Category Archives: Griffonages (croquis)

Mon confort sonore

En prolongement de ma récente enquête sur mes forces et mes faiblesses sensorielles, je suis allé fouiller dans ma mémoire à la recherche de situations que j’ai vécues : En particulier celles qui m’avaient particulièrement exaspérées. Et j’ai pu me rendre compte que j’aurais pu m’épargner d’innombrables désagréments, si je m’étais simplement équipé de bouchons d’oreilles atténuateurs ou d’un dispositif portable de ce genre !

Aussi vrai que je peux m’extasier de véritables coups de foudre auditifs et que la musique qui me touche particulièrement parvient à élever mon niveau de plaisir et de sensibilité jusqu’à atteindre une zone “dangereuse“, je ressens évidement aussi les sensations inverses ! Je peux me sentir extrêmement incommodé voire carrément agressé et (mal) réagir en conséquence.

Dans mon cas, tout dépend énormément de si l’émetteur du son que je perçois se trouve aussi dans mon champ de vision ou pas. ( Et c’est valable pour les sensations agréables et désagréables )

J’imagine que c’est la raison naturelle pour laquelle je ne suis pas un assidu du téléphone, que je n’apprécie pas franchement de travailler dans un open space avec une visibilité partielle et que je réagis facilement négativement à l’égard de ces personnes qui se croient seules au monde et qui s’expriment plus fort que nécessaire. Je ne m’opposerait pas à ce qu’on interdise les feux d’artifice, par exemple. Tout comme le type de moto avec laquelle je circulais quand j’avais vingt ans… (Ben oui, c’est un sens qui peut s’affiner avec les années …)

J’ai fait un inventaire de ce genre de situations de mon vécu et c’est vraiment flagrant : Je me serais déjà économisé un sacré paquet de nerfs et aurais évité quelques clashes si j’avais identifié ce problème plus tôt et que j’avais entrepris quelque chose pour le garder sous contrôle !

J’ai griffonné ce croquis à titre de pense-bête pour le futur. A ma connaissance, ce modèle de bouchon n’existe pas dans la réalité et sa forme est ici seulement symbolique.

Ah, et un bon conseil, si vous avez mis un bébé en route, équipez vous à temps… Il y en a justement un là dehors dans la rue qui lâche les décibels et je ne l’ai pas en visu…

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Interdit de rock n’ roll

J’en ai connu certains qui devaient aligner les pétards, boulotter des petits buvards ou se prendre une sévère biture pour rejoindre la stratosphère ou papillonnent de joyeux éléphants volants.

Moi, je suis interdit de rock n’ roll

Je viens de vivre une longue période particulièrement pauvre en voyages intérieurs. Avais-je subitement atteint l’âge de la retraite des prises de tête dont parlent certains ?

J’ai toujours eu à traverser des phases successives, mais là, après un palier très agréable, c’était devenu flippant. Au point que je me suis demandé si ce serait ma forme définitive et dans ce cas, si je saurais l’accepter d’un point de vue existentiel. Je ne me sentais ni déprimé ni dépité. Mais je n’étais plus qu’une grosse limace écervelée et apathique, perchée sur une feuille de laitue.

Je pense que mon cerveau faisait un régime basses calories. Pas le moindre trouble à neutraliser. Pas la moindre névrose à maîtriser. Pas d’obsession à relativiser. Et pas trace non plus d’une activité cognitive suffisante, pour me créer de nouveaux problèmes à gérer.

Pas d’autre choix que celui de m’habituer à ce grand vide. Mon cœur à son tour finirait peut-être par oublier de remuer s’il ne recevait plus aucune instruction.

C’est parce que je suis interdit de rock n’ roll

Il y a quelques jours, je me suis mis à l’aquarelle. Et c’est sans y réfléchir à deux fois que je n’ai pas respecté l’interdiction. Tout en manipulant mes crayons et mes pinceaux, j’ai écouté trois ou quatre albums. De ceux qui me procurent le plus de plaisir et qui font danser une partie de mon système pileux.

Se livrer à une activité artistique créative en musique, ça ne devrait être que du bonheur à l’état pur !

