Ouais bon d’accord, il tire une tronche à trente six coins,
Mais reste que c’est un bon parti !
L’autre jour, avec madame on s’est accordé un break improvisé !
Une envie soudaine d’aller faire une surprise à des amis,
Voir du monde qu’on ne voit pas assez souvent !
On a pensé profiter d’une coutume locale liée à l’espace-temps,
En souvenir de la naissance de l’un des leurs qui je le crois, s’appelait Nöel…
Alors qu’on était en route pour la lointaine planète,
Située dans la voie lactée, le système solaire,
Alors qu’on glissait depuis déjà quelques années-lumière,
Voilà que notre système de navigation tombe en rade !
“Faites demi-tour dès que possible !”
“Impossible de recalculer un itinéraire”
“Désolé, mais votre destination reste introuvable”
Madame m’a immédiatement reproché
D’avoir toujours tendance à remettre à la fin des temps
La mise à jour des cartes de navigation…

Je le reconnais enfin publiquement, mais j’avoue que ça m’en coûte : – J’ai été élevé au tape-tapis en osier tressé !
Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de cet accessoire, imaginez une sorte de raquette de tenis, faite à la base pour fouetter et donc dépoussiérer les tapis une fois suspendus. Votre brocanteur sera probablement heureux de vous en céder un exemplaire en bon état et à vil tarif si vous insistez…
Grâce à cette spécificité, je peux aujourd’hui me targuer d’un pédigrée rural et m’affirmer détenteur confirmé d’un popotin de robuste facture. Le sentiment d’être l’un des prolongements d’une longue lignée de durs à cuire (et du cuir), prédomine encore, dans les tréfonds de mon esprit.
C’était pour notre bien ! Une éducation à la baguette, la célébration de l’inévitable châtiment physique en cas de pétouillon de traviole, le culte de la pétoche de la poigne qui s’abattra lourdement sur le postérieur dénudé du vilain, le principe de l’obéissance et du respect versus la sanction et la culpabilité.
Parfois, je me demande si mon arrière-train fume encore, car je n’ai pas été extirpé de la série des moutards les plus sages ! Alors, une seule petite pensée pour ceux qui avaient droit à la boucle en fonte du ceinturon de leur paternel, et je suis en mesure de retenir toute manifestation résiduelle de révolte : Comparé à d’autres, je n’ai pas été trop mal loti : Ne plus pouvoir m’asseoir sur mon séant en feu pendant quelques dizaines de dizaines de minutes, ce n’était de loin pas aussi sévère que la collection de bleus de torgnoles sur toute l’anatomie.
Heureusement dans les foyers modernes, cet ustensile d’osier ou son pendant post-archaïque en plastique, a depuis été efficacement substitué par l’aspirateur. Personne ne s’en plaint, mis à part peut-être les tresseurs d’osier contraints de recycler l’entier de leurs efforts dans les paniers de ménagères et de pique-nique.
Et moi, je déclare formellement ne pas posséder de tape-tapis. Et je réfute l’idée même, de m’être à l’occasion servi de ma ceinture dans un autre but que d’éviter au possible l’embarrassante chute de mon pantalon. Et lors de mes fréquentes rondes et patrouilles du côté de leurs chambres, je n’ai jamais eu a distribuer de coup de tuyau d’ aspirateur sur les croupions respectifs de ma marmaille turbulente. La crainte du tape-tapis est maintenant inscrite dans nos gênes.
Pour terminer, je dois encore vous confier une chose : Vous relater LA dernière fois !
En principe on se souviendra volontiers des premières fois, mais ma dernière raclée, elle n’est jamais sortie de ma mémoire : Un jour ou j’avais encore mérité la flagellation de fondement, j’ai habilement subtilisé le tape-tapis des mains de ma génitrice et l’ai plié dans tout les sens en le coinçant dans une porte entrebâillée, ceci jusqu’à le rendre totalement inutilisable, même pour désempoussiérer le petit paillasson de l’entrée.
Ma soudaine révolte a payé. J’étais devenu le plus fort. Il fallait enfin que je prenne garde à ménager mon magnifique cul de babouin…
S’il n’avait pas ramené sa fraise
Et qu’il n’avait pas attrapé le melon
Il ne m’aurait pas pris le chou avec ses salades
S’il ne m’avait pas cassé les noix
Qu’il ne m’aurait pas traité de banane
J’en aurais pas eu gros sur la patate
Au point que je lui balance une pêche en pleine poire
Et lui ratatine la pastèque contre les mûres
L’éclate comme une framboise et lui presse le citron
Maintenant sur le gâteau , voilà que la cerise
C’est ses frais de dentiste qui seront pour ma pomme
Cette histoire me laisse mi-figue mi-raisin
Je me suis juste interposé entre cet haricot et l’ananas
Alors que c’était pas vraiment mes oignons
Je ne faisais que passer par hasard dans le coing
Et je ne pensais pas provoquer une volée de pruneaux
J’ai l’œil gauche comme une orange sanguine
Ca m’apprendra à vouloir, comme une courge
Ainsi maladroitement manier le bâton et la carotte
Et me mêler des histoires de ces deux grandes asperges
A la cervelle de la taille d’un petit pois
A l’avenir je resterai à l’écart, sans bouger comme un légume
Et resterai indifférent aux différents des autres derrière mon jus de fruits
Au lieu de vouloir jouer au justicier médiateur pour pas un radis

