Author Archives: SunOf

Mon petit musée (6)

Aujourd’hui je vais aborder le thème de mes premières expériences de gosse avec l’électricité.

Premier contact

Lorsque mon paternel avait entrepris de faire des travaux de rénovation dans le salon de la maison familiale, il avait provisoirement retiré le cache de protection en plastique blanc de la prise électrique murale combinée avec l’interrupteur de la lumière. Il m’a regardé droit dans les yeux et m’a mis en garde l’index levé de ne surtout pas toucher quoi que ce soit à cet endroit. Bien sûr, dès qu’il avait tourné le dos, c’est ma curiosité qui l’avait emporté et j’ai placé mes doigts exactement là où il me l’avait indiqué. Et c’est foudroyé par un complément d’énergie ultra-persuasive que j’ai finalement bien compris la leçon !

Étrangement, cette expérience dangereuse s’est reproduite presque à l’identique des années plus tard avec ma progéniture. Mais cette fois c’était moi l’adulte qui mettait en garde.

Premier bricolage

Ceci est la reconstitution d’une expérience dangereuse qui ne doit en aucun cas être reproduite chez vous !

A un moment donné, j’ai éprouvé le besoin vital de me procurer un câble de rallonge électrique pour brancher je ne sais plus trop quoi dans ma chambre. N’en trouvant nulle part de disponible dans la maison, j’ai entrepris d’en bricoler une de mes propres mains avec du matériel et des outils empruntés dans l’atelier de mon paternel.

  1. J’ai dénudé les quatre fils des câbles de chaque côté. – J’avais déjà compris que l’électricité circulait à travers le cuivre et le métal en général et non dans la matière plastique isolante.
  2. J’ai soigneusement torsadé les quatre fils de cuivre tous ensemble. – Je n’avais pas encore percuté que s’il y avait au minimum deux fils séparés de chaque côté, ce n’était pas du tout seulement pour faire plus joli.
  3. J’ai testé mon câble de rallonge improvisé en insérant la fiche dans la prise secteur murale. Et c’est là qu’il y a eu comme un grand éclair bleu assorti d’un claquement assourdissant.
  4. Au même moment, l’approvisionnement en électricité de tout l’étage a brusquement été interrompu. – Je venais d’inventer le court-circuit ainsi qu’une forme inédite de sabotage.

>.<

Interface homme-machine

Parmi les moyens prévus pour permettre le dialogue entre un être humain et une machine, il existe ce qu’on appelle l’interface graphique (en anglais GUI) pour Graphical User Interface.

En 2006, j’avais commencé à coder un programme. Un outil logiciel graphique et technique destiné aux ingénieurs/développeurs en électronique. Une profession que j’ai exercé durant des années. J’avais toujours souhaité un jour créer mon propre “produit”, en explorant et en expérimentant en autodidacte, divers domaines comme la programmation. Petit à petit, avec les années, ce programme est devenu ce qu’on appelle une véritable “usine à gaz”. Mes idées additionnées à celles que me soumettaient des clients utilisateurs du monde entier, ont fini par faire gonfler ce projet jusqu’à ce qu’il atteigne des proportions allant au delà du raisonnable.

J’implémentais régulièrement à la va-vite des fonctionnalités supplémentaires ici et là. Tant et si bien que “le poste de pilotage” de l’utilisateur a fini par ressembler à celui de la photo de gauche. Et pour chaque fonction nouvelle ou extension, d’ajouter un icône ou un élément de menu par ici et de rédiger un autre petit tutoriel par là. Expliquer comment faire ceci ou cela et tout ça dans la langue de milkshakes-pire que je maîtrise que partiellement. Je finissais par moi-même après quelque temps d’inactivité sur ce projet, ne plus très bien savoir ou trouver ou comment me servir des mille manettes de mon usine.

