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Une journée bien-être

Hier, je me suis accordé une « journée wellness ». Après trois mois de semi-confinement, c’était plus que nécessaire. Et aujourd’hui, en toute franchise , je me sens nettement mieux qu’avant-hier !

Ce qui fonctionne le mieux pour moi, c’est d’aller jouer aux sardines dans les thermes d’une ville voisine. A chaque fois, je ressors du court-bouillon parfaitement régénéré et durant la nuit qui suit, je pionce comme un koala.

En méditant dans le bain à bulles, je me disais que décidément, l’être humain avait pour particularité de se créer lui-même la plupart de ses problèmes. Et je suis bien placé pour le savoir vu que je fais pareil ! D’ailleurs, si on doit en arriver à devoir s’accorder une « journée wellness », c’est que toutes les autres ne le sont pas vraiment ! Sinon on les appellerait toutes juste « journée ». La grande mode maintenant, c’est de fêter la journée annuelle de ceci ou de cela. Moi cette année par exemple, j’ai déjà prévu de célébrer la journée du roulement à billes qui tombe pile en septembre ! (Ne cherchez pas… je me comprends)

Après avoir été barboter dans la rivière à remous, j’ai décidé prématurément de quitter le bassin de plein air. Il y avait une machine de chantier juste à côté, qui s’entêtait à faire un boucan d’enfer et qui empestait le Diesel qualité paquebot. Mais après trois mois de semi-confinement, pas question de faire le difficile. Il faut savoir se montrer un poil compréhensif : Pour certains camarades bipèdes, s’il a pu à un moment être interrompu, le travail a dû être repris pendant que d’autres se paient encore le luxe de se prélasser dans leur piscine. Et puis allez, tiens : une « journée moyennement wellness » lors d’un retour progressif à la normale, on ne va pas cracher dessus !

Pour ajouter une petite pointe de wellness à cette journée, je suis allé me régaler les papilles dans un petit restaurant asiatique qu’il m’avait été recommandé de boycotter durant les trois mois d’hibernation. Avec un peu de sauce piquante, je me suis dit qu’en fin de compte, l’être humain ne se créait pas que des problèmes !

Je n’ai été de retour dans ma ville qu’en soirée à l’heure de pointe. A mon humble avis, s’il y avait une statue qu’il faudrait déboulonner sur le champ, ce serait bien bien celle érigée à l’intention du crétin qui a inventé les heures de pointe ! Ça diminuerait peut-être le nombre de processions de ses fidèles. J’ai pu constater avec effroi qu’en effet, les gens n’était plus du tout confinés à leur domicile ! Ils l’étaient maintenant dans l’habitacle de leurs bagnoles respectives dans un bouchon interminable. C’était en quelque sorte l’imbrication d’un confinement dans un autre confinement, après le semi-confinement. Un cauchemar emboité dans un autre cauchemar, après un mauvais rêve. Mais par un temps estival; comme ça en définitive, tout ne paraît pas si sombre…

Moi ? Ah mais non ! L’embouteillage ne m’a pas du tout niqué ma « journée moyennement wellness » ! Parce que je circulais dans la direction opposée et que c’était le boulevard. Pour moi, c’était aussi l’heure de pointe, mais de celles qui pointent vers l’arrière. Je me rendais en ville à l’heure précise où tous les autres semblaient préférer la fuir. Et là, je me suis répété que décidément l’être humain avait pour particularité de se créer lui-même la plupart de ses problèmes.

Je crois que s’il m’est un jour proposé de sélectionner ma prochaine vie, expérience faite, je ne cocherais peut-être plus la case “être humain”. Et j’éviterais également l’option fourmi. Trop de stress, de trafic et de files d’attentes, là-aussi. On verra bien d’ici là. Pour l’heure, j’en suis resté au choix qui me parait le mieux me convenir de vilain petit canard.

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L'intelligence artificielle et les fourmis, par Hervé Lehning
Source Illustration : Merci le web !

Ménage, surmenages et ménagerie

Dès que j’avais quitté le nid familial pour m’installer, je m’étais porté volontaire pour être le colocataire d’un chat de gouttière. Je précise que jusqu’ici, ça n’a jamais été de plus d’un seul spécimen à la fois !

