Durant une longue semaine de canicule, le doute s’était peu à peu installé : Mon thermomètre au mercure de bureau était coincé : Il n’indiquait plus rien d’autre que 29 degrés Celsius ! Une variation de la température extérieure n’y changeait rien et ne pouvait visiblement plus rien y changer.
Pour sa défense, il était rare que je m’intéresse à ses efforts. Même s’il était suspendu à hauteur optimale, à neuf heures précises et à une distance de soixante centimètres de mon nez, lorsque ce dernier pointait vers mon écran d’ordinateur.
Acheté au rabais, je ne pouvais pas exclure qu’à l’intérieur de ce petit tube de verre, il n’y avait jamais eu le moindre atome de mercure ou équivalent : A la place, quelque chose comme du sirop de framboise qui se figerait définitivement lors d’un épisode caniculaire d’une durée inhumaine. Cet instrument n’avait peut-être même pas été conçu pour résister à des conditions climatiques redéfinies par un dérèglement sévère…
C’est en me dirigeant vers la poubelle, en me reprochant d’avoir encore acheté de la camelote, qu’un réflexe de sauvegarde m’a invité à faire un détour par le réfrigérateur : Au pire, je pouvais bien encore lui offrir une dizaine de minutes de fraîcheur avant de me résoudre à m’en séparer…
Et là, miracle : une fois refroidi, il avait repris vie ! Puis de retour sous son crochet initial, il a vite fièrement ré-indiqué ses 29 degrés, en totale conformité avec la réalité ambiante…
Réalité ambiante qui m’a également démontré que c’est bien moi qui me mets à débloquer quand il fait trop chaud et trop longtemps !
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