Category Archives: Usages ( Dégaines et attitudes )

Les noces capitalistes

Lorsque Monsieur Capitaliste avait rencontré Madame Démocratie, ça avait été un coup de foudre réciproque !

Monsieur Capitaliste avait un caractère dominant. Il pouvait facilement se montrer assez égoïste, arrogant voire sauvage. Entre deux affaires un peu louches, il s’était mis en quête d’un mariage bien arrangé. Dans un premier temps, il avait rencontré Madame Anarchie. Mais plus encore que lui-même, elle ne voulait en faire qu’à sa tête. Puis il avait décroché un rencart avec Madame Monarchie. Mais elle ne rêvait que d’un beau prince au grand cœur qui pour ses beaux yeux, mettrait toutes ses grandes ambitions de côté. Il n’avait pas été séduit lors d’un speed dating en compagnie de Madame Bureaucratie : Monsieur Capitaliste avait pour credo de ne jamais avoir à y aller par quatre parchemins. Quand Madame Dictature, à l’occasion d’un bal masqué lui avait fait du charme, il ne s’était pas laissé corrompre. Même si dans un premier temps il avait hésité, car son offre lui avait paru plus qu’alléchante.

Malgré ses tentatives infructueuses, il n’abandonna pas son rêve de vivre le bonheur de fonder une ploutocratie florissante et prospère.

Quand Monsieur Capitaliste s’était épris de Madame Démocratie, elle se montrait bienveillante, compréhensive et équitable. Durant les premières décennies de leur union, il avait su se montrer très prévenant, respectueux et courtois avec elle. Madame Démocratie paraissait radieuse et l’harmonie qui se dégageait de ce couple, faisait la joie de tout le peuple.

Puis un jour, on a appris que leur relation n’était plus au beau fixe. Monsieur Capitaliste s’entêtait à vouloir tirer de plus en plus de profit personnel du caractère malléable et arrangeant de Madame Démocratie. De son côté, elle ne perdait pas l’espoir que son insatiable époux en revienne naturellement à des aspirations plus raisonnables. Plusieurs fois, elle lui avait tendu la main, espérant qu’il y dépose un baiser comme il le fît, lors de leur première rencontre. Mais au lieu de cela, le boulimique avait continué de lui manger le bras…

Des rumeurs prétendent que Monsieur Capitaliste aurait récemment été aperçu dans des soirées libertines en train de fricoter avec une certaine Madame Oligarchie !

Aux dernières nouvelles, Monsieur Capitaliste et Madame Démocratie ne font plus bon ménage. Ils ont tenté plusieurs thérapies de couple qui n’ont pas abouti à leur réconciliation. Quelque chose me dit qu’un de ces jours prochain, ils finiront par divorcer.

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Trouble-fête

Regarde elle s’en va. Mais où va-t-elle ?

Je crains qu’elle ne le sache pas très bien elle-même

Reste t’il encore quelqu’un pour tenter de la retenir ?

Elle n’en a toujours fait qu’à sa tête, ce serait inutile !

Elle était encore de celles qui agissaient sans réfléchir

Et elle nous manquera, surtout par son originalité.

J’aurais aimé qu’elle s’assagisse plutôt que de préoccuper

Mais maintenant qui saura nous divertir et nous tracasser ?

On dit qu’elle était la dernière avec cette particularité

J’ai peur que cette fête ne soit plus la même désormais

Que sa disparition ne fasse qu’avancer l’heure où elle va se terminer

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Pour illustrer cet article, comme je n’ai trouvé aucune idée suffisamment enthousiasmante ayant le moindre rapport avec le sujet de celui-ci. A la place, je vous propose :

“mon tout petit aquarium

Il s’agit évidement ici d’une évolution logique pour moi de l’article “my dead lightbulb” que vous pourrez trouver par vos propres moyens un peu plus loin sur ce blog, si l’envie devait vous en prendre, naturellement.

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve qu’il y a comme une petite composante relaxante lorsque nous est offerte la chance de pouvoir contempler la pureté de l’eau prisonnière d’un écrin de verre…

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Monopolish : Le jeu de notre belle Société

Les jeux et plus particulièrement ceux dits de société sont un thème récurrent sur ce blog. Cette 1ère phrase à elle seule pourrait déjà vous donner envie d’aller jouer ailleurs !

