Category Archives: Voyages

Premier voyage en toute première classe

Je ne dispose pas encore de mon propre accès facilité à la mer. Le premier port de plaisance maritime est à six cents bornes de mon loft. C’est en partie la raison pour laquelle je n’ai pas encore envisagé de devenir propriétaire d’un yacht de luxe. Mais ce n’est pas non plus que je parte complétement de zéro : Je possède déjà une partie de l’équipement : Masque de plongée, tuba et palmes et tout ça, sur mesures. Et puis je peux me flatter d’être le capitaine et seul maître à bord de ma propre chaloupe pneumatique individuelle pour me préparer pour le jour du grand sur-classement.

La dernière fois que je m’étais offert un séjour en bord de mer, j’avais pu constater dans tous les ports qu’il y avait eu, depuis ma visite précédente, une prolifération de navires tape-à-l’œil surdimensionnés … Hébin ! Ça se démocratise, me suis-je dit… Et puis, c’est super pour ceux qui les conçoivent aussi : ils se font plaisir.

A ce rythme, il ne saurait tarder que je puisse voguer en toute première classe sur le pont supérieur du mien ! Mais bon, ça ne presse pas. Et puis en restant un poil logique, il faudrait commencer par faire l’acquisition d’un jet privé pour raccourcir mon accessibilité à mon futur port de plaisance. Mais comme la multiplication des jets d’affaires semble aujourd’hui être une évidence, ça devrait bientôt se réaliser. Ça se démocratise, donc il y aura forcément un jour ou chacun aura le sien. Et puis c’est génial pour ceux qui les construisent aussi : ils se font plèze, je me dis.

D’ailleurs, tout ceci n’est plus qu’un processus naturel qui fait ses preuves de longue date. A un moment donné dans l’histoire ancienne, tout le monde devait s’entasser dans des trams et des autocars. Et soudain, arrive l’automobile privée et voilà que petit à petit, ça se démocratise. Et même que j’en ai une rien qu’à moi ! Et puis, quand même je me dis, c’est franchement top, si on pense une seconde à ceux qui les fabriquent. Je ne peux pas m’empêcher de les imaginer tous ravis.

Hier, j’ai fait mon tout premier vol à bord de mon jet privé flambant neuf. J’avais décollé avec l’intention d’aller faire le tour des chantiers navals haut de gamme. Avec une arrière-pensée d’acquisition. Confortablement installé dans mon fauteuil inclinable derrière mon hublot, J’admirais la vue d’en haut, quand est survenu un problème technique : L’appareil s’est mis a piquer du nez ! En une seconde, mon baptême de l’air privé n’était plus du tout conforme avec un plan de vol de rêve. J’ai du ouvrir les yeux en sursaut et c’était moins une. J’étais à deux doigts de devoir me réveiller mort, plongé dans un bassin privatif ou planté dans une pelouse de terrain de golf hors de prix…

>.<

>.<

Une promenade virtuelle

>.<

J’avais esquissé ce promeneur évoluant dans l’un de ces mondes virtuels prometteurs dans lesquels on nous dit qu’on pourra acheter les yeux fermés du rêve à volonté .

Avec son sac à dos rempli de valeurs factices, il aurait largement eu de quoi s’y projeter, sachant toutefois qu’il fallait aussi s’y aventurer un peu à l’aveugle…

Mais c’est sans prévenir, que la réalité l’avait soudain rattrapé ! Et qu’il a dû interrompre son périple romanesque, pour remettre les pieds sur terre !

Et ce n’est qu’une fois qu’il a de nouveau pu se libérer de l’emprise de sa réalité, qu’il a été mis au propre et qu’il est aussitôt reparti pour une nouvelle randonnée dans un monde imaginaire.

>.<

Bienvenue à Grumpyland !

Je viens tout juste de rentrer d’un séjour à Grumpyland. Cette fois, j’y suis resté une semaine et il n’y pas un jour où je n’ai pas été déçu. Les autochtones et les autres touristes se sont en majorité montrés envahissants et insupportables ! Il ne s’est pas passé une demi-journée sans que je n’aie à me sentir irritable et grognon. Et l’hôtel, il était d’un si-ni-stre ! Pas le moindre effort sur la décoration… La météo était des plus exécrable et niveau bouffe, on était à des années-lumière de la haute gastronomie. Et comme on pouvait s’y attendre, le service était évidemment lui aussi parfaitement à la hauteur : Une ca-ta-strophe !

Au niveau emmerdements là-aussi, on peut dire que j’ai été servi. Absolument rien du tout ne s’est passé comme prévu. Et la nuit, il n’a jamais été possible de dormir tranquille ! Un cauchemar sans nom ! Un soir à deux doigts de perdre mes nerfs, j’ai cherché à écourter mon séjour. Mais je n’ai pas été fichu de retrouver mon billet de retour dans mes affaires. C’est là que j’ai failli péter une ou deux durites et ça se comprend ! Ensuite, j’ai eu à faire aux pires incompétents à l’accueil : Non mais Ini-ma-ginable ! A les entendre, je n’existais même plus dans leur ordinateur ! Ils me répétaient qu’officiellement, je n’avais rien à faire là-bas !

Là, c’en était trop pour moi : Je me trouvais en plein naufrage ! J’ai craqué ! Je me suis vu errer dans les impasses de Grumpyland jusqu’à la fin des temps…

C’est quand ils ont enfin été en mesure de percevoir la profondeur abyssale de ma détresse qu’ils m’ont proposé un arrangement : Ils m’offraient gracieusement mon billet de retour, à la condition que je leur fasse un peu de publicité en arrivant…

>.<

>.<

Un électron libre en suspension

On pourrait croire que je suis un électron libre d’astreinte à toute conformité, mais c’est entièrement faux ! J’ai été domestiqué très jeune déjà. J’ai même dû me soumettre à une autorité parentale assez stricte parfois. J’ai par exemple longtemps été contraint de fréquenter les bancs de l’école alors que j’avais beaucoup mieux à faire. Ils ont du profiter d’un instant de somnolence pour me capturer et m’enchainer à un radiateur du collège ! Et évidemment, captif de ce long processus qui n’était pas dans ma vraie nature, j’y ai au final un peu perdu en authenticité.

