Interview d’un con

– Pour vous quelle est la raison profonde de la présence humaine sur cette planète ?

– Comme je n’ai pas reçu de cahier des charges agrafé à mon certificat de naissance, j’ai longtemps enquêté pour en arriver à la conclusion suivante : A mes yeux, nous sommes sur terre pour nous dépasser ! Nous dépasser sur les autoroutes de la connerie humaine !

– Et vous-même, sur ces autoroutes là, circulez-vous le plus souvent à grande vitesse sur la file de gauche, impatient de pouvoir doubler, la calandre dans le parechoc du con qui vous précède ?

– Oh je n’ai pas un esprit de compétition particulièrement développé ce qui fait que je préfère libérer de l’espace pour que les cons puissent se dépasser entre eux. Lorsque qu’il y a trop grande densité de ces chauffards, j’emprunte la prochaine sortie et je passe par les petites routes. En vérité, je suis plus volontiers spectateur qu’acteur, plutôt le passager curieux du paysage, que le chauffeur qui malaxe son volant et qui veut se faire un nom sur le circuit ! Je fais partie des cons qui se trainent un peu, mais qui pestent aussi lorsqu’il se trouvent bloqués derrière un congénère.

– Pensez-vous qu’on devrait les élargir ces autoroutes, construire des voies supplémentaires ?

– Oui en effet, je pense que trois voies par destination serait un minimum ! Si notre but commun ici-bas, est bien qu’on se dépasse, comme mon enseignement semble me l’indiquer ! Et puis il faudrait à mon sens également ajouter des péages et appliquer des tarifs dégressifs. Ceux qui appliquent mon cahier des charges à la lettre et qui se dépassent vraiment, devront payer un peu plus cher pour soutenir les pauvres cons qui n’arrivent pas à se dépasser et pour contribuer au frais de dépannage de ceux qui restent en rade sur la bande d’arrêt d’urgence.

– Et vous, quand vous êtes-vous dépassé la dernière fois ?

– Eh bien juste là maintenant lors de cet interview, il me semble ! Je suis à peu près certain que tout ça vous a quelque part un peu dépassé, non ?

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Osborne

Cet hiver, j’ai décidé d’adopter un animal domestique.

J’ai longuement hésité sur la nature du spécimen idéal à accueillir, investigué des heures pour sélectionner au mieux, l’espèce avec laquelle je pourrais tisser quelque affinité sous un même plafond.

Matériellement, quelques limitations n’étaient pas à exclure de la phase des nominations, ne possédant dans mon inventaire, ni niche, ni cage, ni bocal, ni caissette à litière, ne trouvant nulle part alentour de quoi improviser un vivarium, ma modeste trésorerie m’empêchant d’inviter à ma table une créature vorace en pitance et ne disposant d’aucun morceau de terroir pour y cultiver une verdoyante plantation ou y construire un enclos.

C’est assisté par le hasard que j’ai pu élire un convive adéquat pour une hibernation commune : une coccinelle égarée. Une cox à robe rouge, aisément repérable, ce qui présenterait un avantage certain dans l’opportunité d’une cohabitation au vu de notre grande différence de taille physique.

J’ai baptisé mon nouveau “flatmate” Osborne.

C’est inspiré d’Osborne Cox, le patronyme de l’un des personnages d’un long-métrage des frères Coen. ( Burn After Reading )

 

Cox

Mon colocataire Osborne , ici sur le point de prendre le contrôle des lieux (Ctrl)

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Sopor Culpabilis

sopor culpabilis_sunof.net

– Paul racontez nous donc ! Quelle bonne farce avez-vous commise durant la nuit passée  ?

– Eh bien, pour marquer le coup (car c’était une nuit de pleine lune sans nuages) je me suis introduit aussi discrètement que possible, dans la chambre à coucher du plus grand escroc connu de la planète …

– Intéressant ! Votre souffre-douleur assoupi était-il sur ses gardes et s’est-il réveillé au moment de votre intrusion ?

– Il n’a pas agité le moindre cil. Il roupillait tel le bienheureux ! J’avais été briefé que celui-là, rien ou presque ne l’empêcherait de pioncer comme une souche.

– Et quelle fût alors la nature du bon tour que vous lui avez joué ?

– J’ai commencé par réveiller sa conscience mais uniquement celle-ci. Croyez-moi, ce ne fût pas chose aisée, puisqu’elle était profondément endormie ! Et ce depuis plusieurs dizaines d’années,  …

– Vous n’avez pas fait dans la dentelle Paul !

