontairement moins indécents et plus responsables. Quitte au passage à courageusement mécontenter l’un ou l’autre de leurs actionnaires majoritaires déjà pétés de satiétés.

Une chose me semble également aujourd’hui certaine : C’est que la fameuse rengaine dont on nous rabâche sans cesse, celle que le « marché s’autorégulerait » est obsolète elle aussi et qu’on ne va pas pouvoir s’évertuer à essayer d’en réparer les dégâts durant encore mille ans. Nous devrons au mieux au plus vite jeter ce concept usé et abusé au fond d’une poubelle bien étanche !

Bien sur, il nous faudra probablement encore supporter ici et là d’entendre certains de ces CEO d’usines de production, articuler leurs excuses dégoûtantes voire minables comme : Si c’est pas nous qui le faisons, d’autres le feront ! Non mais pouerk les gars !!!

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J’ai écrit cet article parce que je rencontre un problème récurrent avec mon smartphone qui fonctionne encore très bien. Son boîtier s’entrouvre régulièrement côté écran tactile, un peu à la manière d’une huitre perlière désireuse de profiter de la lumière. J’ai bientôt fait tout le tour à tenter de le sceller avec de la colle forte. Mais quelques jours plus tard, ça s’entrouvre ailleurs… Je crois bien que ça doit être à cause de la perle qui grossit à l’intérieur et qui a besoin de s’exprimer. Il s’agit d’un appareil de milieu de gamme de chez SunSung dont j’ai déjà pu prolonger l’espérance de vie de trois ans, deux mois et six jours… Et chaque minute compte …

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Le scientifique sceptique

Le scientifique sceptique est aujourd’hui une espèce en voie de disparition parmi tant d’autres.

Dans le passé, dans le but de lutter pour sa survie, le scientifique sceptique s’est parfois trouvé contraint d’accepter des mandats pour réaliser une contre-étude, lui prescrivant de se montrer le plus dubitatif possible, quant aux publications de résultats d’études scientifiques sérieuses trop alarmantes déjà menées par des confrères…

Pour ne citer qu’un seul exemple parmi tant d’autres, le monde entier n’oubliera pas les rapports d’experts sceptiques chargés d’affirmer, en écrasant sans tousser un mégot dans un cendrier, que la clope ne pouvait en aucun casnuire grave“…

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La connerie humaine n’a pas de frontières (connues)

Avez-vous déjà écouté le bon vieux sketch de Fernand Renaud qui parle du douanier qui n’aimait pas les étrangers ? Parce qu’il répétait sans cesse qu’ils venaient tous manger le pain des français ?

Alors écoutez et/ou regardez :

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Eh bien, vous n’allez peut-être pas le croire, mais à cette époque de mondialisation galopante et de tendance à l’ouverture des frontières, j’ai récemment à plusieurs reprises fait la rencontre, d’un sinistre gabelou qui aurait à mon avis aujourd’hui encore, tout à fait pu fertiliser l’inspiration de Monsieur Fernand !

Pour commencer, plantons un décor pour éclairer les lecteurs qui ne le connaitraient pas déjà :

A savoir que je n’attends pas d’un garde-frontière qu’il soit en possession d’un diplôme de la Sorbone confirmé par 10 années d’expérience en terrain instable ! Je n’avais d’ailleurs jusqu’ici, jamais eu à me plaindre d’un incident notable avec l’un ou l’autre d’entre eux. J’avoue toutefois nettement préférer en toutes circonstances, de tenter ma chance d’éviter d’avoir à être confronté à tout préposé biberonné au pur concentré d’andouille. Je me sens aussi l’heureux détenteur de l’information confirmée que le prestige de l’uniforme ne recouvre pas forcément les meilleurs critères de qualité humaine…

A savoir également que je réside actuellement en Suisse romande dans une zone frontalière avec la France. Un nombre conséquent de frontaliers traversent sans encombres la frontière pour venir travailler en Suisse et nombreux aussi, sont mes compatriotes qui vont faire des courses en France voisine. Chacun semble finalement un peu y trouver son compte. Et avant les événements que je décris ici, je m’y rendais moi aussi, au rythme moyen d’environ une visite par semaine.

La Suisse ne fait pas partie de l’Union Européenne, mais elle a conclu des accords bilatéraux avec l’UE et applique la libre circulation des personnes. Des différences de système fiscal et de taux de taxation entre ces deux espaces économiques font aussi qu’il existe certaines limitations strictes aux importations de marchandises vers la Suisse.