Lorsqu’ils m’ont enfin libéré pour mauvaise conduite de mon formatage scolaire , il ne restait en moi déjà plus grand-chose du flâneur-cueilleur pré-conditionné.

A peine le temps de souffler un peu que je tombais cette fois dans le piège de la technologie : ” -Tu vas apprendre un métier d’avenir avec sérieux et tu n’iras folâtrer à volonté dans la nature, qu’ensuite !” Une fois de plus c’était entre parenthèses que j’avais dû brider ma prometteuse trajectoire d’électron désinvolte.

Quand ce fût chose faite, j’avais été appelé à me plier à apprendre à servir mon pays la pâquerette au bout du fusil. A exécuter des ordres les yeux-fermés, sans rouspéter et à marcher au pas de charge en rangs d’oignons. J’avais célébré le jour de mes vingt ans en faisant les vingt pompes réglementaires devant la caserne. Je n’avais pas d’autre choix sinon la désertion.

Une fois libéré de mes obligations patriotiques et conditionné à marcher droit, je suis retombé dans le piège de la technologie. C’est que ma profession me rappelait les jeux de briques de construction danoises de mon enfance mais avec un supplément d’électrons remuants dedans. Des électrons qui se bousculaient plus ou moins intensément dans des fils de cuivre multicolores : Je me sentais à nouveau évoluer dans un espace quasi illimité. Cette fois, ça pouvait être moi, le maître des électrons. Je pouvais à tout instant décider de les libérer tous. Devenir le roi du court-circuit, si d’aventure l’envie devait m’en prendre !

Et puis un jour, j’ai eu la visite du préposé au respect des normes. Celles qu’on disait être en vigueur. Il parcourait plus d’un millier de kilomètres pour venir inspecter mon travail. Il passait chaque détail en revue à la loupe et dressait une liste de tout ce qu’il fallait corriger. La terre devait être bien à la masse mais pas de n’importe quelle manière ! Il était pointilleux, procédurier mais aussi de contact agréable. Une fois de plus, j’étais prié de me plier à des normes strictes et préétablies ! De menotter l’électron libre en moi. Au mieux, de le remettre au frais, pour plus tard.

D’un côté, je comprenais très bien la raison d’être de toutes ces fichues normes mais de l’autre, je voyais également proportionnellement fondre mon espace de liberté et de créativité ! Cruel dilemme : Pour bien faire, il me fallait encore déplacer le curseur à contrecœur.

Un jour, ce fût mon tour de parcourir le millier de bornes pour aller rendre visite au préposé au respect des normes. Il m’avait déjà transmis de nombreuses connaissances importantes ! Mais le mystère des origines et du parcours de domestication de ce présumé grand maniaque était resté entier.

Un soir, il m’a révélé qu’il vouait une véritable passion à ces vieux fourgons en tôle ondulée : Les Citroën Type H. Un véhicule utilitaire qui, au pifomètre datait de bien avant l’invention des normes internationales et du tout début de l’Ère des électrons. Une époque que je situerais approximativement à une semaine après le big bang ! Et j’ai découvert que lui aussi, quelque part, avait conservé de quoi s’accrocher encore un peu à ses grandes aspirations d’origine !

>.<

Après avoir rédigé l’article ci-dessus, c’est dans le but d’y ajouter une illustration que j’ai tenté de dessiner l’un de ces fourgons à main levée. Mais je le voulais un peu déformé, plus fantaisiste. J’ai voulu lui apporter ma petite touche personnelle. En faire une caricature. Résultat : c’était complétement raté ! Affreux !

“- Il y a des cas où rien ne sera jamais mieux que l’original !” m’aurait alors affirmé l’expert en glissant les plans d’origine sous mes yeux… “- A respecter à la lettre près, sinon ce n’est même pas la peine d’essayer !”

Et moi, une fois de plus de m’incliner et de lui donner raison… ( Mais ce sera juste pour cette fois )

>.<

La double escapade

Je crois que ce n’est pas tous les matins, sur une plage de sable fin, que la vie t’offrira un voilier flambant neuf. Une vagabonde impatiente qui à la faveur de la nuit, en a profité au gré des courants pour se carapater aussi loin que possible, de la morosité de son port d’attache.

Et ce n’est pas tous les jours non plus, que tu saisirais cette aubaine et grimperais à bord de cette aventurière et fugueuse embarcation. Que tu te retrouverais maître à bord sur le pont à larguer les amarres pour de bon ! Que tu hisserais à ta guise et en personne toute l’envergure d’une grand-voile. Que tu te risquerais à t’emparer de la barre pour pleinement profiter de tous les plaisirs et les promesses d’un imprévisible voyage.

>.<

Fuck the system solaire

Mes tous premiers pas d’extraterrestre, je les ai faits sur la lune en compagnie de Tintin le reporter et de son sidekick, le vieux loup de mer barbu. Pour que l’expérience soit la plus complète possible, nous avions choisi de nous y rendre un jour où elle était bien pleine et lumineuse. Notre séjour là-bas n’a pas duré une semaine, parce que sur place, c’était vite un peu la déprime. Il faut dire qu’il n’y avait pas la plus foisonnante des biodiversités, qu’on ne tombait pas en pâmoison devant l’exubérance des styles et des matières et qu’on ne frissonnait pas longtemps devant la richesse de la palette de couleurs. Ce parc d’attractions était vaste, mais il n’y avait pour ainsi dire qu’un seul thème à choix et il y était particulièrement récurrent.  En gros, une fois que t’avais fait le tour d’un cratère ou deux, que t’avais shooté tes selfies, tu te réjouissais de rentrer pour retrouver l’atmosphère reposante de ton bercail. Et puis Milou a été le premier à se plaindre du mal du pays déjà en arrivant, après y avoir vainement cherché un arbre pour se soulager.