– Vous imaginez l’affreux cauchemar qu’il a fait : de toute sa vie, c’était probablement le tout premier de cette ampleur. Il s’est vite trouvé très agité et prisonnier de ses draps. Imaginez, il s’est même mis à parler durant son sommeil, lui, réputé être l’un des filous les plus taiseux. Mon canular nocturne a dû sensiblement le changer de ces rêves de splendeur, de pouvoir et de puissance dont il était coutumier.

– Je dois avouer que vous vous êtes dépassé Paul. Continuez, nous sommes impatients de découvrir la suite de ce récit …

– Je crains fort que dans son délire, il n’ait dû revoir en personne de nombreux revenants truandés, quantité de spectres vengeurs, pléthore d’ombres glaçantes. C’est là que comme souvent, sa conscience a tenté de réveiller sa colère, dans le but de se décharger sur elle de toutes ses hantises. Mais je suis intervenu à temps et ai pu bloquer le processus de transfert !

– Vous maîtrisez parfaitement votre sujet Paul. Bravo ! Je vous félicite !

– Merci Maître ! Se voyant pressée de toute part, sa conscience a ensuite cherché à réveiller l’agressivité. L’expression faciale de l’ensommeillé s’est considérablement durcie. Mais pas la moindre trace de regrets ni de remords a témoigner aux visiteurs de son rêve. Alors, j’ai réveillé un à un quelques souvenirs de ses plus vilaines actions passées, ai ré-intensifié de vieilles amertumes, ai agité une belle série de ses casseroles ! Ce qui a du produire un tintamarre assourdissant dans sa tête ! A ce moment-là, j’ai constaté une légère surchauffe de sa conscience, qui n’a plus trouvé d’autre alternative que d’entreprendre de réveiller les glandes lacrymales…

– Vous voulez dire que vous vous êtes attribué le mandat de faire se larmoyer de culpabilité le plus grand escroc de la planète ? Nous en sommes très impressionnés Paul !

C’est bien cela Maître! Et pour finir je me suis dirigé vers la porte de la pièce, l’ai ouverte, ai claqué des doigts pour que le cauchemardeur se réveille bien en sueur. J’ai à haute et intelligible voix éclaté d’un rire angoissant* pour être bien certain qu’il m’entende avant de claquer la porte de sa chambre à coucher et disparaître dans la nuit comme si je n’avais jamais existé !

– Eh bien Paul, reste à espérer que le sujet ait su apprécier cette bonne farce autant que nous et qu’il en gardera comme nous un très bon souvenir !

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* Ecoute en exclusivité le rire angoissant* de Paul :

Le rire angoissant*

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[ n.d.l.r. ] L’auteur n’a jamais suivi une seule leçon de latin et ne connaît personne dans son entourage qui soit de langue maternelle latine. Ce titre là-haut est uniquement supposé faire intello…

La plus belle des fleurs

Mon lieu de travail d’alors, était situé à grande distance de ma résidence principale.

Pressentant que la cadence du pendulaire entreprendrait de m’accabler avant que le renouvellement de mon abonnement mensuel aux transports ne soit à l’ordre du jour, j’ai pensé préférable à l’incessant va et vient, de me porter locataire d’une modeste résidence secondaire à distance plus raisonnable de mon employeur.

Partant du vieux principe maintes fois confirmé que de fuguer hors de sa zone de confort reste la meilleure chance de l’élargir, je me suis alloué un bon petit coup de jeune et me suis mis en quête d’un loyer modeste pour un espace meublé en colocation. Dès lors, en semaine je passerais quelques soirées et quelques nuits dans ma mansarde, loin de ma bien-aimée, avant de m’en retourner trépignant la rejoindre tout là-bas pour la chérir encore, le vendredi soir venu,

Et puis s’en suivit une période de vacances qui me fît déserter ma piaule auxiliaire durant plusieurs semaines.

Lorsque la fin de ma période de congé me signala l’heure du retour vers mon petit refuge sous les toits, j’en repris le chemin. Arrivé devant ma porte, je me suis un court instant mis à voyager dans mes pensées :

Allais-je retrouver chaque chose à sa place ? Quelqu’un était-il entré durant mon éloignement ?

