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Mon petit musée (8)

Toyota Corona Mark 2 Wagon

Aux alentours de l’an 1980, notre voiture familiale était une Toyota Corona Mk2 wagon. (Année de construction environ 1970)

Dans la famille, il pouvait nous arriver de personnaliser nos véhicules. Mon paternel s’occupait volontiers du tuning peinture et moi, alors trop jeune pour être le détenteur d’un permis de conduire pour automobile légère (mais qui exécutais déjà toutes mes cascades en personne) je me chargeais volontiers des crash-tests

Je vous laisse apprécier le style de cette fière calandre, encadrée par ces deux ailes pointant comme des flèches affutées en soufflerie en direction d’une destination lointaine… Ben… un jour votre narrateur a maladroitement rectifié ce design sophistiqué contre un mur de parking historique. Distance parcourue : un mètre et demi grand max, déformation structurelle du véhicule comprise. Le mur de plus de deux mètres de hauteur qui faisait partie de l’enceinte d’une vieille église et qui en avait vu d’autres, n’a pas bougé d’une brique. Je précise au passage que je n’étais pas et n’avais jamais été au bénéfice d’un accord parental formel pour m’installer à l’avant.

Jusque-là, je m’étais limité à titiller la dangerosité de l’existence en mouvement sur deux roues. Mais j’ai été piqué d’une lubie : Qu’une bagnole, ce n’était finalement rien d’autre qu’une mobylette avec une carrosserie, deux roues et deux vitesses de plus. Que ce serait probablement une expérience grisante de tourner la clé de contact et d’en faire rugir un peu le moteur. Après quelques appuis répétés sur les gaz, j’ai jeté un coup d’œil au levier de vitesse qui m’a paru parfaitement vertical. J’en ai déduit que j’étais au point mort et j’ai retiré mon pied de la pédale d’embrayage…

Le jour du drame, nous étions invités à une réunion familiale. Quand mon tonton, un solide et impressionnant boucher-charcutier au teint hâlé et à la coupe de cheveux en brosse est arrivé sur les lieux de l’accident pour tenter de détordre la tôle froissée avec une barre à mine géante, il m’a lancé un de ces regards noirs à la Lino Ventura en me lâchant sèchement qu’il y avait vraiment de gros pieds au cul qui se perdaient… J’avoue que j’en tremble encore en y repensant…

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