Mais comme on dit toujours, ce qui compte avant tout, c’est évidemment la découverte, l’aventure et l’enrichissement…

Un peu plus tard à l’école, lorsque ce fût mon tour de partager mon premier exposé devant la classe, c’est ce voyage lunaire qui m’avait conduit à choisir le thème du système solaire. Ce sujet de thèse pourtant universel, n’avait pas une minute envoyé mes petits camarades sur orbite. Beaucoup semblaient bombardés par des pluies de météorites de somnolence, d’autres cherchaient visiblement un moyen de cintrer la trame de l’espace-temps pour profiter d’un raccourci vers l’heure de la récréation. J’en apercevais certains nourrir l’espoir de voir l’orateur soporifique et son discours barbant, aspirés par le gosier béant d’un trou noir. Même le prof semblait parfois se demander si j’avais vraiment eu les pieds sur terre au moment de choisir de disserter aussi longuement à propos de lointaines géantes gazeuses et de boules de glace exemptes de chocolat et de vanille.

Mais comme on dit toujours, ce qui compte avant tout, c’est évidemment l’échange, le partage, l’enrichissement…

Ça m’a intrigué lorsqu’ils ont envoyé un robot d’exploration à chenillettes sur la planète Mars. « Hé machine, va donc jeter une lentille autofocus sur place. Il se pourrait qu’en fouillant bien, tu y déniches une ou deux gouttes d’eau fossilisées et quelques vestiges de bactéries ». J’observais avec grand intérêt si l’automate visiteur ne souffrirait pas d’un problème de parachute à l’arrivée et comment il allait s’y prendre, une fois égaré dans ce vaste désert rouge et ocre à 99,9%, pour surmonter le choc de l’addition de ses nombreuses déceptions en vivant son rêve de rencontre avec d’accueillants petits hommes verts au détour de chaque caillou poussiéreux. Comment il ne craquerait pas et ne finirait pas par autodétruire ses panneaux solaires à grands coups de bras articulés et de perceuse à substrats rocheux. Comment il ne perdrait pas petit à petit toute sa foi en la fameuse promesse de départ de son chef de mission, celle qu’on enverrait très vite d’autres volontaires kamikazes en renfort pour le décharger et lui tenir compagnie.

Mais comme on dit toujours, ce qui compte avant tout, c’est évidemment la science, la conscience, l’enrichissement…

Mon espace vital actuel se trouve sur la petite planète bleue. C’est la troisième à partir de l’étoile en flammes située au centre du système. Plus précisément dans un petit pays à peu près au milieu du continent européen. Aux infos, ils ont dit que la consommation nationale annuelle de ressources nécessitait 3 planètes. Alors j’ai ressorti de mes tiroirs la documentation de ma thèse pour étudier la question. Pour les deux astres qu’il nous manque, j’ai choisi Jupiter et Saturne. Déjà parce que les anneaux de Saturne, pour moi visuellement, ça en jette, mais à un niveau carrément intergalactique. Mais aussi parce qu’elles sont toutes les deux principalement constituées d’hydrogène et d’hélium. Il parait que l’hydrogène, ça sera le carburant du futur, alors autant porter mon choix sur des planètes qui n’en manqueront pas de sitôt. C’est que les carburants, on y est un peu accros par ici. Et puis l’hélium, c’est toujours utile pour gonfler des ballons festifs et pour faire la voix idiote qui fait rire tout le monde et à tous les coups. Et si un des ces jours on devait passer à une consommation de quatre planètes, on a encore de la marge. Il en restera encore quelques-unes en réserve et ça, déjà rien que dans notre système à nous…

>.<

Quelque part en Nouvelle-Zélande > Source IG/Twitter lola.photo

>.<

Chimère pour une prémolaire

La nuit passée, au cours de l’un de ces rêves au réalisme remarquable et surprenant qu’il m’arrive encore de faire, je me suis rendu sans souffrir le martyre chez le dentiste !

A elle seule, lorsque je ne dors pas, la perspective de devoir m’étendre la gueule grande ouverte sous le projecteur du fauteuil aux cents gadgets, s’apparente déjà à un cauchemar éveillé !

La grande surprise pour cette intervention là, c’était que le dentiste c’était Tom Hanks. Même sa voix était précisément celle des versions doublées en langue française de ses films !

Et je crois pouvoir affirmer qu’il n’y a qu’au royaume des mirages où dans l’urgence, on dispose du privilège de sélectionner son arracheur de dents avec le plus grand soin !

Je vous rappelle que ce même Tom Hanks a jusqu’ici déjà réussi à poser avec délicatesse un hydravion de ligne en détresse rempli de passagers pâlichons à proximité d’un centre ville, a ramené sur terre une capsule lunaire en rade vouée à un naufrage orbital certain, a démasqué de l’Illuminati, confondu du faussaire en série… Tout cela et bien plus encore, sans avoir à piquer de grosse colère, presque sans jamais gaspiller de munition, ni multiplier les dommages collatéraux spectaculaires ! Ce héros sécurisant était de ce fait pour moi naturellement qualifié pour endosser un rôle d’odontologiste pour blogueur douillet en visite au pays des songes.

Le brave praticien était en congé au moment de notre contact initial. Mais en professionnel charitable intrigué par le caractère inhabituel des douleurs que je lui décrivais, il m’a invité à passer à son cabinet dentaire pour me soumettre à un diagnostic d’urgence.

Comme le propre des rêves est de pouvoir s’affranchir des lourdeurs administratives de la réalité, je n’ai pas eu à me languir une demi-heure durant dans la salle d’attente. Le nez dans un magazine people à lutter pour éviter de faire un malaise en décodant chaque variation de vitesse de rotation de l’outil sculptant l’ivoire d’un prédécesseur.

Tom a jeté son œil d’expert bon type au relief accidenté de ma mâchoire et a rapidement pu mettre la pointe de son crochet sur les coordonnées exactes de ma souffrance imaginaire. Tout cela d’une manière des plus réconfortantes, évitant ainsi de me réveiller avant la fin du traitement.