J’ai baptisé chacun des chats que j’ai hébergé en pension complète du même sobriquet affectueux de «Bizou». J’étais à l’époque persuadé, que c’était le seul et unique serial-prénom-sympa pour toute boule de poils dotée du pouvoir magique de ronronner. Et qui peut se lustrer la fourrure avec une extrême coquetterie, avec sa petite langue râpeuse rose-bonbon. Une adorable peluche vivante, un peu fofolle et très joueuse, indépendante et fainéante. Mais qui en même temps, est aussi tout à fait capable de s’empiffrer sans modération aucune du contenu qui schlingue de certaines boîtes de conserve.

Je logeais généralement plutôt en hauteur dans les immeubles locatifs que j’ai squatté. Le plain-pied, ça n’était pas trop mon truc. La tradition était de laisser le bas-étage aux plus vieux. Et j’ai vite réalisé que le blazetendresse de mon animal de compagnie pouvait se révéler être un peu gênant dans certaines situations. En particulier lorsque je sortais faire le tour du quartier à la nuit tombée et que, dans le but de rapatrier ma féline montée sur coussinets, je l’appelais sous les fenêtres de tout mon voisinage. Il fallait que la bête sauvage puisse reprendre forme apprivoisée et réintégrer gîte et panier à l’heure du couvre-feu.

Une voisine :

-Chéri écoute ça ! Il y a un rôdeur dehors qui lance avec insistance des appels aux bisous !

Un voisin :

Ben oui ! Moi aussi j’ai entendu ça. Mais rassure-moi ma bibiche : Tu n’irais tout de même pas jusqu’à te porter volontaire, n’est-ce pas ?

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En général dès les premiers appels déjà, un miaulement distinctif m’avertissait d’un « deux secondes, j’arrive ! ». Et le félidé ne tardait à accourir dans mes jambes pour s’assurer de ne pas avoir à faire l’impasse sur le confort d’une nouvelle nuitée au palace et de risquer de devoir renoncer à sa généreuse ration de croquettes.

Lorsque j’avais emménagé dans ma toute première mansarde, j’avais d’abord adopté un félin. Ce n’est qu’ensuite que j’ai aussi accueilli une “colocatrice” humaine (qui n’était pas du voisinage). Elle clamait régulièrement sa préférence pour les chiens. Alors elle avait entrepris de me tanner le cuir avec l’intention évidente d’obtenir à l’usure mon approbation pour agrandir la famille et ajouter une gamelle. Suite à d’âpres négociations portant sur le choix du modèle idéal et sur la liste des options indispensables, nous étions parvenus à conclure un accord. Parce que moi, dans un 2 pièces-cuisine exigu du quatrième étage sans ascenseur, un énorme molosse qui cherche à me déboîter l’épaule avec sa laisse dans la cage d’escaliers déjà, ou l’un de ces cerbères nerveux et baveux à l’apparence esthétique secondaire et qui de plus, fouetterait le hérisson qui se néglige en rentrant d’une promenade sous une bruine, ça ne m’enthousiasmait pas franchement. Et il était avant tout fondamental que nous soyons beaucoup plus présents pour bien nous en occuper de ce futur éventuel toutou. J’avoue que j’avais alors un peu surjoué le conjoint psycho-rigide jusqu’à ce que j’obtienne une approbation à quelques-unes de mes modestes revendications ainsi que le luxe absolu de pouvoir décider seul du prénom de cette créature aux oreilles en forme de ramasse-poussière. Et j’étais là-dessus au moins, resté totalement inflexible : Ça sera « Maggie », comme madame Thatcher, la dame de fer ! ( Un choix sensé rappeler ma légendaire fermeté, lors de nos pourparlers d’adoption ) Ensuite, c’est ma dulcinée ravie de la tournure positive des choses qui s’était chargée des formalités et de la transaction.