C’est pourquoi dans les postes de douane, depuis l’époque de la création de l’UE, le plus souvent des gardes-frontières suisses sont présents pour vous demander si vous avez quelque chose à déclarer à votre entrée sur le territoire. Souvent également, personne ne vous soumet côté français à un contrôle systématique lors de votre entrée en France.

Voilà en gros et en résumé, ce qui concernait le décor à planter !

Depuis quelques temps, j’avais soudain très régulièrement eu à faire à un douanier français exagérément suspicieux et désespéramment chiantissime. Lors d’une bonne moitié de mes tentatives d’entrée en France, lorsqu’il était de service (quand il ne l’était pas, je ne lui connaissais d’ailleurs pas de relève) ce dernier s’était mis bille en tête de me suspecter de manière étrangement insistante de venir déposer mes sacs d’ordures ménagères en France ! Et c’est ensuite devant les vitres à l’arrière de mon véhicule, qu’il se mettait curieusement à danser en quête d’une potentielle poubelle transfrontalière .

Tout au début de sa campagne pour moi d’un genre tout à fait inédit, je m’en étais même un peu amusé en me disant que leur niveau d’alerte Vigipoubelles avait récemment dû monter d’un cran ou deux. Et en indécrottable idéaliste, je me suis mis en tête, à maintes reprises et de plusieurs manières différentes de lui faire comprendre que je venais “tout simplement” pour ne rien faire d’autre que quelques courses et qu’en fin de compte, je m’apprêtais à importer des déchets en devenir, plutôt que d’y en exporter. Que dans mon pays de résidence, les bonnes déchetteries ne manquent pas et que les points de recyclage sont nombreux et très bien organisés ! Qu’en tant qu’être humain, j’étais animé d’une profonde conscience écologique et qu’avant que ses dégradantes suppositions à mon égard ne soient en mesure de tendre à m’exaspérer, il ne me m’était même jamais venu à l’idée de sauvagement abandonner mes poubelles dans sa région. Et que cette philosophie de vie n’allait pas changer de sitôt. Que si mon pays disposait d’une longue réputation mondiale de grande propreté, je ne pouvais pas croire une seconde que c’était en grande partie du au fait que la plupart de mes compatriotes se débarrassaient volontiers de leurs détritus dans des décharges sauvages situées hors frontières !

Pour moi, d’un point de vue purement “clichesque“, c’était un peu comme si d’un jour à l’autre mes compatriotes douaniers suspecteraient chaque frontalier français à leur passage en douane, d’être des brigands en puissance ! L’un de ceux capables de débarquer sur notre territoire dans le but de braquer à l’explosif ou au semi-remorque, l’un de nos nombreux distributeurs automatiques de billets de banque ou pour une sortie “by night” entre amis pour percer à jour l’un de nos jolis fourgons de transports de fonds insuffisamment blindés.

Que de mon point de vue c’était quand même un peu de sa part, comparable à mettre beaucoup trop d’asticots dans le même panier de crabes

Mais en monologuant inutilement dans un vide intersidéral dépourvu d’écho, je voyais bien qu’au fond du regard inexpressif du péager en question, beaucoup trop de petites lumières s’allumaient toutes en même temps !

D’une semaine à l’autre à chaque fois, cette sentinelle obtuse nous avait oubliés, moi et mes déclarations de bonnes intentions. Aucune évolution positive sensible n’était mesurable dans l’exercice de sa mission. Je me suis dit que devais certainement avoir à faire à un genre de comique de répétition.

Bien sûr, aujourd’hui presque partout en Suisse, une taxe de base est perçue à l’achat de nos sacs à ordures officiels et je ne prétends pas pouvoir exclure qu’il existe bel et bien des helvètes assez mal-embouchés pour se permettre d’aller détaxer leurs ordures ménagères en pays voisin et ami. Ceci juste pour lamentablement se soustraire à un principe équitable de pollueur-payeur et pour au passage aller indirectement désorienter du planton en mal d’indélicatesse.

Mais voilà, mon concept révolutionnaire et insistant de « juste pour faire quelques courses sans intention aucune d’exportation de déchets » ne semblait pas prendre racine ni même être tout à fait à sa portée ! Visiblement et c’était un comble, cet agent très spécial, n’avait pas été doté de la faculté de comprendre et d’imprimer ce que justement, j’avais à lui déclarer ! Le fait qu’en même temps son action dissuasive cumulée risquait à terme d’influencer défavorablement le chiffre d’affaires de certains de ses compatriotes du coin ne l’avait vraisemblablement pas encore effleuré. Bien sûr je me suis posé quelques questions de base à son sujet : Visiblement dans sa bonne cinquantaine, ça ne devait pas être un problème d’expérience professionnelle ni du à une simple lacune dans sa formation continue. Il y avait autre chose ! Un détail qui me faisait un peu penser à Monsieur Fernand !