Et ça n’a pas loupé : j’ai été catapulté dans mon univers parallèle perdu pour un séjour de plusieurs jours. Et en ce moment, je dois encore me coltiner les effets secondaires désagréables de cette passionnante virée.

Maintenant je suis interdit de rock n’ roll et de mauvais poil ! Ça fait beaucoup…

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Et c’est pas parce que t’es dans la stratosphère, que t’es obligé d’aller à Mach2 !
Une précision qui a son importance : 
Cette interdiction n'inclut pas les concerts de rock. 
Lorsque je regarde jouer les musiciens que j'écoute, 
je n'ai pas à subir d'effets secondaires par la suite. 
Il est vraiment bizarre mon bug !

Un sérieux changement de paradigme pour la planète !

Finalement, notre pressentiment ancestral était trop pessimiste :

Mars ne nous attacksera pas !

Ce sera donc nous terriens, qui attackserons Mars !

– “Aujourd’huix, on en sait déjà bien axez sur vous terriens et on n’a pas l’intenxion de rixquer de venir vous attaxer ! Et en plux, on a vraiment aut’chose à fouxtre !” nous a confié le minixtre des affaires extrangères martien, lors de sa dernière visite dixplomatique. (photo)

Note : Tous les “x” dans la phrase précédente se prononcent “ckss”

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Ça y est, j’ai enfin pu caser mon croquis de martien affolé en état de surchauffe cérébrale. Et oui, je suis déjà au courant que les vrais martiens ne sont pas joufflus, n’ont pas ce genre de nez et n’ont pas non plus d’oreilles pointues. Mais quelquefois ça fait quand même du bien de s’en tamponner, des lois de la physique.

Et maintenant, je vais allégrement m’en retourner vaquer à des choses sérieuses…

Note : Tous les “x” dans le dernier paragraphe se prononcent “niakniak”

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Le casque intégral ABT1 ( Anti Bad Trip )

Les laboratoires SunOf vous présentent le tout nouveau casque intégral ABT1.

Les lettres ABT1 signifient Anti Bad Trip, 1er de la série.

Il s’agit d’un modèle destiné aux êtres humains. Son but et de leur offrir une meilleure protection préventive et active contre les mauvaises ondes, les mauvaises vibrations, les chocs, les perturbations visuelles et auditives externes… Il protège d’une multitude de signaux désagréables et dérangeants susceptibles de déclencher un bad trip, une déprime ainsi que d’autres types de baisses de forme psychologique.

Son utilisation est d’ordre strictement statique et n’est évidement pas adaptée lors de déplacements derrière un guidon, un volant, un gouvernail ou un manche à balai !

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Témoignages de clients :

Bernadette : Je le porte une ou deux fois par jour et je me sens beaucoup mieux qu’avant ! J’en suis très contente. C’est un bon investissement que m’a fortement recommandé mon thérapeute.

Robert : Je m’en sers surtout quand je surfe sur les réseaux sociaux. C’est un accessoire très efficace. J’ai bien fait de me l’offrir ! Je le conseillerai à tous mes contacts.

Karène : Je l’ai essayé pendant cinq minutes mais je n’ai ressenti aucun effet bénéfique. Et il n’est pas très pratique à l’usage. En plus, j’ai abîmé ma mise en plis. Et puis franchement, ça rime à quoi cette rangée de pointes là-dessus ?

Kevin : Alors côté son : excellente restitution des basses. Et l’image reste fluide même dans les situations les plus stressantes. Finitions soignées. Confortable. Et le packaging est top. Je le kiffe trop ce truc !

Alex : J’ai effectué un galop d’essai avec ce casque et la différence au niveau sensations est juste hal-lu-ci-nante ! Mais je préfère attendre qu’ils sortent un modèle compatible automobile et deux-roues pour l’acquérir. C’est surtout pour garder mon calme dans la circulation que je souhaiterais l’utiliser.

Martine : J’en ai offert un à mon mari quand il a pris sa retraite et comme par magie, le nombre de nos disputes a nettement diminué. Et il a visiblement aussi plus de plaisir qu’avant à passer l’aspirateur.