Le jour où notre flamboyant bébé-cocker trop chou biquet au pédigrée prestigieux avait fait irruption dans le hall d’entrée, ma coloc-féline que j’avais omis de mettre dans la confidence quant à la livraison imminente d’une petite sœur, avait réagi à l’alerte intrusion par l’une de ses métamorphoses en punk hostile les plus réussies. Elle avait gardé la posture menaçante et le poil hirsute jusqu’à ce qu’elle réalise que tout cela n’était que théâtre inutile : La nouvelle venue ne l’ayant pas même encore calculée jusque-là. En guise de cadeau de bienvenue, la petiote avait alors choisi, sous nos yeux encore attendris, de déposer une galette odoriférante sur le carrelage du couloir. Puis, devant l’absence de signes de menace et allégée de certaines de ses craintes, Bizou s’était aventurée à s’approcher pour examiner de plus près cette forme de vie indésirable. Et aussi pour inspecter sa première œuvre matérielle réalisée sur son sol et sous son toit. C’est en affichant une hilarante et inoubliable grimace de dégoût, qu’elle s’en est ensuite calmement retournée se poster en observation à la cuisine ! Je crois que la tigresse miniature venait de percuter que désormais, elle n’irait plus uniquement que vers des lendemains qui miaulent !

Pourtant à ma grande surprise, il n’a pas fallu bien longtemps à ces deux-là pour briser la glace. Elles étaient d’une taille comparable et n’avaient de cesse de se pourchasser à travers tout l’appartement. De s’attraper, de s’agripper l’une à l’autre pour se rouler sur le sol. Et quand ce n’était pas l’une c’était l’autre, la poursuivante. C’étaient des courses-poursuite incessantes, rythmées d’allers-retour spectaculaires.

Quelques années et pas mal de rebondissements plus tard, il y a eu séparation et je me suis resté seul en compagnie d’El Bizou. Après quelques semaines, elle s’est mise à découcher de plus en plus souvent. Et puis il y a eu ce fameux soir à partir duquel, elle n’est plus jamais réapparue. Mes appels infructueux ne faisaient que résonner dans l’écho nocturne. J’ai mis cette désertion compréhensible sur le compte d’une dépression consécutive à la perte de sa meilleure camarade de jeux. Ou alors, peut-être qu’au cours de l’une de ses promenades, elle était tombée sur un matou qui valait le détour et qui lui avait proposé de déménager pour le rejoindre dans son manoir de rêve…

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Aujourd’hui je crois que pour étoffer encore un peu ma ménagerie, je finirais par envisager d’adopter un poisson rouge. Je suis ouvert à discuter de sa taille et de sa couleur exacte etc.. Mais je tiens absolument à l’appeler « Bathyscaphe » ( comme le poisson de fer )

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Source Photos : Merci le Web !

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Le petit chaperon gris

Source des cliparts : Merci le Web !

Il était une fois, un gentil petit chaperon Gris qui patientait en attendant que soit levé un décret ministériel d’urgence, qui à cause de la propagation d’un virus, lui interdisait d’aller folâtrer dans la nature et d’aller voir Mère-Grand comme elle en avait l’habitude. Elle en était d’ailleurs fort triste et inquiète, la pôvrette !

Chaque jour, elle nourrissait l’espoir que feu vert lui soit accordé ! Et qu’elle puisse, avec son petit panier rempli de bonnes choses, se rendre chez son aïeule en s’aventurant dans les profondeurs de la forêt. Et chemin faisant avec plaisir, y surmonter quelque peur et y affronter moult dangers.

Chaque jour ou presque, dans l’idée de tantôt pouvoir partir en livraison, elle préparait avec amour à l’attention de Mère-Grand, une grande galette aux fruits de saison, ainsi qu’un petit pot de beurre frais du terroir.

En attendant sa liberté retrouvée, le petit chaperon Gris occupa ses journées de son mieux. Elle participa en toute discrétion à toutes les marches et manifestations qui lui étaient proposées en centre-ville et dont les revendications visaient à préserver les ressources, la santé et la vie de la planète, à améliorer son quotidien, celui de Mère-Grand, celui de l’ensemble de ses congénères et celui des générations futures. Il faut dire qu’en ce temps-là, les cortèges d’interpellation et de protestation, ce n’était pas ce qui manquait …

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Un remake du crapaud vilain (v2.2)

Une première tentative de “remake” d’un vieux truc que j’avais bricolé en 2013, ou même avant (publication en lien en bas). il s’agit d’un essai de curiosité d’une mise au goût du jour. J’ai d’ailleurs failli abandonner assez vite en cours de route : Parce-qu’en temps normal, mes priorités seraient naturellement plutôt orientées vers la spontanéité des inspirations du jour et vers la création de nouveautés ! Donc, repêchage, in extremis !