Après quelques confrontations successives avec les suspicions infamantes de cet obscur garde-barrière, j’ai progressivement commencé à trouver son idée fixe me concernant, bien plus que juste saumâtre.

Je ne voyais pas pourquoi je devrais accepter à vie comme ça sans réagir d’être serial-suspecté d’être un vil contrebandier d’ordures ménagères ! Si à la rigueur pour panacher un peu, il aurait pu avoir l’éclair de fantaisie de m’accuser à tort de vouloir passer en douce une ou deux caisses d’armes de naguère ou de frauder deux ou trois sachets de “farine revigorante“, j’aurais pu trouver cela un tant soit peu professionnel voire flatteur ! Mais alors là à force, cet hurluberlu officiel n’avait réussi que de petit à petit me foutre en rogne !!!

J’en ai tiré la conclusion que si ce funeste douanier se permettait de s’octroyer une fois par semaine un droit de me suspecter d’être un « vil contrebandier d’ordures ménagères » je pouvais dès lors tout aussi bien me sentir en droit à mon tour et une fois pour toutes de le suspecter d’être « le douanier le plus con de l’hexagone !!! »

En d’autres temps, suite à ce genre de désagréments inutiles, j’aurais probablement réservé un séjour d’une semaine de thalassothérapie pour contrôler mes envies d’aller retendre une à une toutes les coutures de l’uniforme de ce fantoche empoisonneur et aurais en sus, pris un rendez-vous d’urgence pour une séance d’acuponcture locale pour me contraindre à boucler ma grande gueule le plus longtemps possible … Mais ça c’était avant !

Et c’est à ce moment là que j’ai décidé de passer plus sérieusement à l’action…

L’opération Helmut

Le plan d’action de l’opération « Helmut » était assez ambitieux ! Au départ il était conforme au dessin ci-dessus. Pour le mettre en œuvre, j’aurais dû me mettre en quête d’un sponsor et engager un chauffeur complice au bénéfice d’un permis poids lourds. Ensuite j’aurais dû corrompre un haut-fonctionnaire de la voirie afin de lui emprunter un «garbage truck» pour effectuer une course spéciale durant une heure ou deux. Ce type de véhicule se faisant de plus en plus rare sous nos latitudes, j’aurais probablement même du aller faire le tour des musées.

La phase de préparation de l’opération « Helmut » m’aurait fait perdre un temps précieux. De plus il aurait également fallu faire appel à un consultant juridique pour qu’elle se déroule dans un cadre strictement légal. Mais une terrible épidémie d’ulcères menaçait de se répandre comme un trainée de mauvaise poudre dans toute la région et il fallait faire vite en agissant avec les moyens du bord !

Infrastructure et équipement

Pour l’opération « Helmut » je disposais en tout temps de deux véhicules :

  • La SunMobile
  • La SunGonette

La SunMobile était une berline monovolume peu discrète de couleur bleue métallisée. C’était uniquement dans le but d’optimiser le volume de chargement à l’arrière que je l’ai délestée de ses banquettes. Chose pratique pour par exemple, transporter une pioche et une pelle. Ce sont des outils indispensables, en admettant qu’il devait un jour me venir à l’idée d’aller me débarrasser, ou pire enfouir, mon compost en contrée voisine. Elle offrait en outre, une vaste boîte à gants, idéale pour y ranger une cagoule, des mitaines antibactériennes ainsi qu’un imposant pulvérisateur de désodorisant.

La SunGonette était un fourgon multi-fonctions de couleur blanc clair. L’outil idéal du professionnel souhaitant en toute efficacité se confondre dans le trafic. Cet utilitaire aurait de préférence été mis à contribution dans les cas où il me serait curieusement venu à l’idée par exemple, d’exporter en zone tricolore, sans pour autant devoir renoncer à un minimum de confort, une kyrielle de barils de produits toxiques. En outre à l’arrière, je pourrais aussi en tout temps installer un SunPlumard. Des fois qu’une mouche devait soudain me piquer de l’idée saugrenue de vouloir court-circuiter un circuit ordinaire et bien ancré : En me refusant d’importer, pour ensuite réexporter les mêmes déchets en organisant des séjours “All Inclusive On Site ” et donc directement “full hors taxe au sac” à l’étranger.