Attention, l’histoire que vous allez lire n’est que pure fiction et est inventée de toutes pièces.
Je vous mentirais comme un arracheur de dents, si je vous affirmais qu’elle est authentique !
Depuis la terrasse de ton monde factice
Tu contemples sous ton ciel artificiel
Devant tes constructions de façade
Ton jardin d’acclimatation sophistiqué…
Au bord du grand bassin rempli de larmes
Ta fausse blonde aux faux espoirs préfabriqués
Ajoute encore du vernis sur ses faux ongles
Et doute toujours de l’apparence de ses faux seins…
Elle aurait flairé une comédie voir même des simulacres
Soupçonnerait l’apparition de faux semblants
Hier soir encore elle en a fait tout un faux plat
Elle a même été jusqu’à te qualifier de faux cul !
Alors tu es sorti lâcher quelques faux billets
Tu vas encore l’éblouir d’un étincelant ornement
Par de l’éclat imaginaire ou une belle imitation
Tu viens d’être catapulté ministre de la corruption !
Mais si ça se trouve elle aussi, elle a feint ?
Un petit mensonge nécessaire, mais mal incarné ?
Un faux-faux pas, ça tout de même, ce serait abuser !
Depuis le balcon de ton monde qui triche
Tu te régales que sous ton ciel postiche
On pourra te juger, mais point te condamner
Pour un détail comme un faux et un usage de faux
Puisque le faux de nos jours, c’est devenu l’usage…
Une rupture ça peut vraiment te démolir,
Tout s’écroule et c’est si pénible de réagir,
De trouver force et élan pour pouvoir repartir,
Et toute cette confiance en toi à reconquérir…
Avec le temps ton espace se remettra à fleurir,
Le parfum de sa peau s’estompera dans tes souvenirs,
Tu retrouveras peu à peu l’envie de t’amuser et te divertir,
Jusqu’à te sentir prêt à l’éventualité de reconstruire…
Dans ton cœur il y aura de la place libre pour contenir,
Cette personne attirante qui aura aimé te choisir,
Qui occupera soudain tout ton espace sans t’avertir,
Et qui toute la nuit contre ton corps viendra se blottir…
Loin derrière tout ce qui a pu si longtemps t’anéantir,
Et tu bâtiras de tes sentiments un nouvel empire,
Rempli de magie, de rires, de bonheur et de désir,
Et un jardin magnifique qu’il faudra bien entretenir…

Vous permettez mon bon Monsieur, oui vous là qui vous faufilez…
J’étais là bien avant vous sous cette pluie à longuement patienter !
Je me suis dépêché pour arriver avec un peu d’avance,
Alors je vous prie de faire preuve d’un peu de décence,
D’attendre votre tour là derrière au bout la file d’attente,
Et ce bien que j’admette que la patience vous soit contraignante.
Mais Madame croyez bien qu’il s’agit d’une urgence,
D’où l’insupportable idée de prendre quelque mal en patience,
C’est une question de vie ou de mort, on a tiré sur l’ambulance,
Chaque minute compte, vous freinez une opération de sauvetage,
En me reprochant ainsi ma hâte en de stériles bavardages…
Je ne vois point haut perché sur le sommet de votre calvitie
De gyrophare tournoyant m’indiquant votre priorité par ici,
Je n’entends pas plus encore de sirène assourdissante,
Qui pourrait me faire penser à une intervention fort pressante.
Alors faites demi-tour et rangez-vous en queue de cortège,
Et ne vous rendez-pas ridicule avec votre vilain manège.
Je me permets d’insister avec force et sauf votre respect,
L’enjeu est de taille et vous n’en soupçonnez pas tous les aspects
Si le chemin du comptoir vous me barrez, prétextant mon toupet
Le torchon pourrait brûler et à la longue cette collectivité s’exaspérer,
Car je suis le caissier, et c’est pour moi que vous poireautez…