Remuant le passé

Chose étonnante hier, c’est en remuant le passé entassé dans un carton d’archives, que j’ai retrouvé mon carnet de vaccination. S’agissant d’un thème brûlant en ce moment et puisqu’on me l’avait demandé le jour de ma première injection anti-covid-19, cette trouvaille inattendue a été l’occasion d’une petite réflexion…

Je constate que ce carnet est quand même assez bien rempli en fin de compte. A part celles qui me paraissent évidentes, je ne sais même pas exactement contre quelles maladies j’ai été protégé. Mais dans mes souvenirs, mon préféré était celui contre la poliomyélite, parce qu’il suffisait d’avaler le contenu d’un petit gobelet de liquide sans avoir à me soumettre au supplice de l’aiguille. Je me rappelle aussi qu’en ces temps-là, à mes yeux en tout cas, les bénéfices de la vaccination ne prêtaient pas tellement à discussions et qu’on s’y pliait avant tout pour le bien collectif.

Ceci me laisse l’impression que dans le passé, la population était particulièrement disciplinée et consciencieuse et que de nos jours, on dirait que tout ça, c’est un peu devenu le foutoir.

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Dans le même carton d’archives, il y avait également mes carnets de notes scolaires. En y jetant un coup d’œil curieux, j’y ai décodé des annotations manuscrites de mes profs que je n’avais encore jamais lues jusqu’ici.

Et là, c’est une autre impression qui m’a sauté à la figure :  Apparemment à l’école, c’était moi qui étais très indiscipliné et loin d’être consciencieux. C’était moi qui mettais le foutoir dans la classe. Alors qu’il me semblait comme ça en toute innocence que je n’avais été qu’un gamin lambda sans problèmes ou presque… En réalité, j’étais passé à deux doigts d’une prescription de Ritaline ou équivalent…

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Et sur le thème brûlant de la vaccination en ce qui me concerne, je préférerais ne pas voir apparaître un mutant encore plus dévastateur de ce virus. Une erreur de copie nettement plus virulente que l’original qui décimerait la moitié de la population mondiale en quelques semaines… Mais il est fort possible aussi, que je regarde bien trop de films d’épouvante et que ça biaise tout ou partie de mes capacités de jugement.

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Le variant classique
Le variant rock
Le variant punk
Le variant anglais

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Mon tout premier téléphone portable

C’était à l’occasion de fêtes de Noël que J’avais reçu mon tout mon premier téléphone portable. Il était temps car j’avais déjà deux ans d’âge révolus au compteur !

Au prime abord c’est vrai, j’avais l’air ravi de ce cadeau… Mais le modèle en question n’avait pas d’écran tactile, était dépourvu de caméras et était exempte d’interface sans fil Bluetooth !!! Pire, il fallait carrément une sacoche de bûcheron pour le trimballer sur le terrain. Et j’étais sensé retenir par cœur tous les numéros de mes futurs interlocuteurs !

Alors évidement, je n’avais pas attendu une seconde de plus pour tenter de contacter ma planète d’origine à l’aide de cette technologie primitive, faute de mieux. J’avais insisté pour qu’on m’envoie une soucoupe volante de sauvetage dans les plus brefs délais…

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En flagrant délire

-Et ton épouse, elle se porte bien elle-aussi ?

-Oui, aux dernières nouvelles du moins. Mais peut-être n’as tu pas encore eu vent de la nouvelle : Nous avons divorcé !

-Mais non ?! Tu m’en vois sincèrement désolé ! Mais que s’est-il passé ? Si ce n’est pas chose trop indiscrète de te le demander …

-J’ai tout d’abord constaté qu’elle était à l’origine de nombreuses dépenses inhabituelles. Et ensuite, j’ai trouvé très louche que pour aller faire du shopping en ville, elle ne se serve plus que du SUV familial plutôt que de sa citadine compacte. Et elle se faisait coquette, en plus. Peu à peu, ses sorties hors du domicile ont commencé à se multiplier et à se prolonger. Alors pour découvrir le pot aux roses, j’ai engagé un détective privé pour qu’il se charge discrètement de la prendre en filature

-Aïe mon pauvre ! Tu suspectais donc une aventure extraconjugale ?

-Affirmatif ! Mais ce que je comprends mal au final, c’est que son soupirant là, ce n’était ni un bad boy irrésistible et fauché, ni un bellâtre charmeur et sans-le-sou. Et pourtant, elle l’avait déjà quasiment recouvert de pièces d’or, ce larron opportuniste  !!!

-Mais as-tu tenté d’en discuter avec elle ? De la retenir ? De la reconquérir ?