[ Scène coupée : Suppression du passage le plus tordu «  et rien à voir » de ce rêve, qui finalement n’apporte rien du tout à son récit, sinon quelques inquiétudes superflues ]

Curieux de l’origine du mal de molosse dont j’avais été victime, une fois le traitement terminé, je l’ai prié à des fins d’inscription dans mon journal de bord de me faire part de son constat. Mais je n’ai pas été en mesure d’entraver quoi que ce soit à son jargon. Alors il a griffonné un seul mot sur un bout de papier et me l’a tendu pour archivage.

>.<

A mon réveil, après quelques minutes à me remémorer cette amusante et fantaisiste péripétie, j’ai réalisé que Tom n’était pas un choix si anodin que cela pour incarner le premier rôle dans un rêve de cet ordre là. Il avait déjà démontré l’étendue de son savoir-faire en pratiquant cette discipline avec succès dans les pires conditions sur une île déserte !

J’ai également effectué une recherche sur internet et Wikipédia concernant l’information qu’il avait inscrite sur le billet. Et ce mot assez exotique que je ne connaissais pas existe bel et bien. Mais il n’a absolument aucun lien avec mes ratiches.

>.<

Visite guidée ( Zone 51 )

J’ai appris qu’il y aurait des centaines de milliers de terriens qui seraient partants pour rejoindre une expédition destinée à s’introduire en masse et de force dans la zone 51. (Le 20 septembre 2019)

C’est une zone d’une surface d’environ 155 km2 avec base secrète/discrète située à un peu plus de cent bornes au Nord-Ouest de Las Vegas. C’est là que le gouvernement étasunien (qui se verrait volontiers grand à nouveau) abriterait des preuves de l’existence de.. / retiendrait prisonnières des.. / disséquerait des .. créatures extra-terrestres. Parmi celles-ci, on compterait les malheureuses victimes d’un crash de soucoupe volante en 1947 à Roswell. Des entités tombées des étoiles, aux corps entièrement recouverts d’écailles grisâtres, empêchées par tous les moyens depuis la date de leur arrivée en lounge de transit, de téléphoner à la maison pour appeler une dépanneuse.

Cette expédition a été annoncée deux mois à l’avance. il ne s’agit donc plus vraiment d’un raid surprise. Ça laissera le temps nécessaire aux responsables de la base d’organiser une journée portes ouvertes avec visites guidées, après avoir évacué le matériel sensible, organisé pour les pensionnaires une excursion de terrain hors périmètre et remplacé le personnel habituel par des temporaires, des étudiants en marketing formés à la vente de souvenirs, de produits dérivés et pour distribuer quelques échantillons gratuit de jetons pour jouer à la roulette.

Ma curiosité me pousserait volontiers à me joindre à ce groupe d’investigateurs, par exemple pour une fois dans ma vie, pouvoir vivre intensément un lâcher de missionnaires de galaxie lointaine et aussi pour me laisser badigeonner la peur naturelle de l’inconnu de leur sagesse interstellaire.

Mais malgré le grand optimisme naturel dont j’ai été doté, je doute encore qu’on découvrira sur place quoi que ce soit, qui soit un jour tombé du ciel et qui ne soit pas d’origine terrestre.

Et je peine à croire que même il y a déjà plusieurs décénnies, des entités extra-terrestres intelligentes avancées et donc prudentes, auraient sélectionné en priorité les USA comme destination de rencontre avec l’humanité : Ce n’est pas parce qu’on exhibe volontiers un peu partout sa bannière étoilée, qu’on attirera plus facilement un peuple des étoiles dans sa région. Et aussi parce que le rêve américain n’est qu’une notion purement terrestre voire continentale et que, judicieusement informées par un bon guide touristique, elles ne se lanceraient pas aveuglément dans un survol de l’une des vastes étendues désertiques de leur territoire, à risquer un crash fortuit ou une collision frontale avec un missile.

Imaginez que ces visiteurs d’un autre monde débarquent en Amérique sans la moindre intention de faire un minimum de business, ni pour se porter acquéreurs d’un portefeuille d’actions à Wall Street. Qu’ils ne souhaitent pas une seconde créer une startup terrienne. Qu’ils soient allergiques aux défilés de militaires et à toute forme d’armement. Que l’usage intempestif du mot « fuck » les mette mal à l’aise ou détraque en partie leurs brillantes capacités cognitives. Qu’ils rejettent toute manifestation de brutalité physique et verbale y compris les grosses tapes viriles dans le dos. Que leur sensibilité politique pencherait plutôt à gauche et que, bien qu’ils nous aient été envoyés en paix, c’est par une fraternité de galaxies anticapitalistes, écologistes, socialistes et communistes !!!

Admettons pour terminer, que nos pèlerins spatiaux soient naturellement branchés humour pince-sans-rire et qu’à l’accueil, pensant pouvoir mieux sympathiser en décrispant l’atmosphère terrienne, la première chose qu’ils trouveraient marrant, c’est de reprocher, sans clin d’œil aux ambassadeurs des États hôtes de saloper l’espace, à envoyer juste pour la frime, comme ça sans demander l’avis de quiconque, un véhicule publicitaire routier inutile sur orbite aléatoire…

Cette mission pourrait alors déjà sur plans, se trouver être vouée à un échec certain.

Mais peut-être que je me trompe sur toute la ligne et de ce fait, n’étant en définitive sûr de rien du tout, j’ai quand même réalisé une plaquette signalétique aisément compréhensible par tous, à apposer en nombre et à intervalles réguliers, sur les grilles d’accès et sur les clôtures électrifiées de la zone 51. Mais faudra vous magner les tentacules : c’est dans l’intérêt de tous les mondes, que tout soit prêt le jour de cette fameuse journée portes ouvertes.

>.<

La non-visite sur site

Je me suis récemment rendu sur le site du musée du Louvre à Paris. J’avais dans l’idée de rendre une petite visite amicale surprise à la Joc. La dernière fois qu’on avait pu échanger des petits sourires complices, je crois que la population mondiale n’était encore que la moitié de celle que nous connaissons aujourd’hui.