Cette semaine, j’ai retrouvé ma collection de boîtes de jeux de société en allant fouiner dans les cartons entreposés dans mon espace de stockage.

Dans mon enfance et dans celle de mes enfants, c’est attablés en famille et entre amis que nous nous livrions régulièrement à des parties serrées et animées. Les participants d’une partie étant tous présents en chair, en os et en esprit de compétition en un seul point géostratégique. Nous profitions du triple loisir de nous distraire, de nous défier face à face, en apprenant à démasquer le potentiel tricheur, à détecter la mauvaise foi chez le mauvais perdant, à évaluer la taille de la graine de mégalomanie germant chez le mauvais gagnant. Et bien plus encore… 

C’était avant que l’individualisme ne se répande comme une trainée de coke dans nos mentalités occidentales et que certaines évolutions technologiques et clientélistes ne nous poussent à plus généralement préférer les parties en solitaire ou les escapades monacales dans des mondes virtuels où parfois tous les coups semblent être permis. Lorsque personne ne manifeste l’envie de participer à une partie dans la vraie vie et qu’il serait vain de tenter de résister à la sienne, il reste aussi des simulations en ligne. Avec l’illusion d’être en mesure de gagner au moins une manche à armes égales contre un avatar inhumain.

Je me rappelle avoir longtemps craint que ma génération et la(les) suivante(s) avaient trop bien aligné et limé les crocs de nos charmantes têtes blondes. Qu’on était parvenus à isoler les réalités des uns et des autres en les surprotégeant, en les soustrayant au vrai monde et en leur en proposant même de préférence des faux ou on aurait mille vies. Je croyais vivre dans une société devenue désespéramment ramollissante. Mais à voir ce qu’il se passe aujourd’hui dans les rues, mes bonnes vielles craintes n’étaient pas justifiées. C’est vrai que des crocs émoussés au besoin, ça s’aiguise, et il faudrait être benêt pour croire que des faux mondes intéressants pourraient perdurer si le vrai devenait plus qu’invivable.

J’ai appris que le Monopoly avait été inventé par une femme en 1903 pour démontrer la nature antisociale du monopole sur le sol. C’était sensé dénoncer une certaine forme de capitalisme. Le but du jeu consistant à délibérément espérer la ruine de ses concurrents en leur faisant subir les incidences pécuniaires croissantes conséquentes à des réalisations d’opérations immobilières.

J’avais toujours pensé en participant sans véritable développement de vénalité à ces interminables trafics de faux monnayeurs et de gymnastique d’agences immobilières, que cet usant exercice avait été créé pour apprendre dès le plus jeune âge parallèlement aux enseignements des bancs d’école :

  • à apprendre à aimer palper de l’oseille et à empiler des liasses avec soin
  • à inculquer le vice de vouloir en amasser toujours plus.
  • à faire germer le désir de propriété foncière et immobilière.  
  • à ancrer dans l’esprit le projet de posséder une cahutte, un palace, une cathédrale et une résidence secondaire.
  • à nous habituer à ne jamais nous plaindre en cas de fins de mois difficiles, pour ne pas décourager d’autres joueurs qui ne gagneront pas non plus à tous les coups.

On nous sensibilisait et nous préparait  

  • à l’inévitable partenariat ainsi qu’à l’éventuelle arrogance du maître-brasseur banquier.
  • aux risques et à la suite royale d’emmerdements à subir lors d’une faillite ou une banqueroute.
  • au rôle de la prison, comment y accéder et comment en ressortir plus vite si on a de quoi payer la caution.
  • à l’opportunisme de se faire des burnes en platine s’il le faut sur le râble de son prochain.
  • Qu’un jour ou l’autre il n’y aurait au mieux plus qu’une seule place de parking gratuite en ville et que ça pourrait nous faire tout drôle quand pour une fois on pourrait se poser dessus !

La version de ce jeu qui est en ma possession date de plusieurs décennies. C’est vrai que j’aurais les moyens d’en acquérir une nouvelle édition chaque année si je revendais une parcelle non bâtie dont j’espère encore que le prix de vente explosera un jour.  Il est de ce fait fort possible que les règles du jeu de mon antique version aient déjà entretemps été adaptées aux évolutions positives du capitalisme contemporain.