-J’ai absolument tout tenté, cher ami ! Arguments en béton et photos compromettantes à l’appui ! Mais hélas, ce ne furent que démarches sans succès : l’asticot s’était déjà installé dans la pomme !

-Tu veux dire que ton détective était parvenu à les surprendre en flagrant délit ?

-Oh que oui ! Et à pas moins de cinquante reprises. Et tiens toi bien, c’était un peu comme si elle avait cherché à me pourfendre le cœur, mais ces rapports tactiles et tarifés, c’était avec un parcmètre qu’elle les partageait ! Et toi aussi tu le sais bien, à quel point je les déteste, ces saletés qui par les temps qui courent, poussent comme des champignons un peu partout…

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Le canard botté

Suite à cette interminable série d’intempéries estivales en Europe, toutes ces crues d’une ampleur record et toutes ces inondations dévastatrices et meurtrières, je suis tombé sur un article de presse qui parlait d’un boom des ventes de bottes en caoutchouc. J’ai imaginé que même les canards étaient prêts à tout pour avoir les palmes au sec…

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L’envol du variant delta

Je me suis enfin inscrit pour la première piquouse ! J’avais un peu temporisé pour complément d’informations. Et puis la liste d’attente s’est raccourcie depuis ma première intention avortée. Et comme il n’y aura pas foule au portillon, je serai peut-être piqué plus en douceur, selon des critères de productivité réduits.

Je préfère ne pas trop penser à ce que ça pourrait donner, mais une mutation en un variant SunOf+ pourrait s’avérer bien plus efficace encore, pour anéantir le fabuleux destin de l’humanité ! [ rire démoniaque ]

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J’ai encore viré ma souris !

Je préfère ne pas héberger de souris non-informatique ! Mais je n’ai jamais posé de trappe ! Je l’attrape délicatement pour ensuite la relâcher à l’extérieur. Le premier mulot que j’avais saisi en parfait débutant, c’était en camping et il m’avait mordu les doigts. J’avais appris en autodidacte qu’un animal ultra-miniature pouvait mordre beaucoup plus fort qu’il n’en a l’air. Le second rongeur s’était égaré dans ma salle de bains. Il en faisait désespérément le tour en boucle à la recherche d’une sortie de secours. Sans doute découragé, c’est sans discuter qu’il s’était volontairement enfilé dans l’Impasse de la Chaussette que j’avais placée sur son parcours. Plus tard, j’avais découvert dans un cagibi de stockage, qu’une famille nombreuse de souris s’offraient un festin dans les sacs de restes de pain sec que je conservais dans cet endroit avant recyclage.

Je pouvais donc me féliciter d’une certaine expérience dans l’expulsion de souris !

Et jusqu’à hier à l’aube, je n’en avais plus rencontré à l’intérieur du périmètre de mon territoire privé. Comme d’habitude, j’ai intercepté le visiteur et d’un geste prompt, l’ai jeté avant tout réflexe de morsure dans mon panier à linge sale avant d’en rabattre le couvercle.

L’animal captif se montrant extrêmement remuant dans sa prison, je suis sorti de la maison en toute hâte pour l’exfiltrer. Relâchée, la petite bestiole a tracé comme s’il y avait le feu en direction de la route, au risque d’aller se faire écraser dans la circulation. Mais à ma grande surprise, elle s’est arrêtée sur le trottoir et s’est subitement transformée en oiseau gris coloré de rouge et de bleu, pour ensuite majestueusement prendre son envol…

Une fois de plus, mon cerveau de veille a fait preuve de plus d’imagination que mon cerveau de fonction. Même si de toute évidence le premier s’inspire généreusement des aventures de l’autre.

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Un atout impérieux

Ne vous laissez point embobiner par ses habiles gesticulations lorsqu’il agitera ses clochettes. Car ce bouffon là ne rebattra ni ne redistribuera jamais vraiment les cartes pour les rejouer sur table !

Tout au plus prendra t’il la peine de les décoller les unes des autres en nous rejouant son tour habituel. Car pour lui, les jeux sont faits, rien ne va plus !

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Un article qui au final se révèle être assez décevant. Ce personnage de carte à jouer offrait pourtant une très grande liberté créative. Il pourrait danser sur une main en jouant de la flûte de pan qu’on ne s’en étonnerait pas. J’avais aussi l’espoir au passage d’en apprendre un peu plus sur le rôle de cette carte. Mais là aussi, il n’y avait pas véritablement de grand mystère à éclaircir. Son statut varie beaucoup en fonction du jeu auquel on joue, lorsque on ne le retire pas carrément du paquet avant une partie.

C’est après m’être laissé aller à dessiner ma version de ce fameux Joker, que je me suis aperçu qu’il aurait facilement l’air d’un mauvais joueur qui nous fait son tour de cartes en dansant le gangnam style… Peut mieux faire, moi j’dis !

