Author Archives: SunOf

Plaque commémorative du second trimestre 2020

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C’est avant-tout le sens du devoir de mémoire qui m’a poussé à bidouiller cette plaque commémorative en faux bronze coulé. C’est pour ne jamais oublier sur le long terme si en fin de compte, il s’agissait d’une crise de la quarantaine ou de la quarantaine d’une crise.

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Les tartines aux épinards

Dans le catalogue de mes plus lointains souvenirs, mon penchant pour les petits-déjeuners a été scellé lors de mes toutes premières années de scolarité. C’est là que j’ai appris qu’il m’était préférable d’entamer une bonne journée en me rassasiant les sens et l’organisme.

Nous savourions nos tartines dans un silence cérémonial en écoutant attentivement les nouvelles fraîches à la radio. C’était un temps où les gaspillages alimentaires étaient mal vus et où on ne laissait pas moisir une confiture moins appréciée qu’une autre. Alors il n’y avait sur la table qu’un seul pot de confiture à la fois et il fallait qu’il soit terminé avant de trop se réjouir du suivant, ou d’entamer un bocal de mélasse, ou de crever la surface homogène d’une délicieuse gelée de coing. Ou plonger la petite cuiller en imitation-argent dans un pot de miel du terroir et la faire tournoyer jusqu’à la rupture du fil de nectar. Et puis un jour de  vacances à l’étranger, ce fût la découverte de la pâte à tartiner. Celle qui était dotée du super-pouvoir de corrompre à vie n’importe quel petit écureuil. Ce n’était pas celle qui est célèbre de nos jours, mais je me rappelle de l’intense addiction qu’elle avait déclenchée en moi en quelques bouchées. C’est certainement grâce à cette règle éducative stricte de rotation des goûts, des couleurs, des onctuosités et des fruits que j’ai été capable de m’en désaccoutumer et de reprendre le cours d’une existence de gamin à peu près normal…

Également au menu du festin matinal, cette radio qui nous racontait entre-autre qu’untel s’était trouvé empêtré dans une sacrée mélasse, que tel autre s’estimait être en droit de réclamer plus de beurre et d’argent de poche du beurre pour mieux le mettre dans ses épinards, qu’un chenapan récidiviste mentait comme un réparateur de caries alors qu’il avait été à maintes reprises surpris les doigts dans la compote. Qu’un vaurien partait en séjour dans une cabane plutôt qu’en lune de miel sous les tropiques, pour faire une cure de pain sec et eau plate…

Je n’aurais peut-être pas conservé de souvenirs indélébiles de ces petits matins gastronomiques, si en même temps nous n’avions pas aussi joué à pile ou farce. Aux environs de sept heures en semaine, nous nous trouvions alors encore qu’au nombre de deux à table. Et c’est mon paternel qui préparait avec soin et au fur et à mesure la série de tartines. Moi je n’étais encore que spectateur en formation. Peut-être, souhaitait-il secrètement que je puisse rester concentré sur la narration des informations radiophoniques pour que je réalise au plus tôt ce qui pouvait m’attendre, une fois que je serais à mon tour lâché seul dans la jungle, loin de mon meilleur fournisseur et préparateur de tartines.

Il faisait des belles tranches de pain blanc assez épaisses et très régulières : Mais surtout particulièrement équilibrées. Et si on laissait volontiers le quignon aux lève-tard, c’est parce que c’était des tartines volantes ! C’est avec une adresse et une précision impressionnante pour une performance aussi matinale, qu’il me les livrait toutes par vol plané. Atterrissages pile poil au centre du marquage “au sol” qui était virtuellement tracé devant moi. Avec un taux de réussite de tartines qui tombaient sans rebondir du côté non beurré encore jamais égalé par quiconque à ce jour !

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Virion Exterminator X40

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J’ai construit une bulle d’environ 6 mètres de diamètre. Le but est de maîtriser mon espace en appliquant à la lettre les consignes officielles de distanciation physique.

Lorsque je m’installe aux commandes de l’engin, son enveloppe agit comme un champ de forces protecteur. Si une escadrille de virions de coronavirus devait venir se frotter de trop près avec leurs dégoutantes petites protubérances, mon bouclier d’énergie impénétrable les foudroiera instantanément pour ensuite les atomiser en milliers de nano-bosons pour les empêcher définitivement de nuire. Je l’ai fabriquée à base d’une solution hydroalcoolique agrémentée d’une dose fatale de savon.