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Il s’agit ici d’une mise à jour qui intègre le progrès que j’ai pu faire depuis cette époque là et le résultat de ma familiarisation progressive avec l’utilisation d’un outil informatique de dessin vectoriel (Inkscape). Le premier crapaud vilain séducteur, avait été dessiné à la main et scanné, puis tracé en matriciel avec GIMP. Il avait ensuite été vectorisé avec Inkscape / Potrace. Pour info : Un dessin vectoriel peut être incliné / mis à l’échelle à volonté sans perte de qualité (donc sans pixellisation ) parce qu’il ne s’agit pas d’un fichier contenant une grille de pixels fixes, mais d’un “programme de traçage” qui contient les coordonnées et les courbes de Bézier qui relient des points. Ces points peuvent donc être recalculés avant d’être affichés/imprimés proprement au format souhaité. Plus d’infos ici > SVG.

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Une petite crique presque trop discrète

Désir de retour au calme dans une petite crique discrète et difficile d’accès. Aussi loin que possible de la civilisation en ébullition. A part moi, il n’y avait pas âme qui vive aux alentours, pas même dans cette eau d’une limpidité pourtant si cristalline. Derrière moi dévalait d’une colline, un torrent d’eau douce mais bouillonnante d’impatience de se précipiter dans la mer. Lorsque j’ai posé un pied au fond de l’eau, c’est avec une élégance spectaculaire qu’elle s’est subitement floutée de sédiments déposés là en abondance. Pourtant, pas le moindre petit poisson à portée de vue. Et aucun oiseau. Pas trace d’un seul insecte. Aucune pollution humaine visible non plus. J’ai supposé qu’à cet endroit la salinité anarchique de l’eau pouvait en partie être responsable de cette absence apparente de biodiversité et que l’intrigue de la chaine alimentaire s’était chargée du reste. J’avais longuement exploré ce splendide espace, inondé d’une grande sérénité. Ce lieu m’avait pourtant également frappé de l’une de ces étranges impressions d’être le dernier survivant…

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Consultation de crise

Alors, comme ça tu nous refais encore une de tes petites crises ?

-Hé bien oui, je le crains. Et le pire, ce n’est plus qu’une seule à la fois ! C’est d’autant plus inquiétant !!!

Tu veux dire qu’en ce moment, tu souffres simultanément de plusieurs crises en parallèle ? Ça c’est intéressant ! Mais alors laisse-moi deviner : 1) N’endurerais-tu pas une forme sévère de torture psychologique, basée sur un amalgame explosif composé de crise existentielle et de crise identitaire ?

-Pas du tout ! Les crises de ce genre, j’ai appris à les gérer sur le tas et avec le temps !

2) Bon, alors ne me dis pas que tu nous fais une crise de la quarantaine sur le tard. Un chaos psychique en partie du à une crise d’adolescence mal surmontée, causée entre-autres, par de trop fréquentes crises de jalousie très mal vécues durant ton enfance ?

-Non, non ! Là aussi, j’ai fini par assez bien maîtriser le sujet. Et j’ai pu classer sans suites tout ce qui relevait de ce type de troubles-là !