J’avais lu dans certains articles de presse que la programmation de logiciels ne serait bientôt plus un métier d’avenir parce que la fameuse intelligence artificielle deviendrait plus compétente que nous pour réaliser de ce type de tâches. Mais j’ai aussi parcouru d’autres articles qui déclaraient que les jeunes enfants devraient “tous” apprendre à coder dès leurs années d’école. Et pour ma part je soutiens clairement cette idée là. Parce que je pense que la programmation et le débogage (la recherche et la résolution de dysfonctionnements et de bugs) peuvent à mon avis activer et développer plusieurs régions cognitives de notre cerveau et réveiller beaucoup de créativité. Ce qui ouvre un accès à des capacités qui peuvent nous compléter et qui se révèlent également efficaces dans bien d’autres domaines que la maîtrise et l’utilisation de l’informatique. Et je fais partie de ceux qui ont du lutter pour un jour se sentir vraiment à l’aise dans la programmation. Ceci bien que j’aie commencé assez tôt dans ma jeunesse à m’y intéresser et à me débrouiller avec ce type de techniques. (Je reviendrai sur ce point dans un prochain article)

Ces temps-ci, j’ai retrouvé le feu sacré pour continuer de faire évoluer le poste de pilotage de mon bon vieux programme qui affiche “déjà” à l’écran ses presque quinze ans de maturation. J’aimerais que petit à petit, il ressemble de plus en plus au cockpit de l’encadré de droite sur la photo. Une interface homme-machine plus épurée, agréable et intuitive…

Les programmes que je crée aujourd’hui, sont tous des héritiers des nombreuses expériences accumulées en développant ce projet ludique et extravagant. Alors il mérite bien que je prenne tout le temps nécessaire pour lui offrir quelques élégantes finitions.

>.<

Mon petit musée (5)

>.<

On dirait bien qu’à l’âge de 7 ans, il y avait déjà de l’inspiration au bout du pinceau ! Depuis tout gamin, j’entretenais une forme particulière d’obsession pour tout ce qui touchait à la peinture.

D’après cette photo, on pourrait croire que je ne m’adonnais à l’exercice de cet art que très sagement dans la quiétude d’un atelier spacieux et propret. Détrompez-vous ! Je n’ai pas toujours peinturluré la vie en rose : J’ai également tenté de suivre la voie des artistes-peintre rebelles et torturés !

J’ai par exemple entièrement repeint mes mobylettes à plusieurs reprises. Et on ne pouvait pas dire que les résultats obtenus étaient conformes à mes objectifs ! J’ai vite découvert qu’en matière de peinture, on ne peut plus revenir en arrière. Au pire, on en rajoute une couche. On recouvre une débâcle en tentant de faire mieux. Beaucoup plus tard, j’ai improvisé une peinture complète sur ma première voiture. La couleur choisie était celle de la marque au canasson cabré. La bagnole en question était très ancienne et rouillée comme un vielle passoire. Elle n’était pas dommage pour subir une expérience de ce type. Bien sûr, erreur de débutant oblige, j’ai repeint tout l’intérieur de mon garage en rouge vif et en rose en même temps que je recouvrais la tôle de mon vieux carrosse d’occasion d’une robe flamboyante. Je me rappelle qu’il y avait quand même une petite surface totalement exempte de grain ou de coulée. Une superficie de quelques centimètres carré qu’on aurait pu qualifier de travail de pro. Au moins la nuit, ma caisse avait fière allure : Elle virait à un rouge-orangé assez spectaculaire ! C’est probablement cette expérience là qui m’avait conduit à abandonner la perspective de me lancer dans une profession touchant à la carrosserie automobile.

Plus tard, m’est venue l’idée saugrenue de vouloir peindre un visage féminin stylisé sur le capot de cette voiture. J’avais été profondément inspiré par un dessin que j’avais trouvé super cool. Mais par prudence, avant de massacrer encore plus le prestige de ma bagnole, je me suis livré à un essai préliminaire sur une planche en bois aggloméré. Résultat, une véritable catastrophe ! Le visage en question aurait fait battre en retraite une troupe des zombies les plus affamés. Si j’avais reproduit cette horreur sur mon capot, plus aucun moustique n’aurait pris le risque de venir s’écraser sur mon parebrise ! C’est suite à cette énième contre-performance, que j’ai enfin cessé d’insister de vouloir tout repeindre à tout va. C’est bien des années plus tard que j’ai retrouvé ce terrifiant essai pictural que j’avais planqué au fond des archives de la honte dans les combles. Et il me mettait toujours très mal à l’aise. Alors j’ai décidé de détruire ce chef d’œuvre maudit pour qu’il ne glace plus jamais personne d’effroi …