A terme, je pense encore équiper cette capsule de survie, d’une fonction de distanciation psychologique. J’y travaille déjà sans relâche. Le but sera de pouvoir m’éloigner un peu plus de ce sujet épineux et obsédant et d’en revenir naturellement à bricoler des petits délires basés sur des substances plus diverses et variées.

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Le Covid-19 pour les Nuls, mais pas seulement

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Le pastiche d’une couverture de guide que je me suis amusé à réaliser pour me défouler.

( Avec un petit côté satirique qu’il est préférable de prendre au 2ème degré, bien sûr ! )

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Et quelques autres bricolages en rapport avec ce sujet, à archiver :

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Addendum de dernière minute : En mai 2020, à la surprise générale, les hautes instances linguistiques ont décidé qu’on allait plutôt dire une covid-19, que un covid-19. Sur SunOf.Net, nous avons choisi de ne pas aller jusqu’à chipoter sur un simple article…

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Retour d’une pluie de printemps

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… après 30 à 40 jours sans une seule goutte quand même…

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C’est une réalité assez inquiétante en tout cas sous nos latitudes au climat tempéré alors, Je pense que je vais devoir changer mes priorités et faire remonter cette vieille idée de construire un mât totémique inspiré du style amérindien. Pour réaliser ce projet, je possède déjà planté dans mon atelier un poteau assez robuste qui pourra servir de base de travail et la bonne nouvelle, c’est que dès aujourd’hui, c’est la réouverture après quarantaine des magasins de bricolage. L’une des spécificités de l’être humain est d’être un bricoleur, c’est bien connu. Essayez de l’en empêcher et voilà qu’il se mettra à bidouiller des schémas de révolte…

C’est au niveau du design que ça coinçait un peu. J’avais griffonné quelques esquisses intéressantes de créatures mythiques que je souhaitais représenter sur mon totem. Mais Je suis encore loin d’être satisfait des résultats. Et puis avec l’apparition soudaine de cette macabre pandémie, je me sentais plus inspiré à travailler sur la “Sculture de la Pocalypse (voir plus loin) et avais repoussé mon projet de “Mât pour faire tomber la Pluie” à plus tard. En cas de survie de l’espèce humaine.

Je me dois de constater aujourd’hui que le (mauvais) temps presse. Qu’il faudrait vraiment que je bosse plus sérieusement sur le prototype de ce pilier magique. Et aussi sur le costume de grand sorcier. Que je soigne la chorégraphie du rituel et que je rédige quelques bonnes incantations… Et que le grand Manitou me transmette son feu sacré. Conditionné en bouteilles d’un litre, si possible. En attendant, il faudra envisager de devoir continuer d’arroser vos cultures avec le tuyau.

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Mondays For Future

En tant que nul en maths et en cheveux, celle-ci, je ne pouvais pas la manquer !

Les vendredis sont réservés par d’autres manifestants. Mais les lundis c’est bien aussi.

Sinon, j’aurais évidement plutôt choisi les vendredis.

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Experts reconnus au fil du temps (mise à jour)


Il était grand temps de faire une petite mise à jour de ce graphisme amusant que j’avais trouvé sur internet et qui n’allait à l’origine pas encore au-delà des années 2010. Car je crois qu’il est désormais assez clair pour à peu près tout le monde, qu’en 2020, Karen et Facebook se sont pris une giga-pâtée en matière d’expertises diverses et variées, que ce soit sur réseau social ou dans des conférences de presse.

Pour bien faire, il faudrait encore associer sur l’échelle des décennies, les courbes de quantité et de qualité des divers rapports d’analyses et conclusions présentées par ces différents experts. Ceci dans le but de réduire le nombre d’éventuelles interprétations qui iraient dans le sens qu’en fin de compte, les choses ne font que de se bonifier avec le temps.

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Chambre à part mais ménage partagé !

Depuis le début de la quarantaine, avec Luigi, nous avons convenu de faire chambre à part. Il faut dire que ce n’est pas parce que nous vivons sous le même toit que nous serions ce qu’on peut appeler des inséparables. Si je devais “l’avoir dans les pieds” au quotidien et à longueur de journée, je crois que notre binôme ne pourrait pas survivre à cette déjà longue période de confinement. Il faut dire que tous les deux, nous n’avons pas vraiment été “taillés dans la même poutre” ! Mais il peut nous arriver d’être tout à fait complémentaires et de très bien nous entendre. C’est que je serais peut-être un peu du genre trépignant, alors que la spécialité de Luigi, c’est le farniente et le plus souvent possible.