Alors … 3) C’est une crise de nerfs au bureau ! Parce qu’ils t’ont sucré toutes tes heures supplémentaires et ont liquidé ton solde de vacances ? Soi-disant, par solidarité dans cette lutte contre les effets de la crise économique subséquente à la crise sanitaire et blablabli et blablabla…

-Bien vu ! Mais c’est encore perdu ! Ce n’est toujours pas ça ! Dans ce domaine, je suis aguerri au combat. D’ailleurs, c’est aussi pour cette raison qu’à mon âge je ne trouve plus de poste stable. J’ai de la bouteille, mais suis un profil plus assez malléable. Je sais enfin dire “Non !”. Et les petites crises d’autorité des uns et des autres, elles me passent cent kilomètres au-dessus…

-Ah, alors ça ne sera pas facile de deviner ! Allez : 4) il s’agit d’une crise d’angoisse, parce que la question de la crise écologique qui te tenait très à cœur est passée au second plan. Elle s’est escamotée derrière la crise économique. Et parce que la morosité ambiante qui découle d’une crise de confiance mondiale, plombée par l’émergence de nouvelles tensions entre États et sérieusement aggravée par la crise sanitaire, s’est muée en crise politique internationale ?

-Hé ! Pas mal ! Mais toujours pas trouvé. Aujourd’hui je suis capable de contrôler, dès leur apparition, le déclenchement de crises d’angoisses qui auparavant pouvaient me conduire à des crises de panique ! C’est bien simple, je ne me rappelle même plus de ma dernière crise de colère ! Et je n’arrive plus à me remémorer une quelconque crise de folie, même passagère ! Avec les années, j’ai vraiment gagné en robustesse mentale et en capacité d’indifférence. Mais dit comme cela, je réalise que devrais probablement m’en inquiéter !

Mais alors, tu fais preuve d’une sacrément bonne gestion de crise. Alors en 5) Je suppose que tu n’es pas passé me consulter dans cette cellule de crise, pour que je te soulage d’une inquiétude quant à une éventuelle crise d’arythmie ou pour que je te rassure au sujet d’une crainte de l’imminence d’une crise cardiaque… En réalité, tu traverses une crise de placidité agrémentée ici et là de bouffées de bien-être. Ceci en éprouvant le réel danger de te voir un de ces jours submergé par une crise d’hystérie euphorique ?

-Ça y est ! Tu as tout deviné ! Bravo docteur, je te félicite !

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J'aime beaucoup imaginer et développer des dialogues
thérapeute-fada vs. patient-frappadingue.
Apparemment, il s'agit d'une fantaisie récurrente 
chez moi.
C'est en écrivant ce commentaire que j'ai pu en 
retracer l'origine profonde et le cheminement qui 
m'y a conduit. Je ne devrais donc même pas aller 
consulter pour décoder la source de cette petite  
manie :-)

Et voilà, fin de la (des) crise(s)

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Du rififi à l’heure du roupillon

C’est dans un endroit fort agréable et bien au frais,

Et que je pensais être à l’abri des regards indiscrets,

Que je m’apprêtais à camper ma sieste de la mi-journée,

Les paupières lourdes et les batteries déchargées.

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Alors que je n’étais point à l’affût ni même affamé

Voilà qu’un imprudent vint se glisser sous mon nez !

Mais quel sans-gêne ose-t’il se permettre telle insolence ?

D’aguicher ainsi ma gourmandise en demie somnolence !

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Mais mon instinct ne m’a accordé le loisir de gamberger

Me rappelant que je suis plutôt de nature à me régaler !

Que doit primer l’intention de n’en faire qu’une bouchée

Sur celle d’encourir le péril de me faire croquer !

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Alors je me suis jeté par surprise sur cette pâture distraite

Ne lui laissant la moindre chance de retrouver toute sa tête

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Admin Blues

Je peux décider en une fraction de seconde de me casser la tête avec des trucs de dingo, me montrer ultra-motivé et passer en vitesse lumière pour les accomplir ou les résoudre, mais dès qu’il s’agit de m’attaquer à ce qui touche à l’administration de mon moi citoyen-contribuable, c’est en un éclair que je me métamorphose en mollusque apathique sous somnifères devant une grosse feuille de laitue peu appétissante.

Sachez dès lors qu’AdminMan le super-administrateur-fiscaliste masqué, il est scientifiquement impossible que ce soit moi ! Même sous cryptonite ! Parce que lui, il saurait instantanément comment optimiser ma fiscalité pour en fin de compte, ne pas même avoir à en payer des impôts. Lui, il connait les combines pour ne pas avoir à s’appliquer à écrire en caractères lisibles au stylo à bille (mais surtout pas au crayon de papier) à l’intérieur de toutes les petites cases d’une flopée de formulaires officiels. Et au pire, il a des sbires qui sont prêts à se farcir le “sale boulot” à sa place.

