Le mode semi-incognito

Hier, je suis allé faire quelques courses dans un supermarché assez éloigné de chez moi.

Je me suis habitué au port du masque chirurgical dans les endroits publics. Et j’ai pris l’habitude de retirer mes lunettes de vue afin d’éviter que de la buée respiratoire ne m’empêche de décoder l’étiquetage des produits ou n’en floute le nutriscore.

Ça reste une impression étrange que de se faufiler entre les rayons dans la mascarade générale en mode « consommateur semi-incognito » ! Dorénavant, notre frigo connecté et internet en savent clairement plus long sur nos habitudes alimentaires que notre épicier de quartier pas très physionomiste.

Je me suis dit que ce serait peut-être la période idéale pour être en cavale. Être recherché par toutes les polices, pour délit de grimaces menaçantes sous cape sur la voie publique.

Je pourrais alors par exemple jouer au “gros bras” effrayant avec cette caissière ? Surjouer un peu à la manière d’un Darth Vador sous assistance respiratoire, celui qui ne ne veut pas laisser de place au moindre doute quant au respect de sa vie furtive future :

-Si jamais on te le demande…. tu diras que tu ne m’as jamais à moitié vu ! … Parce que je pourrais très bien revenir en tapinois …. pour vous mettre en quarantaine, toi et ton magasin ! Alors … motus, bouche cousue et masque par-dessus !!! Bonne fin … de journée !

Dans ce monde d’apparences transformées, ceux qui dessineraient les demi-portraits-robot ne travailleraient plus qu’à temps partiel. La reconnaissance faciale serait une technologie obsolète. Les caméras de surveillance recyclées en webcams météorologiques. Les délits de sale gueule devenus de l’histoire ancienne. Le selfie “intégral” qualifié d’obscène.

A nu, je reste aisément reconnaissable à mon auguste nez au design particulier et breveté. Mais là, en mode client furtif, je resterais à jamais méconnaissable et introuvable partout où je choisirais de me planquer. Cela grâce à la magie opérée par ce simple accessoire de camouflage identitaire et sanitaire en tissu synthétique…

>.<

Alors que je sortais de la grande surface, toujours en mode semi-incognito, poussant mon charriot en direction de mon véhicule, une femme à l’élégance remarquable qui elle, arrivait au magasin au même instant, m’a longuement “dévisagé” comme si j’étais le seul bipède dans les parages qui aurait fait quoi que ce soit de particulier pour se faire remarquer. Elle a eu l’air troublée et ses yeux se sont mis à briller. Hypnotisée par je ne sais quels effets spéciaux, elle m’a salué très chaleureusement lorsque nous nous sommes croisés à la distance minimale recommandée de distanciation sociale ! Alors que moi, encore absorbé par mes emplettes, je n’avais pas même encore envisagé d’enlever le bas ! Je l’ai cordialement saluée à mon tour en lui adressant un large sourire invisible…

J’avais déjà remarqué que le port d’une belle chemisette moderne à manches courtes d’une taille en-dessous pouvait affûter l’émotion immédiate de certains regards féminins. Mais je ne m’attendais pas une seconde à pouvoir un jour apparaître plus attirant masqué qu’à visage découvert !!!

Cette situation pour moi inédite et déconcertante m’a également rappelé la très grande importance que je donne à ces moments magiques. Ceux-là même, qui peuvent naturellement et intensément émaner du croisement de deux regards inconnus… A ma connaissance, les sites de rencontres en ligne n’offrent jamais ce type de merveilleuses surprises dans leur catalogue de prestations ! Après mûre réflexion, je vais attendre un peu avant de m’inscrire et prendre le temps d’évaluer ma capacité à démasquer la beauté cachée de quelques inconnues envoyées à ma rencontre par le grand verger du hasard…

>.<

Si j’ai souhaité apporter ce vibrant témoignage, c’est aussi dans le but d’encourager les derniers réticents. Ceux qui sont encore opposés au port du revêtement partiel de façade. Certains craignant peut-être, durant cette longue pandémie, de sacrifier une moitié de leur sex appeal et donc probablement aussi d’être amputés d’une partie non négligeable de leurs potentielles conquêtes déconnectées…

Et il ne faut pas oublier qu’il fût une époque pas si lointaine que cela, où les bals masqués étaient très prisés des joli-cœurs…

>.<

Pour compenser l’absence d’une illustration plus récente dans cette thématique, vous pouvez suivre ce lien :

Un nuage chargé de questions

J’ai été du genre à me poser bien trop de questions,

Et donc de nature à manquer d’autant de réponses.

Je fus contraint de faire usage d’un brin d’imagination,

Afin de pouvoir me dégager de goulets d’incompréhension.

>.<

Pour que les questions de principe et celles de bon sens,

Et celles pour lesquelles j’ai renoncé à obtenir une explication,

Ainsi que celles restées ouvertes ou celles en suspens,

Ne puissent se flatter de venir tarauder ma conscience.

>.<

Avant que j’en fasse la récolte et que je modifie leur apparence.