Même si je n’en suis pas très fier, je considère avoir été l’un des précurseurs du graffiti mural à la bombe de spray. Je devais avoir une dizaine d’années lorsque j’ai barbouillé de noir, le rez-de chaussée d’une façade jaunâtre d’un immeuble de ma rue. Il s’agissait d’une réaction désespéramment monochrome à une profonde injustice que m’avait infligé la personne qui travaillait à cet endroit dans un domaine artistique intéressant. Probablement la première personne de ma jeune existence en qui j’avais confiance et qui s’est finalement révélé n’être qu’un sale connard profiteur. Mon geste vengeur était certes disproportionné, mais de la couleur de mes desseins à son encontre. A cette époque, “ça ne se faisait pas” encore de taguer les murs ou les trains. Et j’ai vite été copié, et souvent dépassé… Je suis récemment repassé en curieux devant cette maison. Elle a encore été repeinte et c’est très réussi. Mais pour moi, mes fameux “graffitis” de la révolte sont toujours là, incrustés dans la matière, quelque part cachés en dessous…

>.<

Les 50 coqs du voisinage

Je vis dans un endroit très calme et la plupart du temps durant la nuit,

Je ne perçois pas un bruit qui perturberait mon sommeil ou mon insomnie.

Et pourtant chaque matin d’hiver peu avant que le soleil se lève

Dans le jardin d’un immeuble voisin de l’autre côté de la rue

Perchés dans un grand arbre aux centaines de branches sans feuillage

Une cinquantaine de corneilles chantent toutes à tour de rôle le jour nouveau !

Et ceci bien plus tôt que je ne souhaiterais aller les imiter sous ma douche !

Que pourrais-je alors entreprendre pour dissuader ces noirs volatiles

D’élire en particulier ce perchoir nocturne là pour fermer l’œil et le bec ?

J’ai pensé à des pétards ou à un puissant haut-parleur sans fil accroché à une branche

Pour leur diffuser à distance des grognements ou des miaulements de prédateurs…

Je fomentais les plans des plus fantaisistes pour chasser ces braillards matinaux.

J’ai aussi bien sûr imaginé prendre une sévère revanche sur tout gibier à plumes

Forcerais à s’envoler tout pigeon avoisinant que je trouverais posé sur ma route

Laisserais bredouille tout moineau suppliant une miette qui croiseraient mon chemin

Mais ce serait injuste de faire payer un rossignol pour la cacophonie de ces corneilles !

Et c’est à l’aube encore tiré de mon somme par cette volaille déterminée à crailler

Que j’ai trouvé une réponse beaucoup plus simple pour mettre fin à leur tintamarre.

Je me suis déguisé en épouvantail aussi matinal qu’elles et j’ai ouvert ma fenêtre.

J’ai tapé bien fort dans mes mains et avec la complicité de l’écho nocturne de la rue

Tous les membres sans exception de cette chorale de casse-pieds se sont envolés !

Et c’est un assez joli spectacle dont je peux maintenant me délecter chaque jour

En espérant qu’elles comprennent qu’elles s’envolent beaucoup mieux qu’elles ne chantent !

>.<

Buzz vert clair

C’était déjà presque Noël en ce 20 décembre 2019 quand le président Donald D. à officialisé la création d’une nouvelle force spatiale qui aura pour mission de conduire des opérations militaires dans l’espace. Et plus récemment, cette branche spéciale-spaciale des forces armées US a fièrement présenté un cliché de son nouvel uniforme.

Mais ne s’agissant que d’une modeste tenue de camouflage forestière customisée de quelques broderies tape-à-l’œil, la consternation et la déception ont évidement déclenché une avalanche des plus croustillantes moqueries !

Comme j’imagine volontiers que ces indécrottables militaristes n’ont plus d’autre perspective stratégique de croissance que celle d’étendre leur zone d’influence et de contrôle à l’ensemble de la galaxie et au-delà, j’en arrive à penser qu’ils possèdent même déjà planqué dans un hangar top secret, un modèle de drone-fusée capable d’aller dégommer préventivement sur site du martien présumé hostile, à partir d’un conteneur rouillé situé dans la zone 51.

