Soirée pyjama

Ne sortez pas ou alors sortez nuisette et bonnet de nuit !

Evitez les embouteillages et isolez vous de la fureur et du bruit.

A quoi bon partir pour aller transpirer dans une discothèque ?

Pour rentrer bredouille avec la tête comme une pastèque.

S’exposer aux inévitables casse-pieds et mauvaises rencontres ?

Allons, mieux vaut rester dans l’agrément familier de son antre.

Pour une fois, passez une soirée en votre propre compagnie.

Verrouillez de l’intérieur le loquet de votre porte de sortie.

Votre téléphone débranché est proclamé en dérangement.

Et pas le moins du monde de regrets quant à votre désistement !

Maintenant, appréciez le confort moëlleux de vos charentaises,

Et invitez-vous à vous installer comme chez-vous, à votre aise.

Servez-vous un grand verre de crystal de nectar de sérénité,

Et grignotez la gourmandise de la plus paisible des soirées !

Prenez le temps et saisissez la chance qu’il s’arrête…

Rien de prévu dans l’air qui fasse encore tourner la girouette !

Que sur le champ se manifeste celui qui s’oppose à cette parenthèse,

Ou alors qu’à jamais, mais au plus tôt jusqu’à demain, il se taise !

 

Fait divers parlant

Dans un contexte difficile

Sur une trame dramatique

Un héros contemporain,

Cette pensée qui l’obsède…

 

Une mauvaise rencontre

Une menace qui gronde

Des paroles en l’air

Puis des mots qui blessent

Et dans le feu de l’action…

 

Soudain, la phrase qui tue !!!

 

Une victime foudroyée

Une porte qui claque

Et un silence de mort…

 

Un suspense insoutenable

Une histoire qui tient en haleine

Une enquête difficile

Un coupable démasqué

Un jugement prononcé

Une sentence exemplaire

 

Une lourde porte métallique se ferme

Au mieux une couverture de magazine

Au pire un entrefilet dans un journal

Mais une page d’une histoire qui se tourne…

 

La fin d’un chapitre

Un livre qui se referme

 

Et là-bas, dans une rue mal éclairée

Déjà un autre drame qui se prépare…

 

Le bureau des coincidences

Les coordinateurs assis devant leurs ordinateurs,

De leurs mains tirent les ficelles de ton destin.

Ils surveillent ton bonheur sur les moniteurs,

Organisent des coups de pouce et font tes lendemains.

Dans la salle de contrôle les voyants sont tous au vert

Le sujet a retrouvé sa sérénité et son rythme de croisière

Mais parfois il suffirait d’un petit rien pour qu’il s’emballe

Qu’une contrariété imprévue le fragilise et que ça tourne mal.

Un vieil expert te dit que tout est sujet à interprétation

Que tu vois ce que tu veux voir dans une spirale d’émotions

Que tes peurs enfouies parfois déforment ton sens des réalités

Puis c’est ton instinct naturel qui te conduit à te protéger.

Dans l’un des bureaux du dix-septième étage

Lors de la toute dernière réunion de crise

Les harmonisateurs du projet ont fait étalage

De toutes les mesures qu’ils ont déjà entreprises…

Le dossier de ton affaire ne sera pas classé pour autant

Ils restent là pour toi seul à surveiller leurs écrans

Ils connaissent si bien tous les détails de ta nature

Qu’au moindre signe d’alerte ils sauront prendre des mesures…

On peut imaginer son destin sous un total contrôle

Ou écrit au fur et à mesure comme dans un jeu de rôles

Une suite illogique de coïncidences et de curieux hasards

Ou encore se construire son petit monde à part…

Demain un autre sourire…

Une rupture ça peut vraiment te démolir,

Tout s’écroule et c’est si pénible de réagir,

De trouver force et élan pour pouvoir repartir,

Et toute cette confiance en toi à reconquérir…

Avec le temps ton espace se remettra à fleurir,

Le parfum de sa peau s’estompera dans tes souvenirs,

Tu retrouveras peu à peu l’envie de t’amuser et te divertir,

Jusqu’à te sentir prêt à l’éventualité de reconstruire…

Dans ton cœur il y aura de la place libre pour contenir,

Cette personne attirante qui aura aimé te choisir,

Qui occupera soudain tout ton espace sans t’avertir,

Et qui toute la nuit contre ton corps viendra se blottir…

Loin derrière tout ce qui a pu si longtemps t’anéantir,

Et tu bâtiras de tes sentiments un nouvel empire,

Rempli de magie, de rires, de bonheur et de désir,

Et un jardin magnifique qu’il faudra bien entretenir…

Ardent festin pour le dur à cuire

 

Alors que je n’étais encore qu’une demi-portion

Une bonne pâte qui aimait paraître dure à cuire

Assidu d’emblée à m’en payer une bonne tranche

A revendiquer mille cerises sur ma part de gâteau

Sans m’éreinter à couper des cheveux en quatre…

Un beau jour flânant dans les bas quartiers

Voilà mes prunelles charmées par ce joli petit lot

Là, dans la vitrine d’un fin pâtissier et confiseur

Elle m’est apparue si appétissante et entière

Dorée à souhait, fruitée et croustillante !

Des éclairs m’ont traversé de part en part

Bon sang mais que de désir et de convoitise je salivais !

Je n’ai pas lâché le morceau à un tiers

A quoi bon cogiter l’entier du suivant quart d’heure ?

Cette alléchante qui n’est pas qu’une moitié d’évidence

La manquer là, demain ce serait trop dur à avaler…

 

La réplique du second disciple

Des experts ont déniché dans un galetas poussiéreux, une réplique ma foi plutôt bien conservée de l’œuvre de Léonard de Vinci, la Joconde.

Selon ces connaisseurs, cette autre frangine de Mona Lisa aurait été griffonnée à la hâte par un disciple du maître de la renaissance italienne, désireux à terme de percer dans le lucratif exercice de l’art pictural.

Certes, cette imitation n’est de loin pas aussi aboutie que le modèle exposé au musée du Louvre à Paris, son sourire énigmatique et légendaire ayant été subsitué par la mine affichant une certaine inquiétude de l’artiste lui-même, quant à son potentiel de succès dans le monde artistique…