Un peu comme si j’allais pénétrer dans une caverne secrète inviolée depuis mille ans, j’ai introduit ma clé dans la serrure et l’ai faite tournailler. La porte s’ouvrit…

C’est en franchissant le seuil, que mon visage a été effleuré par une infime caresse, par un fil horizontal invisible, juste avant qu’il ne se rompe, un fin fil qu’avait du tendre en guise de message de bienvenue, une araignée gardienne. J’en frissonne encore à chaque fois que j’y repense !

Ce fût une si délicieuse émotion que je souhaite la partager avec vous.

Lorsqu’une aussi délicate réponse à vos tourments vous est ainsi personnellement adressée à l’instant opportun par dame nature , c’est qu’elle vient de vous faire la plus belle des fleurs !

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Allez, on s’accroche tous comme d’hab !

deuxmillseize_sunof.net

Cette fois-ci, c’est vrai, je vous l’avoue,

Pour marquer la nouvelle année,

J’ai failli ne rien poster du tout !!

Pour une fois, Je m’étais dit  :

Houste, les abus de couleurs,

Basta, les indécents contrastes !

Finito les phrases grandiloquentes…

…

Une résolution que je n’ai pas pu tenir…

Pour 2016, accrochez-vous !

Attention départ !

Le Type au Chapeau

Le type au chapeau_sunof.net

Travailler du chapeau

Une expression qui signifie ” avoir des troubles psychiques ( trouble qui se situe dans la boîte crânienne ) , être du genre à délirer, à être plus ou moins fou, taré, cinglé, cinoque, foldingue maboul voire même carrément siphonné “

Bien entendu, il s’agit de bien savoir différencier les bons barjots des mauvais fadas ! Car il y a des loufoques qui sont très utiles à la société. Le Roi en personne, en avait un perso, pour lui et sa cour. Faites l’essai pour vous faire la main, en enquêtant dans votre entourage et parmi vos proches : Vous devriez en trouver un sans problème. Mais attention, Il existe aussi des fous furieux ! Ne vous y frottez pas ! Ceux là, sont réservés aux experts.

Mais elle vient d’où cette étrange expression m’sieur ?

Les sels de mercure utilisés autrefois pour feutrer les chapeaux, intoxiquaient les chapeliers qui pouvaient ensuite souffrir de pertes de mémoire, d’insomnies, d’instabilité nerveuse et de petits délires en vrac, dans les cas les plus graves !

De nos jours, cette expression aurait été remplacée par : Fermenter de la casquette

Merci au Wiktionnaire, sans qui ce petit travail du chapeau n’eût point été possible !

La Priorité Numéro Deux

priority number two_sunof.net

Aujourd’hui juste comme ça pour changer

J’ai mis du désordre dans mes priorités

Chemical Friends

Bonsoir cerbère !

Bonsoir Monsieur, pouvez-vous

me présenter votre invitation ?

La voici ! Je me nomme Calmant.

Oui, vous êtes bien sur la liste. Et vous êtes attendu !

Le maître des lieux est un peu anxieux en ce moment,

 Entrez vite le rejoindre, lui et les autres convives,

Allez prendre une coupe de champagne au bar !

 

Merci mais sans façons pour la coupe. L’alcool et moi

ne faisons pas bon ménage ! Je ne suis pas venu seul.

Je suis accompagné de Clémence et de Constance !

Elles sont chargées de contenir les indésirables

comme les effets secondaires par exemple !

 

Alors bienvenue à vous aussi Mesdames!

Entrez vite !

J’espère que vous apprécierez le festin.

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Bonsoir vigile ! Mon nom est Aspirine Antidouleur. Depuis notre dernière rencontre,

J’étais dans l’impatience de pouvoir festoyer à nouveau dans l’une de vos soirées cocktail !

 

Mais vous êtes toujours notre invité spécial, Sire,

Sans doute avez-vous remarqué le slogan sur

le carton d’invitation: Ca va faire mal ce soir !

Venez, Migraine que voici, va vous escorter

à votre table. Vous n’allez pas être déçu !

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Bonsoir surveillant, je suis madame Pilule, et…

Madaaa…me Piiii…luuuu….le. Bizarre, je ne trouve

pas votre nom sur mon ordonnance !

C’est certainement parce Je suis invitée à d’autres festivités, pas très loin d’ici.

Ce sont des amis qui m’ont chargée de passer vous dire que

malheureusement, ils ne pourront se joindre, à la présente célébration,

qu’en toute fin de soirée. Durant l’after je crois.

Ils répondent aux patronymes de Seltzer et Rennie.

