My dead Laptop

Voilà, l’autopsie de mon laptop principal est terminée. S’agissant d’une mort suspecte l’enquête continue.

Il était beaucoup trop jeune pour rendre l’âme et était loin d’être obsolète. Au moment de passer la souris à gauche, il était gorgé de bons souvenirs trop récents pour avoir été sauvegardés.

Le jour où il s’est endormi, j’ai commencé par diagnostiquer un problème de sablier : L’étroit conduit bouché par un grain de sable trop volumineux. Je l’ai secoué, retourné, supplié mais il ne s’est jamais réveillé. Une série de vigoureux massages cardiaques sur le mousepad n’ont pas relancé la machine.

Alors j’ai placé le patient au repos forcé durant deux jours. Je dois avouer à demi-mots que ces derniers temps, je l’avais mis à rude épreuve. Sans jamais déceler les prémices d’un éventuel burn-out fatal. Dans les cas où il se sentait un peu à plat, je lui prescrivais une pleine recharge.

Mais deux jours de permission n’ont pas ressuscité le moribond.

Les seuls signes de vie encore visibles étaient un peu d’hyperventilation et un pouls irrégulier visible sur la LED de la touche caps lock. Cinq clignotements lents suivis de trois rapides. Un peu comme si le comateux voulait me lancer un S.O.S, mais qu’une forte fièvre l’empêchait de se décider à le faire en employant des majuscules ou des minuscules.

Renseignement pris auprès d’un spécialiste, il s’agissait d’un appel au secours manifestant une carte-mère à l’agonie. Que les chances de succès d’une réanimation classique étaient minces. Qu’il faudrait envisager une opération à cœur ouvert et faire appel à un don d’organe.

Bien sûr, j’ai culpabilisé ! Cette affaire m’a rappelé le siècle dernier et ce client qui affichait habituellement un caractère calme, mais qui pouvait parfois partir dans de si intenses crises de colère, qu’il lui arrivait de pulvériser le filament des ampoules à incandescence allumées dans les alentours immédiats de son déchaînement de fureur. Celles logées dans le tableau de bord de sa voiture n’échappaient pas à cette malédiction. Et juste avant le trépas de mon laptop, j’avais dû subir un épisode de très forte irritation après avoir séché des heures sans succès sur la résolution de l’installation de deux programmes incompatibles. En réalité, je crois que je suis coupable d’un laptopicide ! Je l’ai trucidé en l’exposant à un bombardement intensif de mauvaises ondes !

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