Dans des moments festifs, j’apprécie de m’ouvrir une bonne bière artisanale bien fraîche dans une ambiance calme et apaisante alors que lui son truc, ce serait plutôt la moquette, les cérémonies tapageuses et si possible celles, où il se réveille enfin et où il court dans tous les sens. Et là pour changer, ou peut dire qu’on entend plus que lui !

Ça n’arrive pas très souvent, mais il nous arrive de nous disputer. Je lui reproche par exemple, de ne jamais prendre l’initiative de s’occuper du ménage. Si je ne le pousse pas un peu, il reste immobile dans son coin et feint d’ignorer ma présence. Lorsque je suis décidé d’entreprendre des tâches ménagères et que je lui demande de m’aider un peu, d’y participer activement de son côté, il me répond que ça tombe mal, parce qu’il n’a pas l’énergie nécessaire pour ça…

J’ai beau tenter de l’appâter en lui parlant de cette appétissante couche de poussière partout sur le parquet, de tenter de le faire saliver en lui décrivant ces ragoutantes friandises disséminées sur le carrelage et éparpillées sur les tapis et que, pour le remercier de faire un effort, je serais une fois de plus prêt à lui céder ma part du pique-nique. Mais rien n’y fait. Pour se défiler, il peut même aller jusqu’à faire mine de ne pas avoir faim. Lors de notre dernier conflit, je l’avais même menacé que s’il ne se décidait pas enfin à se bouger un peu les roulettes, je pourrais être tenté de vouloir le remplacer par l’un de ces colocataires modernes qui ne se fait pas prier. Un modèle plus remuant et surtout bien plus motivé que lui…

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Luigi 1er

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Mon petit musée (8)

Toyota Corona Mark 2 Wagon

Aux alentours de l’an 1980, notre voiture familiale était une Toyota Corona Mk2 wagon. (Année de construction environ 1970)

Dans la famille, il pouvait nous arriver de personnaliser nos véhicules. Mon paternel s’occupait volontiers du tuning peinture et moi, alors trop jeune pour être le détenteur d’un permis de conduire pour automobile légère (mais qui exécutais déjà toutes mes cascades en personne) je me chargeais volontiers des crash-tests

Je vous laisse apprécier le style de cette fière calandre, encadrée par ces deux ailes pointant comme des flèches affutées en soufflerie en direction d’une destination lointaine… Ben… un jour votre narrateur a maladroitement rectifié ce design sophistiqué contre un mur de parking historique. Distance parcourue : un mètre et demi grand max, déformation structurelle du véhicule comprise. Le mur de plus de deux mètres de hauteur qui faisait partie de l’enceinte d’une vieille église et qui en avait vu d’autres, n’a pas bougé d’une brique. Je précise au passage que je n’étais pas et n’avais jamais été au bénéfice d’un accord parental formel pour m’installer à l’avant.

Jusque-là, je m’étais limité à titiller la dangerosité de l’existence en mouvement sur deux roues. Mais j’ai été piqué d’une lubie : Qu’une bagnole, ce n’était finalement rien d’autre qu’une mobylette avec une carrosserie, deux roues et deux vitesses de plus. Que ce serait probablement une expérience grisante de tourner la clé de contact et d’en faire rugir un peu le moteur. Après quelques appuis répétés sur les gaz, j’ai jeté un coup d’œil au levier de vitesse qui m’a paru parfaitement vertical. J’en ai déduit que j’étais au point mort et j’ai retiré mon pied de la pédale d’embrayage…

Le jour du drame, nous étions invités à une réunion familiale. Quand mon tonton, un solide et impressionnant boucher-charcutier au teint hâlé et à la coupe de cheveux en brosse est arrivé sur les lieux de l’accident pour tenter de détordre la tôle froissée avec une barre à mine géante, il m’a lancé un de ces regards noirs à la Lino Ventura en me lâchant sèchement qu’il y avait vraiment de gros pieds au cul qui se perdaient… J’avoue que j’en tremble encore en y repensant…

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Mon petit musée (7)

Une petite photographie sympa de 4 cm sur 5, que je n’avais jamais remarqué jusqu’ici parce qu’elle était vraiment bien cachée au milieu de centaines d’autres.