Et en matière de costume spacial pour faire le Buzz, “Star Command” nous avait pourtant habitués à plus spectaculaire. C’est d’ailleurs à mon avis assez souvent, qu’ils font mieux dans la fiction que dans la réalité.

Il faut aussi dire qu’en ce moment, ils font de la lèche comme c’est pas permis aux dirigeants et aux médias de mon pays. Dans l’espoir de nous amadouer et de nous vendre plus facilement une escadrille d’avions de chasse flambant neufs et hors de prix. Et je précise que notre espace aérien est nettement plus retreint que ce qu’il reste de notre budget militaire. Ce qui n’est évidement pas du tout pour ne pas m’horripiler !

Je n’ai évidement pas pu résister à apporter ma piquante contribution à cette risée générale.

>.<

Et pour terminer ci-dessous, la version va-t’en-guerre terrestre de la fameuse casquette MAGA sensée insuffler aux foules autochtones étasuniennes, le désir du tournage d’un remake de grandeur. (J’avais bricolé ça à la va-vite, sur une idée américaine dénichée sur le web.)

>.<

Des pieds des mains…

Lorsque je n’applaudis pas, je lève mon pouce à l’intention de cette jeunesse planétaire d’ aujourd’hui qui ose faire des pieds et des mains pour secouer ces barrières qui encerclent nombre de consciences engourdies. Qui se sont décidés comme jamais encore jusqu’ici, à mettre en évidence l’évidence de lendemains difficiles. Qui se serrent les coudes ! Appuient là où ça fait mal ! Se saisissent avec courage de toutes les opportunités pour reprendre en mains sans attendre, les rennes de leur futur !

Un texte qui a l'origine était nettement plus long, mais 
dont la finalisation m'a paru trop laborieuse.
Je voulais poursuivre dans l'élaboration de cette idée 
mais je viens de changer d'avis...

Sauve qui pourrait !

Hier sur le seul « résal socio » que je consulte encore, je suis tombé sur une phrase qui a retenu toute mon attention.

Il était écrit sans autre explication que « Le Titanic a été construit par des professionnels, tandis que l’arche de Noé a été construit par des amateurs »

Cette bonne formule s’est mise à tournicoter dans ma tête à des fins d’analyse ultérieure. Et c’est immergé dans un bon bain relaxant jusqu’à la ligne de flottaison (maxillaire inférieur) que je me suis senti en condition idéale pour l’étudier plus en profondeur.

Il est vrai que de nos jours, Noé construirait une flotte de ferries pour sauver d’une mauvaise passe, tous ces SUV rutilants en leasing, au lieu d’inviter gracieusement une galerie de couples du règne animal, sans encaisser un radis sur leurs titres de transport pour sa croisière inaugurale. Un règne qui de toute manière toucherait un jour à sa fin par le processus d’extinction en cours. Noé sauverait en priorité ce qui rapporterait des thunes, parce qu’il est conscient que le dernier couple d’ânes qui chiaient des pièces d’or et susceptible de se reproduire a été rayé des listes de la biodiversité depuis belle lurette.

Aujourd’hui en cas de déluge imminent, avec la spécialisation des corps de métiers, la sous-traitance mondialisée en flux tendu comme un string, le limage constant des objectifs de rentabilité, la multiplication des intermédiaires hiérarchiques, la pression grandissante sur les salaires des exécutants, les chantiers navals Noé Sàrl + Co. Ltd n’auraient pas encore raboté la première planche du pont inférieur avant que l’arrivée du tsunami ne coule toute l’entreprise ainsi que son fameux projet de vaisseau amiral.

J’ai spéculé sur l’idée que ce qui aurait probablement pu sauver du naufrage l’imposant transatlantique aux seize compartiments étanches, ses malheureux passagers et membres d’équipage, aurait été l’éventualité d’un réchauffement climatique plus précoce. Malheureusement, à cette époque là, on ne maîtrisait pas encore assez bien les effets bénéfiques des gaz à effets de serre.