Opération Helmut phase #1

De par sa profession, ce veilleur zélé d’un autre temps devait sans doute être porteur de la notion de montée en grade. Mon ambition dès lors était de me démarquer de la catégorie « présumé exportateur de détritus » d’entrée de gamme ! Pour gonfler mon degré de « louchitude » et décrocher mon admission dans la classe supérieure de soupçonnables, je me devais d’activer une partie inexploitée du cortex préfrontal du vigilant zigue. Il me fallait non plus tenter d’agir sur la mémoire à court terme du sujet, mais m’inscrire en délinquant du vide-ordures à haut potentiel dans sa mémoire à long terme. Il devait dès lors et à chacun de mes passages, même si visiblement il n’était pas physionomiste, instantanément pouvoir se souvenir de moi ! Ceci sans avoir à aller consulter le grand registre des trafiquants d’immondices dans sa guérite.

A cette période-là, je bricolais l’aménagement de la SunGonette. N’étant pas locataire d’un SunGarage, c’est la SunMobile qui me servait de dépôt pour des outils et du matériel.

Je n’ai de ce ne fait pas eu à faire appel à un décorateur de cinéma pour mettre en en scène un modeste mais crédible dépotoir à l’arrière de la SunMobile, avant de me lancer dans l’aventure d’un nouveau franchissement de la ligne de démarcation.

Le chargement de la phase #1

  • le gros carton vide du frigo-minibar tout neuf de la SunGonette *
  • le sac en papier contenant quelques chutes d’isolant en laine de pierre *
  • Un sac poubelle ouvert et rempli au ¼ de sa capacité contenant ce que j’avais balayé dans la SunGonette suite à une séance de bricolage *

A la dernière minute, j’ai dû renoncer à exporter un sachet en plastique transparent contenant des épluchures de carottes * dont la mise en évidence sur le siège passager aurait pu troubler l’esprit l’analyse du guetteur. Je me devais de limiter au strict minimum le nombre d’accessoires susceptibles de porter préjudice à mon innocence.

* A noter que seuls les déchets ménagers en sacs sont taxés, pour le reste il y a la déchetterie officielle.

Expérience sur le terrain #1

Les réactions du cornichon en faction n’ont pas déçu mes meilleurs pronostics. La vision du gros carton vide à l’arrière de la SunMobile lui a exorbité les pupilles et extrait les deux paluches des poches. J’avais donc cette fois emporté assez de grain à moudre pour sortir tout poireau apathique de la plus barbante des routines.

Séquence d’événements marquants de la phase #1

  • Sa fouille en règle de mon chargement hautement suspect.
  • Mon explication qu’en ce moment je bricolais un aménagement de fourgonnette, que je souhaitais conserver le carton, que la laine de pierre n’est pas à jeter et que le sac était encore loin d’avoir pleinement rendu service.
  • Sa décision indiscutable de ne pas me laisser entrer sur le territoire « juste pour faire quelques courses »
  • Sa grande générosité de me faire cadeau des 150 Euros d’amende qu’il aurait pu s’il avait été dans un mauvais jour me facturer pour pareille “infraction“.
  • Mon vif témoignage de désappointement souligné d’un regard noir animé de rafales d’éclairs électriques.

J’ai donc obtempéré en faisant demi-tour, mais cette fois-ci, en étant certain de m’être démarqué du commun des exportateurs de poubelles et satisfait, d’avoir à mon tour pu être le plus chiant des “touristes“.

A noter pour la petite histoire que je suis finalement quand même allé faire mes courses à l’endroit prévu en sélectionnant un poste de douane alternatif, nettement plus pacifique et que plusieurs semaines après le déroulement de la phase #1 de l’opération, le chargement décrit ci-dessus n’a toujours pas été déchargé nulle part sur la surface de la planète.

J’ai conclu au moment du débriefing de cette phase #1 de l’opération Helmut, qu’elle pouvait être couronnée d’un franc succès.

A suivre

A la fin de cette histoire, je révélerai la localisation 
exacte du poste de douane où vous pourrez vous aussi et  
à volonté aller vous laisser bassiner par ce fonctionnaire 
en mal d'intuition et de courtoisie.
Je l'ai d'ailleurs personnellement et de vive voix informé 
lors de mon dernier passage qu'il allait à la perfection 
incarner son rôle central dans cette histoire, même si 
à mon humble avis, il ne gagnait pas à être connu. 
( Il m'a même proposé du papier pour écrire... )
Au fond je crois que ça ne lui a pas trop plu, mais là 
c'est un peu à mon tour de me contrefoutre de 
tout ce qu'il pourrait bien en penser !  