Il seront juste en retard ! Il ne faudra pas vous inquiéter !

Eh bien chère Madame, je vous remercie d’avoir pris la peine

de nous en avertir. J’en prends bonne note !

Au plaisir de vous revoir bientôt !

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Bonsoir portier, veuillez m’annoncer : Lord Paracétamol !

Palsambleu ! Je n’aurais raté cette sauterie pour rien au monde !

Bienvenue Messire ! Nous vous savions

grand amateur d’ambiances fiévreuses.

Et c’est un honneur de vous savoir parmi nous.

Entrez donc et laissez-nous vous divertir !

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Holà garde ! Mais quel est donc la raison

de tout ce fichu remue-ménage ?

Laissez-moi passer !

 

Bonsoir Maître Somnifère ! Vous n’avez pas été invité

et m’en voyez désolé. Car ce soir nous faisons grand tapage.

Le maître des lieux, avec vous, m’a chargé

Avant tout, d’entretenir des rapports de bon voisinage !

J’espère que tout cela ne vous empêchera pas le sommeil, de trouver !

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Bonsoir, j’ai vu de la lumière, je passais par là par hasard !

Je ne suis pas en possession d’une invitation,

En guise de sésame, puis-je simplement vous promettre d’être sage ?

 

Allons donc, je ne vous laisserai pas croire

que je ne vous ai pas reconnu mon très cher Viagra.

Si c’est encore pour importuner nos invitées

en leur faisant la cour

Je ne pourrai pas vous laisser

entrer comme cela !

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Medical Cocktail

Objet Volant Mal Identifé

HB-SUNOF.NET.svg.

Bidouillage graphique sur brouillon de papier de mauvaise qualité

Jeté à la truelle et tartiné à la brosse à dent

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Travail minimaliste, inspiré par un intense sentiment de liberté

Du genre de ceux qui te font oublier ton parachute au vestiaire !

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Le bleu

Le bleu_Sunof.net

Cela faisait quelques temps que je n’avais plus lâché de petit délire frais de saison,

Cueilli si possible à maturité dans la serre la plus fertile de mon jardin secret.

Le dessin ci-dessus, a été récolté aujourd’hui même et je le reconnais : un peu à la va-vite,

Il avait été semé et a germé l’été dernier, suite à une discussion avec mon frère.

( C’est lui qui m’a prêté sa grande échelle )

Notre échange estival donc, portait sur le fait de grimper un à un les échelons

Accompagné de la patience nécessaire, pour atteindre un but.

Plutôt que de prendre un billet de téléphérique, voler une fusée, se bricoler une catapulte.

( J’en rajoute probablement un peu là, droit planté dans mes bottes maculées de terre… )

On peut appliquer le principe de l’échelle à une carrière professionnelle, au long apprentissage d’une discipline artistique, à la découverte d’une passion quelconque ainsi qu’à sa perception des choses de la vie ! Et j’en passe, je le reconnais : un peu à la va-vite.

On pourrait aussi adroitement se laisser glisser d’une échelle parallèle à une autre.

Et une fois le centre de la cible là-haut touché du doigt,

Une autre échelle providentielle ou bienvenue, se dressera.

Parce qu’un bleu, il faudrait toujours le rester un peu.

…

A part ça, ces temps-ci après avoir vécu une période riche en explorations diverses,

J’aurai bientôt quelques dessins aujourd’hui encore en chantier à vous présenter !

Et puis aussi je le crains, pas mal d’histoires curieuses à vous raconter !

Mais là je m’en retourne dans ma serre, avec mon arrosoir rempli à ras bord

Et dois malheureusement vous laisser, je le reconnais : un peu à la va-vite.

 

Cueilli au vol avec délicatesse

Le roi du Blues fb

– C’est la première fois que vous venez nous voir ici dans nos bureaux ?

– Oui, je ne sais pas comment ça se passe, mais vous allez certainement me guider un peu …

– Bien, alors commençons : Si vous êtes un gros bosseur, efficace, organisé et résistant au stress, je peux vous proposer un poste de fourmi. C’est situé en bas de l’échelle : un poste d’ouvrier subalterne. Mais si vous appréciez les voyages, cette mission inclus de très nombreux déplacements …

– Hé bien, en tant qu’être humain déjà, j’étais plutôt cigale, alors je crains que je ne me sente à contre-emploi. Et j’avoue que l’idée de devoir me fondre dans la frénésie d’une fourmilière, ne me tente pas plus que cela.