Je ne connais pas la petite histoire qui va de pair avec cette photo mais quelque chose me dit que ma mère n’a pas du rester comme ça toute penaude bien longtemps. Parce que la commande n’a pas été annulée et que ma livraison sur cette planète a bien eu lieu dans le courant de l’année suivante.

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La Sculture de la Pocalypse (2)

C’est en occident, en l’an de disgrâce 2020, que se déroula la plus dramatique crise du carton que le monde dit moderne ait été amené à affronter.

Pour rappel, cette année-là, on apprenait que la filière du recyclage du carton était en grande difficulté car son business modèle de base ne rapportait plus une thune par tonne. Et comme une mauvaise nouvelle ne surgit jamais seule au carrefour de la rue des Soucis et celle du boulevard des Emmerdements, une subite et forte demande de carton sur le marché mondial, menaçait d’en faire s’écrouler le cours à un niveau encore jamais atteint ! Une frange non négligeable de la population pétrifiée d’effroi à l’idée d’avoir à se passer de cette matière vitale, par instinct de conservation, se précipita en grand nombre sur tous les produits qui pouvaient en contenir. La demande en carton était alors telle, que des foules paniquées achetaient tout article encore disponible pouvant incorporer un fragment de ce matériau. Ceci même si le précieux devait être emballé dans des kilomètres de papier et s’il fallait, pour assurer sa survie, aller jusqu’à en acquérir des quantités de grossistes.

Ce n’est pas suite à un pressentiment portant sur l’imminence du déclenchement d’une crise que pour ma part j’avais accumulé un impressionnant stock de cette substance là en particulier. C’était dans l’unique but d’un jour mener à bien un vague projet de sculture utilitaire susceptible d’égayer ma salle de bains. Il s’agissait de meubler un grand vide à proximité du trône de céramique, d’une pièce d’ornement pouvant apporter un peu d’originalité et de couleurs dans une salle d’eau un peu terne et pragmatique.

A cette époque, il n’était pas rare de pouvoir apprécier une nature morte accrochée dans une cuisine, un tableau panoramique envahissant le mur d’un salon, une photographie encadrée paradant au-dessus d’une cheminée, mais on ne rencontrait alors que trop rarement de sculture originale destinée à s’imposer dans l’espace d’un petit coin.

Cette pièce de cartonnage était ici en cours de réalisation. Il s’agissait encore d’en rigidifier la structure pour qu’elle soit en mesure de tenir plusieurs décennies. A ce moment là, le développement de ce projet était malheureusement freiné par une pénurie de certaines matières de base nécessaires, comme par exemple plusieurs nuances de peinture. Au niveau du carton j’étais couvert : j’en possédais encore en réserve un vingt-quatre pack à peine entamé..

A suivre éventuellement

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Boarding pass(e) ton tour

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S’il fait un peu la grimace, ce bon vieux moyen-courrier

C’est qu’au sol durant des semaines, il est resté cloué !

Et si la taxe de séjour de l’aéroport est aussi élevée

Que celle de son parking longue durée au forfait journalier

Il ne semble pas près de pouvoir la payer avant de redécoller !

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Il se prend à rêver de se recycler en navette spatiale à dos de fusée

Pour aller plus loin encore, en embarquant plus de passagers

Et si une taxe sur le kérosène n’en venait pas soudain à tout encadrer

Il ira jusqu’à vendre des looping lunaires et des piqués dans la voie lactée !

Mais il ne semble pas près de vouloir se poser pour se reposer…

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Je profite de l'actualité inédite pour me permettre un petit délire 
aéronautique pas vraiment supersonique, mais qui peut conduire à
un moment de réflexion. C'est parce que j'ai une pensée profonde 
pour tous ces pendulaires qui habituellement vont bosser au 
quotidien en aéroplane ou ceux qui retournent chaque semaine en vol 
low-cost passer le week-end dans leurs foyers en pays voisin. 
Je compatis aussi avec tous ceux qui sont privés d'une ou 
l'autre de leurs journées de shopping express dans une capitale 
étrangère et qui prennent des avions comme on prendrait des  
escalators de supermarché...