Et ce n’est pas parce que je n’y comprends rien que je relègue volontiers la discipline fiduciaire au dix-huitième plan. Je pense que c’est simplement à cause de cette pesante notion de rigidité qui prédomine dans ce domaine. Je crains fort que ce ne soit que la simple idée de devoir me plier en mille face à ce rigorisme bureaucratique qui me pétrifie d’entrée de jeu.

Et j’ai beau mettre en place toutes les incitations nécessaires afin de me contraindre à choper le taureau de Wall Street par les cornes, de soigneusement ignorer toutes les attractions distractives, de verrouiller toutes les sorties de secours et de condamner les échappatoires et même de ranger ma créativité au vestiaire : Rien n’y fait : Je suis très vite foudroyé par une léthargie inhibitrice et ce, souvent même avant le terme de la mission.

Heureusement que je n’avais pas opté pour une profession à plein temps dans une quelconque filière administrative ! Sans quoi je crains fort que j’aurais rapidement fait un bore-out conforme à l’article 518 bis du 6ème volume de l’encyclopédie des pathologies modernes. Ou alors, j’aurais tout aussi bien pu perdre pied et me noyer au milieu d’un océan de chiffres noirs.

C’est donc par pur réflexe défensif, qu’en général je repousse le traitement de ma paperasserie à des jours meilleurs. Des jours comme il n’en arrive le plus souvent que sous la forme d’un rappel avec dernier délai en caractères gras soulignés ou d’une sommation d’usage.

Évidemment, je pourrais implorer mon percepteur pour qu’il m’accorde un léger report d’échéance destiné à me permettre de souffler encore un peu. Là-dessus je crois, qu’il y aurait quand même encore une petite marge de flexibilité de négociable.

Mais comme je n’ai pas vraiment d’autre option que de toujours rester au moins un tout petit peu créatif dans chacune de mes actions, je préfère encore l’imaginer me répondre comme suit :

-Une prolongation ?? Alors là, mon cher Monsieur, je ne vais pas y aller par 4 chemins : Vous pouvez aller vous faire cuire un 9 ! J’attends l’envoi de vos documents dûment remplis et signés dans les 3 jours et sans fautes ! C’est ça, ou je vous colle un 0 pointé et des frais administratifs sur les 2 prochains exercices !

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Bon allez, ce n’est pas l’tout des choux, l’heure tourne et il faudrait vraiment que je m’en retourne au plus vite à mes petits calculs de boutiquier !

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Une rare photographie du “Chief Executive Officer” de la société AdminMan Limited se tournant, il faut bien le dire, un peu les pouces pendant un conseil d’administration …

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Un petit détour au service comptabilité

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Entre deux prises de tête “comptables“, je n’ai évidement pas pu résister à aller faire un petit galop d’essai avec la toute dernière évolution du logiciel libre et open source de dessin vectoriel Inkscape v1.0 ( inkscape.org )

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Le bureau des affaires classées

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C’est un réglage de base et de naissance qui a fait de moi un citoyen affichant une nette préférence pour les lettres par rapport aux chiffres.

Mais je crois savoir que les autorités fiscales ne se contenteront toujours pas d’une déclaration sous forme de rédaction de quelques phrases proprement orthographiées de la part d’un contribuable plus lettré que trésorier. Mais d’autre part je dois reconnaître que je n’irais pas pour autant les supplier de pouvoir faire toute ma comptabilité en chiffres romains !

Il est grand temps pour moi, mais pour un temps seulement, de passer des lettres aux chiffres. De me laisser envahir par une grande ferveur administrative. De faire parler les chiffres. De jongler avec des nombres. De passer à l’addition.

C’est afin d’entrer en douceur dans cette parenthèse gestionnaire que pour commencer, j’ai créé en toutes lettres, mon premier « classeur des affaires non-classées » ! Il s’agit d’un concept novateur et hautement révolutionnaire en tout cas en ce qui me concerne : C’est un classeur symbolique, sensé rester éternellement vide de toutes traces de classement !