Source : Web

C’est pour cela que je n’ai pas été particulièrement étonné que ne se trouvaient, à cette heure matinale du côté de l’entrée, que cinq à six visiteurs attendant l’ouverture des portes. Je me suis collé à ce groupe pour prétendre, mon tour venu, à mon accès.

C’est là que j’ai fait connaissance avec deux cerbères soupçonneux, qui comme ça d’apparence auraient pu être formés pour le maintien de l’ordre des quartiers de haute sécurité. Ils m’ont toisé comme s’ils venaient soudain de repérer le plus recherché des serial killers immortels de la Renaissance. Je me suis demandé si je m’étais gouré d’entrée et si entre-temps, la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis avait ouvert sur place une filiale pour héberger leurs virtuoses et récidivistes. Ceci dans l’idée : Il faudrait exploiter des synergies dans la gestion des visiteurs.

On était un mardi et c’était leur jour de fermeture hebdomadaire. Visiblement dans la logique prétorienne, tout « Bipedus Veni Simplex » devrait être équipé de série et dès leur fabrication de cette information ! Parce que ça ne prend que deux neurones gravés d’un : Fermé le mardi ! signé : le Louvre.

N’étant pas l’heureux détenteur de ce tatouage cérébral (sinon j’aurais plutôt été boire une verveine à Pigalle, ) pour ce couple de gardiens des serrures du jour de clôture, je faisais figure de possible menace alien venue d’outre-espace pour piller le patrimoine de la République. Révélation : Les autres gars en attente devant moi et devant les portes étaient des ouvriers venus travailler sur des chantiers. Probablement la Joc qui avait encore fait sa diva et qui avait fait pression sur le Ministre de la Culture pour faire moderniser son archaïque carrelage. Le menaçant de tirer, chaque jour ouvrable, une gueule à trente-six coins pour les trois prochains siècles, s’il lui bloquait cet investissement.

A voir leurs « œil » aiguisés, Il devait sans doute s’agir d’éléments bruts des forces d’intervention spéciales infiltrés dans la sécu du trésor historique national. Ceci dans l’idée : Il faudrait exploiter des synergies et enrôler des esprits fermés pour quand le musée est fermé.

Liste de griefs pouvant m’être reprochés :

  • Un air trop innocent pour être vraiment innocent même un mardi
  • Un sac à dos trop volumineux pour pouvoir prétendre à un air innocent

On peut parfois être amenés à penser qu’avec le dédoublement de la population mondiale, les effectifs de vigiles en uniforme de toutes catégories ont aussi augmenté en proportion, mais que le nombre de leurs clients problématiques préférés n’a pas suivi. Qu’il en manque cruellement et que ça les rend nerveux. Qu’au moindre pétouillon de traviole d’un quidam tombé de la lune, le malheureux pourrait dans la milliseconde se retrouver le souffle coupé et la tronche aplatie sur le pavé sous le poids et le déchainement conjugué de cinq armoires à glaçons.

Pour m’éloigner de la zone potentiellement hostile avant tout échauffement d’esprits un jour d’étouffante chaleur ambiante, j’ai pensé très fort trois fois « mayday » et je me suis immédiatement dématérialisé.

Parce je ne me laisse pas facilement abattre une première fois, le lendemain je suis retourné rôder sur le site du Louvre, mais cette fois en prenant soin de sélectionner un déguisement ne pouvant pas trop facilement porter à grief dans l’œil du zèle.

La population mondiale avait bel et bien doublée depuis ma dernière visite et le nombre d’ouvriers en attente devant les portes, avait centuplé en l’espace d’une seule nuit.

Je me suis inséré dans la longue file d’attente et c’est arrivé à la hauteur du poste de garde, qu’une gladiatrice nous a annoncé à tous qu’il n’y avait pas de caisses et que les billets d’entrée ne pouvaient être commandés qu’en ligne. Et voilà encore que certains esprits se sont échauffés et que j’ai activé ma dématérialisation instantanée d’un triple « mayday ».

Comme je n’appréciais pas plus que d’autres de devoir acheter à l’arrache un billet sur un site avec mon smartphone, je peste aussi un peu à l’encontre de l’inévitable marche du progrès : Pas de billetterie humaine, pas même d’automates ?! Il était dès lors préférable que je me mette en quête des portes d’accès à cet autre monde certifié parfait dont on m’a souvent parlé !

Hier en repensant à ma double visite infructueuse, m’est apparu une idée. Il s’agit d’un concept technique que je me dois encore de clarifier avant de ramener ma fraise. C’est dans cet optique, que je suis allé visiter le site internet du Louvre et sa billetterie et que j’ai enfin percuté. Que même si ce conservatoire d’art est très vaste, lors des périodes de forte affluence en ouvriers, on ne peut pas toujours espérer obtenir un ticket pour le jour même. Que la population mondiale souhaitant venir sur place, entre-autres, pour adresser un clin d’œil furtif à la Joc, elle a vraiment TRES fortement augmenté !!!

Je crois que la prochaine fois que j’irai visiter le Louvre, ça sera tout simplement en ligne.

>.<

Maudit gazon

Il y a un peu plus d’un an aujourd’hui, je m’étais rendu un peu à la va-vite à Los Angeles. Je n’avais pas pris le temps de réserver de suite royale dans un palace, ni de suivre un petit cours préparatoire d’american fluently. Arrivé un peu crevé à l’aéroport LAX en soirée, je m’attendais à être accueilli par au moins trois sublimes californiennes en shorts moulants et colliers de fleurs (les anges), prêtes à me prendre en charge et à me bichonner, mais il n’en fût rien.

Au lieu de cela, j’ai trouvé à la va-vite (et en catastrophe) une piaule d’hôtel et ai du me rendre à l’évidence que tous les autochtones, ne parlaient pas tous le même american fluently qu’à la télévision ! C’est à dire celui bien articulé et sans accent que je peux comprendre au moins à moitié, sans sous-titres.