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Il y a un monstre dans mon monde

Il était une fois dans un Univers parallèle, un Monde parallèle où on avait pris l’habitude de créer et d’imposer (ou pas) des monstres qui finissaient par devenir aussi voraces qu’incontrôlables.

Il faut dire que le prix à payer pour devenir Maître de l’Univers pour un Maître du Monde en exercice était tellement exorbitant, qu’il était devenu monnaie courante de répartir toutes les notes de frais des candidats potentiels sur l’ensemble des consommateurs et des contribuables. Un système de cotisations volontaire assurait la participation financière au projet de tous ceux (ou presque) qui n’avaient pas le profil requis pour la fonction.

L’aspirant Maître de l’Univers pour qui un seul Monde ne pouvait plus suffire, devait commencer par partir à sa conquête. Pour cette phase opérationnelle qui n’était pas de tout repos et évidement loin d’être exempte de risques, il avait envoyé au charbon du petit personnel non qualifié formé à la hâte. Il s’agissait d’étudiants endettés, de travailleurs précaires sur appel et des stagiaires ravis de bosser gratuitement et universellement.

Le Maître de l’Univers en devenir n’eût pas non plus à dilapider une fortune en fonds propres pour s’équiper en besoins matériels et en infrastructures techniques. Ces budgets étaient intégralement couverts par les rentrées publicitaires de sponsors excités par les opportunités d’ouverture de nouveaux marchés. Les surfaces au sol pour accueillir les pas de tir et les équipements avaient été gracieusement offertes ou mises à disposition par de généreuses collectivités publiques trop heureuses de soutenir toutes les formes d’innovation

Une fois l’Univers conquis avec pugnacité, sa colonisation n’avait malheureusement pas pu se faire en un jour non plus. Et c’est dans la perspective de profiter pleinement de ce trône de Maître de l’Univers chèrement acquis, qu’il lui fallut accéder à l’immortalité : De nombreuses années de recherches furent nécessaires pour la mettre au point dans des hautes écoles spécialisées et des universités. Des institutions qui déjà avaient détaché une équipe des meilleurs cosmologues pour vérifier que l’univers était bel et bien suffisamment en expansion, pour qu’une entreprise de taille universelle puisse y assurer sa croissance et sa prospérité.

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Un texte repêché dans les non-publiés 
pour être résumé et remodelé.

Voilà et maintenant retour sur terre ! 

Il y a un monstre sous mon lit

Évidement que je suis resté un grand enfant ! Même si en grandissant, j’ai complétement occulté certaines terreurs récurrentes de mes plus jeunes années !

Aujourd’hui par exemple, je n’ai plus la moindre pointe d’hésitation et ne ressens plus de pincée de frayeur avant de poser les pieds à terre en quittant les hauteurs réconfortantes de mon berceau !

Les chances qu’il existe une quelconque créature planquée sous mon lit, capable de patienter durant de nombreuses heures, que sa seule proie loin à la ronde ose enfin se risquer à découvert, sont tombées à zéro.

Mais tout ça, c’est surtout parce qu’avec les années, ma notion du temps a énormément évolué !

Et puis à cette lointaine époque, je redoutais une sorte de crocodile. Une créature physiquement assez plate et volontiers silencieuse et immobile pour se sentir éternellement à l’aise dans un espace aussi retreint en hauteur entre un grillage de ressorts grinçants et une descente de lit poussiéreuse.

Mais l’hypothèse qu’il puisse s’agir d’un cocodrille assez allergique aux eaux stagnantes pour préférer squatter mon parquet ciré, a également au fil du temps perdu en crédibilité dans mon jeune esprit. En général dans la nature, un prédateur digne de ce nom est doté sur mesure des meilleures évolutions facilitant les captures qui assureront sa survie. Et dans ce cas, la gueule horizontale du croco ne me semble plus vraiment être le concept idéal pour se saisir d’une paire de chevilles bien verticales au saut du lit. Parce que ce lézard géant mal intentionné ne disposerait pas de l’espace nécessaire sous plafond pour l’ouvrir en grand ou pour pivoter sur son flanc pour adopter une position plus favorable à une attaque efficace de mollets…

Non ça y est, le croco sous le sommier, on me la fait plus. Mais tout ça, c’est aussi parce qu’avec le temps, mes facultés en vision spaciale tridimensionnelle et mes connaissances en cinématique ont considérablement évolué !

En fin de compte, ce serait bien mieux si le monstre sous le lit serait une sorte de serpent-limace ou de pieuvre extra-plate… Ah c’est bête, j’aurais du y penser plus tôt.

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