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Les 50 coqs du voisinage 2, le retour

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Ils sont revenus ! Mais maintenant ils sont plus de 100 ! (Voir l’article d’origine en lien tout en bas)

Je ne sais pas si finalement il s’agit bien de corneilles ou plutôt de corbeaux freux. Mais j’ai lu dans la presse, qu’ils en agaceraient plus d’un dans les quatre coins du pays. ( n.d.l.r : pour cacophonies et aussi pour cacochieries )

En ce qui me concerne, c’est avant le lever du soleil que je me passerais volontiers de leur “atroces vocalises matinales”. Ne me dites pas que c’est une de leurs meilleures stratégies de drague ??? Siii ? Mais nooon !

Après avoir pu facilement les envoyer croasser ailleurs durant deux jours d’un simple claquement de mains, la moitié d’entre eux se sont ensuite habitués. L’effet dissuasif original a vite perdu de son efficacité sur le nombre. Au moins, lorsqu’il pleut ou que la météo ne leur convient pas, ils ne se déplacent plus sous mes fenêtres et je peux profiter pleinement jusqu’à la toute dernière phase de mon sommeil paradoxal.

L’autre matin, ne se contentant plus de squatter l’arbre aux mille branches d’en face (que je ne vais pas aller élaguer moi-même) , depuis mon oreiller, je les ai vus s’aligner serrés tout le long du faîte du toit de l’immeuble d’en face. Un peu comme pour me signifier à grands renforts de participants, que mes petites manœuvres dissuasives précédentes n’avaient pas du tout été à leur goût ! Que comme que je les avais fait s’envoler sans raisons valables, j’allais maintenant devoir déguster un petit déjeuner qui se mange froid ! Et ils se sont mis à s’égosiller comme jamais encore jusque là. On va dire qu’ils sont allés jusqu’à m’étaler de la moutarde forte sur les tartines.

C’est là que j’ai pris la décision de prendre le taureau par les “bornes” : A agression sonore, réplique très sonore ! Parce que je préfère réserver mes mains aux applaudissements d’artistes agréables à entendre et les mettre à contribution pour concevoir et bricoler le “canon sonore” qui les fera tous franchir le mur du son à la verticale ! J’ai vite rédigé la liste du matériel nécessaire et me suis rendu au magasin de bricolage. De retour chez moi, j’ai immédiatement usiné et assemblé le premier prototype de ma pièce d’artillerie et ai procédé à un premier tir d’essai en intérieur et en toute discrétion. En espérant que les grandes puissances en réaction, ne déclenchent pas encore une autre de ces troisièmes guerres mondiale par erreur. Puis j’ai préparé mon arme de dissuasion massive avec la munition nécessaire pour un déploiement rapide et efficace à l’heure de l’aube suivante…

Mais le lendemain était un dimanche et un dimanche ça se respecte ! Je n’allais pas tirer tous mes voisins de leurs grasses matinées respectives et respectables pour mon seul plaisir de faire à mon tour du tapage. De plus il faisait un temps à ne pas planter un coq sur un tas de fumier. Donc pas le moindre gueulard ailé à signaler et à déloger dans les alentours. Et un jour de trêve dans un conflit, c’est toujours bon à prendre. Alors ce jour là, j’ai pu me réveiller de la manière la plus naturelle et agréable qui soit !

Le lundi matin, les volatiles hostiles m’ont signalé la fin du cesser le feu dominical par quelques cris inhabituellement timides en prenant place dans un certain calme sur le sommet du toit d’en face. C’est là que j’ai également perçu les miaulement courts et répétés d’un allié à moustaches dont la présence sur les lieux contribuait vraisemblablement à contenir l’excitation des pires solistes de l’ensemble. “Si la nature vient à mon secours pour rétablir le calme, alors laissons la faire! “ Ai-je pensé en réfrénant un certain instinct guerrier et en retournant me laisser envelopper par les bras de Morphée… Mais au bout d’un quart d’heure, avec le nombre d’interprètes sans cesse en augmentation, le pauvre matou n’avait presque plus voix au chapitre au milieu de ce concerto de casse-couilles pour lève-tôt. J’ai chargé ma bombarde bruyante,ouvert ma fenêtre et “fait feu” sans sommation dans leur direction : Pas un seul d’entre eux n’est resté impassiblement perché le bec ouvert à beugler son irritant refrain ! Il y en a même certains qui ont fait des loopings impressionnants…

Le mardi matin, je n’ai pas eu à sortir du lit pour combattre. Une fois de plus la nature s’était montrée plus clémente avec votre narrateur qu’avec l’escadrille d’enquiquineurs à plumes. Durant la nuit, une tempête à décorner les bouquetins baptisée d’un prénom féminin d’origine grecque les a privés de toute autorisation de décoller de l’enfer.

Le mercredi matin, il était tombé une dizaine de centimètres de neige. Et chacun sait que la neige absorbe et amortit très bien les sons et que donc, ces jours là, il n’y a pas de récital prévu. Plutôt que de rester à glander sur leur branche devant ma machine à café à faire cuicui à leur rebutante manière, ils concentrent enfin dès la première heure, tous leurs efforts dans la recherche de nourriture planquée sous la couche de poudreuse.