Et en passant j’ai repensé à ce fougueux jouvenceau sans le sou, épris de la ravissante promise à la haute société. Tous deux très enclins avant d’atteindre le bon port, à aller s’isoler en cabine pour griffonner des dessins académiques ou à faire de la buée derrière les vitres d’un tacot garé en fond de cale. A se fondre en interminables roucoulades dans une ambiance de tronçonnages de violons, les yeux brillants et les nez dans le vent contre le bastingage de proue du paquebot. Plutôt que de se laisser germer l’idée lumineuse qu’aurait été celle d’aller prêter assistance visuelle à la vigie de quart, un matelot myope et stressé. Pour que ce prestigieux navire puisse fendre les brumes nocturnes jusqu’au petit matin, machine avant et à vapeur toute. Et en même temps permettre aussi une vision à plus long terme d’une idylle naissante.

Bien sûr tout ceci n’est qu’un résumé de ce qui a pu traverser mon esprit tortueux à partir de la fameuse phrase précitée. Et c’est avant que certains de mes membres ne s’engourdissent dans une eau refroidissante, que j’ai saisi une bouée et ai sauté dans un canot de sauvetage pour rejoindre la terre plus ferme de ma salle de bains.

J’en suis arrivé à la conclusion qu’à la place des deux tourtereaux romantiques sur qui on n’a pas pu compter pour éviter la catastrophe, les tour operators de la White Star Line auraient eu fin nez d’embarquer comme figure de proue, une personnalité de la trempe de Catherine Tramell, armée de son pic à glace

>.<

La machine à chasser les idées récurrentes

Ça faisait déjà plusieurs semaines que j’avais commencé à concevoir cette machine. L’idée de base était de trouver une solution permettant de me débarrasser le plus facilement possible de ces “drôles” d’idées récurrentes, entêtantes voire obsédantes.

L’utilisation ici du terme “drôle” permet d’englober en un seul mot une grande diversité d’idées : Par exemple, les idées folles, les idées fixes, les idées embarrassantes, les idées idiotes, les idées à la con etc… Certaines de celles qui persistent le plus longtemps, s’avérant aussi être les plus difficiles à chasser.

Le plus “drôle” dans cette histoire, c’est que l’idée de cette drôle de machine, ne cessait de tourner en boucle dans ma tête depuis déjà plusieurs semaines. J’ai tout tenté pour m’en débarrasser pour pouvoir me mettre en quête d’une meilleure idée, mais je n’ai finalement pas eu d’autre choix que de construire un prototype de la machine à chasser les idées récurrentes pour que ce projet en particulier ne reste plus à ce point une idée fixe.

>.<

Je vais encore devoir vérifier sur le long terme si elle fonctionne vraiment . Et si c’est le cas, je vous décrirai son fonctionnement à toutes fins utiles.

>.<

Déni de faciès

Je me considère comme étant très “branché visage“. Je dispose d’un bon décodeur pour une lecture facile et immédiate des expressions faciales. Alors j’en arrive à préférer par plaisir les contacts avec des personnes qui possèdent un registre d’expressions faciales étendu parmi tous ceux que je parviens à lire.

Et les personnes qui n’affichent qu’un faciès paralysé, une binette soporifique, une tronche déplaisante, une bouille pétrifiée, une figure barbante, une gueule rasoir se transforment assez vite pour moi en l’une de ces silhouettes blanches sur fond grisâtre. Un peu dans le genre de celle que vous rencontrez là où vous n’avez pas encore téléchargé votre photo de profil.

Le problème c’est que cette manie de dévisager et de me focaliser sur des visages se manifeste également dans la plupart de mes dessins de personnages : Je pourrais me satisfaire de ne dessiner que des séries de portraits en buste et alimenter un trombinoscope géant.

Mais faisant cela, je me dispenserais d’explorer le vaste catalogue des postures corporelles ainsi que le grandiose inventaire des décors. C’est pour contourner cette habitude obsessive, qu’il faudrait aussi dessiner ou peindre des personnages dont on ne pourra que chercher à deviner les traits. Simplement chercher à se contredire pour voir où ça pourrait mener.

>.<

Un audit périodique astral

-La planète Terre c’était bien vous ?

-Oui et ça fait déjà un sacré bail !