J’ai quand même fait une liste de mes recommandations pour une adaptation d’une version réaliste pour une prochaine mise à jour :  

  • En passant par la case DEPART, les participantes féminines toucheront dorénavant un salaire fixé à 80 % de celui des participants masculins. C’est pour qu’elles ne deviennent pas trop accro à ce jeu et n’en oublient pas de se concentrer avant tout sur leur opportunité de mettre au monde une série de nouveaux joueurs.
  • Les joueurs trop expérimentés de plus de 45 ans ne joueront plus qu’avec un seul dé et devront se préparer à quitter la table pour rejouer au jeu de l’oie blanche en petit commité.
  • La banque sera désormais officiellement déclarée « too big to fail » et le contenu de ses coffres ne pourra en aucun cas être siphonné par un joueur fortuné. En cas de menace de banqueroute, ce sont les joueurs les moins pétés de thunes de la partie en cours qui seront surtaxés pour renflouer les caisses de l’établissement financier.
  • Le joueur capable d’également tenir le rôle de banquier dans une partie peut faire valoir son droit à un bonus conséquent. Que ce soit en cas de bons ou de mauvais résultats de l’établissement financier. C’est pour motiver au moins l’un des joueurs d’endosser une charge supplémentaire. Et parce qu’on peine tellement à trouver des volontaires qui méritent le saladier. Il encaissera sa prime en passant par la case DEPART / BINGO
  • Une optimisation fiscale et/ou un changement des règles du jeu en cours de partie est à tout moment négociable sur simple geste de tout joueur pouvant immédiatement justifier de gains conséquents.
  • Les joueurs ne seront plus tenus d’étaler au grand jour leurs liasses de coupures et leurs titres de propriétés. Ils recevront chacun un petit coffre à fixer discrètement sous la table. Un peu de suspense qui pourrait redonner un second souffle au mystère perdu du capitalisme.

Modifications des cases sur le plateau de jeu :

  • Une case chômage longue durée (passe 12 fois ton tour) et une case gratuite « soupe populaire » seront ajoutées.
  • La case compagnie d’électricité n’étant plus assez rentable en raison de la concurrence acharnée sur ce marché et à cause des coûts élevés des démantèlements de centrales nucléaires sera remplacée par une case « Compagnie des Extractions d’énergie Fossiles partout où on en trouve encore» à qui il resterait encore de beaux jours devant elle.
  • Les cases des « compagnies ferroviaires », des « funiculaires réunis » et celles des « remontées mécaniques dans des endroits où il ne tombe pas plus d’un mètre de neige par saison mais on va encore acheter des canons» seront respectivement remplacées par la case « consortium de conquête spaciale et de prolifération des armes de guerre »,  « Groupe OGM pour tous & Pesticides à gogo » et celles de « Cartel des Médocs hyper-Lucratifs »

Les nouvelles cartes de jeu :

  • Une carte « Réduction de peine » et « Cadeau fiscal » profitant uniquement aux joueurs nantis qui paient régulièrement une tournée en cours de partie.
  • Une carte « Pots de vins, voyages surclassés en business et avantages en nature »
  • Les cartes malchance « croissance nulle, sale coup d’hypocrisie caractérisée, uberisation galopante, pension alimentaire, accident climatique, ressource gaspillée, conjoncture morose, crash boursier, appartement dévasté par un locataire, victime de cambriolage, pigeon d’une arnaque, reconnaissance de dette et Désolé mon vieux, mais moi j’estime que c’était de bonne guerre » mettront un peu de piment dans les manches les plus soporifiques.

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Merci pour votre bel accueil !

Au milieu de cette photo dans ce carton, bien emballé dans du papier à bulles , c’est moi !

C’était le jour où mes parents ont reçu la livraison du chenapan qu’ils avaient commandé.