Alors arrivé dans ma chambre, j’ai allumé la télévision dans le but de me familiariser un peu avec le “ricain parlish” et voilà qu’à l’écran je tombe sur le Terminator en gros plan qui me fixe droit dans les yeux et qui me parle sur un ton sévère, un peu comme si j’étais son catéchumène indiscipliné. Par principe de précaution, j’arrête tout, j’éteins toutes les lumières et je me planque sous le drap, pour éviter de trop esquinter ma première impression du paradis des surfeurs et des “garçons de la plage” qui chantent si bien les “bonnes vibrations“.

Évidement ma chambre était phoniquement isolée comme une cage à hamsters et orientée pleine circulation. J’ai eu le plaisir de me coltiner jusqu’au petit matin, les allées et venues de la station service d’en face qui fait aussi magasin de (toute la) nuit. Dans le calme relatif de cet endroit de rêve impossible, j’ai eu l’impression que tous les noctambules locaux roulaient en Ford Mustang bleu nuit de 1965, et d’une cylindrée de sept litres. Et qu’aucun d’entre-eux n’y va plus mollo sur le champignon tard dans la nuit, qu’à l’heure du hot dog, juste parce qu’il y aurait semble t’il un touriste fraîchement parachuté qui voudrait bien roupiller deux secondes…

Au petit matin, au moment ou je me sentais enfin partir dans les bras de Morphée, à 5:55 AM précisément (le 6:66 n’existant pas) , un jardinier d’entretien qu’on pourrait qualifier de matinal s’est pointé avec son pick-up blanc et s’est garé. Il a déchargé sa tondeuse à gazon seize soupapes et a entrepris de tailler la pelouse indiquée sur la photo ci-dessus par une flèche verte . Ma parole, tout ici a l’air d’être surdimensionné hormis les pelouses, me suis je dit ! Mais c’était du travail bien fait, je dois bien le dire,surtout que le jardinier ne devait pas y voir grand chose vu qu’il faisait encore nuit noire à l’heure ou il a choisi de régler leur compte à ces trois ou quatre touffes d’herbe… Et avec mon american fluently encore très mal réveillé, je me voyais mal ouvrir ma fenêtre et lui crier : ” Is it not soon finished, ce fucking bordel hoooo ??? “

Voilà, et c’est ainsi qu’ils m’ont vendu la suite royale au palace et les trois sublimes californiennes en shorts moulants pour une prochaine fois.

>.<

Full underground

Je suis actuellement en congé en mode « full underground ». En ce moment je me trouve sous-terre et à plus de six pieds.

Je me suis exilé pour une durée indéterminée loin du monde des « smombies » qui pullulent partout en surface. J’ai besoin de profondeur, de ménager mon temps d’attention dans un labyrinthe de galeries imperméables à toute onde pénétrante et manipulatrice. J’ai la ferme intention de me sentir aussi déconnecté que possible de tristes réalités. J’ai abandonné mes centres d’intérêts en gare dans un casier de consigne. Tant pis pour les « likes » et tant mieux pour les « dislikes ». Les commentaires provocateurs et négatifs resteront tous lettres mortes. Plus la moindre étincelle de curiosité disponible pour des fake news, les fake friends et les tronches de fake cake… Des vacances d’homme de caverne dont tous les accès sont bloqués par un pare-feu à toute forme de cyber-connerie. Une permission bien méritée pour survivre avec mon temps sans pression technologique, à gribouiller à la craie à l’intention d’éventuelles générations futures, des témoignages sur d’ancestrales parois rocheuses . A établir une relation tactile privilégiée avec de l’argile et tout cela, sans avoir à être interrompu par une putain de sonnerie de notification….

>.<

Baggage Claim

-Je vous souhaite la bienvenue en Enfer, très cher Monsieur !

-Bonjour madame ! Ho, vous êtes sérieuse ? Je viens d’arriver en Enfer là ?

-Mais oui très cher Monsieur ! Et je me présente : Je m’appelle Lucie F et je suis votre hôtesse d’accueil

-Eh bien , enchanté madame Lucie F ! Je vous avoue que je suis un peu surpris ! je m’attendais à un décorum beaucoup plus spectaculaire ici bas. Et puis, il ne fait vraiment pas aussi chaud qu’annoncé par ici ! Si on m’avait prévenu de températures ambiantes aussi fraiches, j’aurais emporté une petite laine voire même une doudoune…

-Oh nous avons l’habitude. C’est à cause de ces rumeurs fantaisistes qui circulent chez les vivants ! D’ailleurs, nous voyons la plupart des nouveaux arrivants débarquer en tongs, T-shirt, jupe courte ou bermuda ! Il y en a qui arrivent le cigare ou la clope au bec avec l’intention de l’allumer à la première flamme de brasier. Et très souvent, ils déboulent avec leurs grandes valises remplies de pognon. Certains ont tendance à confondre notre destination avec l’un ou l’autre de leurs lieux de festivités ou de vacances favori !

-Houlalà mais justement, vous faites bien de me le rappeler ! Vous pourrez à coup sûr me renseigner. Dites moi : Où donc se situe la zone de retrait des bagages ?

-Ah ! Je crains fort très cher Monsieur, que vous allez subir votre toute première déception infernale : Il n’existe aucun service de cette nature par ici ! Généralement, les bagages des nouveaux pensionnaires sont incinérés dans l’une de nos usines ! C’est un traitement certes désagréable mais indispensable, qui permet de générer les besoins en énergie nécessaire à procéder au transfert de nos invités !

-Quoi ??? Comment ??? Vous m’annoncez comme ça, à brûle-pourpoint, que vous avez déjà carbonisé toutes mes économies ??? Sans même m’en informer ni me demander mon accord au préalable ?!!

-En effet très cher Monsieur ! Depuis la grande glaciation des Enfers, tous les avantages matériels et les biffetons ont été bannis sur l’ensemble de notre territoire !