-Alors nous sommes allés visiter l’endroit. Au niveau visuel, des rendus esthétiques, du choix des matières et des couleurs, de la diversité de la végétation en général, cette belle idée d’une couche atmosphérique avec des nuages en suspension, ces sculptures de reliefs accidentés, ces océans avec des vagues ainsi que ces fonds sous-marins spectaculaires, ces vastes étendues désertiques,les glaces des pôles, globalement et nous sommes unanimes, tout cela est plutôt réussi. Les cycles lunaires aussi, nous ont enchanté. Et puis les événements ponctuels et périodiques, comme les éruptions volcaniques, le déchainement des éléments, les flocons de neige, tout ça nous a bluffé, c’est de la belle création et nous vous en félicitons !

– Oh c’est gentil de votre part merci ! C’était mon coup d’essai. Un projet assez audacieux que j’avais plié en une semaine. Et j’y avais aussi produit et installé une biodiversité complexe de créatures vivantes. Aujourd’hui encore, l’ouvrage grouille d’êtres capables d’évoluer et de se reproduire !

-Oui sur place, nous avons observé le développement de ces espèces. Et certaines d’entre-elles doivent chasser pour subsister parce qu’elles n’ont pas été conçues pour se contenter de la cueillette de fruits et de légumes. Je vous avouerais volontiers que sur ce point précis, nous avons été un peu moins émerveillés. Depuis le dernier audit, certaines espèces intéressantes se seraient éteintes ou auraient été éradiquées. Ce sont des détails qui parfois donnent à votre fresque un aspect assez inquiétant.

-Ah mais ça c’était pour que ces créatures prennent conscience de divers dangers. L’idée était de les contraindre à développer des instincts et des stratégies de survie. Je ne souhaitais pas qu’elles restent simplement figées là, à se prélasser dans une ambiance bucolique et ennuyeuse. Qu’elles subsistent en bonne entente avec tout un chacun sur un astre de catégorie paradisiaque. J’avais fourni des occupations spécifiques à chacune de ces créatures. Mon projet était de créer une œuvre évolutive. Une représentation vivante de la capacité de perpétuation et d’autodestruction. Une démonstration de la potentialité d’une nature morte en formation .

-A ce propos, nous avons cette fois-ci constaté que c’est une espèce de bipèdes en particulier, qui se profile comme étant la plus compétente pour abîmer durablement votre réalisation. Ne serait-il temps, une fois de plus d’intervenir pour une correction, avant que cette espèce invasive ne saccage tout ?

-J’y ai pensé mais pour diverses raisons qu’il serait long de développer ici, j’ai abandonné cette option. Certes, j’aurais pu agrémenter ce monde d’une dimension quasi-éternelle, mais au lieu de cela, j’ai insisté sur ma vision de l’ébauche grandiose. J’ai réhaussé un certain arrière-goût d’inachevé. Et je vais me borner à contempler ce destin magique et tragique en corrigeant le cahier des charges d’origine. Je vais laisser la matière se craqueler en apprenant de mes erreurs de débutant. Avant d’éventuellement, si toutefois mon inspiration reste intacte et puisse subsister, d’entreprendre de créer une version alternative améliorée d’une réalisation de ce type.

-Disposez-vous déjà de quelques exemples de modifications à nous divulguer ? Des erreurs que vous ne reproduiriez pas dans le cas de la genèse en repartant de zéro d’une Terre 2.0 ?

-J’ai constitué une liste d’éléments de base que je n’intégrerais probablement pas dans la nouvelle œuvre. Par exemple typiquement, certains de ces éléments radioactifs pouvant brutalement mettre en péril la conservation de celle-ci. Géologiquement, je rectifierais également toutes les conditions pouvant accidentellement mener à l’apparition de pétrole. Parce que cette matière-là en particulier, a le pouvoir de rendre très dangereux et extrêmement méchants, certains bipèdes parmi les plus destructeurs d’entre eux…

>.<

Mon petit musée (4)

Dans mes cartons d’archives inexplorés depuis de maintes rotations autour de notre bonne étoile, c’est sans doute le grand nombre de stylos-à-bille desséchés, de crayons vingt fois retaillés et de portes-mines délaissés qui m’intrigue le plus. On pourrait me suspecter d’avoir mené une existence de junkie des papeteries. Que lorsque le réservoir d’un taille-crayon était rempli de copeaux, j’en achetais un autre. Que si un crayon de papier faisait mine de faire grise mine, je lui trouvais un remplaçant qui contraste. Que quand l’extrémité d’un stylo à bille était trop rongé par les pauses d’inspiration, j’en perdais l’appétit. Je devais probablement aussi égarer mes stylos-feutres dans la jungle d’un relatif désordre et ne jamais m’accorder ni les moyens ni le temps nécessaire pour les y rechercher. Et puis, saviez-vous déjà qu’il peut arriver qu’un feutre indélébile sur le tard, ne le soit plus vraiment ?