Je dois à l’avenir, pouvoir à tout moment, enfoncer profondément mon index dans le trou noir situé au-dessous de l’étiquette blanche (voir photo), sans rencontrer la moindre résistance opposée par quelque dossier d’une affaire réglée que ce soit que j’aurais pu y laisser traîner.

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Le prisonnier de l’essentiel

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Personne ne m’a jamais conseillé de rédiger mes mémoires

Et je n’ai pas moi-même prévu de les parcourir un jour en entier

Personne ne m’a incité à noter mes formules dans un grimoire

Et je ne détiens pas de recette magique pour épicer plus d’une réalité

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J’ai choisi d’écrire pour ne pas rester à vie, ce triste prisonnier de l’essentiel

Captif d’une unique substance, qui entraverait ma liberté de m’évader

Je me suis permis de consigner, ce qui ne me paraissait pas confidentiel

Dans une autobiographie de tous les souvenirs qu’il me restait à inventer

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Personne n’est jamais passé me demander de vider mon sac au parloir

Et n’ai pas été en personne jusqu’à me condamner à une liberté de parole

Personne n’a proclamé de sentence pour rendre mon discours obligatoire

Et n’ai vu l’interdiction de quiconque d’exprimer mes idées les plus folles

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Alors, bienvenue dans le chapitre suivant de mon journal de bord !

Il ne devrait plus y manquer la moindre page blanche à barbouiller

Il y aura des ratures ineffaçables et des stigmates de bagnard encore

Mais j’y jetterai l’encre avec la plume qui me permet de m’envoler

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aLexLibris • Just listed new wooden/leather Grimoire in ...
Source Image : Internet > leather grimoir

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Désolé, mais ce bien n’est pas à vendre !

A ce jour encore, aucun trader envoyé des enfers ne s’est jamais présenté à ma porte pour négocier l’acquisition de mon âme ! Quant à moi, je n’ai même jamais pensé fixer de tarif de base en prévision d’une occasion où je me sentirais vaciller dans la perspective d’envisager la vendre.

Vu d’ici et sauf imprévus, je crois que lorsqu’il s’agira pour moi de rendre l’âme, ce sera sans avoir d’abord à rembourser une hypothèque la mort dans l’âme. Et s’il devait subsister un reste de supplément d’âme alors ça sera cadeau, pour la maison !

Un commercial malin aurait habilement pu placer son offre à des moments où j’avais du vague à l’âme, quand j’errais comme une âme en peine dans une impasse sans âme qui vive ou quand je manquais désespérément de force de l’âme. Il aurait pu me faire miroiter un contrat préférentiel aux conditions des plus alléchantes, comme la promesse d’une âme sœur, un élargissement de grandeur d’âme, un adoucissement de servitudes.

Je devais certainement être absent de mon domicile à chaque fois qu’ils sont passés prospecter dans mon quartier. Ou alors il se pourrait que je sois répertorié sur leur liste noire de débiteurs déconseillés pour tout projet d’investissement. Si elle existe, je remercie la bonne âme qui m’aurait dénoncé et qui m’a évité de devoir me montrer désagréable en leur claquant la porte au nez.

Je n’en ai pas la preuve concrète, mais je suspecte leurs services de renseignements de s’être permis de m’accabler d’idées noires en des temps difficiles. Probablement dans le but d’évaluer d’éventuelles disponibilités de ma part. Et je m’amuse aujourd’hui à croire que j’ai certainement fini par obtenir la classification définitive de client indésirable. Une mise à l’index dans la catégorie des collaborateurs potentiels peu maniables et insuffisamment disciplinés pour envisager une quelconque exploitation productive sur le terrain.

Pour terminer, je vous refile un tuyau utile pour le cas où l’un de ces agents des abîmes devait passer vous rendre une visite surprise avec sa mallette remplie de biffetons lorsque vous n’êtes pas vendeur : Prouvez-lui simplement que vous n’avez pas perdu votre âme d’enfant et c’est probablement sans même enchérir, qu’il s’en ira très vite poursuivre sa sinistre récolte ailleurs.

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