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Love Story au Pays des Choses Qui Penchent

Tiens-toi droit !” devait me répéter ma mère durant mes années d’adolescence. Sans répondre et sans poser de question, j’obtempérais en me redressant pendant trois minutes . Je me disais que ça faisait partie de son plan de carrière : Tenter de faire de son aîné un homme bien droit dans ses sandalettes, avant que ne lui vienne à l’idée de se transformer en true rebell vautré dans ses gros sabots. C’est dans cette optique, que dans mon laboratoire secret, je m’étais livré à une série de calculs savants. Que j’en étais arrivé à la conclusion que pour mieux faire illusion dans le paysage, je devais me laisser pousser les jambes. Ne pas me laisser appesantir. Opter pour un mélange finement dosé de plus d’aplomb et de moins d’hypoténuse.

C’est quand notre famille est partie pour la première fois en vacances d’été au Pays des Choses Qui Penchent que j’ai un peu compris ses raisons profondes. Là-bas, il y avait posé sur un horizon presque plat, un très grand lac d’eau salée. Sous la fenêtre de ma chambre, une piscine turquoise et au plafond, du soleil sur fond bleu tous les jours. Mais aussi une très jolie fille qui possédait un pouvoir particulier : Celui de me faire me tenir droit, sans n’avoir jamais à me le demander ! Surtout que dans cette contrée-là, ce n’était pas chose aisée : Rien n’était disposé de manière verticale ou horizontale. La perpendicularité y était chose des plus insolites. Nous manquions des références habituelles sur lesquelles nous étions habitués à nous aligner. Mais se sentir un peu dépaysé, déboussolé voir pris de vertiges, les vacances c’est aussi fait pour ça !

J’ai vite compris que j’aurais pu profiter de ce voyage pour contredire les sommations maternelles par rapport aux imperfections de mes inclinaisons de posture. J’aurais pu me défausser sur cet arbre poussé de traviole ou rendre responsable ce mat de parasol planté en diagonale. J’ai pourtant choisi de ne pas gâcher nos congés et de marcher le plus droit possible.

Dès notre arrivée, je n’ai pensé qu’à plonger dans la piscine entre deux plongeons dans des chapitres romanesques. C’était encore avachi sur ma serviette de bains, que je me régalais des aventures de Fantômette. La seule héroïne costumée qui avait su me captiver de son charme efficace et discret, un délice épicé de ses palpitantes péripéties.

C’est en levant les yeux en tournant une page avec hâte, que m’est apparue cette ravissante jeune fille déambulant d’une grâce toute féline en bordure de bassin. En une seule fraction de seconde, elle pulvérisa tout un pan de mon innocence et défia les lois de ma timidité. Elle n’était vêtue que d’un costume pour le moins minimaliste, mais d’une efficacité redoutable. En passant, elle m’a d’abord jeté le traditionnel regard oblique avant de ponctuer sa spectaculaire entrée en scène d’un sourire proportionnel à la béatitude de mon attention.

Dans le royaume ou tout pouvait à tout moment aller de travers, elle avait choisi le meilleur angle pour me faire décoller en ligne droite en direction de la stratosphère. Elle ne parlait pas ma langue et je ne parlais pas la sienne. Mais ça, c’était seulement le tout premier jour de notre rencontre…

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La fin d’un monde à part

Je radotais peut-être un peu trop souvent en présence de mon épouse que pour améliorer le bilan de notre société, il faudrait commencer par remplacer aux manettes, les hommes incompétents par des femmes compétentes, d’entreprendre quelque chose pour améliorer le climat et de nous remettre à consommer local

Et un beau jour, elle a appliqué ma théorie à sa manière en demandant le divorce !

Il est vrai que ça faisait déjà longtemps que le climat n’était plus vraiment au beau fixe. Notre bilan était devenu catastrophique : Un jour au cours de notre relation, nous avions pris la décision de faire chambre à part. Plus tard nous avions pris celle de faire appartement à part et vers la fin nous faisions même ville à part… Et blague à part aussi, car nos conversations se faisaient plus rares…

Nous étions devenus ce qu’on pourrait appeler un couple pendulaire ! Nous nous trouvions plus souvent assis dans nos bagnoles respectives que devant une bonne assiette ou réunis dans le désagrément plutôt que sous une couette. Nous courrions à la catastrophe. Et il flottait dans l’air comme un parfum de fin d’un monde à part

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A part ça, l'auteur décline toute responsabilité en cas de 
séparation ou de divorce entre des tierces personnes, qui 
auraient été négativement influencées par la lecture de cette 
petite fiction qui devrait plutôt prêter à sourire ! :-) 

Les ambitions de Julie l’Esquisse

Julie l’Esquisse sur le papier, serait née d’une succession de coups de crayon sans prétentions. Elle m’était sympathique, alors je l’avais invitée à s’installer dans un coin de l’atelier sur une pile de croquis improvisés. Nous ne manquerions certainement pas de faire plus ample connaissance, au cours des semaines à suivre.