Hier, je suis tombé par hasard sur un sujet ou un internaute se demandait ce que les oiseaux pouvaient bien vivre de si excitant vers 5h du matin. Et il y avait plusieurs réponses très drôles, dont celle que les oiseaux seraient plutôt du matin pour s’accoupler. L’un d’entre eux pour les décrire a utilisé le terme de “Morning-Woodpecker”, ce qui m’a évidement beaucoup amusé…

Par contre avec tout ça, j’ai du repousser la série d’essais prévus de mon “canon spécial“. Et tant que je n’ai pas confirmation de sa réelle efficacité sur le long terme et qu’il n’aura plus à être amélioré, je ne vais pas pouvoir en publier les plans ici… Mais pour une fois que de ne pas pouvoir tenir les délais ne m’empêche pas de dormir, je ne vais quand même pas râler !

Je n’ai plus eu à me plaindre des cris de guerre de ces rapaces du sommeil jusqu’au vendredi inclu. Je suis prêt à parier cent appétissantes graines de tournesol que c’est le froid sibérien qui s’était employé à refroidir les ardeurs de chaque représentant de ces émoustillés du point du jour. Le samedi, certains soupirants n’avaient pas pris la peine de refaire le déplacement. Leur nombre s’était réduit à une petite cinquantaine et l’ouverture de leur oratorio troppo furioso repoussée aux environs de sept heures du matin. Mais leur tentative de vouloir négocier avec moi l’heure du grand ramdam en baissant le volume de moitié et en réduisant la durée de leur prestation n’a pas été de nature à me convaincre. C’est encore dans un état de demi-sommeil que je me suis levé et que j’ai pour la seconde fois, fait usage de mon tromblon détonnant. Pas un seul de ces piafs de purgatoire n’a raté le signal de départ ! Et ce n’est pas qu’ils partent faire un tour de quartier pour mieux revenir ! D’ailleurs à l’heure où j’ai ajouté ces quelques lignes, c’est ce qui ressemblait au plus agréable gazouillis de printemps qui parvenait à mes oreilles. Le genre de voisins mélomanes à plumes dont je n’interromprais les couplets pour rien au monde. Suite à mon intervention, il m’a fallu une bonne heure pour repartir en hibernation. J’ai mis cet intervalle de tranquillité retrouvée à profit pour échafauder le concept théorique d’un nouveau mécanisme de “mise à feu” pour mon arsenal d’épouvantail.

Comme le soir précédant, j’avais considérablement abusé de tisane de fleur d’oranger, mon réveil plus matinal que souhaité de ce jeudi, n’avait cette fois pas à être mis sur le râble des ténors noirs. D’ailleurs ils n’étaient plus venus se réunir dans la brise matinale sur le platane aux milles trapèzes voisin pour répéter leur déplaisante aubade. Je me suis dit que le chef d’orchestre devait souffrir d’une subite extinction de voix ou devait avoir paumé sa baguette. Une indisposition quelconque suffisant à clouer le bec de toute une fanfare. J’entendais toujours au loin, jouer d’autres formations : Il ne s’agissait donc pas pour cette fois de l’extinction de toute une espèce. Il arrivait qu’une formation de chasse de trois ou quatre appareils, lâchent quelques vagissements provocateurs en passant presque furtivement derrière mes fenêtres. La possibilité que le douloureux souvenir de quelques déculottées sur le champ de bataille aient été gravées au fer rouge dans leurs cervelles d’oiseaux n’était pas à exclure. Malgré une paix relative de quelques matinées, j’avais continué de peaufiner techniquement mon arquebuse déflagrante. C’était bien connu : vouloir posséder une arme c’est avant tout un acte destiné à se défendre ! Et moi je serais plutôt du genre à ne pas faire de mal à une mouche, sauf si elle devenait vraiment super chiante ! Alors pour les cas d’urgence, j’ai une tapette à mouches de secours. Donc en ce jeudi, de retour soulagé de ma salle d’eau, au lieu que de me jeter sans attendre sous une couette encore à température idéale, c’est pour satisfaire à ma curiosité que j’ai risqué un crochet par la fenêtre pour jeter un coup d’œil sur le poulailler. Et de constater qu’ils étaient tous bel et bien là, mais que seul un seul d’entre eux prenait encore la liberté de tirer sur sa corde vocale distendue. C’est à cet instant précis que j’avais cédé à la tentation de me livrer à une guerre préventive. L’attaque serait la meilleure défense contre ceux qui pourraient s’en prendre à nos défenses ! Et comme maintenant je suis armé jusqu’aux gencives, que j’ai de la munition à profusion qui pourrait être frappée d’obsolescence avant usage, que je n’ai pas d’autre ennemi tout désigné à affronter en ce moment et puis que finalement l’autre jour, ils l’avaient bien cherché… D’ailleurs je n’ai aucun drapeau vierge de couleurs de prévu ni même à disposition. Un seul tir a suffi à expulser, presque en silence de mon territoire d’influences, la clique de ténébreux passereaux. Parce que ce n’est quand même pas du gibier à plumes qui pourrait me mettre de mauvais poil avant l’heure de mon œuf à la coque !

Voilà et maintenant je me sens prêt à prochainement pouvoir publier les plans de mon dispositif de dissuasion dont l’efficacité a pu être prouvée. Cette description fera sans doute l’objet d’un article séparé…

A suivre !