Réplique en temps réel

Un jour, on m’avait demandé si j’étais une machine.

C’était arrivé comme ça, par surprise au cours d’une communication de routine. J’étais pris au dépourvu : Je n’avais pas pensé programmer de répartie pour répondre à cette classe de stimulations. Alors, je m’étais contenté de pouffer comme une andouille en placardant le faciès le plus neutre que j’avais pu trouver en mémoire.

Suite à quoi, mon interlocuteur n’avait pas répété ni reformulé sa question. J’en avais déduit qu’il m’avait dès lors clairement identifié en tant qu’andouille d’origine biologique Et hop, procédure terminée ! Accès autorisé…

Sa demande répertoriée nulle part dans mon code source ne pouvait donc être en lien avec aucun protocole à suivre. Le processus approprié dans pareil cas aurait-il été d’acquiescer d’un mouvement de tête puis d’appliquer la routine de bienséance de base en lui retournant la question ? Je transfère illico cette option de raisonnement sur liste d’attente et me chargerai de valider la logique de cette approche avant la prochaine mise à jour.  

Mais mon homologue était resté planté devant moi. Affichant une expression indéterminée en me dévisageant. Ça m’avait paru durer des millisecondes ! Une rapide analyse avait pointé sur la probabilité qu’il était resté captif dans la boucle d’un algorithme gourmand en vitesse de calcul. Sans doute une fonction fort complexe, chargée de collecter un nombre conséquent de variables, pour que mon vis-à-vis communicant soit en mesure de décrypter un complément de réponse à mon gloussement de stupéfaction naturel de départ.

Restait à prendre en compte la probabilité qu’il s’agissait d’un nouveau modèle récemment mis en service. Un bricolage en dépassement de budget expédié dans la rue en phase de test et en cours de mise au point. Un de ces prototypes truffés d’incompatibilités au niveau interfaces, rendant problématique l’établissement d’une quelconque alchimie avec une andouille d’ancienne génération.

De mon côté, j’ai immédiatement lancé une énumération aléatoire rapide depuis le répertoire où sont inventoriées toutes mes phrases évasives de secours. Au terme de laquelle j’ai pu lui répondre : Oooh, ça dépend des jours, comme tout le monde…

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La longue réflexion chaotique que j'avais ajoutée hier en 
commentaire ici, peut simplement être résumée en deux phrases : 
Je n'aime plus autant la technologie et les machines qu'avant !
Et il y en a de plus en plus...

Allez et maintenant on s’accorde tout de même une petite journée de sérénité !

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