Elles pouvaient former un nuage noir de points d’interrogation,

Avant que je les déleste d’une grande partie de leur importance,

Et que je remplisse certains blancs avec mes propres réponses…

>.<

( ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ )

( ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ )

( ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ ⸮ )

Un petit nuage chargé de points d’ironie, c’est cadeau !

>.<

Ou comment se poser trop de questions sur un sujet 
qui traite du sujet de se poser trop de questions...

Vol au-dessus d’un coucou suisse

Jamais je n’aurais imaginé un jour dessiner/peindre quelque chose qui ressemble de près ou de loin à un coucou suisse !

Ce délire-là est parti de l’une de mes séries de notes. En particulier de cette phrase composée d’un proverbe bien connu et de mon petit grain de folie additionnel :

Plus on est de fous, plus on rit, le soir dans le grand dortoir !

>.<

Je m’intéresse à ce qui touche à l’urbex (L’exploration urbaine). J’apprécie particulièrement les documentaires et les photographies d’endroits, d’installations et de bâtiments désaffectés et abandonnés. Je pratiquais volontiers l’exploration de maisons et d’usines désertées quand j’étais gosse. Il y avait même un bâtiment presque en ruine et inhabité de cinq ou six étages juste à côté de chez moi. Je crois me souvenir que le propriétaire en avait hérité, mais ne disposait pas des moyens nécessaires pour l’entretenir et le rénover. A cette époque-là, on ne vivait pas encore dans cette société ultra-sécurisée et hyper-rentabilisée. Les lieux délaissés ne manquaient pas, même au village. Et trainait toujours sur place, quantité d’objets divers et variés, comme si les occupants avaient du partir précipitamment ou n’avaient pas eu les moyens de financer une déménageuse. Je me créais moi-même mes frissons, mes scénarios et mes films d’épouvante en me faufilant dans des greniers et des caves sombres. Souvent sans même me rassurer d’une lampe de poche. La règle était de ne jamais rien vandaliser : Pour que d’autres, puissent eux aussi ressentir l’impression grisante d’être les premiers à investir les lieux, depuis au moins… des décennies. Je me suis réellement construit durant l’enfance avec ce type d’exploration. Parce que le train-fantôme de la fête foraine une fois l’an, c’était insuffisant, trop concentré, trop guidé et manquait de réalisme !

L’illustration du coucou ? C’est parce que je suis tombé sur la photo en noir et blanc d’un grand dortoir d’hôpital psychiatrique. Deux rangées de lits vides et bien alignés mais que j’ai animés d’une ambiance imaginaire : Je me suis dit qu’on devait y passer des nuits de folie ! Qu’à l’heure du couvre-feu, on y passait du côté obscur de la camisole de force ! Qu’on y chuchotait des petites phrases électrochoc pour faire rire les autres pensionnaires de la chambrée ! Et qu’on devait certainement y voler au-dessus d’un nid de coucou…

>.<

Une énigme de salon

Elle avait installé une grande échelle dans un recoin de son salon

Et une guirlande lumineuse qui en escaladait tous les échelons

Je n’ai pas vu d’étagère en hauteur ni de bouquins haut-perchés

Et pas de nid à poussière ni de plantes en surélévation à arroser

>.<

J’ai cru comprendre qu’elle vivait seule à cet étage de la maison

Mais qu’avait-elle donc l’intention de suspendre à ce plafond ?

Que souhaitait-elle atteindre du haut de ce substitut d’escalier ?

Que cachait la présence de ce mystérieux élément de mobilier ?

>.<

M’en retournant occuper les quatre murs de ma petite chaumière

Encore très intrigué et au regret de ne pas lui avoir posé la question

M’en retournant à mes quatre vérités et à me mêler de mes affaires

J’ai du en arriver à la conclusion qu’elle devait avoir ses raisons !

>.<

Un jour elle déserta son séjour, peut-être lasse de trop y tourner en rond ?

Emportant ses petits secrets et faisant disparaître sa curieuse échelle…

Et c’est avec son voisin du-dessus, qu’elle avait transformé en compagnon,

Qu’ils sont partis s’installer en concubinage au plus près du septième ciel…

>.<

Retour à la source

Welcome to ma jungle !

Le ruissellement d’eau de source qu’on peut entendre sur la bande son n’est malheureusement pas fidèle à la très agréable sensation de richesse sonore et d’impression de spatialité qu’on peut ressentir sur place. De l’endroit même où a été prise la photo. ( Probablement parce que ça a été enregistré avec mon appareil photo en mode vidéo et que ce n’est pas son point fort ) Reste que le joyeux chant d’oiseau sort pas si mal.

Un fichier son MP3 légèrement retravaillé avec Audacity, par Mr. débutant. Il y a largement aussi de quoi farfouiller ainsi qu’une bonne marge de manœuvre de disponible dans cette direction là…

>.<

Mon petit musée (9)

>.<

J’ai longtemps cru que c’était par crainte que je ne me transforme un jour en Bossu ou en Ogre, que ma mère me demandait si souvent de corriger l’alignement et la verticalité de ma colonne vertébrale et aussi de manger moins vite, m’assurant que personne n’allait, dans des délais raisonnables, venir me souffler mon repas de l’assiette.