A chaque fois que je me trouvais à proximité, elle tentait d’attirer mon regard en agitant vigoureusement ses bras en l’air.

Forcément à ce stade, fraîchement crayonnée, aucune parole ne pouvait encore sortir de sa bouche. Aucune bulle lisible ne pouvait apparaître au-dessus de sa tête. Pourtant elle semblait déjà fort désireuse de vouloir établir une communication. Lorsqu’au meilleur moment mon attention lui fût totalement acquise, elle s’est mise à mimer son message à mon intention à la lumière d’une série de gesticulations corporelles.

J’ai pu, je le pense, saisir l’essentiel de ses revendications : Elle se montrait impatiente que je la passe à l’encre. Que sans attendre, je gomme certains de ses petits défauts. Que ses besoins de s’exprimer, d’évoluer dans de grands espaces et de rayonner de centaines de nuances de couleurs lui paraissaient vitaux. Que je ne pourrais pas plus longtemps encore, la retenir ainsi prisonnière d’une seule case trop étroite. Que je devrais lui aménager sans attendre, une plus grande liberté de mouvements. Qu’elle se verrait bien un jour récompensée de ses nombreux efforts par un premier rôle dans une belle animation

J’ai malheureusement du lui répondre, que dans l’immédiat, il m’était impossible de répondre favorablement à l’ensemble de ses grandes ambitions. Mais que pour commencer, ce serait avec grand plaisir que je lui accorderais quelques solides traits de caractère

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Silences et apparences

Elle pensait sans me le demander, que je souhaitais qu’elle réduise son tour de taille. Elle croyait deviner que j’attendais d’elle qu’elle perfectionne ses talents sous les draps et en cuisine. Elle imaginait que j’espérais qu’elle augmente un jour son tour de poitrine. Elle supposait que je lui réclamais d’estomper les manifestations des étapes de la vie et les indices de l’âge. Elle se figurait que j’exigeais d’elle qu’elle change de style, de couleur et de maquillage. Elle présumait que quoi qu’elle fasse, je lui préférerais toujours d’autres femmes que je croise …

Elle s’est créé une projection silencieuse de mes préférences. Elle définit mes attentes et place très haut la barre de mes exigences. Peut-être préfère-t ’elle que l’on en parle le moins possible ? Il se pourrait aussi qu’elle redoute une quelconque confirmation de l’une ou l’autre de ses préoccupations sensibles !

Devrais-je à mon tour me torturer d’inquiétude quant à un éventuel manque de revendications et de sollicitations ?

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Ceci n'est pas une fiction autobiographique, même si elle est parsemée 
d'un petit peu de vécu par-ci par-là. Nous sommes passés dans une 
époque d'image ou les apparences ont pris plus d'importance.
J'ai pensé que cela pourrait bien introduire au sein des couples 
de plus lourds silences ... Mais comment traiter ce sujet de 
manière un tant soit peu "artistique" ? ...
Bien entendu, ce texte n'a pas pour vocation de déclencher des 
discussions pouvant déboucher sur des disputes ! ;-)

Optivirus

-Salut ! Dis donc, tu as très bonne mine ce matin ! Et tu me semble être d’excellente humeur !

-Hello ! Ben oui je ne comprends pas ce qui m’arrive ! Pourtant, d’habitude les lundis…

-C’est peut-être parce que c’est le printemps ! L’arrivée des beaux jours, le réveil de la nature et des sens, le chant des oiseaux …

-Ça m’étonnerait ! Je n’ai même pas de saison préférée !