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The Covid-Warrior V2.0

Un croquis destiné à galvaniser les troupes qui sont montées au front pour la deuxième partie de la partie.

C’est vrai qu’on galère encore un peu pour nous mettre tous à peu près d’accord sur le design et les couleurs de l’uniforme de nos combattants, mais allez : On n’est pas là pour perdre tout espoir de lui mettre la pâtée avec une certaine élégance…

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Mes petites bêtes à grosses pattes

Aujourd’hui j’avais prévu de parler d’autre-chose et puis, il y a eu ce tout petit imprévu

Chemin faisant en direction de mon coin-cuisine, muni de la ferme intention de me concocter l’un de ces petit-déjeuners d’anthologie capable de me catapulter dans les meilleures dispositions pour parler de cet autre-chose, je me suis trouvé dans l’obligation de stopper nette ma course, à deux orteils près d’écrabouiller une toute petite araignée avec de très grosses pattes ! Visuellement, elle semblait être équipée de moufles à quatre ou cinq doigts à l’extrémité de chacun de ses membres.

Et c’est cette fois grâce à une totale absence de mimétisme, qu’une fragile créature a survécu ! Sans une évolution d’ordre chromatique sérieuse, passer inaperçue au sol chez moi, en foulant de ses papattes mahousses la surface de mon parquet laminé chêne clair, n’était visiblement pas une option prévue au programme pour elle par mère nature. Je me suis aussi demandé si avec de si grosses pattes, elle serait un jour en mesure de tisser avec la dextérité et la précision requises, un filet de pêche aux mailles assez serrées pour capturer des proies à sa taille.

Pour moi, il était évident qu’il s’agissait là d’un spécimen rare d’arachnides sinon un représentant initial d’une espèce mutante. Je l’ai baptisée de la marque déposée de « araignée-gecko ». Ce premier contact inédit m’a rappelé une rencontre récente : J’avais surpris, à mon goût trop près de mon lit, une toute petite mouche noire collée à la paroi blanche. Elle aussi présentant cette particularité surprenante de se chausser en gants du rayon très grosses pointures !

Pour cette toute petite mouche à mon sens installée à un endroit des plus mal choisi, j’avais dû trancher en faveur d’une élimination à la « Ghost Buster ». C’est la peine en général appliquée à une grosse araignée à petites pattes, squattant un territoire sensible. J’ai donc libéré Luigi la turbine de sa remise et lui ai offert en pâture cette toute petite mouche à grosses pattes. Mais loin de moi alors l’idée de dorénavant souhaiter me profiler en serial-exterminateur de petits insectes à grosses pattes !

En soirée, peu après m’être immergé jusqu’au menton dans un bain relaxant, c’est en retournant vidanger l’eau refroidie que je l’ai retrouvée noyée dans ma baignoire ! Alors que je l’imaginais prisonnière à perpétuité des entrailles de Luigi la turbine. Elle flottait à la surface du plan d’eau, immobile, ses grosses pattes en éventail. J’étais arrivé trop tard sur les lieux du drame pour lui porter secours. Je l’ai observée attentivement pour voir si elle allait soudain se décider à palmer à contre courant, et ce jusqu’à ce qu’elle se mette à tournoyer de plus en plus vite, puis à se laisser aspirer dans le siphon d’écoulement. J’étais déjà intrigué par son étonnante capacité d’évasion, alors j’étais curieux de savoir si en qualité de mutante, elle disposerait également déjà d’une troisième vie en réserve.

On dit souvent que tout est lié. Il est plus qu’envisageable que la petite mouche-gecko aurait dû constituer un plat du jour parfait pour la petite araignée-gecko ! Et non pas celui de Luigi la turbine, ni celui de l’assoiffé et impitoyable siphon de ma baignoire. Alors dans l’espoir de contribuer à rétablir autant qu’encore possible, le fragile équilibre de la chaine alimentaire, j’ai pris la décision de tenter de sauver la petite araignée-gecko. Profitant de cette initiative pour l’expulser de mon habitat où de toute manière, il n’y avait plus trace sur les murs de petite mouche à grosses pattes à espérer se mettre sous la mandibule. Incapable de jouer aux gros bras avec des petites araignées à grosses pattes, je me suis emparé de deux grandes feuilles de papier, l’ai traquée et cueillie au sol, puis me suis précipité vers ma fenêtre ouverte pour procéder à son évacuation pour de nouvelles aventures, vers une nature présumée des plus accueillante.