Par contre, elle n’a jamais vraiment du me seriner pour que je marche droit et que je finisse mes légumes !

>.<

Évasion estivale

Après trois ou quatre mois de semi-confinement, je méritais un grand bol d’air frais !

Et aussi quelques promenades à vélo et à pieds dans la nature lorsque les températures sont assez clémentes pour ça. Et de constater ensuite, qu’il y avait des muscles dont j’avais oublié l’existence et l’utilité… J’étais bien plus rouillé que je l’imaginais !

Et là, je me dis qu’il pourrait me falloir plus de trois mois pour m’en remettre !

>.<

Un arbre, un pont et son reflet

Une photo que j’avais prise en automne à Berne.

Je m’en sers pour mieux me familiariser avec les différents filtres et effets graphiques de GIMP et du plugin G’MIC. Pour faire évoluer l’acuité de mon regard sur le résultat obtenu. C’est pourquoi elle est brumeuse, irréelle, trop ceci et pas assez cela… Presque autant que le cliché original peut me paraître froid et terne.

Aussi je n’en resterai pas là avec ces différents essais. Cette version n’est pas définitive…

>.<

La double escapade

Je crois que ce n’est pas tous les matins, sur une plage de sable fin, que la vie t’offrira un voilier flambant neuf. Une vagabonde impatiente qui à la faveur de la nuit, en a profité au gré des courants pour se carapater aussi loin que possible, de la morosité de son port d’attache.

Et ce n’est pas tous les jours non plus, que tu saisirais cette aubaine et grimperais à bord de cette aventurière et fugueuse embarcation. Que tu te retrouverais maître à bord sur le pont à larguer les amarres pour de bon ! Que tu hisserais à ta guise et en personne toute l’envergure d’une grand-voile. Que tu te risquerais à t’emparer de la barre pour pleinement profiter de tous les plaisirs et les promesses d’un imprévisible voyage.

>.<

Mr. LowBattery

Une photo finish, datant de juillet 2020

J’ai récemment apprécié deux excellentes séries télé dont les titres commencent par « Mister »  (ou Mr.) Et ça m’a rappelé un gars que j’ai connu et que j’avais à l’époque surnommé Mr. LowBattery. (Monsieur Batterie faible)

Pour moi, il est resté la meilleure incarnation connue de l’anté-Flash-Gordon. L’opposé exact de notre Guy L’éclair. Chaque jour, il me faisait penser qu’il avait encore oublié ou égaré son chargeur et qu’il ne lui restait plus d’autre alternative que de “manadger” aussi parcimonieusement que possible, son solde d’autonomie énergétique.

Ça m’amusait de m’imaginer que s’il m’était donné de jeter un coup d’œil sur son tableau de bord, le témoin d’alerte batterie y serait allumé en permanence, mais invisible, car masqué par un morceau d’autocollant noir judicieusement placé sur la lumière gênante. J’y constaterais aussi l’économie d’un compte-tours parce que totalement inutile dans son cas : Cet individu n’étant à ma connaissance pas de sitôt en passe de tutoyer une quelconque zone rouge…

Et puis son compteur de vitesse ne serait pas étalonné en kilomètres/heure mais en kilomètres/siècle ! Parce qu’il me paraissait aussi être le parfait recordman de la lenteur sur cent mètres sans haie et apparemment pas vraiment naturellement prédisposé non plus, pour un jour se métamorphoser en un athlète taillé pour le marathon.

>.<

Gare aux coups de soleil !

Méfiez-vous ! En ce moment le soleil tape dur !

Hier j’avais piscine en plein air pendant à peine une petite heure et il m’avait semblé qu’il ne faisait pas si beau temps que ça.

C’est seulement de retour chez moi, en passant devant mon miroir, que j’ai constaté que ma couleur de peau avait changé pour celle de ses gants de boxe…

>.<

Et pourquoi pas par quatre chemins ?

Aujourd’hui, j’avais l’intention d’aller flâner un peu dans le Jardin des Confusions. En évitant en chemin de passer par le Labyrinthe des Déboussolés. Comme le Raccourci des Déroutés était momentanément fermé à la circulation, j’ai opté pour l’Itinéraire des Dépaysés. Mais c’est en voulant éviter les embouteillages du Carrefour des Embrouilles que je me suis retrouvé bloqué dans l’Impasse des Illusions. Alors, j’ai fait demi-tour pour repartir en direction de la Grand-Place des Incertitudes. Mais la Rue des Complications était en sens unique, parce qu’encore en travaux au niveau du Palais des Équivoques ! Un instant, j’ai regretté de ne pas avoir d’abord pensé faire un léger détour par la Route du Désarroi. Mais dans ce cas, j’aurais dû m’engouffrer dans le Tunnel des Tâtonnements et n’aurais pas par la suite pu éviter d’aller risquer de me perdre à la Rocade des Désorientés. J’ai bien sûr aussi tout simplement été tenté, d’emprunter le Contournement des Ambiguïtés quitte à devoir ensuite m’aventurer sur la Promenade des Désemparés. Pour finir, j’ai changé mes plans et je suis allé juste à côté, faire quelque pas sur le Boulevard des Boniments avant de rentrer…

>.<