-Alors c’est que tu as passé un très bon week-end ! Que tu as reçu de bonnes nouvelles, que tu as pris du bon temps avec ceux que tu aime…

-Mais non. Rien de tout ça… J’ai peur d’avoir attrapé un virus qui traînait. Je me sens fringant et guilleret. Je suis limite convaincu que la vie est belle ! Que tout le monde il est beau et il est gentil ! Que tout sur cette planète va pour le mieux !

-Ah ben oui, tout ceci est clairement inhabituel chez toi. Cette fois tu m’inquiètes ! Je crois que tu vas commencer par prendre d’urgence un rendez-vous chez ton collapsologue !

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Attention encravatés !

En parcourant un article de presse, je suis tombé sur un terme que je ne connaissais pas. Le papier faisait allusion à une catégorie d’individus bien fagotés mais peu recommandables, qui étaient désignés par “les encravatés“. J’avais déjà entendu parler des encagoulés, mais jamais encore des encravatés, que jusqu’ici, je surnommais les « encravateux ».

J’avais été prévenu que l’habit ne fait pas le moine, que le costume ne fait pas le super-héros, que l’accoutrement ne fait pas le gentilhomme, que la défroque ne fait pas le mousquetaire ! J’avais également été prévenu que les temps changent ! Par exemple, il était une fois où il y avait des chances qu’un jour un encagoulé fasse irruption dans l’agence d’un encravaté dans le but de le truander ! La fonction de chaque protagoniste porteur de l’un ou l’autre de ces accessoires vestimentaires était claire. A notre époque, c’est devenu plus compliqué, parce qu’il peut arriver qu’on tombe sur un encravaté-encagoulé et qu’on se laisse encore surprendre (ou impressionner) par la combinaison des deux dans un unique individu.

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Alors, j’ai jugé opportun de me livrer à un peu de prévention. Simplement pour que sur notre route, on n’oublie jamais trop facilement, qu’un encravaté, ça peut aussi nous enfumer, nous entourlouper et nous entuber !

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Pirates de l’air…

Pirates de l’air…

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Pillards de l’eau, que nous buvons

Pirates de l’air, que nous respirons

Voleurs du feu qui nous réchauffe

Ravisseurs du vent qui essaime

Prédateurs d’éléments

Usurpateurs de graines

Imposteurs de nature

Profiteurs de réserves

Contrefacteurs d’évolution

Maraudeurs de fruits

Écumeurs d’âmes

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Chers passagers, merci de nous accorder votre attention,

Nous nous trouvons à quelques heures de vols de notre destination

Il semblerait même qu’avec un peu de malchance

Nous atterrirons avec plusieurs heures d’avance …

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Aujourd'hui, mon inspiration vagabonde m'a entraînée 
vers un monde nettement moins optimiste que celui 
habituellement rassurant que j'ai le plaisir 
d'explorer... C'est qu'il y a des jours comme ça, 
où à moi aussi, l'excès d'optimisme peut 
me paraitre chiant et n'a plus lieu d'être 
durant au moins une minute...  

Le promeneur au chapeau

C’est au début de cet été, que j’ai croisé le chemin de cet homme.

Il déambulait en tenant son chapeau de cette manière …

Mais ce n’est que bien plus tard que j’ai pu faire sa connaissance,

En étudiant de plus près la photo ratée que j’avais prise à cet instant.

C’était un soleil couchant en bord de mer à un contre-jour …

L’homme se tenait là, aux frontières de l’invisible, tapis dans l’ombre

C’est la teinte de son couvre-chef ainsi porté en évidence,

Qui a attiré mon attention et qui m’a incité à le mettre en lumière

Obsession compulsive #53[28]

-Silence !

-Moteur !  ça tourne !

-« Obsession compulsive » Séquence 53, prise 28

-CLAP !


-Une fois de plus, tu as l’air d’être un peu ailleurs ! A quoi penses-tu encore ?

-Oh c’est toujours ce fort sentiment qui ne cesse que de me hanter !

-Puis-je entreprendre quelque chose, afin d’altérer ton tourment ?

-Ah non, je préfèrerais s’il te plaît que tu ne m’amputes pas de ce plaisir …


-Coupez !

-C’est dans la boîte ! La prise était bonne ! Mais on va la refaire …