-Hé bien ! Heu… mais dites-moi madame Lucie F, vous n’auriez pas par hasard une paire de moufles à me prêter ? Je sens le bouts de mes doigts s’engourdir…

Je suis désolé très cher Monsieur, mais nous sommes malheureusement en rupture de stock de gants ! Le conseil d’administration et la direction du groupe ont été contraints de geler toutes les commandes et tous les futurs investissements jusqu’à nouvel ordre ! Nous devons améliorer notre indice de performance. C’est qu’ici bas vous comprenez, ce n’est pas de sitôt qu’on risque de manquer de pensionnaires ! Et nous pensons à nos pensionnaires, mais nous pensons également à nos actionnaires !

>.<

Coups de cœur sur toile

Portrait de Kristen Stewart réalisé sur toile à l’acrylique à partir d’une photographie dénichée sur la toile.

Kristen est une brillante actrice et réalisatrice de cinéma américaine, étincelante également dans la mode en qualité de modèle et égérie.

J’ai fait sa connaissance il y a une dizaine d’années dans une salle obscure sur la grande toile,  dans le rôle de Tracy dans le film Into the Wild. J’ai été frappé par sa beauté hors du commun et par l’extraordinaire intensité émotionnelle qui se dégageait d’elle.  

Par la suite, j’ai retrouvé sa trace sur le grand écran d’une autre séance, incarnant une jeune adolescente qui tombait sous le charme d’un végétarien aux dents longues et aux yeux injectés de jus de tomate. Je crois me souvenir que je n’avais pas tout de suite percuté qu’il s’agissait de la même actrice, mais je me rappelle avoir imaginé que si je m’étais trouvé dans le rôle du prévenant bellâtre, je n’aurais probablement pas trouvé la force nécessaire à contenir mes ardeurs ! Même pas dans les smoothies mangue-rhubarbe. Il n’y aurait donc pas eu matière à envisager une trilogie à rallonge, un suspense susceptible de tenir en haleine et faire rêver plusieurs générations de jeunes romantiques. Je pense que j’aurais un peu vite fondu sur cette irrésistible et consentante ingénue et aurais enchaîné un gros plan en lui collant l’incisif bisou fatal dans le creux de la nuque. J’aurais craqué avant même d’être brutalement réveillé par l’écran glaçant et inanimé annonciateur de l’entracte…

Ce n’est qu’au terme de la projection, que j’ai naturellement pondéré ma fougue imaginaire et ai repris le chemin de mon rôle de père de famille séparé, qui se paye une toile en compagnie de ses enfants. Mon commentaire lors de notre discussion d’après-séance : – J’ai trouvé l’actrice qui tenait le rôle principal ma-gni-fique !

Malgré la troublante fascination qu’elle avait encore suscité en moi, je n’ai pas été fidèle à la suite d’épisodes de la saga crépusculaire. Mais j’ai gardé un œil attentif et intéressé sur les distributions des sorties au cinéma. Un beau jour, j’ai retrouvé Kristen à l’affiche de Sur la Route (On the Road). Plutôt friand de road trips et de road movies que ce soit au cinoche ou dans la réalité, je comptais deux raisons évidentes de ne pas rater ce rendez-vous en salle.

Je me suis pris une bonne grosse paire de baffes en réalisant une fois de plus l’ampleur de ce que je pouvais ressentir au fond de moi pour cette créature de rêve. Mes sentiments ressemblaient plus à un béguin bien réel qu’à une simple session d’évasion affective !  En même temps, j’imaginais facilement qu’à l’échelle de la planète, nous devions être au bas mot dans les huit cents cinquante mille à nous trouver dans la même situation d’extase.

<.>

Je ne me rappelle plus exactement à partir de quel moment, j’ai décerné à Kristen la distinction officielle de « Celebrity Crush » ! Un premier rôle dans mon petit univers personnel , qu’à ce jour, elle n’a jamais eu à remettre sur le tapis rouge.

A cette période-là, j’ai radicalement changé de vie et ne me suis pas laissé glisser vers une obsession ou une addiction. Par précaution, j’ai installé une série de petites résistances destinées à modérer son pouvoir de séduction sur moi. J’avais loin de la lumière des projecteurs, une vie amoureuse à savourer, de nouvelles stratégies de survie à élaborer mais aussi à faire plus ample connaissance avec moi-même.

J’ai laissé le soin à la part de hasard d’organiser au mieux nos éventuelles rencontres et c’est pourquoi j’en ai manqué plusieurs. Je n’ai cessé de suivre l’évolution de sa carrière et parfois également les réactions du public, que je trouvais trop souvent désespérément tièdes.

Je voyais en elle un talent d’exception, une présence des plus étourdissantes à l’écran et me délectais de sa bouleversante capacité à faire passer des émotions par des expressions faciales naturelles plutôt qu’au travers d’œillades convenues d’acteurs ou de longs palabres !

En même temps, j’ai conscience depuis belle lurette que mon idéalisme forcené ne suffit jamais à me faire ignorer complétement que dans ce monde barré, les meilleurs espaces ne sont pas toujours occupés par les meilleurs talents ! Et donc aussi que les scènes qui se tournent dans les coulisses de l’industrie du rêve, sont toutes soigneusement coupées au montage.

Je crois que c’est du côté de la médiathèque que j’ai obtenu un nouveau rendez-vous avec l’envoûtante comédienne. Elle était de passage en Suisse du côté de Sils Maria. Puis elle m’a filé un étrange rencard dans les murs d’une sinistre prison (Camp X-Ray). En principe, j’évite les films à forte présence d’uniformes militaires ou à visées patriotiques : Je ne concède d’exception à ce niveau-là, que si la frangine ou la gardienne est super canon !

<.>

Maureen m’a captivé et offert un enthousiasme considérable lors de nos retrouvailles dans un salon capitonné blindé de fauteuils orientés droit devant. (Personal Shopper).

C’était peu avant avant de m’aventurer en solitaire, sans chameau ni dromadaire, dans une longue traversée du désert.

J’ai amélioré un concept bricolé à la hâte lors d’une traversée précédente : J’allais cette fois emporter dans mon balluchon, un sujet d’étude susceptible de me passionner jusqu’à destination ainsi que la flamme d’une présence capable de me décongeler le palpitant.

