L’évaluation de niveau

L’autre jour, je me suis rendu en ville pour faire évaluer mon niveau…

Paraît que c’est bien de se laisser évaluer et ce, à tous les niveaux…

Alors je me suis rendu comme convenu à l’adresse en question….

Paraît que c’est une bonne chose de bien vouloir se remettre en question…

Et vous n’allez pas le croire, mais aussitôt arrivé devant l’ascenseur, que s’affichait déjà clairement le résultat de l’information que je m’en étais venu quérir…

Voyez plutôt :

Inutile alors de frapper aux portes ou de risquer d’aller me perdre à des niveaux inconnus…

De plus, je ne connais évidemment pas la direction à prendre et en ce moment, je ne me sens pas en sécurité à cause de la crise. Et puis ça fait longtemps que je ne suis plus un enfant…

Alors je suis reparti entièrement satisfait de la conclusion de mon évaluation…

Je me situe clairement dans la moyenne, et je crois que cela me convient !

Il faut dire aussi que je me suis rendu à l’adresse en question avec les transports publics, sans quoi mon moral, aurait bien pu d’entrée de jeu tomber plus bas que terre…

Rempli d’amour

L’amour c’est un peu comme un fluide dans une citerne…
De temps à autre il s’en est trop écoulé par la canalisation sortante sans compensation et la jauge de niveau finit par indiquer un seuil critique, un trop grand vide qui met en péril le bon fonctionnement de la fragile machinerie. C’est alors qu’il est grand temps de faire le plein et il est probable qu’une pluie de larmes ne suffira pas à elle seule à réapprovisionner le bassin de retenue.
Nul n’est besoin d’en faire des hectolitres, de griller une soupape, de laisser monter la vapeur et d’en arriver à jeter une bouteille à la mère, de casser la vaisselle pour que ça se tasse…
Quand trop peu d’événements agréables alimentent la cuve ou que la routine de la vie quotidienne a obstrué le tuyau de remplissage, que la vanne est fermée et fait barrage à cause d’un différent ou d’une pression excessive, que le breuvage a le goût d’une soupe à la grimace, il faut d’urgence arranger cela avec des bidons en rinçant à grande eau chaude toutes les conduites puis en inondant au plus vite le vase d’expansion du réservoir principal. Le mieux est encore de chercher la solution au problème à la source sans perdre espoir, même si elle semble tarie à jamais.
Les solutions pour ouvrir en grand le robinet d’amenée même s’il est un peu grippé ne manquent pas. Il faut parfois également tenter de vidanger complètement et faire redémarrer la machine en essorant le linge sale en famille, même si l’opération de dépannage coûte en sueur et qu’il flotte une ambiance d’impossibilité de réparer quoi que ce soit.
Quelque fois c’est juste que la pompe à émotions aspire et brasse de l’air par manque de couple et que le précieux liquide stagne dans la chambre de confinement en vase clos. A d’autres occasions c’est une simple fuite qui transpire à colmater ou un filtre encrassé de soucis.
Au besoin il faudra construire des digues pour détourner et collecter l’écoulement de chaque gouttelette dans le bon récipient jusqu’à ce que le débit soit à nouveau satisfaisant et qu’il en reste une capacité suffisante en réserve pour un arrosage quotidien pendant les périodes de sécheresse ou pour étancher une grande soif de passion.
Peut être alors que l’eau qui paraissait rare et insipide se retransformera en profusion de la meilleure des liqueurs sans devoir faire appel aux plombiers.
Qu’y a t’il de meilleur que de couler des jours heureux ?

Aux pieds de la lettre

Voilà, qu’est arrivée l’heure H !

C’est mon tour de lancer le D,

De me faire tailler un costard à la H.

L’instant 1 propice pour le V,

Les doutes sur mon K désespéré…

Quitte à me laisser ton B,

Depuis le plus O des sommets,

Dans l’ultime refuge du coin C,

Pour ne plus vouloir casser 2,

Avec le restant des forces que G…

Il vaudrait mieux attendre l’heure du T,

Et voir ce qu’il se passera avec L,

Pêcher par gourmandise et par S.

Et qu’il advienne que pour A

Avec ce destin d’homme 9…

Monsieur X, l’auteur de cette bafouille,

m’a certifié ne pas avoir fumé de P tard.

Il m’a juste laissé ce billet pour toi et il a pris la fff8…

Un coin de ciel bleu près de chez vous, en permanence

symphonie de mollécules de pigments azurés sur serpillère de jute brute, blanchie à la farine d’orchidée

Une oeuvre atmosphérique pour épater la galerie !

( conçu et réalisé à quatre mains dans un intervalle d’extase sexuelle, au coucher de l’astre du jour )

Cette oeuvre d’art n’est pas à vendre ! (les jours où il fait un temps de chien)

Le discobole (Dä Tisköböl isch würkli schampaar nöd seriös !)

L’autre jour, un journal qui paraît de l’autre côté de la barrière linguistique suisse (peuple qui jacte un dialecte germanique ancien) a publié un article dans lequel était déclaré, statistiques à l’appui, que nous autres hélvètes francophones, serions plus enclin à rigoler qu’à travailler et que nous serions donc plus vifs à encourager l’apéritif convivial que de transpirer la sueur de nos corps pour muscler notre produit intérieur brut….

Dans ce journal, un concitoyen nous a taxés de grecs de la suisse, ce qui sous-entend, je l’imagine, qu’à ses yeux, nous aurions perdu notre précieux triple A…

Alors depuis que je suis bien informé, je m’entraine sérieusement pour les prochains jeux olympiques, catégorie lancer du disque vinyle d’artistes suisses s’exprimant uniquement dans ce dialecte germanique ancien…

L’invraisemblable destinée d’Ordinaryman

 

Un mec bien, du moins l’un de ceux qui avait cherché à faire de son mieux
Un jour se décida de retirer son visiblement trop admirable déguisement !

 

Ce gars comme il faut, d’un geste arracha ce masque qui lui irritait les yeux
Et le jour suivant il cessa également d’engloutir ses fortifiants et ses calmants !

 

Ce citoyen sans histoires décida sans aviser quiconque de devenir un sale con
Le jour même il jeta aux flammes le fameux guide du gentilhomme respectable

 

Ce bougre bien sous tous rapports entama alors une fort douloureuse mutation
Et le jour suivant il s’autoproclama empereur des couillons, roi des instables

 

L’individu cessa d’offrir des bouquets, tua sa spontanée frénésie de compassion
Au petit jour, il se levait désormais pour tout contester et déclencher des rébellions !

 

Le trublion repoussa sa frontière de décence et opposa ses plus vives réactions
Et le jour suivant il supprima sa loi l’obligeant à toujours fournir des explications…