– Je comprends, mais malheureusement en ce moment, on ne recrute pas de cigales. C’est plutôt un job temporaire d’été, vous savez !

– Tant pis. Et quelles autres carrières pouvez-vous me proposer ?

– Voyons… Vous vous sentiriez plutôt pelage, plumage ou couvert d’écailles ? Plutôt grand prédateur, proie discrète, imposant ou minuscule, volant ou rampant ? Attendez, je viens de tomber sur un poste de zèbre à pourvoir immédiatement. Il vous tenterait ?

– Alors oui zèbre j’aime bien. A part pour l’uniforme. Je crains qu’il soit un peu trop voyant pour que je me sente à l’aise, rapport au type de personnalité que j’ai acquise lors de mon expérience précédente.  J’avoue que je n’aurais rien contre un minimum de mimétisme dans mes nouvelles fonctions !

– Hé bien, je constate que ça ne va pas être simple de vous réincarner hahaha, mais notre service est là pour ça et nous y consacrerons le temps qu’il faudra. Poursuivons… Alors… Voyons… Au département carnivores, ils cherchent des assistants avec beaucoup de mordant, mais ils embauchent plutôt des jeunes qui ont les dents longues. Il y a aussi de belles opportunités dans les zoos, des postes à long terme, vous seriez nourri, logé et soigné, si bien entendu, vous vous sentez prêt, à endosser une activité quotidienne offrant peu de libertés et qui implique de continuer à entretenir des contacts régulier avec vos ex- congénères du sommet de la chaine alimentaire… Ah ! Si vous êtes en possession d’un brevet de plongée et avez une licence de pêche, nous sommes aussi à la recherche d’un martin-pêcheur. Une activité motivante avec de grosses responsabilité, et puis…

– Oh mais.. veuillez me pardonner de vous couper la parole, il me vient subitement une idée : une opportunité en tant que chenille vous auriez ça dans vos fichiers ? Je me souviens que sous ma forme humaine déjà, j’avais apprécié de me retirer dans un cocon pour me consacrer à la gestion d’un projet ambitieux, une métamorphose…

– Vous avez de la chance, nous avons justement ici une annonce parue ce matin même. Un instant, je consulte les détails du profil demandé : Alors… personnalité de terrain, esprit d’entreprise, grande souplesse, goût pour la légèreté, capacité à se laisser ballotter dans tous les sens, bonne tolérance aux changements fréquents de direction… Ah et notez qu’une préférence sera accordée au candidat qui montrera de réelles aptitudes à utiliser le minimum de raccourcis et de lignes droites pour relier deux points…

– Mais dites-moi, ce descriptif me semble avoir été rédigé sur mesure ! Y a-t-il des risques inhérents à cette profession  ?

– Bah, tout au plus à être cueilli au vol avec délicatesse puis épinglé dans la vitrine d’un collectionneur. Mais à ce moment-là, revenez me voir ici. Nous dénicherons ensemble une autre affectation pour vous,  et des plus épanouissantes, je peux vous le promettre.

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Si vous souhaitez soutenir l’artiste qui a réalisé la magnifique aquarelle du martin-pêcheur et qui a édité un ouvrage écrit par une de ses amies et illustré par elle, rendez vous sur le lien suivant  : aqualowe.ch
Merci et à bientôt !

A quoi ça rime ?

C’est un beau jour pour les adieux d’un poète !

Il en a assez d’aligner des vers et des rimes

Grand temps pour lui de prendre retraite

Il n’alignera plus les moindres mots qui friment.

 

Ce n’est plus l’heure de se prendre la tête

Sa prose sera désormais réservée, plus intime

Et ses complaintes désordonnées à perpète

Il ne décrira plus jamais de paysage sublime

 

Dissout dans la foule son vieux talent d’esthète

Un peu comme s’il avait soudain été victime

Du tir en pleine âme d’une arme secrète

Dévalorisant son lyrisme, qui ne vaut plus un centime

 

Que désormais sa verve se doit de devenir plus discrète

Même si jouer avec les mots n’était jamais un crime

Mais jouer sur les mots que personne ne répète ?

Il les chérissait et les laissait chanter en son estime

 

Les lançait en ligne hors de son cœur en fête

Sens de la terminaison et consonance richissime

Musique des mots sur rythme endiablé que rien n’arrête

C’est un beau jour pour les adieux d’un jongleur ultime

Une belle journée pour la toute dernière pirouette…