C’est qu’on ne tombe pas sur une oasis ou sur une brasserie tous les trente mètres dans les entrailles du désert et je n’allais pas m’en tirer si facilement, sans emporter aussi une grande quantité d’eau pour apaiser ma soif (Come Swin)

Chemin faisant, entre deux tempêtes de sable fin, j’ai suivi les yeux fermés la recommandation d’un nomade qui avait apprécié American Ultra. C’est une sublime et ultra-combative Phoebe, capable d’encaisser des coups sans se répandre en pleurnicheries, qui m’a insufflé sa détermination et son courage communicatifs.

Dans l’optique de compenser le précieux temps perdu, j’ai entrepris de me régaler de tout ce qui comptait au générique, la signature de l’artiste. La genèse d’une belle obsession venait d’éclore en moi.

Dans le long métrage « Speak », Melinda est adorable et prodigieuse ! Et ce n’est pas tous les jours que je me verrais accepter de retrouver les bancs de l’école et mon gros cœur intact et vulnérable de galopin. J’ai pris un coup de jeune bienvenu.

C’est dans un parc d’attraction que j’ai rencontré la très attractive Emily (Adventureland). J’aurais bien aimé lui offrir un tour de manège. Mais il y avait un autre prétendant sur le coup.

Dans l’intervalle, j’avais également largement outrepassé mes limites habituelles en matière de voyeurisme sur les réseaux sociaux, mais c’est de cette manière que j’ai découvert qu’à son catalogue fort bien garni d’époustouflantes qualités, j’allais devoir ajouter la rumeur qu’elle serait une personnalité hyper-sympa !

C’est là qu’un rebondissement est venu semer le trouble dans le merveilleux film que j’étais en train de me faire : Kristen Stewart ne serait-elle pas tout simplement une créature d’origine extra-terrestre ?

<.>

Mon enquête m’a ensuite conduit dans un monde où le sentiment amoureux et les ailes du désir sont indésirables et considérés comme pathologique. N’ayant été préparé au préalable, il ne m’a pas fallu attendre une orbite martienne complète avant de tomber raide-dingue de Nia et de me laisser consumer par les flammes du désir défendu. Malgré l’interdiction, j’étais prêt à braver le danger, que ce soit de suite ou sur simple rendez-vous, pour aller lui frotter le dos avec délicatesse sous la douche (Equals)

Lors d’un séjour prolongé dans le désert, il peut arriver qu’on soit victime d’une crise de manque de rock : C’est là que Joan m’a emballé d’une divine rock n’roll attitude amplifiée d’un riff de guitare à démêler les tripes les plus emberlificotées ! Si j’ai pu lui résister une heure ou deux, c’est parce qu’elle ne m’a pas tout de suite adressé le clin d’œil ravageur m’enjoignant à la rejoindre dans sa baignoire après le concert pour lui frotter le dos ! (The Runaways)

Lors de mon périple, j’ai également eu la chance de rencontrer Vonnie, Elisabeth, Lydia, Jessica, Sophie, Georgia, Lucy, Allison et Kathrin. Et vous allez penser que j’en rajoute, mais j’ai aussi croisé blanche-neige qui avait besoin de se ressourcer et de prendre quelque distance d’avec les sept nains.

Vous n’imaginez peut-être pas les belles rencontres qu’on peut faire lorsqu’on crapahute la boule au ventre dans des contrées reculées. Jamais jusqu’ici, je ne m’étais vu tomber amoureux aussi souvent sur une aussi courte période !

Très récemment, j’ai été hypnotisé d’un coup de foudre pour Martine. Évidemment, elle n’en a rien su parce qu’elle était encore très jeune et que j’aurais pu être deux fois et demi son père (The Yellow Handkerchief) C’est un peu ce jour-là que s’est confirmée l’évidence que je devais avoir court-circuité plein de petites résistances tout au long du chemin et que la destination de mon voyage était à portée de mains

Surtout n’allez pas croire qu’au long cours de cette traversée, je n’ai fait que de me rendre de cinémas en salles obscures de manière compulsive ou que je me suis contenté de multiplier les histoires de cœur ! Je poursuivais d’autres buts en parallèle. Mais je suppose qu’il ne vous a pas échappé qu’ils ne sont pas du tout le thème central de cette histoire…

>.<

Je n’aurais pas considéré cette excursion comme accomplie si je n’avais pas également rencontré Madeline, Maya, Robin, Zoe et Lila : Toutes jolies à croquer et prêtes à croquer la vie à pleines dents ! Je ne vais pas omettre de mentionner Lisa qui, même si elle s’est montrée un peu froide et en pleine crise d’adolescence, ne m’a pas laissé de glace pour autant (Zahtura)

>.<

Aujourd’hui, je suis convaincu que les nombreux talents de cette perle rare du septième art finiront par être révélés et surtout reconnus par le plus grand nombre. Elle est à mon avis trop longtemps restée associée à la saga qui certes, lui a apporté la célébrité mais l’a également faite prisonnière de son sillage.

C’est qu’elle en a fait du chemin depuis et dans des rôles plus exigeants ! Il se pourrait que vous ne soyez pas au bout de vos surprises !

Et il y a Valentine, qui a été récompensée du César largement mérité, de meilleure actrice dans un second rôle ! (Sils Maria)

Quant à moi, je ne peux que me réjouir de tous les rencards qu’elle me proposera à l’avenir !

>.<

Périple imaginatif

>.<

Une montagne de remises en question

Une demie mesure de confusion

Une touche d’incohérence

Une bonne dose de cocasse

Une pointe d’absurdité

Une fine couche d’étrangeté

Un zeste d’insolite

Une portion de comique

Un soupçon de loufoque

Un brin d’équivoque

Lorsque mon imagination me joue des tours

Elle me contraint à presque tout réinventer

Elle m’entraîne à prendre tous les détours

Elle s’acharne à semer du désordre dans mes idées

>.<