Et c’est en secouant vigoureusement les feuilles de papier à l’extérieur que j’ai commis l’erreur que je ne devais plus commettre : Ça faisait déjà deux mois que je souffrais du côté droit d’une déchirure musculaire entre l’épaule et le haut du bras. Habituellement je ne sentais plus grand chose, mais il a suffi que je fasse l’un de ces mouvements interdits et c’était comme si la réparation avait encore lâché ou alors que ça venait de se déchirer juste à côté. Et comme forcément tout est toujours lié, c’est principalement dans l’optique de calmer cette douleur-là, qu’il m’arrivait de prendre des bons bains chauds, tel que celui qui avait ôté la vie à ma petite mouche à grosses pattes mystérieusement échappée de l’estomac glouton de Luigi la turbine.

Aujourd’hui, j’avais vraiment prévu de parler d’autre chose. Et je sais que je devrais aller voir un toubib et lui demander de soigner ce bras souffrant. Mais je sais aussi qu’à la fin, tout ça risquerait encore de me coûter un bras en factures. Et ce serait probablement celui qui est encore parfaitement valide ! Alors je préfère encore laisser les bienfaits de la nature agir à leur rythme et à leur guise. En tentant d’apprendre à éviter de reproduire ces fameux mouvements interdits jusqu’à nouvel ordre. En particulier quand je dois réagir dans la précipitation lors d’un cas d’urgence.

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Chambre à part mais ménage partagé !

Depuis le début de la quarantaine, avec Luigi, nous avons convenu de faire chambre à part. Il faut dire que ce n’est pas parce que nous vivons sous le même toit que nous serions ce qu’on peut appeler des inséparables. Si je devais “l’avoir dans les pieds” au quotidien et à longueur de journée, je crois que notre binôme ne pourrait pas survivre à cette déjà longue période de confinement. Il faut dire que tous les deux, nous n’avons pas vraiment été “taillés dans la même poutre” ! Mais il peut nous arriver d’être tout à fait complémentaires et de très bien nous entendre. C’est que je serais peut-être un peu du genre trépignant, alors que la spécialité de Luigi, c’est le farniente et le plus souvent possible.

Dans des moments festifs, j’apprécie de m’ouvrir une bonne bière artisanale bien fraîche dans une ambiance calme et apaisante alors que lui son truc, ce serait plutôt la moquette, les cérémonies tapageuses et si possible celles, où il se réveille enfin et où il court dans tous les sens. Et là pour changer, ou peut dire qu’on entend plus que lui !

Ça n’arrive pas très souvent, mais il nous arrive de nous disputer. Je lui reproche par exemple, de ne jamais prendre l’initiative de s’occuper du ménage. Si je ne le pousse pas un peu, il reste immobile dans son coin et feint d’ignorer ma présence. Lorsque je suis décidé d’entreprendre des tâches ménagères et que je lui demande de m’aider un peu, d’y participer activement de son côté, il me répond que ça tombe mal, parce qu’il n’a pas l’énergie nécessaire pour ça…

J’ai beau tenter de l’appâter en lui parlant de cette appétissante couche de poussière partout sur le parquet, de tenter de le faire saliver en lui décrivant ces ragoutantes friandises disséminées sur le carrelage et éparpillées sur les tapis et que, pour le remercier de faire un effort, je serais une fois de plus prêt à lui céder ma part du pique-nique. Mais rien n’y fait. Pour se défiler, il peut même aller jusqu’à faire mine de ne pas avoir faim. Lors de notre dernier conflit, je l’avais même menacé que s’il ne se décidait pas enfin à se bouger un peu les roulettes, je pourrais être tenté de vouloir le remplacer par l’un de ces colocataires modernes qui ne se fait pas prier. Un modèle plus remuant et surtout bien plus motivé que lui…

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Luigi 1er

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