A part ça, depuis que j'ai entrepris d'écrire ce récit, 
je n'ai plus du tout les boules ! Et ça n'a même pas 
coûté une blinde en honoraires de consultations.
Mais je vais quand même encore m'accorder une petite 
journée "wellness"pour assurer le coup...  

Hommes d’actions

-Allo ? Allo ? C’est les pompiers ???

– [Voix de synthèse + bande son musique + répétition en boucle] Bonjour ! Vous êtes en communication avec les services du feu ! Cet appel pourra être enregistré pour des raisons de contrôle qualité ! Pour commander un pin’s de la société, tapez “1″ … Pour vous inscrire à notre newsletter ou vous abonner à notre magazine mensuel, tapez “2″ … Pour précommander notre calendrier spécial sapeurs-apollons en uniforme d’Adam , tapez “3″ … Pour contracter un abonnement “priorité et efficacité – abo premium de luxe“, tapez “4″… Pour nous annoncer un sinistre, tapez “hashtag + 118 + étoile”, mais sans taper les 2 + …

– [appelant qui tape #118* et patiente … environ ………. 10 minutes ……….]

– Oui bonsoir ! Les services du feu vous remercient de votre patience ! Que pouvons-nous faire pour votre service ?

-Venez viiiite ! Il y a le feu partout !

– Un petit instant cher client ! Avez vous en priorité mis tout le monde en sécurité par vos propres moyens ? Si c’est déjà le cas, êtes-vous prêt à vous soumettre à un petit questionnaire ?…

– Mais… Monsieur !!! Il s’agit d’une urgence !!!

-Ouiiii nous en avons d’ailleurs été informés il y a un certain temps déjà. Ça sentait aussi le roussi aux alentours de notre caserne et nous nous sommes dès lors activement préparés à devoir partir en intervention à tout instant. Mais voyez-vous, nous sommes un corps de sapeurs-pompiers démocratique d’élite. Et comme le stipule clairement notre procédure : Avant que tous nos soldats du feu ne se précipitent toutes sirènes hurlantes sur un sinistre, nos gradés doivent se réunir en séance de crise, en compagnie de tous les spécialistes disponibles : Afin de procéder à une analyse empirique des données relatives à la situation qui prévaut sur le terrain. Les temps où il suffisait de nous lancer un petit coup de fil pour nous ordonner : “Vite ! Faites quelque chose !!!” sont révolus !

-Non mais sérieusement… tout va flamber, on n’a plus vraiment le loisir de papoter là !!!

-Popopopo, calmez-vous cher Monsieur ! Nos consommateurs sont toujours tellement pressés ! Nous ne déployons nos grandes échelles que dans les cas où une majorité des hommes ont voté en faveur de la nécessité d’un déploiement… Mais en attendant, avez-vous bien vidé tous les extincteurs à disposition dans votre périmètre ? Et pouvez vous attester d’une couverture d’assurance incendie suffisante ? Si je me permets de vous demander ces choses là, c’est parce que la pression dont nous disposons dans nos lances à incendie est inversement proportionnelle à celle que nous mettent les différents lobbies actifs sur ce marché… Et même nous, nous ne pouvons désormais plus nous permettre de jouer avec le feu !

-Mais bon sang !!! … Il ne restera plus que braises et cendres quand vous débarquerez !

-Je vous avoue Monsieur, qu’il est toujours préférable de se préparer au pire dans pareilles situations ! De plus il faut savoir que la décision de refaire le plein des citernes de nos véhicules lourds est actuellement suspendue : Cette période est assez peu propice au niveau des coûts pour un réapprovisionnement. C’est à cause de l’offre et de la demande : Une prolifération d’incendies ferait chuter le prix de l’eau à la pompe et aux hydranthes. C’est une perspective qui pourrait s’avérer profitable en terme de rentabilité future dans notre business !

-Et si je vous annonce que je suis l’un des actionnaires principaux de votre société et que si vous ne vous magnez pas immédiatement le cul pour intervenir, vous et votre escouade de “pétouilleurs” allez vous aussi, très vite avoir très chaud aux fesses ???

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Un très vieux dessin (sans volonté de discrimination
bien entendu) recyclé pour l'occasion.
Parce que j'ai vraiment trop la flemme d'en faire 
un nouveau pour le moment.

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