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Le triomphe relatif du filou

 

J’ai vu clair dans tes méthodes persuasives et mercantiles

J’ai détecté le boiteux dans tes discours jubilatoires et habiles

Tu ne me feras plus croire à tes impropres paroles d’évangile

A ainsi vouloir encore me prendre pour le dernier des imbéciles

 

Je ne verrai plus en toi et ceux de ta division, autant de filous hostiles

Prêts à bondir sur leurs prochaines proies, tels de traîtres reptiles !

On dit que la nuit tu dors du sommeil de l’inoffensif tranquille

Que tu te vantes parfois d’avoir su bonimenter de manière si subtile

 

Que tu vas enfin pouvoir t’offrir cette superbe et chère automobile

Que tu pourras ainsi te déplacer presque à la vitesse du missile

Pour aller ratisser les profondeurs de territoires giboyeux et fertiles

 

Il semblerait que c’est de bonne guerre et qu’il ne faudrait pas me faire tant de bile

Que la priorité n’est plus au long terme et à la franchise en ces temps difficiles

Qu’on doit bien s’occuper et s’enrichir avant de se voir devenu décrépi et sénile

Pour à son tour se faire duper à deux pas de l’asile par un chacal juvénile…

 

Ta réponse c’est que c’est chacun pour soi, ou retire toi sur la plus déserte des îles !

Mais avant mets-toi vite à l’abri en contractant cette assurance en cas de tuile

Et place toutes tes plus belles billes chez ce fameux gestionnaire d’argent facile

Puis signe là et je m’occupe en personne de te faire livrer cet article inutile…

 

 

Faux départ ? (Une vraie histoire de faussaires)

Attention, l’histoire que vous allez lire n’est  que pure fiction et est inventée de toutes pièces.

Je vous mentirais comme un arracheur de dents, si je vous affirmais qu’elle est authentique !

 

Depuis la terrasse de ton monde factice

Tu contemples sous ton ciel artificiel

Devant tes constructions de façade

Ton jardin d’acclimatation sophistiqué…

 

Au bord du grand bassin rempli de larmes

Ta fausse blonde aux faux espoirs préfabriqués

Ajoute encore du vernis sur ses faux ongles

Et doute toujours de l’apparence de ses faux seins…

 

Elle aurait flairé une comédie voir même des simulacres

Soupçonnerait l’apparition de faux semblants

Hier soir encore elle en a fait tout un faux plat

Elle a même été jusqu’à te qualifier de faux cul !

 

Alors tu es sorti lâcher quelques faux billets

Tu vas encore l’éblouir d’un étincelant ornement  

Par de l’éclat imaginaire ou une belle imitation

Tu viens d’être catapulté ministre de la corruption !

 

Mais si ça se trouve elle aussi, elle a feint ?

Un petit mensonge nécessaire, mais mal incarné ?

Un faux-faux pas, ça tout de même, ce serait abuser !

 

Depuis le balcon de ton monde qui triche

Tu te régales que sous ton ciel postiche

On pourra te juger, mais point te condamner

Pour un détail comme un faux et un usage de faux

Puisque le faux de nos jours, c’est devenu l’usage…

 

Demain un autre sourire…

Une rupture ça peut vraiment te démolir,

Tout s’écroule et c’est si pénible de réagir,

De trouver force et élan pour pouvoir repartir,

Et toute cette confiance en toi à reconquérir…

Avec le temps ton espace se remettra à fleurir,

Le parfum de sa peau s’estompera dans tes souvenirs,

Tu retrouveras peu à peu l’envie de t’amuser et te divertir,

Jusqu’à te sentir prêt à l’éventualité de reconstruire…

Dans ton cœur il y aura de la place libre pour contenir,

Cette personne attirante qui aura aimé te choisir,

Qui occupera soudain tout ton espace sans t’avertir,

Et qui toute la nuit contre ton corps viendra se blottir…

Loin derrière tout ce qui a pu si longtemps t’anéantir,

Et tu bâtiras de tes sentiments un nouvel empire,

Rempli de magie, de rires, de bonheur et de désir,

Et un jardin magnifique qu’il faudra bien entretenir…

Le resquilleur

Vous permettez mon bon Monsieur, oui vous là qui vous faufilez…

J’étais là bien avant vous sous cette pluie à longuement patienter !

Je me suis dépêché pour arriver avec un peu d’avance,

Alors je vous prie de faire preuve d’un peu de décence,

D’attendre votre tour là derrière au bout la file d’attente,

Et ce bien que j’admette que la patience vous soit contraignante.

 

Mais Madame croyez bien qu’il s’agit d’une urgence,

D’où l’insupportable idée de prendre quelque mal en patience,

C’est une question de vie ou de mort, on a tiré sur l’ambulance,

Chaque minute compte, vous freinez une opération de sauvetage,

En me reprochant ainsi ma hâte en de stériles bavardages…

 

Je ne vois point haut perché sur le sommet de votre calvitie

De gyrophare tournoyant m’indiquant votre priorité par ici,

Je n’entends pas plus encore de sirène assourdissante,

Qui pourrait me faire penser à une intervention fort pressante.

Alors faites demi-tour et rangez-vous en queue de cortège,

Et ne vous rendez-pas ridicule avec votre vilain manège.

 

Je me permets d’insister avec force et sauf votre respect,

L’enjeu est de taille et vous n’en soupçonnez pas tous les aspects

Si le chemin du comptoir vous me barrez, prétextant mon toupet

Le torchon pourrait brûler et à la longue cette collectivité s’exaspérer,

Car je suis le caissier, et c’est pour moi que vous poireautez…