Puis j’ai aussi retrouvé une pile d’enveloppes de toutes les couleurs. Mon courrier du cœur d’antan. Celui qui date d’avant la dématérialisation des enveloppes parfumées. Celui qui précéda la désintégration des patiences. Celui des tendresses manuscrites appliquées et exemptes de toutes ratures. Celui des déclarations enflammées authentiques et calligraphiques.

Bien sûr, je me suis demandé s’il était souhaitable de parcourir ne serait-ce qu’en diagonale, l’expression de ces sentiments amoureux aujourd’hui périmés qui m’avaient été adressés à chaud. A cette époque, on s’envoyait des petits mots doux faits-main et timbrés par la poste, même si on s’était câlinés la veille. Et d’un simple coup de langue sur la bande adhésive, on expédiait un extrait de notre code génétique en annexe. Et ma foi, dans cette redécouverte, j’ai retrouvé quelques bonnes surprises qui n’avaient pas réservé de place en évidence dans ma mémoire. Ce n’est pas pour autant que j’ai été saisi d’une pointe de nostalgie de par leurs chaleureux contenus. Vivre avec son temps n’est plus une simple option. C’est cette pile d’enveloppes de provenances, de formats, de décorations inventives et de couleurs variées que j’ai trouvé symboliquement et visuellement particulièrement touchante. Il y a des jours comme ça, où il est bon de se sentir avoir pu faire partie de la vielle école !

Mais tout ça c’était avant que je passe moi aussi de la plume à large bec et à l’encre violette aux lettres blanches sur fond noir d’un clavier. Que je sacrifie mon inimitable jeu de caractères propriétaire au simple choix d’une police courante et impersonnelle. Que je me soumette à l’agaçant correcteur automatique d’orthographe s’acharnant à vouloir souligner les quelques égarements de ma patte naturelle. Que je me conforme aux courriels du cœur avec des pièces jointes autres que quelques graines de tournesol , un trèfle à quatre feuilles ou des pétales de rose. Que je ne me laisse aspirer dans la spirale des applis cannibales en chatouillant le petit écran tactile et que j’accepte le plus souvent à contre-cœur de me livrer sur des réseaux sociaux à des pitreries modernes et indiscrètes, faisant l’impasse sur la belle exclusivité d’une adresse exacte inscrite sur un bel écrin de papier de couleur pastel.

Les plus récents de mes billets-doux n’iront jamais hiberner à l’abri de la lumière dans des cartons d’archives. Ils sommeilleront dans les entrailles d’un disque magnétique ou sur une puce de sauvegarde matérielle qui s’autodétruiront contre mon gré. Ou alors ils reposeront relativement en paix et hors de ma portée dans un data center surchauffé à l’autre bout du monde. Et c’est à jamais que j’en perdrai peu à peu la substance.

>.<

Le jour de la pension alimentaire

Juste un petit rappel pour tous ceux qui sont concernés : N’oubliez pas de verser l’intégralité de la somme convenue en toute sécurité. Parce que mine de rien, aujourd’hui on est déjà le 30 décembre et que la trêve des fêtes de Noël, ça ne peut durer qu’un temps. Mais comme c’est la toute dernière livraison de l’année, il est recommandé de fêter ça !

>.<

Il s'agit bien évidement ici d'un simple gag qui n'est 
destiné ni aux âmes sensibles ni aux personnes facilement 
offusquées par toutes formes de sarcasme. Il ne se base même
pas sur une expérience personnelle douloureuse. 
Dire que de nos jours, on devrait toujours prendre des 
pincettes stérilisées après avoir enfilé des gants à usage 
unique sur des mains savamment désinfectées avant d'oser 
administrer la moindre petite piquouse intramusculaire 
d'extrait de vitamines...